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Mort foetale par anasarque foeto-placentaire à 21 semaines d’aménorrhée |
Annales de Biologie Clinique. Volume 55, Numéro 5, 470-1, Septembre - Octobre 1997, Pratique quotidienne
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Résumé
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Auteur(s) : N.Bellagra, D. Hober, A. Dewilde, J. Bérard, D. Subtil, P. Wattré, . |
Résumé : L'observation
Madame P.A., 32 ans, présente dans ses antécédents obstétricaux une première grossesse marquée par un diabète gestationnel. L'accouchement d'un enfant en bonne santé a eu lieu à terme en 1993. Une deuxième grossesse débute en août 1996. Madame P.A., immunisée contre la toxoplasmose et la rubéole, n'a pas d'antécédent d'allo-immunisation (absence d'anticorps irréguliers et test de Kleihauer après la première grossesse négatif). Le début de cette grossesse s'est déroulé sans problème particulier. Le dépistage sérique de trisomie 21, réalisé par dosage de l'hormone chorionique gonadotrope, couplé à un dosage d'alpha-fœtoprotéine, a mis en évidence l'existence d'un risque élevé et a conduit à la réalisation, à 17 semaines et demie d'aménorrhée, d'une amniocentèse pour caryotype fœtal qui s'est avéré normal de type 46XX.
Une échographie fœtale, réalisée à 18 semaines et demie d'aménorrhée, permet de découvrir un épanchement péricardique isolé de faible abondance avec intégrité des structures cardiaques. Les résultats de l'échographie motivent la demande chez la mère d'un sérodiagnostic viral : le sérodiagnostic de cytomégalovirus est négatif, le sérodiagnostic de l'herpès simplex virus est positif en IgG et faiblement positif en IgM, et le sérodiagnostic de parvovirus B19 est positif en IgG avec une réaction douteuse en IgM. Madame P.A. est revue en consultation d'échographie fœtale pour un deuxième contrôle à 21 semaines d'aménorrhée. L'examen met en évidence une anasarque fœto-placentaire avec persistance de l'épanchement péricardique et apparition d'une ascite, une hépatomégalie importante et une cardiomégalie. Une ponction de sang fœtal permet de montrer un taux d'hémoglobine à 3 g/dl et une numération plaquettaire à 89 000/mm3.
Une exsanguino-transfusion in utero complétée par une transfusion intra-péritonéale, réalisée en urgence, permet d'augmenter le taux d'hémoglobine à 7 g/dl. La vitalité fœtale contrôlée dans la soirée est normale mais, malheureusement, le fœtus décède in utero le lendemain. Le diagnostic étiologique de cette anémie fœtale mortelle est confirmé par la détection du génome viral du parvovirus B19 par amplification génique (PCR) de l'ADN dans le liquide amniotique et le liquide d'ascite ainsi que dans le placenta. |
ARTICLE
Le point de vue du clinicien
Le parvovirus B19 est responsable de plusieurs manifestations dont les
principales sont : des atteintes articulaires ; le mégalérythème
épidémique ou cinquième maladie de l'enfant, des
crises érythroblastopéniques chez les personnes qui ont
des difficultés à régénérer leurs globules
rouges (hémoglobinopathies, immunodépression...) et l'infection
ftale grave au deuxième trimestre de grossesse.
Chez la femme enceinte, la primo-infection par le parvovirus B19 est
dans 90 % des cas sans conséquence grave pour le ftus, mais
dans 10 % des cas elle est responsable d'avortement ou de mort ftale
in utero [1]. Il s'agit d'une affection extrêmement grave,
puisque sur dix cas survenus dans notre région, deux enfants seulement
sont vivants grâce à des exsanguino-transfusions réalisées
précocement.
Le suivi des femmes enceintes après contage suspect (contact
avec un enfant présentant une éruption de type mégalérythème)
ou après séroconversion prouvée, doit impérativement
inclure un diagnostic virologique approfondi, un hémogramme réalisé
sur sang ftal ainsi qu'une surveillance échographique attentive
et régulière à la recherche de signes d'anémie
ftale.
Le point de vue du biologiste
L'infection à parvovirus B19 du ftus ne peut pas être
affirmée sur les seuls résultats de la sérologie
chez la mère. En effet, la détection simultanée des
IgG et des IgM témoigne d'une primo-infection mais ne signifie
pas qu'il y ait atteinte ftale. De plus, l'absence d'anticorps maternels
ne permet pas d'exclure une atteinte ftale. La détection
des IgM à partir du sang ftal est possible mais leur présence
est inconstante [1]. Le diagnostic virologique d'une atteinte materno-ftale
par le parvovirus B19 se fait donc essentiellement par la recherche du
génome viral par PCR dans le sang ftal, dans le liquide amniotique
(amniocentèse) et en postmortem dans le liquide d'ascite et les
tissus ftaux (placenta, cur, foie, rate...). Par ailleurs,
un taux élevé d'alpha-ftoprotéine dans le sérum
maternel peut être un marqueur précoce de l'infection intra-utérine
par le parvovirus B19. Devant des signes échographiques et biologiques
évocateurs d'anémie ftale associés à
la détection par PCR du parvovirus B19 dans le liquide amniotique
et/ou dans le sang ftal, le clinicien doit procéder à
une exsanguino-transfusion en urgence.
REFERENCES 1.
Public health laboratory service working party on fifth disease. Prospective
study of human Parvovirus B19 infection in pregnancy. Br Med J 1990
; 300 : 1166-70. |
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