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Malgré la mise en place des injections de gammaglobulines anti-D
dès les années 1970, l'allo-immunisation fto-maternelle
due à l'antigène D reste fréquente en France et ses
conséquences graves. Une amélioration de la prévention
est donc souhaitable et passe, notamment en ce qui concerne les biologistes,
par la standardisation des analyses pratiquées.
L'immunisation fto-maternelle se produit lors du passage d'hématies
ftales dans la circulation maternelle. Ces hémorragies sont
des événements fréquents au cours de la grossesse,
et parfois spontanés, mais dont le risque s'accroît lors
de manuvres ou de traumatismes utérins, nécessitant
alors la mise en place de mesures préventives. Ainsi, une injection
d'immunoglobulines anti-D est généralement indispensable
dans les situations suivantes :
- après accouchement d'un enfant D positif (RH1) chez une femme
D négatif (RH-1) ;
- après interruption volontaire de grossesse, fausse couche spontanée,
grossesse extra-utérine, mort ftale in utero ;
- après amniocentèse, réduction embryonnaire, ponction
de sang ftal, cerclage du col de l'utérus, traumatisme abdominal,
métrorragies, menace d'accouchement prématuré...
Le Laboratoire français du fractionnement qui commercialise ce
produit, recommande d'administrer 100 µg d'immunoglobulines anti-D
en dose de base et 100 µg supplémentaires par tranche de 20
hématies ftales pour 10 000 hématies maternelles.
Afin d'adapter la dose d'immunoglobulines anti-D à injecter, il
est donc essentiel de quantifier au préalable l'hémorragie
ftomaternelle.
Cette quantification consiste généralement à évaluer
la proportion d'hématies contenant de l'hémoglobine ftale,
présentes dans le sang maternel. À cet effet, différentes
techniques existent, mais une compilation de la littérature montre
que le test de Kleihauer reste encore le plus couramment pratiqué.
Cette coloration, simple et réalisable en urgence, est basée
sur l'instabilité à pH acide de l'hémoglobine A (adulte).
Après élution de l'HbA, l'hémoglobine F est colorée
par une solution d'hématoxyline acide et la proportion d'hématies
ftales pour 10 000 hématies est évaluée au
microscope. Toutefois, ce test est peu standardisé, différents
protocoles existent, et il nous a semblé utile de répertorier
les réactifs et les modes opératoires utilisés dans
les différents laboratoires pratiquant cette analyse et d'évaluer
anonymement la reproductibilité inter-opérateur et inter-laboratoire.
Pour cela, des frottis sanguins colorés, réalisés
à partir d'un mélange déterminé d'hématies
ftales et d'hématies adultes seront adressés aux biologistes
qui souhaitent participer à cette étude. Dans un deuxième
temps, il sera envisagé de réaliser la même opération
à partir d'échantillons de sang total ce qui permettra alors
de comparer les différentes techniques disponibles et de vérifier
la transférabilité des résultats. Ce travail pourra
ensuite éventuellement déboucher sur la mise en place d'un
contrôle de qualité et de recommandations de bonnes pratiques.
Nous remercions par avance tous ceux qui voudront bien participer à
cette opération et nous leur demandons de bien vouloir s'adresser
aux biologistes organisateurs : C. Simonnet (Tél. : 05 56 79 45
04 ; simonnet@proxilab.com) et Y. Brossard (Tél. : 01 44 73 83
00).
Bibliographie
Brossard Y, Maillard C. Peut-on cibler la prévention de la maladie
rhésus ? Le Concours Médical 2001 ; 123-13 : 871-3.
Kleihauer E, Braun H, Betke K. Demostration von fetalem hamoglobin in
den erythozyten eines blutausstrichs. Klin Wochensshr 1957 ; 35
: 637-42.
Mannessier L, Alie-Daram S, Roubinet F, et al. La prévention
de la maladie hémolytique du ftus et du nouveau-né
: il faut agir ! J Gynecol Obstet Reprod 2000 ; 29 : 441-4.
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