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Interféron alpha, protéines antivirales et applications médicales


Annales de Biologie Clinique. Volume 57, Numéro 6, 659-66, Novembre - Décembre 1999, Revues générales

Article gratuit   Summary  

Auteur(s) : V. Chieux, D. Hober, W. Chehadeh, P. Wattré

Résumé : Les interférons alpha et beta sont des cytokines très efficaces pour lutter contre les infections. L’activité antivirale des interférons alpha repose notamment sur l’induction de nombreuses protéines intracellulaires dont les plus connues sont la 2’-5’ oligoadénylate synthétase et la protéine 68 kinase (PKR). La protéine MxA est également une protéine antivirale mais dont la synthèse, à l’inverse de celle des autres protéines, est spécifiquement induite par les interférons de type I. Elle fait partie d’une superfamille dont la dynamine, protéine impliquée dans les phénomènes de transport, est le chef de file. Son mécanisme d’action antivirale n’est pas encore complètement connu mais des travaux ont montré qu’elle agissait à différentes étapes de la synthèse des protéines. D’autre part, elle n’a pas une activité équivalente sur tous les virus ; la réplication du virus de la stomatite vésiculeuse et du virus influenzae est stoppée par la MxA, en revanche, le virus herpès simplex de type I y est insensible. L’étude des variations de l’interféron alpha et de la MxA a des applications dans divers domaines de la biologie clinique. Les principales méthodes de détection de l’interféron alpha reposent d’une part sur sa capacité à protéger une culture cellulaire contre l’infection par un virus référencé, d’autre part sur des techniques immunologiques. Les premières sont les plus sensibles, mais de réalisation lourde et délicate, même si des simplifications ont pu être proposées. Les secondes sont plus simples à mettre en œuvre ; cependant elles ne mettent pas en évidence l’activité biologique de l’interféron détecté. La présence d’interféron de type I dans les échantillons biologiques (sérum, plasma, liquide céphalorachidien, surnageants de culture) peut être évaluée in vitro grâce à l’induction de la synthèse de MxA dans des cellules tests. La lyse de ces cellules permet alors de quantifier la protéine MxA et de déterminer la concentration d’interféron alpha dans les échantillons étudiés. La protéine MxA détectable dans le lysat de cellules du sang périphérique peut être considérée comme un marqueur spécifique des infections virales aiguës. Un faible volume de sang total (15 mul) est nécessaire pour un dosage et facilite ainsi son application en pédiatrie. La protéine MxA, qui s’élève chez les patients traités par interféron alpha, est un marqueur potentiel du traitement par cette molécule. La détection d’interféron alpha et de protéines antivirales constitue une approche indirecte pour étudier l’hypothèse du rôle des virus dans des maladies chroniques d’étiologie infectieuse suspectée.

Mots-clés : Protéines antivirales - Protéine MxA - Maladies virales - Maladies chroniques.

 

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