Accueil > Revues > Biologie et recherche > Annales de Biologie Clinique > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
Biologie et recherche
Annales de Biologie Clinique
- Numéro en cours
- Archives
- S'abonner
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Santé publique
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable

Elimination des interférences chromatiques par spectrophotométrie proche infrarouge : application à un analyseur multiparamétrique de biochimie


Annales de Biologie Clinique. Volume 57, Numéro 1, 98-102, Janvier - Février 1999, Pratique quotidienne


Résumé  

Auteur(s) : A. Piton, O. Marais, F. Imbert-Bismut, J.-J. Vail, J. Delattre, Laboratoire de biochimie. Hôpital de la Salpêtrière,47, bd de l’Hôpital, 75651 Paris cedex 13.

Résumé : Les substances endogènes (hémoglobine, bilirubines, lipides) interfèrent dans les lectures spectrophotométriques de la région ultraviolette ou visible du spectre de certaines analyses de biochimie. Les études de Glick et Ryder [1] ont montré qu'en dépit des corrections utilisées par les nouveaux automates (lecture en bichromatisme, blanc sérum, mesure en cinétique), il subsistait de nombreuses causes d'inexactitudes dans les résultats. En effet, l'hémoglobine, les bilirubines, les lipides absorbent dans la région visible et ultraviolette du spectre. L'absorbance de ces substances diminue progressivement de l'ultraviolet (en dessous de 400 nm) au visible (400-600 nm) pour être minimale au-dessus de 620 nm. Dans l'infrarouge, l'interférence de la bilirubine et de l'hémoglobine est éliminée, celle des lipoprotéines est considérablement diminuée. Récemment, ont été développées des méthodes de dosage qui utilisent des chromophores absorbant fortement dans le proche infrarouge entre 600 et 850 nm et qui limitent ainsi les interférences chromatiques. Le but de l'étude a été d'utiliser la spectrophotométrie dans le proche infrarouge sur un analyseur multiparamétrique, pour les dosages de l'acide urique, du calcium, des chlorures, du cholestérol, du glucose, du phosphore, de valider ces dosages et d'étudier l'influence des interférences chromatiques.

Illustrations

ARTICLE

Les substances endogènes (hémoglobine, bilirubines, lipides) interfèrent dans les lectures spectrophotométriques de la région ultraviolette ou visible du spectre de certaines analyses de biochimie. Les études de Glick et Ryder [1] ont montré qu'en dépit des corrections utilisées par les nouveaux automates (lecture en bichromatisme, blanc sérum, mesure en cinétique), il subsistait de nombreuses causes d'inexactitudes dans les résultats. En effet, l'hémoglobine, les bilirubines, les lipides absorbent dans la région visible et ultraviolette du spectre. L'absorbance de ces substances diminue progressivement de l'ultraviolet (en dessous de 400 nm) au visible (400-600 nm) pour être minimale au-dessus de 620 nm. Dans l'infrarouge, l'interférence de la bilirubine et de l'hémoglobine est éliminée, celle des lipoprotéines est considérablement diminuée. Récemment, ont été développées des méthodes de dosage qui utilisent des chromophores absorbant fortement dans le proche infrarouge entre 600 et 850 nm et qui limitent ainsi les interférences chromatiques. Le but de l'étude a été d'utiliser la spectrophotométrie dans le proche infrarouge sur un analyseur multiparamétrique, pour les dosages de l'acide urique, du calcium, des chlorures, du cholestérol, du glucose, du phosphore, de valider ces dosages et d'étudier l'influence des interférences chromatiques.

Matériels et méthodes

Tous les dosages ont été réalisés sur un analyseur multiparamétrique Dax 96® (Bayer Diagnostic). Les méthodes utilisant des chromophores absorbant fortement dans le proche infrarouge (Synermed France) ont été comparées aux méthodes et réactifs Bayer habituellement utilisés sur le Dax 96®.

Les principes des méthodes utilisées sont décrits dans le tableau 1.

Pour chaque analyte, le domaine d'analyse, la limite de détection, la répétabilité, la reproductibilité, l'inexactitude sur des échatillons de patients par comparaison de techniques et, enfin, l'influence des substances interférentes ont été étudiés selon le protocole de validation de techniques publié par la commission Validation de techniques de la SFBC [2].

La linéarité a été étudiée à partir d'un spécimen de contrôle (Bayer) titrant 32 mmol/l de glucose, 1 185 mmol/l d'acide urique, 10,50 mmol/l de cholestérol, 152 mmol/l de chlorures, 4,42 mmol/l de phosphore et 3,2 mmol/l de calcium. Pour chaque analyte, la limite de détection a été déterminée par des mesures répétées (n = 50) du blanc de la réaction dans une même série de dosage. La répétabilité et la reproductibilité ont été étudiées à partir de deux spécimens de contrôle de niveau moyen et élevé (Bayer). L'évaluation de l'inexactitude par comparaison de techniques a été réalisée sur 150 plasmas provenant de patients hospitalisés. Ils ont été choisis pour couvrir une gamme de mesures étendue et ils reflètent les principales variations physiopathologiques, conformément aux objectifs du protocole de comparaison de techniques. Les droites d'allométrie, les coefficients de corrélation ont été calculés. L'inexactitude observée pour les trois niveaux de concentration différents a été comparée aux normes proposées par le protocole de validation de technique [2].

L'influence des interférences analytiques dues à l'hémolyse, à la bilirubine, aux lipides a été étudiée selon la méthodologie du protocole de validation de techniques [2]. Un mélange de plasma est surchargé à différents niveaux de concentrations par des solutions concentrées d'hémoglobine, de bilirubine (Bilirubine Sigma B 4126), de lipides (Ivélep 20 % Clintec).

Les différents analytes ont été dosés en double sur chacun des échantillons non surchargés et surchargés. Pour chaque analyte, la valeur moyenne des dosages du spécimen non surchargé est soustraite de celle des spécimens surchargés. Les résultats sont reportés sur un graphe et comparés aux normes d'interprétation du protocole de validation de techniques [2].

Résultats

Le domaine d'analyse a été vérifié pour les valeurs de concentration des différents analytes du contrôle Bayer et couvre la gamme de mesure utile en pratique quotidienne.

Les limites de détection des méthodes Synermed (tableau 2) sont inférieures à celles des techniques de Bayer pour le glucose et l'acide urique, et comparables pour les autres.

Les coefficients de variation déterminés lors des tests de répétabilité et de reproductibilité (tableau 3) sont inférieurs aux limites d'acceptabilité établies par la SFBC. Notamment, le dosage du calcium est particulièrement répétable et reproductible avec des coefficients de variation de l'ordre de 1 %, inférieurs aux limites d'acceptabilité (1,5 et 1,6 %).

Les résultats de la comparaison des mesures obtenues avec les méthodes Synermed et Bayer (pente, ordonnée à l'origine de la droite d'allométrie, coefficients de corrélation) sont rassemblés dans le tableau 4. Les coefficients de corrélation sont très satisfaisants pour les différents analytes testés. Tous les analytes ont satisfait aux critères d'exactitude proposés par le protocole de validation [2] pour les trois niveaux de concentrations.

Les interférences chromatiques sont représentées dans les figures 1 et 2. L'erreur apportée par la surcharge est significative lorsque la courbe obtenue sort des limites d'inexactitude tolérable définies par le protocole de validation [2]. Il n'a été constaté aucune interférence des substances chromatiques avec les méthodes Synermed à l'exception du dosage du cholestérol pour lequel une faible interférence de la bilirubine a été observée à partir de 400 mmol/l.

Discussion

L'évaluation de l'inexactitude par comparaison de technique, du domaine d'analyse et de la précision a montré les bonnes performances analytiques de ces méthodes. En particulier, la grande précision du dosage du calcium est appréciable compte tenu de l'étroite fourchette de normalité de la calcémie.

Les interférences analytiques sont nettement diminuées par l'emploi des réactifs et méthodologies Synermed France par rapport à celles observées avec les différents procédés utilisés jusqu'à présent. Parmi ces derniers, certains auteurs [3, 4] préconisent des modifications de méthodologie : l'oxydation de la bilirubine par un agent oxydant comme la bilirubine oxydase, le ferricyanure, ou la précipitation de la bilirubine liée à l'albumine par l'acide trichloracétique dans le cas de sérums ictériques et pour les sérums lipémiques l'emploi de réactif clarifiant.

Cependant, ces traitements peuvent rendre irréalisables le dosage ultérieur de certains analytes. Il est aussi possible de modifier les techniques de dosage sur les automates. Ces adaptations portent essentiellement sur le mode de lecture (mesures en cinétique, en bichromatisme), ou encore par la mise en place d'un blanc sérum. Cependant, cette dernière adaptation utilise un canal supplémentaire et, de plus, certains analyseurs sont incapables de gérer le résultat de la mesure d'un blanc sérum. Afin de contourner cette difficulté, il est toujours possible de recourir aux méthodes dites en biréactif avec mesure d'un blanc spécimen dans la cuve réactionnelle elle-même. Toutefois, dans ce cas, l'ajout du second réactif peut clarifier le milieu ou encore réagir avec l'hémoglobine ou la bilirubine, annulant ainsi l'effet correcteur du blanc [4]. Comme l'ont montré les études de Glick et Ryder [1], de Grafmeyer et al. [5], ces procédés ne donnent pas entière satisfaction.

Dans notre étude, l'utilisation des méthodologies Synermed France [6] nous a permis de constater pour les différents paramètres testés : l'élimination des interférences dues à l'hémoglobine et aux lipides, l'absence complète d'interférence due à la bilirubine, excepté pour le cholestérol où cette interférence n'est observée que pour des concentrations très élevées supérieures à 400 mmol/l. L'élimination de cette interférence représente un avantage considérable par rapport aux méthodes de dosage utilisant la réaction de Trinder. Dans cette réaction, le mode d'interférence de la bilirubine est complexe et paraît être attribué à la fois à un chevauchement spectral entre la bilirubine et le chromophore et à des interférences chimiques. La bilirubine réagirait avec le composé intermédiaire formé dans la réaction à la peroxydase, avec pour conséquence une diminution de la quantité de chromogène formé. D'après Witte et al., ce dernier mécanisme serait le plus plausible [7].

CONCLUSION

Il ressort de cette étude que la lecture dans le proche infrarouge limite les interférences dues à l'hémolyse, à la bilirubine, aux lipides et améliore l'exactitude des résultats. La plupart des réactifs sont liquides, prêts à l'emploi, faciles d'utilisation et stables plusieurs mois.

Ces méthodes sont facilement réalisables sur des analyseurs multiparamétriques de biochimie possédant une gamme de mesure allant jusqu'à 700 nm. L'adaptation de ces méthodologies sur divers analyseurs devrait ainsi permettre de s'affranchir des problèmes liés aux interférences chromatiques et d'améliorer la qualité des résultats.

Article reçu le 20 juin 1998, accepté le 26 octobre 1998.

REFERENCES

1. Glick MR, Ryder KW. Analytical systems ranked by freedom from interferences. Clin Chem 1987 ; 33 : 1453-8.

2. Vassault A, Grafmeyer D, Naudin C, et al. Protocole de validation de techniques. Ann Biol Clin 1986 ; 44 : 686-745.

3. Sapin MA, Wu AHB. Bilirubin interference with determination of uric acid, cholesterol and triglycerides in commercial peroxydase coupled assays and the effect of ferrocyanide. Clin Chem 1986 ; 32 : 518-21.

4. Brady J, O'Leary N. Interference due to lipaemia in routine photometric analysis-survey of an underrated problem. Ann Clin Biochem 1994 ; 31 : 281-8.

5. Grafmeyer D, Bondon M, Manchon M, Levillain P. Étude de l'influence des interférences « visibles » - bilirubine, hémolyse, turbidité - sur les principaux dosages réalisés sur les analyseurs multiparamétriques. Spectra Biologie 1993 ; 93 : 33-42.

6. Denny JW. Infrared detection in routine clinical chemistry automation. Synermed Inc., Montréal, Canada, 1993.

7. Witte DL, Brown LF, Feld RD. Effects of bilirubin on detection of hydrogen peroxide by use of peroxidase. Clin Chem 1978 ; 24 : 1778-82.


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]