ARTICLE
La première application analytique en matière d'analyse
des cheveux est ancienne puisque, dès 1836, Marsh développe
une méthode permettant de doser l'arsenic dans les cheveux. Dès
cette époque, on constate que les phanères sont susceptibles
de concentrer l'arsenic. Plus récemment, à partir des années
soixante, différentes études ont été menées
sur l'exposition aux métaux lourds et leur détermination
dans les cheveux. L'analyse des substances organiques fixées dans
le cheveu après exposition à des xénobiotiques apparaît
au début des années 80 et est rendue possible par le développement
de nouvelles méthodes analytiques très sensibles et très
spécifiques comme la radio-immunologie (RIA) ou la chromatographie
en phase gazeuse couplée à la spectrométrie de masse
(GC-MS), et plus récemment la chromatographie en phase liquide
couplée à la mesure par barrette de diodes (HPLC-DAD). Le
promoteur de cette analyse organique est Baumgartner [1] qui, en 1979,
décrit une technique radio-immunologique pour la détection
des opiacés dans les cheveux de toxicomanes. Depuis cette date,
divers travaux montrent l'intérêt de la détermination
de molécules très variées : stupéfiants et
produits de substitution, médicaments, polluants et plus récemment
anabolisants. La majorité des travaux publiés à ce
jour concernent la médecine légale. Pour ce qui est des
applications au domaine médical, bien que le champ d'investigation
soit immense, les études sont moins nombreuses.
L'intérêt de l'analyse des cheveux réside dans le
fait qu'elle permet de mesurer une exposition à des xénobiotiques
sur une longue durée, au contraire des mesures dans des milieux
classiques : sang et urines. Cette fenêtre de détection est
d'autant plus importante que les cheveux sont longs. En effet, la croissance
au niveau du bulbe étant voisine de 0,3 à 0,4 mm par jour,
chaque segment de 1,0 cm représente sensiblement la mémoire
mensuelle d'une exposition. Cette particularité présente
un intérêt majeur en pratique médicale car le cheveu
peut constituer la seule mémoire biologique à notre disposition
permettant de dater une exposition à une ou plusieurs substances.
Par ailleurs, le prélèvement n'est pas traumatique et sa
conservation est illimitée comme le montre l'analyse d'échantillons
provenant de momies précolombiennes dans lesquels on retrouve encore
la cocaïne et son métabolite, la benzoylecgonine. Quelles
méthodes analytiques peut-on recommander pour procéder à
ces déterminations ? Comment peut-on interpréter les résultats
obtenus et quelles sont les indications de ce type d'analyse ? Les auteurs
tentent de répondre à ces deux questions à l'aide
d'une revue de la littérature et à la lumière de
leur expérience personnelle.
Mode d'incorporation des médicaments et
des stupéfiants dans les cheveux
Ce phanère comporte une trame protéique importante, fabriquée
à partir des protéines puisées dans la microcirculation
capillaire. Ces protéines assurent également une fonction
de transport des médicaments, des stupéfiants ou des polluants,
dont l'exposition régulière entraîne une accumulation
dans la trame protéique des cheveux. Ceci est un peu comparable
à l'hémoglobine glyquée qui reflète l'imprégnation
glycémique d'un individu au cours des dernières semaines.
En fait, l'incorporation des xénobiotiques dans les phanères
est beaucoup plus complexe puisqu'elle fait intervenir d'autres mécanismes
parmi lesquels il faut citer l'incorporation de nombreuses substances
à partir de la sueur et du sébum.
L'incorporation des médicaments et des stupéfiants dans
les cheveux a fait l'objet de divers travaux qui montrent que l'affinité
des différentes molécules pour la mélanine, leur
lipophilie, ainsi que leur perméabilité membranaire jouent
un rôle important. Ainsi la cocaïne s'incorpore cent fois plus
que la benzoylecgonine, métabolite polaire peu lipophile. Cela
explique que, malgré une demi-vie beaucoup plus courte, la concentration
en cocaïne dans les cheveux soit toujours supérieure à
celle de la benzoylecgonine, contrairement au sang ou aux urines. La même
constatation peut être faite dans les cheveux d'héroïnomanes
dont la concentration en 6-monoacétylmorphine est très largement
supérieure à la teneur en morphine. Le rapport est inversé
dans le sang et les urines conformément à la demi-vie de
la 6-monoacétylmorphine extrêmement brève comparée
à celle de la morphine. Là aussi, la grande lipophilie de
la 6-monoacétylmorphine en regard de celle de la morphine semble
déterminante.
Pour les cannabinoïdes, molécules pourtant très lipophiles,
il a été montré que l'incorporation était
médiocre. Cela peut s'expliquer par un faible passage de ces substances
à travers les membranes biologiques en raison de leurs propriétés
physicochimiques. En ce qui concerne les médicaments, l'incorporation
des principes actifs est variable en fonction des caractéristiques
physicochimiques des molécules (lipophilie, pH), mais les cheveux
montrent en règle générale des concentrations supérieures
à celles rencontrées dans le sang.
Le prélèvement
Les cheveux sont généralement prélevés au
sommet et à l'arrière du crâne, au niveau du vertex
postérieur. Une mèche de 60 cheveux (diamètre d'un
crayon) est largement suffisante. Après orientation racine-extrémité
par une cordelette (fixée à 1 cm de la racine avant la coupe,
ce qui facilite cette opération), la mèche est prélevée
le plus près du cuir chevelu et coupée avec des ciseaux.
Les bulbes n'étant pas nécessaires, il n'y a pas lieu d'arracher
les cheveux. La conservation s'effectue en tube sec ou dans une enveloppe,
à température ambiante. Les poils pubiens, axillaires ou
des membres peuvent également être utilisés.
Analyse des stupéfiants
Les premières publications dévolues à l'analyse
des substances organiques dans les cheveux ont toutes été
orientées vers des applications médico-légales. Dans
ces conditions, il n'est pas étonnant de voir que les travaux initiaux
soient consacrés à l'identification des stupéfiants.
C'est en 1979, que Baumgartner et al. [1] publient l'important
article qui allait révolutionner la toxicologie analytique de cette
fin de siècle. À cette époque, la mise en évidence
des analytes est exclusivement basée sur la RIA, seule technique
suffisamment sensible. Plus tard, quelques tentatives seront effectuées
par polarisation de fluorescence [2], sans grande conviction, néanmoins.
Compte tenu des implications médico-légales, l'analyse des
stupéfiants dans les cheveux se fait essentiellement de nos jours
par GC-MS, seule méthode reconnue comme méthode de référence.
Ainsi, dans les lignes qui vont suivre, ne seront présentées
que des procédures faisant appel à ce type de couplage,
même si on ne peut pas exclure la chromatographie liquide couplée
à la fluorimétrie [3] ou l'électro- phorèse
capillaire [4].
L'héroïne
Sujet majeur de l'identification de stupéfiants dans les cheveux,
l'absorption de l'héroïne a pu être caractérisée
selon quatre périodes successives : analyse des opiacés
totaux par RIA [1], rapport morphine sur codéine après analyse
par GC-MS [5], identification de la 6-monoacétylmorphine [6] et,
enfin, identification de l'héroïne elle-même [6, 7].
Trois méthodes de préparation des cheveux sont généralement
utilisées : hydrolyse acide [8], hydrolyse enzymatique [9] et incubation
méthanolique [10]. L'hydrolyse alcaline, qui est la seule à
conduire à une solubilisation complète de la matrice kératinisée,
est à proscrire. En effet, le pH alcalin induit la transformation
de la 6-monoacétylmorphine, marqueur exclusif de l'héroïne,
en morphine, avec les difficultés inhérentes d'identification
des toxicomanes.
Les principales étapes analytiques de ces trois méthodes
sont présentées dans le tableau
1. Toutes font appel à une décontamination préalable.
Dans tous les cas, les différentes procédures font appel
à des standards internes ajoutés au début de la phase
de préparation ; les deux premières utilisent des standards
deutérés, la dernière la méthaqualone. La
6-monoacétylmorphine est retrouvée majoritairement par les
trois techniques. Du fait d'une étape complémentaire de
purification, les deux premières méthodes conduisent à
des extraits plus propres et donc des chromatogrammes moins chargés.
Les concentrations mesurées après hydrolyse acide ou enzymatique
sont légèrement supérieures à celles obtenues
après incubation méthanolique [11]. Néanmoins, cette
dernière méthode apparaît comme universelle pour tous
les xénobiotiques incorporés dans les cheveux. Il semble
se dégager un consensus international pour considérer un
seuil de positivité de 0,5 ng/mg de 6-monoacétylmorphine
[12]. Selon Pépin et Gaillard [13], il y aurait concordance entre
quantité de produit utilisé et concentration dans les cheveux.
D'autres auteurs sont plus nuancés [7]. La technique d'hydrolyse
acide a fait l'objet d'un consensus national en France, sous l'égide
de la Société française de toxicologie analytique
[14].
La cocaïne
La consommation simultanée d'héroïne et de cocaïne
a rapidement conduit les analystes à développer des procédures
communes d'identification des analytes. Ainsi, les trois méthodes
proposées précédemment s'appliquent également
à la cocaïne (tableau
1). Seule, la mise en évidence de l'anhydroecgonine méthyl
ester, composé obtenu par pyrolyse de la cocaïne base ou crack,
permet de différencier le consommateur de chlorhydrate de cocaïne,
surtout sniffé, de l'individu fumant du crack [15]. Les concentrations
sont généralement faibles pour l'anhydroecgonine méthyl
ester. Le risque principal de ce type d'analyse est la contamination externe
par l'environnement [16]. C'est pourquoi, plutôt que des seuils
de positivité, les analystes préfèrent des ratios
de métabolites spécifiques (benzoylecgonine/cocaïne
> 0,05) ou l'identification de métabolites spécifiques
(cocaéthylène ou norcocaïne) [17]. L'hydrolyse alcaline
est à proscrire, car elle conduit à une dégradation
totale de la cocaïne et de la benzoylecgonine.
Les amphétamines
La plupart des travaux consacrés aux amphétamines ont
été publiés par des auteurs japonais, confrontés
historiquement à ce type de toxicomanie. Même si les résultats
obtenus après hydrolyse acide ou enzymatique ou après incubation
méthanolique sont à considérer [18], il apparaît
que l'hydrolyse alcaline est la mieux adaptée pour la préparation
de l'échantillon, d'autant que le pH est alors optimal pour une
étape complémentaire de purification en phase liquide-liquide.
Les principales étapes de l'analyse sont résumées
dans le tableau 1. Cette
procédure permet l'analyse simultanée de l'amphétamine,
la méthamphétamine, la 3,4-méthylènedioxyamphétamine,
la 3,4-méthylènedioxyméthamphétamine, la MDEA
et la MBDB. Le seuil de positivité est fixé à 0,5
ng/mg pour chaque composé.
Le cannabis
Parmi tous les stupéfiants caractérisés dans les
cheveux, les dérivés du cannabis sont les plus difficiles
à analyser. Leurs concentrations mesurées sont faibles et
ils sont difficiles à extraire de la matrice kératinisée.
En pratique, seule l'hydrolyse alcaline est à retenir. Jurado et
al. [20] ont proposé une procédure originale qui associe
d'abord hydrolyse acide pour analyser les opiacés et les dérivés
de la cocaïne, puis alcalinisation du résidu pour extraire
les cannabinoïdes. Mais la méthode la plus élégante
reste celle publiée par Cirimele et al. [21] qui rapportent
l'identification et la quantification directe, sans dérivation
du DELTA9-tétrahydrocannabinol (THC), du cannabinol et du cannabidiol.
Les concentrations mesurées sont généralement faibles,
n'excédant que rarement 2 ng/mg. Le risque de contamination externe
par les fumées est éliminé par l'identification du
métabolite carboxylé, l'acide 11 nor-DELTA9-tétrahydrocannabinol-9-carboxylique
(THC-COOH). Cette procédure [22] requiert l'utilisation de l'ionisation
chimique négative (GC-MS-NCI) tant les concentrations sont basses,
de l'ordre de quelques pg/mg. Les principales étapes de ces deux
méthodes sont rapportées dans le tableau
1. Une décontamination préalable par dichlorométhane-eau-dichlorométhane
est indispensable. Le THC-d3 et le THC-COOH-d3 sont
respectivement utilisés comme standards internes. À ce jour,
peu de laboratoires recherchent en routine les cannabinoïdes. Il
n'existe donc pas, pour le moment, de consensus sur un seuil de positivité.
Les narcotiques médicamenteux
À côté des stupéfiants dits classiques, les
toxicologues ont également développé des procédures
analytiques pour l'identification et la quantification de certains narcotiques,
pour des applications tant cliniques que médico-légales.
Le tableau 2 rapporte
les principales publications à ce jour.
Analyse des médicaments
Contrairement aux stupéfiants, les travaux concernant l'analyse
des médicaments dans les cheveux sont moins nombreux. Les premières
méthodes décrites font appel à la GC-MS. Plus récemment
l'HPLC-DAD a été appliquée à l'analyse des
médicaments, en particulier pour les molécules thermolabiles
comme la carbamazépine ou non volatiles comme l'acénocoumarol.
La préparation de l'échantillon est moins délicate
que pour les stupéfiants, puisque le problème de la contamination
externe des cheveux ne se pose pas. Dans la majorité des techniques,
il est recommandé un dégraissage par un solvant (dichlorométhane
par exemple), précédé d'un lavage à l'eau
chaude pour les prélèvements réalisés au cours
d'autopsies. Les cheveux sont ensuite soit broyés sous forme d'une
poudre dans un broyeur à boulet, soit coupés en segments
courts de 1 à 2 mm. Ils sont alors soumis à une hydrolyse
alcaline, acide ou enzymatique ou à une simple incubation méthanolique.
Outre le fait que l'hydrolyse acide ou alcaline est susceptible de dégrader
certaines molécules (benzodiazépines par exemple), l'hydrolyse
alcaline conduit à des chromatogrammes beaucoup plus chargés.
L'extraction est réalisée en milieu acide ou alcalin en
fonction de la nature de la molécule en utilisant soit une phase
liquide (solvant organique ou mélange de solvants), soit une phase
solide. L'extraction supercritique a également été
proposée. Contrairement aux stupéfiants, la quantification
s'effectue le plus souvent sans dérivation par GC-MS à l'aide
d'un étalon deutéré ou d'un étalon interne
autre. Elle peut également être réalisée par
HPLC-DAD à l'aide d'un étalon interne.
Certains médicaments présents en très faible concentration
sont difficiles à détecter dans les conditions décrites
précédemment, on peut citer le flunitrazépam qui
nécessite l'emploi d'un GC-MS équipé d'un dispositif
d'ionisation chimique négative (GC-MS-NCI).
Les anticonvulsivants
Les études portent essentiellement sur la détermination
de la carbamazépine et du phénobarbital par GC-MS. Les principales
étapes analytiques sont présentées dans le tableau
3. En ce qui concerne la carbamazépine, un travail récent
montre l'intérêt de l'HPLC-DAD [35] après extraction
alcaline en phase solide.
Les anxiolytiques
Deux familles médicamenteuses ont fait l'objet de publications
: les benzodiazépines et le méprobamate. En ce qui concerne
les premières, les déterminations sont réalisées
surtout par GC-MS bien que l'HPLC-DAD offre une alternative intéressante,
y compris pour certaines molécules comme l'alprazolam ou l'estazolam
[35]. L'analyse des benzodiazépines dans les cheveux pose des problèmes
analytiques particuliers, l'hydrolyse acide ou alcaline conduisant à
la formation de benzophénones ou de composés de dégradation.
Par ailleurs, l'incubation méthanolique montre des rendements insuffisants
pour de nombreuses molécules. Le tableau
3 reproduit les conditions opératoires. Pour le flunitrazépam,
les concentrations mesurées étant extrêmement faibles,
de l'ordre de 50 pg/mg, l'emploi d'un dispositif d'ionisation chimique
négative couplé s'avère nécessaire (GC-MS-NCI).
La RIA a été utilisée mais elle s'avère d'une
sensibilité insuffisante.
Les antidépresseurs
Les travaux réalisés concernent surtout les antidépresseurs
tricycliques (tableau 3).
Pour certaines molécules, dérivés tricycliques et
inhibiteurs de la mono-amine-oxydase, l'HPLC-DAD peut se substituer avantageusement
à la GC-MS après extraction en phase solide à pH
alcalin [35].
Les neuroleptiques
Les neuroleptiques ont été parmi les médicaments
les plus étudiés. L'halopéridol et la chlorpromazine
ont été mesurés par HPLC avec détection coulométrique
pour le premier et ultra-violette pour le second (tableau
3). En ce qui concerne les autres molécules, il s'agit
d'une procédure classique : réduction de l'échantillon,
dissolution en milieu alcalin puis extraction en phase liquide ou solide.
L'HPLC-DAD [35] constitue également une méthode de choix
pour la mesure de cette classe thérapeutique.
Médicaments divers
D'autres médicaments ont été examinés, il
s'agit d'antalgiques comme la morphine ; d'antibiotiques parmi lesquels
il faut citer l'ofloxacine, la norfloxacine, la ciprofloxacine, la témafloxacine
(tableau 3). Certains
antibiotiques se sont révélés être des traceurs
extrêmement intéressants de la pousse des cheveux, notamment
les fluoroquinolones qui peuvent être mises en évidence après
une prise unique. Il a été montré que la vitesse
de pousse est de 1 cm par mois et qu'il n'y a pas de diffusion axiale
significative du principe actif le long du cheveu au cours du temps. Enfin,
diverses molécules ont été quantifiées, notamment
la digoxine pour laquelle des méthodes immunologiques ont été
décrites soit par RIA, soit par MEIA (microparticule enzyme
immunoassay) (tableau 3).
Interprétation des résultats
Les indications de l'analyse des médicaments dans les cheveux
relèvent de deux domaines : la médecine légale et
la médecine traditionnelle.
Les premières applications médico-légales concernent
la détection des stupéfiants : différenciation entre
consommateur et revendeur, confirmation d'une conduite toxicophile, contrôle
d'une cure de sevrage au cours de l'injonction thérapeutique (loi
du 31 décembre 1970), circulation de drogue en milieu carcéral.
Pour ce qui est de la médecine légale, la mise en évidence
des médicaments dans les cheveux peut être déterminante
pour affirmer une exposition chronique chez un sujet non traité
(emploi illicite de certaines molécules, administration médicamenteuse
abusive à tiers). Elle peut révéler une tentative
d'intoxication chronique à des fins criminelles, confirmer la thèse
d'un suicide, enfin préciser le traitement permettant d'identifier
une victime en l'absence d'autre milieu biologique disponible.
En ce qui concerne la pratique médicale, l'analyse des cheveux
s'avère extrêmement intéressante pour contrôler
la bonne observance thérapeutique au long cours. Cette approche
est particulièrement utile chez les malades pour lesquels l'interrogatoire
s'avère difficile, voire impossible. Dans la surveillance thérapeutique,
elle apporte des informations pertinentes, par la confirmation d'une erreur
de prescription ou de délivrance, lorsque des troubles cliniques
sont constatés chez un malade traité, quand des dosages
sanguins n'ont pas été réalisés. La majorité
des études montre d'ailleurs qu'il existe une corrélation
de groupe entre la posologie quotidienne et la concentration dans les
cheveux [34, 40, 42-46]. L'analyse des cheveux peut également être
un outil très utile au diagnostic clinique. En effet ce peut être
la seule investigation biologique pertinente face à une symptomatologie
clinique rare n'aboutissant que tardivement à un diagnostic (intoxication
médicamenteuse non suspectée au départ, conduite
toxicophile à un médicament, syndrome de sevrage). Enfin,
elle a été mise à profit dans la mise en évidence
d'une exposition médicamenteuse du nouveau-né pendant la
grossesse ; en effet les études corrélatives montrent un
transfert dose-dépendant des xénobiotiques de la mère
vers l'enfant.
CONCLUSION
Aujourd'hui la mesure des xénobiotiques dans les cheveux est
une méthode reconnue. Pour la première fois une technique
initialement utilisée pour les stupéfiants à des
fins médico-légales est étendue au domaine médical
et à d'autres molécules. Cette analyse, qui apporte des
informations qualitatives et quantitatives, s'avère le complément
idéal des mesures dans le sang et les urines. En conclusion, le
cheveu, milieu qui présente la propriété unique d'être
un calendrier historique de la consommation de xénobiotiques, grâce
il est vrai à des progrès analytiques considérables,
contribue à la valorisation de l'acte biologique.
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