ARTICLE
L'auteur propose une courte synthèse sur le sujet. L'administration
de cytokines par voie orale est une alternative séduisante à
l'injection de ces molécules. À l'aide de cette approche,
les cytokines peuvent être en contact avec la muqueuse intestinale
où l'effet serait maximal. Le milieu acide et les protéases
rencontrées par les cytokines dans le tube digestif n'affectent
pas toutes les molécules de la même manière. L'administration
orale permet de surmonter le problème des effets secondaires délétères
de l'administration systémique de ces molécules. Au cours
du sida, dans une étude réalisée au Kenya (Hutchinson
and Cummins, Lancet 1987 ; 2 : 1530-1), de faibles doses d'IFNalpha
naturel (1,5 à 2,5 unités par kg et par jour) maintenues
au contact de la muqueuse buccale pendant 1 à 2 minutes avant l'ingestion
permettent d'améliorer la symptomatologie clinique (gain de poids,
réduction des diarrhées) et d'augmenter le rapport TCD4+/TCD8+.
Dans un modèle murin, l'ingestion d'IL6 provoque l'élimination
de Campylobacter en 2 à 3 jours avant la mise en place d'une
réponse immunitaire acquise (Baqar et al. Antimicrobial Agents
Chemother 1993 ; 37 : 2688-92). Le mécanisme d'action des cytokines
par voie orale est inconnu. Les cytokines pourraient générer
des signaux secondaires au niveau des cellules épithéliales
intestinales qui possèdent des récepteurs pour les cytokines,
et notamment des récepteurs d'IL6. Les succès obtenus avec
de faibles doses de cytokines sont en effet en faveur de l'activation
de seconds messagers qui amplifiraient le signal.
|