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La biologie d’urgence « délocalisée » : The confluence of critical care analysis and near patient testing d’après Meeting Report


Annales de Biologie Clinique. Volume 56, Numéro 6, 749-50, Novembre - Décembre 1998, Congrès


Résumé  

Auteur(s) : C. BERGKUIST, S. LIFFMAN traduit par C. SACHS, .

Résumé : Initialement (1983), organisée par l'EWGISE (European Working Group on Ion Selective Electrodes) sous l'égide de l'IFCC, cette série de réunions a été reprise par un groupe international euro-américano-japonais à partir de 1989. La 17e édition, organisée par la SFBC, sous l'égide de l'IFCC et du FESCC, avec le co-parrainage de l'AACC (American Association for Clinical Chemistry) et de la JSCC (Japanese Society for Clinical Chemistry), a eu lieu à Nice du 4 au 7 juin 1998. Après les discours de bienvenue des présidents de l'AACC et de la SFBC, H. Ludi (Chiron Diagnostics) a dépeint un portrait futuriste du diagnostic biologique au lit du malade.

ARTICLE

Initialement (1983), organisée par l'EWGISE (European Working Group on Ion Selective Electrodes) sous l'égide de l'IFCC, cette série de réunions a été reprise par un groupe international euro-américano-japonais à partir de 1989. La 17e édition, organisée par la SFBC, sous l'égide de l'IFCC et du FESCC, avec le co-parrainage de l'AACC (American Association for Clinical Chemistry) et de la JSCC (Japanese Society for Clinical Chemistry), a eu lieu à Nice du 4 au 7 juin 1998.

Après les discours de bienvenue des présidents de l'AACC et de la SFBC, H. Ludi (Chiron Diagnostics) a dépeint un portrait futuriste du diagnostic biologique au lit du malade.

Gaz du sang au lit du malade

Une des premières questions abordées, de façon très approfondie sur le plan scientifique et très débattue lors des discussions, a été de savoir si la mesure des gaz du sang au lit du malade avec des systèmes dits « à usage unique » (single use unit systems) est suffisamment exacte et précise pour permettre un traitement médical adéquat du patient.

Un des points essentiels de la conférence était de répondre aux questions : Quelles sont les performances exigibles en matière de mesure des gaz du sang au lit du malade et quelles sont celles des systèmes actuels ?

Les orateurs suivants ont fait part d'opinions très contrastées. D'une part, C. Sachs (Necker-Enfants malades, Paris) et J. Toffaletti (Duke Med. Center, Durham, USA) ont clairement indiqué que ces POC-instruments (POC : point of care), qu'ils avaient testés de façon approfondie, n'atteignent pas, et de loin, les performances (précision et exactitude) des « macro-instruments » des laboratoires centraux qui ont servi de système de référence. Sachs alla jusqu'à dire que, pour l'instant et malgré les avantages considérables de certains aspects du point of care testing (POCT), leur emploi ne peut être recommandé dans un milieu hospitalier où existent des « macro-instruments ». En revanche, pour I. Lauks (iSTAT Corp.), le POCT élimine la plupart des erreurs pré-analytiques, fournit au clinicien des résultats instantanément, est économique et permet de mesurer « suffisamment bien » les gaz du sang pour être utile sur le plan clinique.

Pour résumer les deux positions, selon Sachs et Toffaletti, dispenser les meilleurs soins aux malades implique d'avoir les meilleurs résultats biologiques possibles en réduisant les erreurs pré-, per- et postanalytiques, alors que, selon Lauks, les soins peuvent être fournis de façon plus efficace par le POCT car les erreurs pré- et postanalytiques sont minimisées, même si cela se fait aux dépens de la qualité analytique par rapport aux « macro-instruments ». Ces thèmes ont été repris dans de nombreuses présentations tout au long du symposium.

Un autre aspect du POCT a été abordé ensuite par C. Horton (Optical Sensors Inc.) et D. Wong (VIA Medical) : le patient linked testing. Il s'agit d'appareils directement reliés au patient soit en extracorporel (sur un circuit artério-veineux, par exemple en CEC de chirurgie cardiovasculaire), soit en para-corporel, c'est-à-dire branché sur une artère en aller-retour. L'avantage majeur de ces approches est la suppression des pertes sanguines pour le patient, la possibilité de mesures nombreuses. À l'état expérimental, ces appareils fonctionnent soit avec des détecteurs électrométriques classiques, soit avec des détecteurs optiques (optodes) qui semblent avoir un grand avenir, en attendant l'ère des mesures in vivo.

Méthodes et techniques nouvelles

Un autre thème de la conférence concernait les méthodes et les techniques nouvelles permettant de réaliser, dans les meilleurs conditions, des examens difficiles ou à risque.

Une première présentation a fait le point sur une méthode, nouvelle et plus sûre, de mesure du débit cardiaque. Le système LIDCO est basé sur l'injection de lithium dans une veine centrale et sa mesure dans une artère périphérique.

M. Meyerhoff (University of Michigan) a décrit une méthode améliorant par libération d'acide nitrique les conditions de maintien intravasculaire de détecteurs in vivo pour le suivi des gaz du sang. L'oxyde nitrique est déposé à la surface de tubes en matière plastique et son relargage prévient l'adhésion des plaquettes et leucocytes, il a donc un effet anticoagulant.

Deux nouvelles méthodes de mesure in vitro ont été présentées : une méthode optique par fluorescence du sodium et du potassium grâce à des fluoro-ionophores spécifiques (J. Tusa, AVL Scientific Corp.) et une méthode permettant la mesure de la pCO2 du sang par analyse infrarouge (N. Boalth, Radiometer).

Assurance qualité (garantie de qualité)

Une série d'orateurs ont rendu compte des programmes d'assurance qualité de leur pays respectifs (Nouvelle-Zélande, Australie, Royaume-Uni, États-Unis, Suède, Japon), de la Nouvelle-Zélande, où le POCT n'est ni autorisé ni financé (même pour la glycémie), aux programmes de standardisation importants nationaux ou régionaux (Japon, Scandinavie). Des auteurs japonais (M. Umemoto, Health Care Foundation, Kawasaki ; T. Fukunaga, Kanazawa University, Ishikawa ; K. Kuwa, Tsukuba University, Ibaraki) ont présenté des résultats impressionnants quant à l'amélioration de la qualité des analyses après institution d'un contrôle de qualité national.

Des discours divergents ont été tenus sur la philosophie du contrôle de qualité par divers fabricants et hospitaliers. K. Lewandrowski (Massachusetts General Hospital, Boston) et J. Nichols (John Hopkins, Baltimore) ont présenté des conceptions différentes de ce contrôle. Alors qu'au « Mass General » le programme de contrôle de qualité en POCT a été réduit parce que trop onéreux et peu efficace, au John Hopkins il a été élargi parce que bénéfique dans la réduction des risques d'erreur. Certains fabricants recommandent un contrôle de qualité électronique, d'autres des solutions tonométrées conditionnées dans des poches en feuilles laminées permettant des usages répétés (D. Conlon, Chiron Diagnostics).

« Hot issues »

Toute une série de présentations et d'affiches ont fait le point sur de nombreuses nouveautés : la possibilité de corriger les interférences dans la mesure du glucose et du lactate (C. Ritter, AVL), l'oxymétrie sur sang total non hémolysé (A. Manzoni, IL), les effets des solutions de remplacement du sang sur l'oxymétrie transcutanée (A.P. Shepherd, University of Texas), le recours à des solutions à pouvoir tampon oxygène pour améliorer l'étalonnage des appareils de gaz du sang (F. Volter, Cochin-Bichat, Paris), un nouveau détecteur de glucose incorporé dans le « GEM Analyzer » (S. Mansouri, IL), de nouveaux détecteurs à usage unique (P. Abel, Fresenius Medical Care AG), de nouveaux « biosensors » fondés sur des membranes micellaires réversibles (U. Spichiger, ETH, Zurich).

Cette conférence a été un grand succès à tous points de vue. Le comité scientifique de Paul D'Orazio (USA) avec Niels Fogh-Andersen (Danemark) et Lasse Larson (Suède) mérite toutes les félicitations pour l'excellence du programme et son caractère à la fois novateur et provocateur. C. Sachs, président du symposium, et tout le comité d'organisation doivent être remerciés pour les conditions excellentes des réunions, l'atmosphère de bienvenue, la cuisine française de qualité et le programme social.

NB. Les « meeting proceedings » de 1987, 1989, 1992, 1996 et (of course) 1998 peuvent être obtenus auprès de Paul D'Orazio, Chiron Diagnostics Corp., 63 North St., Medfield, MA 02052, USA au prix de 15 $ US l'unité.


 

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