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Evaluation d’un système modulaire de chromatographie liquide haute performance pour le diagnostic des hémoglobinopathies


Annales de Biologie Clinique. Volume 56, Numéro 6, 734-9, Novembre - Décembre 1998, Pratique quotidienne


Résumé  

Auteur(s) : D. LUSINA, A. SIFI, P. MATHIEU, M.-N. ADAM, M.-P. LE PENNEC, T. GUEROUT, F. BALEDENT, Service de biologie médicale Département d’information médicale, Centre hospitalier Robert-Ballanger, 93602 Aulnay-sous-Bois cedex.

Résumé : Le diagnostic biologique des hémoglobinopathies repose sur deux principes : - d'une part la mise en évidence et la quantification de variants dont la charge ou l'affinité pour un support permettent de les séparer des fractions normales : hémoglobines A ou Ao (HbAo), A2 (HbA2) et fœtale (HbF), les variants les plus fréquents étant les hémoglobines S (HbS), C (HbC), et E (HbE) ; - d'autre part les dosages de fractions mineures. Le taux d'HbA2 est particulièrement important pour le diagnostic des syndromes thalassémiques. Le taux d'HbF est un critère essentiel du diagnostic des persistances héréditaires de l'HbF ; c'est aussi un critère pronostisque dans les syndromes drépanocytaires majeurs ; de plus, dans certaines formes graves de drépanocytose, un traitement par hydroxyurée visant à augmenter l'HbF est prescrit. En pratique, on utilise en général une technique électrophorétique de première intention, en milieu alcalin, les variants mis en évidence étant confirmés par une seconde technique électrophorétique, en milieu acide. On peut également recourir au test d'Itano (test de solubilité) et au test de falciformation pour l'hémoglobine S. Le dosage des fractions mineures est en général réalisé à l'aide de microcolonnes de chromatographie ou par élution de la bande électrophorétique pour l'HbA2, et par étude de la résistance à la dénaturation alcaline pour l'HbF [1]. Les techniques de chromatographie liquide haute performance (CLHP) sont utilisées pour les dosages d'HbA2, d'HbA1c et d'HbF, avec la possibilité de mise en évidence de variants [2-6]. Des automates de CLHP proposant plusieurs programmes spécifiques d'étude de l'hémoglobine sont également disponibles [5, 7-9]. L'inconvénient majeur est le coût du matériel nécessaire et le prix de revient élevé du test. Il nous a paru intéressant d'adapter un équipement de CLHP modulaire couramment utilisé pour les dosages d'HbA1c à l'étude des hémoglobinopathies en installant en parallèle une deuxième colonne destinée au dosage de l'HbA2, et d'évaluer cette technique de CLHP comme technique de première intention dans l'étude des hémoglobines. Notre but était d'apprécier l'intérêt de disposer, à partir d'une seule technique, des taux d'HbA2 et d'HbF pour tous les échantillons, et de la mise en évidence et de la quantification des variants les plus courants, dans les circonstances diagnostiques que nous rencontrons habituellement.

Illustrations

ARTICLE

Le diagnostic biologique des hémoglobinopathies repose sur deux principes :

- d'une part la mise en évidence et la quantification de variants dont la charge ou l'affinité pour un support permettent de les séparer des fractions normales : hémoglobines A ou Ao (HbAo), A2 (HbA2) et fœtale (HbF), les variants les plus fréquents étant les hémoglobines S (HbS), C (HbC), et E (HbE) ;

- d'autre part les dosages de fractions mineures. Le taux d'HbA2 est particulièrement important pour le diagnostic des syndromes thalassémiques. Le taux d'HbF est un critère essentiel du diagnostic des persistances héréditaires de l'HbF ; c'est aussi un critère pronostisque dans les syndromes drépanocytaires majeurs ; de plus, dans certaines formes graves de drépanocytose, un traitement par hydroxyurée visant à augmenter l'HbF est prescrit.

En pratique, on utilise en général une technique électrophorétique de première intention, en milieu alcalin, les variants mis en évidence étant confirmés par une seconde technique électrophorétique, en milieu acide. On peut également recourir au test d'Itano (test de solubilité) et au test de falciformation pour l'hémoglobine S.

Le dosage des fractions mineures est en général réalisé à l'aide de microcolonnes de chromatographie ou par élution de la bande électrophorétique pour l'HbA2, et par étude de la résistance à la dénaturation alcaline pour l'HbF [1].

Les techniques de chromatographie liquide haute performance (CLHP) sont utilisées pour les dosages d'HbA2, d'HbA1c et d'HbF, avec la possibilité de mise en évidence de variants [2-6]. Des automates de CLHP proposant plusieurs programmes spécifiques d'étude de l'hémoglobine sont également disponibles [5, 7-9]. L'inconvénient majeur est le coût du matériel nécessaire et le prix de revient élevé du test.

Il nous a paru intéressant d'adapter un équipement de CLHP modulaire couramment utilisé pour les dosages d'HbA1c à l'étude des hémoglobinopathies en installant en parallèle une deuxième colonne destinée au dosage de l'HbA2, et d'évaluer cette technique de CLHP comme technique de première intention dans l'étude des hémoglobines. Notre but était d'apprécier l'intérêt de disposer, à partir d'une seule technique, des taux d'HbA2 et d'HbF pour tous les échantillons, et de la mise en évidence et de la quantification des variants les plus courants, dans les circonstances diagnostiques que nous rencontrons habituellement.

Matériel et méthodes

Patients

Les prélèvements de sang veineux, réalisés sur tubes EDTA-K3, ont été conservés à + 4 °C et analysés dans un délai de moins de 7 jours. Ils ont été réalisés sur des nouveau-nés âgés de trois jours. Sur un total de 372 échantillons, 9 nous étaient adressés pour détermination du taux d'HbS après transfusion chez des drépanocytaires homozygotes connus, 132 pour dépistage néonatal.

Paramètres hématologiques

Le volume globulaire moyen (VGM) a été établi sur automate STKS® (Coultronics) pour tous les profils « adultes », et les dosages de ferritine ou de fer sérique ont été relevés chaque fois qu'ils étaient disponibles, en cas de microcytose. Pour les nouveau-nés, le VGM n'a été relevé qu'en cas de présence d'hémoglobine Bart's.

Méthodes électrophorétiques

Les électrophorèses à pH alcalin ont été réalisées en gel d'agarose Hydragel® (Sebia), selon les modalités préconisées par le fabricant, avec coloration à l'amidoschwarz. Toutefois, le sang n'était lavé qu'en cas de tracé électrophorétique montrant des bandes évoquant des fractions de dégradation et l'électrophorèse était recontrôlée. Les pourcentages des variants ont été établis par intégration des tracés sur un densitomètre Appraise® (Beckman).

L'identification des variants S, C et E a été confirmée par électrophorèse sur agarose à pH acide Paragon® (Beckman). Les variants autres que les hémoglobines S, C, E, et Bart's ont été adressés au laboratoire du Pr Galacteros, à l'hôpital Henri-Mondor (Créteil) pour identification.

CLHP

Le système de CLHP utilisé est une chaîne modulaire MDMS® (BioRad).

La colonne analytique (« CLHP A2 ») est une colonne échangeuse de cations (150 x 4 mm), initialement destinée au dosage de l'HbA2 sur Diamat®, automate de CLHP BioRad. Cette colonne est placée dans une enceinte thermostatée maintenue à 34 °C, et montée en parallèle de la colonne destinée au dosage de l'HbA1c équipant initialement l'installation (« CLHP A1c »).

La détection est réalisée à deux longueurs d'onde, 415 et 690 nm, un système micro-informatique d'analyse des chromatogrammes sur logiciel « HBSCR » calcule les pourcentages des différentes fractions d'hémoglobine de chaque échantillon à partir des surfaces des pics, le taux d'HbA2 étant corrigé par un facteur de réponse établi à partir du chromatogramme de l'étalon passé en début de série.

Les réactifs utilisés (réactif hémolysant, tampons d'élution phosphates de force ionique croissante et de pH différents 1, 2 et 3, solution de lavage, étalon) sont contenus dans le kit BioRad A2.

Le débit a été ajusté à 1,20 ml/min. Les temps de passage des tampons 1, 2 et 3 ont été fixés respectivement à 1,5, 8,6 et 12,7 min. La pression était de 80 kg/cm2.

Préparation des échantillons

Les hémolysats ont été préparés avec 5 µl de sang total pour 1 ml de réactif hémolysant et incubés 30 min à température ambiante. Les échantillons ont été ensuite placés dans un injecteur automatique réfrigéré à + 8 °C, d'une capacité de 100 cupules. Le temps de passage d'un échantillon était de 17,5 min. Pour le calibrant et les contrôles Lyphocheck 1 et 2 (BioRad), 10 µl ont été ajoutés à 1 ml de réactif hémolysant. Il faut noter que ce système est calibré sur l'hémoglobine A2, mais les contrôles comportent également de l'HbF à deux taux différents, et, pour l'un d'entre eux, de l'hémoglobine S. Les différents composants de cette chaîne sont coordonnés par un microprocesseur, rendant son fonctionnement pratiquement automatique.

Étude de reproductibilité

Les études de reproductibilité en CLHP ont été réalisées de la façon suivante :

- Pour les dosages d'HbA2 et HbF, la reproductibilité intrasérie a été étudiée sur 2 échantillons passés 12 fois, l'un ayant un taux normal d'HbA2 et une HbF à 12,8 %, l'autre une HbA2 élevée (5,5 %) et une HbF normale. La reproductibilité intersérie a été étudiée sur les contrôles Lyphochek 1 et 2 (aliquotés et congelés à - 80 °C après reconstitution) passés 17 fois.

- Pour la quantification de l'hémoglobine S, des prélèvements de patients drépanocytaires hétérozygotes ont été passés 10 fois : en électrophorèse de l'hémoglobine à pH alcalin avec intégration densitométrique, en CLHP A2 et CLHP A1c. La comparaison intersérie de chaque technique a été évaluée par le passage d'un même échantillon dans 11 à 14 séries différentes.

Les calculs statistiques ont été effectués sur les logiciels Statview® et Excel 7.

Résultats

Les temps de rétention (TR) des différentes sous-fractions sont respectivement de 1,10 min pour HbA1a, 1,88 min pour HbA1b, 4,00 min pour l'HbF, 4,79 min pour HbA1c, 7,50 min pour HbA0, 11,10 min pour HbA2, 12,50 min pour l'HbS qui donne un pic très fin, et 13,10 min pour l'HbC. L'HbE a un temps de rétention de 9,50 min, et se situe donc entre la A0 et la A2, avec un certain chevauchement de pics. L'hémoglobine O Arab se situe entre l'HbS et l'HbC, et l'hémoglobine G Philadelphie entre l'HbA2 et l'HbS. Les figures 1 et 2 présentent quelques exemples de chromatogrammes obtenus chez des adultes et des nouveau-nés.

Les valeurs de référence obtenues en CLHP A2 établies sur 114 échantillons (échantillons d'adultes, VGM normal, HbF < 1,5 %) sont respectivement de 2,75 ± 0,29 % (intervalle de confiance 95 % : 2,18 % -3,32 %) pour l'HbA2 et de 0,31% ± 0,29 % (intervalle de confiance 95 % : 0 % - 0,88 %) pour l'HbF.

Performances analytiques

Les résultats des tests de reproductibilité intra et intersérie des dosages d'HbA2 et F sur CLHP A2 sont présentés dans le tableau 1.

La comparaison des dosages d'HbA2 par CLHP et microcolonnes Sickle-thal® (Helena) a été réalisée sur 30 échantillons de patients microcytaires ayant des taux d'HbA2 allant de 1,7 à 6,1 %. Le coefficient de corrélation est de 0,928.

Pour l'HbF, les taux obtenus sur deux types de colonnes de CLHP (A2 et A1c) ont été comparés sur 29 échantillons (HbF allant de 0,15 à 17 %) : le coefficient de corrélation est de 0,981.

Les tests de reproductibilité intra et intersérie des quantifications d'HbS par CLHP A2, CLHP A1c et électrophorèse à pH alcalin sont regroupés dans le tableau 2. La comparaison des techniques de quantification de l'HbS donne des coefficients de corrélation de 0,983 pour électrophorèse versus CLHP A2, 0,983 pour CLHP A2 versus CLHP A1c et 0,978 pour électrophorèse versus CLHP A1c (p < 0,0001).

Mise en évidence des variants

Parmi les 132 nouveau-nés, 17 (soit 13 %) présentaient un profil anormal, avec une bonne concordance entre CLHP et électrophorèse dans tous les cas. Les anomalies mises en évidence sont les suivantes : 1 drépanocytose homozygote (ou S-beta0 thalassémie), 1 hétérozygote composite SC, 4 drépanocytoses hétérozygotes dont 1 associée à la présence d'Hb Bart's, 5 Hb Bart's isolées, 3 hémoglobinoses C, 1 HbE et 1 HbD hétérozygotes, 1 variant gamma probable. L'HbF étant très prédominante, l'interprétation des pics de CLHP est ici surtout qualitative, et en présence d'un variant, le but essentiel est de bien distinguer les profils hétérozygotes des homozygotes qui nécessiteront une prise en charge précoce. L'Hb Bart's est bien visualisée en tout début de chromatogramme ; sa quantification est possible par calcul à partir des surfaces des pics. Les hémoglobines A et S sont bien séparées, ce qui est important pour une bonne différenciation entre drépanocytose hétérozygote et homozygote, alors qu'en électrophorèse à pH alcalin les hémoglobines A et S sont mal séparées de l'HbF, ce qui peut gêner l'interprétation.

Parmi les sujets plus âgés (tableau 3), seule l'hémoglobine Henri-Mondor pouvait passer inaperçue, car son temps de rétention relativement proche de celui de l'HbA0 donnait simplement un élargissement de ce pic sans dédoublement, avec en conséquence un TR légèrement supérieur à celui de l'HbA0 (7,97), sans que le logiciel d'analyse ne signale une fraction anormale chez un patient hétérozygote.

Discussion

Parmi les échantillons correspondant à des profils « adultes », nous avons observé une bonne corrélation entre les techniques électrophorétiques classiques et la CLHP pour la mise en évidence des variants cliniquement significatifs les plus courants. Seule l'hémoglobinose Henri-Mondor hétérozygote, extrêmement rare [10], aurait pu passer inaperçue car elle ne donnait qu'un élargissement du pic identifié « HbA0 », sans alarme. Comme pour toute technique de première intention, en cas de profil normal avec un contexte clinique ou biologique fortement évocateur d'hémoglobinopathie, il est souhaitable d'associer d'autres tests : électrophorèse à pH alcalin, à pH acide, test de solubilité, recherche d'hémoglobine instable...

Par rapport à d'autres systèmes de CLHP destinés à l'étude des hémoglobinopathies, cette technique permet de bien visualiser les hémoglobines E dont le temps de rétention est situé entre celui de l'HbA0 et celui de l'HbA2. Toutefois, sa quantification précise n'est pas possible car il y a un chevauchement de pics avec l'HbA0 et l'HbA2. Il est alors intéressant d'associer une électrophorèse à pH alcalin qui confirmera le type de variant (bande en « A2 ») et permettra sa quantification par intégration densitométrique.

Les taux d'hémoglobine S mesurés chez des drépanocytaires hétérozygotes ou chez des homozygotes transfusés ont donné une bonne corrélation entre les deux méthodes de CLHP (colonnes A1c et A2) et l'intégration du tracé électrophorétique à pH alcalin. Cela autorise à utiliser l'une quelconque de ces méthodes lorsqu'un taux d'HbS est demandé en urgence. Toutefois, les techniques de CLHP sont préférables chez un patient ayant un taux élevé d'HbF du fait de la meilleure séparation de cette fraction.

Les taux d'HbA2 donnent une bonne corrélation avec les résultats obtenus en microchromatographie. Les reproductibilités intra et intersérie sont satisfaisantes. Les beta-thalassémies hétérozygotes ont des valeurs moyennes de 4,72 % ; 8 patients présentaient une carence en fer associée, situation qui peut entraîner une diminution de l'HbA2, mais leur taux restait élevé (4,52 % en moyenne), ce qui est signalé par certains auteurs [11].

Pour l'HbF, la séparation avec les fractions labiles (HbA1a et HbA1b) et avec l'HbA1c est bonne (figures 1 et 2) du fait de la longueur du chromatogramme (17 min), ce qui limite les interférences décrites avec d'autres systèmes [9]. Les valeurs obtenues pour les échantillons de contrôle sont bonnes, même si le système n'est pas calibré sur l'HbF. La reproductibilité intra et interséries est satisfaisante. La corrélation entre les taux obtenus avec les deux types de colonnes de CLHP (A1c et A2) est bonne.

Les taux d'HbA1c obtenus sur ce type de colonne ne sont pas assez précis pour le suivi de patients diabétiques [3].

Le dépistage néonatal a pour but essentiel le diagnostic précoce des hémoglobinopathies majeures : syndromes drépanocytaires majeurs (SS, SC et S-beta0 thalassémie) et les beta0 thalassémies homozygotes. La technique de référence est l'isoélectrofocalisation, très discriminante, mais surtout adaptée aux grandes séries. Dans ce travail d'évaluation, la CLHP s'est révélée satisfaisante puisqu'en cas de présence d'un variant (S et C en particulier), la présence ou l'absence d'HbA0 est bien visualisée. Par ailleurs, la période néonatale permet le diagnostic des alpha-thalassémies avec la présence d'Hb Bart's, bien mise en évidence en CLHP, fraction disparaissant ensuite lorsque l'HbF diminue. L'interprétation est ici surtout qualitative, le pourcentage très élevé d'HbF perturbant l'intégration du début du chromatogramme. La longueur du chromatogramme permet la visualisation de l'hémoglobine Hope qui est confondue avec l'HbF sur le système Variant® (BioRad), évitant le risque de diagnostic erroné d'homozygotie S chez les porteurs de la double hétérozygotie S/Hope [12].

Depuis ce travail d'évaluation, 2 720 échantillons ont été analysés sur ce système de CLHP, et plusieurs autres types d'hémoglobinopathies ont été mis en évidence : HbD Punjab (TR : 11,33), Hb Hope (TR : 5,52), Hb D Ouled Rabah (TR : 9,5), Hb H (pic en tout début de chromatogramme comme pour l'Hb Bart's, un contrôle sur sang lavé étant nécessaire dans ce cas).

CONCLUSION

Cette technique de CLHP s'est révélée très satisfaisante en première intention pour la recherche d'hémoglobinopathies aussi bien chez l'adulte que chez le nouveau-né. Par rapport à l'utilisation d'une technique électrophorétique en première intention, il faut souligner l'intérêt de disposer de taux fiables d'HbA2 et HbF pour tous les échantillons : les beta-thalassémies et les persistances d'HbF sont facilement mises en évidence, et on pourra suspecter une alpha-thalassémie devant une HbA2 basse ou bien normale, mais associée à une microcytose inexpliquée, diagnostic à confirmer par biologie moléculaire.

Ce type de système présente une certaine souplesse d'utilisation puisqu'il permet d'ajuster la température, le gradient et le débit de travail, paramètres conditionnant les temps de rétention et la séparation des différents pics. Le volume de prélèvement nécessaire est très faible (5 µl), l'étape de préparation des hémolysats est très simple, et on peut tirer profit des automatismes du système modulaire qui en font une technique bien adaptée aux grandes séries. La souplesse de programmation permet une bonne gestion des réactifs.

Étant moins fermé et standardisé que l'automate Variant®, il ne donne pas une cartographie aussi précise des fractions anormales [9], mais permet de reconnaître et de quantifier aisément les variants les plus courants (S, C, E, Bart's) et d'orienter pour les autres variants plus rares dont l'identification relève de laboratoires spécialisés. Enfin, le coût au test est inférieur à celui des automates, la mise en route de cette application demandant juste une adaptation de l'équipement pour les nombreux laboratoires possédant déjà un système modulaire de CLHP pour d'autres applications (HbA1c par exemple).

En dehors des beta-thalassémies hétérozygotes et des Hb Bart's, une technique de confirmation validera les hémoglobinopathies mises en évidence par CLHP.

REFERENCES

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3. Mosca A, Carpinelli A, Majavacca R, et al. An evaluation of the Diamat HPLC analyser for simultaneous determination of haemoglobins A2 and F. J Automat Chem 1989 ; 11 : 273-9.

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5. Tan GB, Aw TC, Dunstan RA, Lee SH. Evaluation of high performance liquid chromatography for routine estimation of haemoglobin A2 and F. J Clin Pathol 1993 ; 46 : 852-6.

6. Pic P, Ducroq R, Girot R. Séparation des hémoglobines F, Fac, S, C, A1c et dosage de l'hémoglobine F par chromatographie liquide haute performance. Ann Biol Clin 1994 ; 52 : 129-32.

7. Godart C, Bardakdjian Michau J, Prehu C, Giroud C, Galacteros F. Amélioration des procédures de CLHP appliquée au diagnostic des hémoglobinopathies. Congrès de la Société française d'hématologie 1994.

8. North ML, Piffaut MC, Duwig I. Hémoglobinopathies : actualisation du diagnostic biologique. Rev Fr Lab 1995 ; 275 : 107-16.

9. Riou J, Godart C, Hurtrel D, et al. Cation-exchange HPLC evaluated for presumtive identification of hemoglobin variants. Clin Chem 1997 ; 43 : 1 : 334-9.

10. Bardakdjian J, Arous N, Kister J, et al. Further caracterisation of hb Henri-Mondor or alpha2beta2 26(B8)GLU-->VAL. Hemoglobin 1987 ; 11 : 1-11.

11. Galanello R, Ruggeri R, Addis M, Paglietti E, Cao A. Hemoglobin A2 in iron deficient beta-thalassemia heterozygotes. Hemoglobin 1981 ; 5 : 613-8.

12. Ducrocq R, Bévier A, Leneveu A, et al. L'hétérozygotie composite HbS/HbHope : un piège dans le dépistage néo-natal de la drépanocytose. Congrès de la Société française d'hématologie 1998. Hématologie, n° hors série, février 1998 ; 15.


 

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