ARTICLE
Dans la grande majorité des cas, la présence d'une lymphocytose
absolue (> 4 x 109/L) et durable (plus de 6 mois) est chez
l'adulte en rapport avec l'existence d'un syndrome lymphoprolifératif
chronique B (SLPC-B), leucémie lymphoïde chronique, leucémie
prolymphocytaire, leucémie à tricholeucocytes, lymphome
splénique à lymphocytes villeux ou phases leucémiques
de lymphome folliculaire, de lymphome à cellules du manteau ou
de lymphome de la zone marginale. Il importe de caractériser le
type exact du SLPC, car la prise en charge thérapeutique varie
en fonction de l'hémopathie. Les SLPC-B sont hétérogènes
dans leurs aspects cliniques, morphologiques, immunologiques, cytogénétiques
et moléculaires. L'examen du frottis sanguin dans des conditions
d'étalement et de coloration standardisées, constitue la
première étape du diagnostic (figure
1) : les aspects morphologiques des cellules lymphoïdes permettent
dans la grande majorité des cas de classer le SLPC [1]. L'analyse
morphologique doit être complétée dans un second temps
par l'étude de l'expression des molécules membranaires à
la surface des cellules tumorales pour distinguer les proliférations
B et les proliférations T [2]. En cas de SLPC-B, les cellules lymphoïdes
tumorales n'expriment qu'un seul type de chaînes légères,
soit kappa, soit lambda et le même réarrangement des gènes
des immunoglobulines est observé.
Une lymphocytose absolue est aussi un événement fréquemment
observé après un traumatisme, une intervention chirurgicale
ou toute autre condition de stress : elle est toujours transitoire
et dure seulement quelques heures ou jours. Elle peut être aussi
le témoin d'une infection virale (cytomégalovirus ou virus
d'Epstein-Barr). Une lymphocytose durable a été décrite
dans les hyposplénismes, la maladie de Gaucher, la polyarthrite
rhumatoïde et la maladie de Hodgkin dans sa forme à prédominance
lymphocytaire. Elle est dans tous les cas polyclonale. La lymphocytose
polyclonale avec lymphocytes binucléés (LPLB) est une entité
rare de description plus récente [3], observée le plus souvent,
mais non exclusivement, chez la femme jeune et souvent fumeuse. La lymphocytose
est absolue (> 4 x 109/L), durable (> 6 mois), stable,
isolée et polyclonale. Une augmentation polyclonale des IgM sériques
est souvent associée. L'examen du frottis sanguin montre dans tous
les cas un pourcentage variable de lymphocytes binucléés.
Depuis la description initiale de cette nouvelle entité, d'autres
aspects ont été décrits, en particulier la présence
d'anomalies cytogénétiques récurrentes à type
d'isochromosome +i(3q) associée ou non à un phénomène
de condensation prématuré des chromosomes.
Données hématologiques
La LPLB est observée le plus souvent chez les femmes jeunes (40
ans), habituellement fumeuses. Dans une de nos études concernant
25 patients avec une LPLB, 22 patients sont des femmes et 3 patients sont
des hommes [4]. D'autres cas de LPLB ont été aussi observés
chez les hommes [5]. Le tableau clinique est assez stéréotypé
: une splénomégalie est présente dans environ la
moitié des cas, mais elle est toujours modérée et
isolée. Il n'existe jamais d'hépatomégalie. Les adénopathies
superficielles, lorsqu'elles sont présentes, sont inférieures
à 2 centimètres. L'hémogramme montre une lymphocytose
absolue, modérée le plus souvent, entre 4 et 10 x 109/L.
Il n'existe pas de thrombopénie. Une anémie modérée
(jamais inférieure à 10 g/dL) est présente dans environ
un tiers des cas. Tous les patients présentent une augmentation
polyclonale des immunoglobulines sériques IgM sans modification
habituellement du taux des autres immunoglobulines. Elle ne s'accompagne
pas d'infection ou de déficit apparent de l'immunité.
Examen cytologique
L'examen attentif des frottis sanguins est indispensable. Il montre
des cellules lymphoïdes dont les aspects morphologiques sont hétérogènes.
Un pourcentage variable (1 à 10 %) de lymphocytes à deux
noyaux est détecté dans tous les cas (figure
2). Ces lymphocytes binucléés sont associés à
la présence d'autres cellules lymphoïdes présentant
des noyaux plus ou moins échancrés, avec parfois deux lobes
réunis par un pont. La chromatine nucléaire est toujours
condensée, avec un petit nucléole parfois visible. La présence
de lymphocytes binucléés n'est pas observée chez
les individus sains ni habituellement chez les femmes fumeuses. Ils peuvent
être observés après irradiation, mais aucun des patients
avec une LPLB n'était exposé à ce risque. La présence
de lymphocytes binucléés peut être observée
dans certains SLPC-B, en particulier dans la leucémie lymphoïde
chronique B : dans ce cas, le pourcentage de lymphocytes binucléés
est souvent beaucoup plus important que dans les LPLB, la population lymphoïde
tumorale est plus homogène et l'étude de l'expression des
molécules membranaires permet d'affirmer la nature monoclonale
de la prolifération [6].
Étude de l'expression
des molécules membranaires
La lymphocytose s'accompagne habituellement d'une expansion du pool
des lymphocytes B, sans modification du nombre ou de la répartition
des lymphocytes CD4 ou CD8. Les cellules lymphoïdes expriment les
molécules membranaires CD19, CD20 et CD22. La positivité
du FMC7 est inconstante. Les cellules lymphoïdes B sont habituellement
CD5-, sauf dans un cas où la prolifération polyclonale
CD5+ pouvait faire discuter une leucémie lymphoïde
chronique [7]. Une expression des immunoglobulines de surface de type
IgM et IgD fait suggérer le caractère naïf de ces cellules,
non stimulées par l'antigène [3]. Une étude récente
a montré cependant que ces cellules étaient CD27+,
CD148+ et IgD+, phénotype correspondant à
des cellules mémoire, stimulées par l'antigène et
porteuses de mutations somatiques [8]. La lymphocytose, contrairement
aux SLPC-B, est polyclonale comme en témoigne la présence
soit des chaînes kappa soit des chaînes lambda. Les techniques
de double marquage par immunohistochimie ont aussi montré que les
lymphocytes binucléés étaient polyclonaux, les uns
exprimant la chaîne kappa, les autres la chaîne lambda [9].
Le nombre des lymphocytes T est normal, et il n'existe pas d'anomalie
de la répartition des lymphocytes T CD4 ou CD8. Aucune positivité
n'a été retrouvée avec les antigènes CD13,
CD14, CD33 ou avec les antigènes CD10, CD23 ou CD11c.
Examen cytogénétique
La présence d'un isochromosome surnuméraire a été
décrite pour la première fois en 1989 dans 3/26 métaphases
d'un patient ayant une LPLB [10]. L'analyse cytogénétique
conventionnelle par la mise en culture et la costimulation des lymphocytes
sanguins en présence simultanée de deux mitogènes,
le tétradécanoyl-phorbol-acétate et le lipopolysaccharide
E. coli et l'analyse d'un grand nombre de métaphases par
patient(e) nous a permis de montrer que l'isochromosome i(3q) est une
anomalie chromosomique réccurrente dans la LPLB (figure
3). Cette anomalie chromosomique est associée ou non à
la présence d'un phénomène de condensation prématurée
des chromosomes (PCC) (figure
4) [4, 11]. Chez 22 patients avec une LPLB, nous avons mis en évidence
une anomalie chromosomique clonale chez 20 patient(e)s, la présence
d'un isochromosome i(3q) surnuméraire décelée pour
17 patient(e)s (77 %), une condensation prématurée des chromosomes
chez 11 patient(e)s, avec, dans 9 cas une association PCC et i(3q). Une
PCC exclusive a été observée dans deux cas [12].
Le type exact des cellules porteuses de l'anomalie n'a pu être établi
de façon formelle. Les travaux de l'équipe lyonnaise ont
montré par la technique Fiction (associant une étude immunologique
puis une hybridation in situ) que le +i(3)(q10) était, chez
trois patients, restreint aux cellules B mais que l'anomalie pouvait être
détectée dans les cellules binucléées ou non
binucléées et dans les cellules lymphoïdes exprimant
les chaînes légères kappa et lambda [13]. En revanche,
notre équipe a montré que chez deux patients l'anomalie
était restreinte aux cellules non binucléées, quel
que soit le type de chaîne légère [4]. L'utilisation
de l'hybridation in situ en fluorescence (Fish) sur des cellules
en métaphase, après l'hybridation des chromosomes avec une
sonde spécifique de centromère du chromosome 3, a permis
d'observer un plus grand nombre de mitoses et de détecter la présence
d'un dérivé du chromosome 3 surnuméraire [+i(3q)
ou trisomie 3] (figure 5)
chez des patient(e)s pour lesquels la technique de cytogénétique
conventionnelle n'avait pas permis de la déceler. Par ailleurs,
l'utilisation d'une sonde télomérique du bras long du chromosome
3 a confirmé la présence isochromosome +i(3q) observée
par la technique de cytogénétique conventionnelle (figure
6). La présence d'un +i(3q) a été décrite
dans certaines tumeurs, rhabdomyosarcomes, carcinomes pulmonaires ou prostatiques
et lors du passage de l'hyperplasie au carcinome du col utérin
[14]. Le rôle du chromosome 3 dans la survenue de la LPLB reste
inconnu. L'équipe de Thayer a montré récemment que
le +(i)(3q) introduit dans les myoblastes empêchait la différenciation
musculaire. Les cellules avaient souvent plus de 156 chromosomes et une
amplification anormale du centrosome était observée. Enfin,
après irradiation des cellules, le nombre de cellules en phase
G1 du cycle cellulaire était réduit [15].
La condensation prématurée des chromosomes a été
décrite initialement dans les cellules infectées par les
virus [16] et les cellules normales traitées par les extraits de
moisissure ou la cytochalasine B [17, 18]. Elle est rarement observée
chez les patients avec une hémopathie ou une tumeur solide 6/166
cas (3,6 %), dont 128 hémopathies, 35 carcinomes et 3 épanchements
[19]. Il a été observé dans des cas de leucémie
aiguë myéloïde [19, 20], de leucémie aiguë
lymphoblastique [21], de cancer du côlon [22], de cancer du col
utérin [23] et de 14/27 cas de LPLB [4].
Le phénomène de condensation prématurée
des chromosomes observé chez certains patient(e)s avec une LPLB
peut être la conséquence de la fusion d'une cellule en métaphase
avec une cellule en interphase, la conséquence d'un dysfonctionnement
de la membrane cellulaire avec séparation asynchrone des cellules
filles après la duplication de l'ADN ou la conséquence d'une
réplication tardive avec asynchronisme au sein des mêmes
cellules d'une partie des chromosomes en métaphase et de l'autre
en interphase.
Des anomalies cytogénétiques, autres que l'i(3q) ou la
PCC, ont été aussi rapportées chez les patients avec
une LPLB. Une trisomie 3 a été décrite chez deux
des quatre patients étudiés par cytogénétique
conventionnelle [24].
Analyse moléculaire
Par des techniques de Southern blot utilisant un ADN digéré
par trois enzymes de restriction (BglII, HindIII et BamH1) nous avons
confirmé l'absence de réarrangements des gènes des
immunoglobulines chez cinq patients ayant une LPLB. L'hybridation avec
la sonde JH a montré dans tous les cas des bandes germinales :
la réduction d'intensité des bandes par comparaison avec
celles de l'ADN contrôle (ADN de placenta) suggère une polyclonalité.
La réhybridation ultérieure avec la sonde C kappa n'a pas
également permis de retrouver de réarrangement [9].
Pour confirmer ces résultats et pour exclure une population lymphoïde
clonale minoritaire au-dessous du seuil de détection par la méthode
de Southern blot, le réarrangement des gènes d'immunoglobulines
a été aussi analysé par PCR. L'amplification des
segments V-D-J par PCR en utilisant des oligonucléotides reconnaissant
les parties FR1, FR2 ou FR3 de la région variable des immunoglobulines
a confirmé dans tous les cas étudiés la nature polyclonale
de la lymphocytose de ces patients [4, 9].
Même si une population clonale minoritaire ne peut pas être
complètement exclue, l'absence de réarrangement détectable
par trois techniques indépendantes rend cette hypothèse
peu vraisemblable. Une population clonale a été détectée
dans trois cas de la littérature [25, 26] : il est donc probable
que si la majorité des patients présentent une population
lymphoïde polyclonale en se basant sur les études immunologiques
et génotypiques, l'émergence d'une population clonale reste
possible dans certains cas.
Évolution
La lymphocytose reste stable avec le temps et plusieurs patients ont
maintenant un recul supérieur à 20 ans. L'évolution
clinique et biologique stable avec des reculs de plusieurs années
doit impérativement faire proscrire dans ce contexte toute chimiothérapie.
Une surveillance prolongée est nécessaire et des études
répétées sont indispensables pour mieux évaluer
le suivi de ces patients et mieux comprendre la physiopathologie de ce
syndrome. La surveillance hématologique s'impose d'autant plus
que des transformations ou des évolutions ont été
observées. La survenue d'un lymphome à grandes cellules,
19 ans après le diagnostic de LPLB, a été décrite
chez une patiente de 38 ans [27]. Dans une autre observation, la survenue
d'un blastome pulmonaire 11 ans après le diagnostic de LPLB a été
rapportée [28]. Néanmoins, dans ces deux observations, l'absence
d'étude cytogénétique ne nous permet pas de savoir
s'il s'agit d'une coïncidence entre les deux événements
ou si, au contraire, la LPLB a favorisé la survenue du lymphome
ou de la tumeur solide [29].
Il est difficile en l'état actuel de nos connaissances de savoir
si ce syndrome est un « état préleucémique »
ou simplement une affection clonale ou polyclonale. Les observations limitées
mais indiscutables d'affections clonales suggèrent la possibilité
d'émergence d'un clone lymphoïde. L'existence d'une population
clonale est un fait bien connu dans la littérature : il est observé
en particulier dans plusieurs proliférations T comme la leucémie
à grands lymphocytes granuleux.
Étiologie
L'étiologie de la LPLB reste inconnue. Le rôle du tabac
a été évoqué : chez quatre patientes étudiées,
l'une d'entre elles a présenté une régression de
sa lymphocytose et une normalisation des IgM sériques à
l'arrêt du tabac [30]. Dans un autre cas tout à fait inhabituel,
une réduction de la bande réarrangée avec la sonde
Calpha par Southern blot a été observée après
l'arrêt temporaire du tabagisme [25]. Cependant, la LPLB a été
aussi décrite chez des patients non fumeurs ou non exposés.
La découverte de lymphocytes binucléés en l'absence
de lymphocytose chez la mère et le frère de deux patientes
avec une LPLB pourrait aussi suggérer une prédisposition
génétique [9]. Dans une étude ayant rassemblé
27 cas de LPLB dans la littérature et 11 cas personnels, l'expression
du HLA-DR7 a été retrouvée 24 fois sur 27 patients
testés (89 %) [31]. L'équipe de Delage suivant 15 patients
avec une LPLB, a retrouvé aussi un haplotype HLA DR7 dans 80 %
des cas [32]. La fréquence du HLA-DR7 dans la population caucasienne
est d'environ 22 %. Une des affections associée au HLA-DR7 est
la maladie cliaque : aucun des patients ne présente de signe
clinique évocateur de cette affection. La survenue de formes familiales
de LPLB chez un frère et une sur [33], chez trois surs
[32], chez des vrais jumeaux [34] peut aussi faire évoquer la possibilité
de facteurs génétiques.
Le rôle d'une infection virale reste à préciser.
Une lymphocytose polyclonale est observée dans les infections par
le virus d'Epstein-Barr ou le cytomégalovirus. Si dans toutes les
publications rapportées, les tests sérologiques (virus d'Epstein-Barr,
cytomégalovirus et virus VIH) ne suggèrent pas d'infection
virale évolutive chez les patients atteints de LPLB, les techniques
de PCR et d'hybridation in situ ont montré dans deux cas
la présence d'EBV dans les cellules lymphoïdes sanguines [35,
36]. Sa présence a été aussi mise en évidence
dans une lignée cellulaire obtenue à partir d'un patient
atteint de LPLB [37].
Des réarrangements bcl-2/IgH ont été décrits
chez les patients avec une LPLB [38-41]. Ces réarrangements sont
souvent multiples et intéressent les deux points de cassure MBR
et mcr. L'équipe de Delage a aussi montré que ces réarrangements
n'étaient pas stables avec le temps et qu'il apparaissait de nouvelles
bandes lorsque ces réarrangements étaient recherchés
à plusieurs moments de l'évolution. Ces réarrangements
s'associent aussi à une expression normale de la protéine
BCL-2 [41]. Le rôle exact de ces réarrangements dans la LPLB
reste à déterminer, d'autant plus que leur présence
a été aussi rapportée chez des individus normaux
[42].
CONCLUSION Remerciements.
Nous remercions l'ensemble des cliniciens et des biologistes
ayant contribué à cette étude : Dr Bonnet (Alès
en Cévenes), Dr Genet (Argenteuil), Dr Lusina (Aulnay-sous-Bois),
Dr Bauduer (Bayonne), Dr Schillinger et Poulet (Besançon), Dr Dignac
(Brive-la-Gaillarde), Dr O. Reman, Dr S. Cheze (Caen), Dr Marfaing (Antoine-Béclère,
Clamart), Dr Malaure et Dr Portefaix (Clermont-Ferrand), Dr Devidas (Corbeil-Essones),
Dr Binard (Damarre-les-Lys), Dr Maynadié (Dijon), Dr Hurst (Le Havre),
Dr Trimoreau, Dr B Petit (Limoges), Dr Felman, Dr Gentihomme (Lyon), Pr
Sébahoun (Marseille), Dr Khoury (Monfermeil), Dr Jung (Mulhouse),
Dr Garand et Pr Avet-Loiseau (Nantes), Dr Maier (Tenon, Paris), Dr Valensi
(Necker-Enfants malades, Paris), Dr Tapia (laboratoire Pasteur-Cerba), Dr
Peltier (Saint-Germain-en-Laye), Dr Grulois (Saint-Malo), Dr-Bischer (Saumur),
Dr Duchayne (Toulouse) et Dr Bulliard (Charleroi, Belgique).
Article reçu le 10 janvier 2002, accepté le 9 février
2002. REFERENCES
1. Bennett JM, Catovsky D, Daniel MT, et al. The French-American-British
(FAB) Cooperative Group. Proposals for the classification of chronic (mature)
B and T lymphoid leukaemias. J Clin Pathol 1989 ; 42 : 567-84.
2. Jennings CD, Foon KA. Recent advances in flow cytometry: application
to the diagnosis of hematologic malignancy. Blood 1997 ; 90 : 2863-92.
3. Gordon DS, Jones BM, Browing SW, Spira TJ, Laurence DN. Persistent
polyclonal lymphocytosis of B-lymphocytes. N Engl J Med 1982 ;
307 : 232-6.
4. Mossafa H, Malaure H, Maynadie M, et al., et le groupe
français d'hématologie cellulaire (GFHC). Persistent polyclonal
B lymphocytosis with binucleated lymphocytes: a study of 25 cases. Br
J Haematol 1999 ; 104 : 486-93.
5. Reimer P, Weibinger F, Tony HP, Koniczek KH, Wilheim M. Persistent
polyclonal B-cell lymphocytosis - an important differential diagnosis
of B-cell chronic lymphocytic leukaemia. Ann Haematol 2000 ; 79
: 327-31.
6. Amouroux I, Mossafa H, Gentilhomme O, Girot R, Flandrin G,
Troussard X. Chronic lymphocytic leukaemia with binucleated lymphocytes.
Leuk Lymphoma 1997 ; 27 : 533-7.
7. Reeder CB, Conley CR. CD5+ persistent polyclonal
B-cell lymphocytosis in a male. Leuk Lymphoma 1999 ; 33 : 593-6.
8. Himmelmann A, Gautschi O, Nawrath M, Bolliger U, Fehr J, Stahel
RA. Persistent polyclonal B-cell lymphocytosis is an expansion of funtional
IgD+ CD27+ memory B-cells. Br J Haematol
2001 ; 114 : 400-5.
9. Troussard X, Valensi F, Debert C, et al. Polyclonal
lymphocytosis with binucleated lymphocytes: a genetic predisposition.
Br J Haematol 1994 ; 88 : 275-80.
10. Perrault C, Boileau J, Gyger M, et al. Chronic B-cell
lymphocytosis. Eur J Haematol 1989 ; 2 : 361-7.
11. Mossafa H, Troussard X, Valensi F, et al. Isochromosome
i(3q) and premature chromosome condensation are recurrent findings in
chronic B-cell lymphocytosis with binucleated lymphocytes. Leuk Lymphoma
1996 ; 20 : 267-73.
12. Troussard X, Mossafa H, Flandrin G. Identity between Hairy
B-cell lymphoproliferative disorder and persistent polyclonal B lymphocytosis?
Blood 1997 ; 90 : 2110-1.
13. Callet-Bauchu E, Renard N, Gazzo S, et al. Distribution
of the cytogenetic abnormality +i(3)(q10) in persistent polyclonal B-cell
lymphocytosis: a fiction study in three cases. Br J Haematol 1997
; 99 : 531-6.
14. Heselmeyer K, Schrock E, du Manoir S, et al. Gain
of chromosome 3q defines the transition from severe dysplasia to invasive
carcinoma of the uterine cervix. Proc Natl Acad Sci USA 1996 ;
93 : 479-4.
15. Smith L, Liu SJ, Goodrich L, et al. Duplication of
ATR inhibits MyoD, induces aneuploidy and eliminates radiation-induced
G1 arrest. Nat Genet 1998 ; 19 : 39-46.
16. Stick HF, Van Hoosier GL, Trentin JJ. Viruses and mammalian
chromosomes: chromosome aberration by human adenovirus type 12. Experimental
Cell Research 1956 ; 34 : 400-3.
17. O'Neil FJ. Chromosome pulverization in cultured normal and
neoplastic cells treated with cytochalasin B. Br J Nat Cancer Institute
1972 ; 49 : 1733-7.
18. Rao PN, Wilson B, Puck TT. Premature chromosome condensation
and cell cycle analysis. J Cell Physiol 1976 ; 91 : 131-42.
19. Kovaks G. Premature chromosome condensation: evidence for
in vivo cell fusion in human malignant tumours. Internat J Cancer
1985 ; 36 : 637-41.
20. Williams DM, Scott CD, Beck TM. Premature chromosome condensation
in human leukemia. Blood 1976 ; 47 : 687-93.
21. Petkovic L, Nakic M, Tiefenbach A, et al. Premature
chromosome condensation in children with acute lymphocytic leukemia (L1)
and malignant histiocytosis. Cancer Genet Cytogenet 1988 ; 35 :
37-40.
22. Reichman A, Levin B. Premature chromosome condensation in
human large bowel cancer. Cancer Genet Cytogenet 1981 ; 3 : 221-5.
23. Sreekantaiah C, Bhargava MK, Shetty NJ. Premature chromosome
condensation in human cervical carcinoma. Cancer Genet Cytogenet
1987 ; 24 : 263-9.
24. Callet-Bauchu E, Gazzo S, Poncet C, et al. Distinct
chromosome 3 abnormalities in persistent polyclonal B-cell lymphocytosis.
Genes Chromosome Cancer 1999 ; 26 : 221-8.
25. Chan MA, Benedict SH, Carstairs KC, Francombe WH, Gelfand
EW. Expansion of B-lymphocytes with an unusual immunoglobulin rearrangment
associated with atypical lymphocytosis and cigarette smoking. Am J
Respir Cell Mol Biol 1990 ; 2 : 549-52.
26. Delage B, Darveau A, Jacques L, Huot A, Delage JM. Chronic
B-cell lymphocytosis of the young woman: clinical, phenotypic, and molecular
studies. Blood 1992 ; 80 (Suppl. 1) : 447a.
27. Roy J, Ryckman C, Bernier V, Whittom R, Delage R. Large cell
lymphoma complicating persistent polyclonal B cell lymphocytosis. Leukemia
1998 ; 12 : 1026-30.
28. Lawlor E, Murray M, O'Brian DS, et al. Persistent
polyclonal B lymphocytosis with Epstein-Barr virus antibodies and subsequent
malignant pulmonary blastoma. J Clin Pathol 1991 ; 44 : 341-2.
29. Troussard X, Mossafa H, Salaün V. Persistent polyclonal
lymphocytosis. Leukemia 1999 ; 13 : 497-8.
30. Carstairs KC, Francombe WH, Scott JG, Gelfand EW. Polyclonal
lymphocytosis of B-lymphocytes induced by cigarette smoking? Lancet
1985 ; 11 : 1094.
31. Troussard X, Flandrin G. Chronic B-cell lymphocytosis with
binucleated lymphocytes (LWBL): a review of 38 cases. Leuk Lymphoma
1996 ; 20 : 275-9.
32. Delage R, Jacques L, Massinga-Loembe M, et al. Persitent
polyclonal B-cell lymphocytosis: further evidence for a genetic disorder
associated with B-cell abnormalities. Br J Haematol 2001 ; 114
: 666-70.
33. Himmelmann A, Ruegg, Fehr J. Familial persistent polyclonal
B cell lymphocytosis. Leuk-Lymphoma 2001 ; 41 : 157-60.
34. Carr R, Fishlock K, Matutes E. Persistent polyclonal B-cell
lymphocytosis in identical twins. Br J Haematol 1997 ; 96 : 272-4.
35. Chow KC, Nacilla JQ, Witzig TE, Li CY. Is persistent polyclonal
B lymphocytosis caused by Epstein-Barr virus? A study with polymerase
chain reaction and in situ hybridization. Am J Hematol 1992
; 41 : 270-5.
36. Mitterer M, Pescosta N, Fend F, et al. Chronic active
Epstein-Barr virus disease in a case of persistent polyclonal B-cell lymphocytosis.
Br J Haematol 1995 ; 90 : 526-31.
37. Larcher C, Fend F, Mitterer M, Prang N, Schwarzmann F, Huemer
HP. Role of Espstein-Barr virus and soluble CD21 in persistent polyclonal
B-cell lymphocytis. Br J Haematol 1995 ; 90 : 532-40.
38. Delage R, Roy J, Jacques L, Delage JM, Darveau A. Multiple
bcl2/Ig gene rearrangements in persistent polyclonal lymphocytosis. Br
J Haematol 1997 ; 97 : 589-95.
39. Delage R, Roy J, Jacques L, Darveau A. All patients with
persistent polyclonal B cell lymphocytosis present Bcl-2/Ig gene rearrangements.
Leuk Lymphoma 1998 ; 31 : 567-74.
40. Granados E, Llamas P, Pinilla I, et al. Persistent
polyclonal B lymphocytosis with multiple bcl-2/IgH rearrangement: a benign
disorder. Haematologica 1998 ; 83 : 369-75.
41. Lancry L, Roulland S, Roué G, et al. No bcl-2
protein over expression but bcl-2/IgH rearrangements in B cells of patients
with persistent polyclonal B-cell lymphocytosis. Hematol J 2001
; 2 : 228-33.
42. Summers KE, Goff LK, Wilso GA, Gupta RK, Lister TA, Fitzgibbon
J. Frequency of the Bcl-2/IgH rearrangement in normal individuals: implications
for the monitoring of disease in patients with follicular lymphoma. J
Clin Oncol 2001 ; 19 : 420-4.
|