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Evaluation de la technique Bio-Rad pour le dosage de l’homocystéine plasmatique totale par chromatographie liquide haute performance


Annales de Biologie Clinique. Volume 57, Numéro 5, 611-6, Septembre - Octobre 1999, Pratique quotidienne


Résumé  

Auteur(s) : P. Houzé, M. Dussaucy, Y. Courties, B. Bousquet, Laboratoire de biochimie A, Hôpital Saint-Louis, 1, avenue Claude-Vellefaux, 75010 Paris.

Résumé : L'homocystéine est un acide aminé soufré non protéique qui circule lié à 80 % aux protéines plasmatiques et principalement à l'albumine. Les 20 % restants sont retrouvés dans le plasma sous forme de disulfides et seules des traces d'homocystéine libre sont présentes au niveau sanguin [1].

Illustrations

ARTICLE

L'homocystéine est un acide aminé soufré non protéique qui circule lié à 80 % aux protéines plasmatiques et principalement à l'albumine. Les 20 % restants sont retrouvés dans le plasma sous forme de disulfides et seules des traces d'homocystéine libre sont présentes au niveau sanguin [1].

Sur le plan physiologique, l'homocystéine occupe une place centrale dans le métabolisme des acides aminés soufrés. Elle est le produit de déméthylation de la méthionine, principal donneur de méthyle de l'organisme sous sa forme S-adénosylméthionine. Celle-ci, en donnant son méthyle, se transforme en S-adénosyl-homocystéine qui se scinde en homocystéine et en adénosine [2]. Environ 50 % de l'homocystéine ainsi formée sera reméthylée sous l'action de la méthyltétrafolate réductase en présence de cofacteurs tels que la vitamine B12 et les folates. Sous l'action de cystathionine-bêtasynthétase agissant en présence de vitamine B6, l'homocystéine se métabolise en cystathionine, puis en cystéine [3]. Ces différentes voies métaboliques expliquent que des hyperhomocystéinémies peuvent être observées lors d'anomalies héréditaires impliquées dans ce métabolisme ou lors de déficit vitaminique acquis [2]. Ainsi, le déficit congénital homozygote en cystathionine-bêtasynthétase est responsable de l'homocystinurie caractérisée par une accumulation au niveau sanguin d'homocystéine. Des déficits total ou partiel en méthyltétrafolate réductase sont également responsables de l'accumulation plasmatique d'homocystéine [2]. Bien que, dans leur forme homozygote, ces déficits soient très peu fréquents, ils se caractérisent, au niveau clinique, par l'apparition très précoce de thromboses [4]. Ces constatations ont conduit à suspecter l'implication de l'homocystéine dans les mécanismes d'artériosclérose depuis la fin des années 60 [5]. De nombreuses études tant prospectives que rétrospectives ont montré qu'une hyperhomocystéinémie est un facteur de risque dans les maladies cardiovasculaires, indépendant des facteurs de risque classiques que sont le tabagisme, l'hypercholestérolémie, le diabète, l'obésité et l'hypertension [6]. De plus, il semblerait exister une relation étroite entre les concentrations plasmatiques en homocystéine et l'étendue des lésions d'artériosclérose [3].

L'intérêt de ce nouveau facteur de risque a entraîné l'apparition de nombreuses méthodes de dosages, essentiellement par chromatographie liquide haute performance (CLHP) avec détection fluorimétrique après dérivation [7]. La plupart de ces techniques basées sur l'utilisation de la tri-n-butylphosphine comme agent réducteur sont longues et délicates.

Dans cette étude, nous avons évalué une nouvelle technique par chromatographie liquide haute performance commercialisée par la société Bio-Rad. Cette technique combine les étapes de réduction et de dérivation avec un temps d'élution chromatographique très court inférieur à 5 min. Nous présentons dans ce travail les résultats de sa validation analytique ainsi que les valeurs de référence obtenues chez des sujets considérés comme exempts de toutes pathologies.

Matériel et méthodes

Principe du dosage

Le principe de la technique Bio-Rad repose sur le protocole suivant : libération des aminothiols des protéines et réduction des formes oxydées par un dérivé de la tri-n-butylphosphine, dérivation des thiols réduits par l'action d'un réactif contenant du 7-fluoro-2,1,3-benzodiazole-4-sulfonamide, précipitation des protéines par l'acide trichloracétique à 20 %, puis séparation chromatographique par CLHP en phase inverse avec détection par fluorescence.

L'originalité de la technique repose sur la réalisation simultanée des étapes de réduction et de dérivation dans des conditions opératoires très simples consistant en une seule étape d'incubation de 5 min à 50 °C suivie d'un refroidissement brutal de 5 min à + 4 °C.

Préparation des solutions étalons et des réactifs

Tous les réactifs, solutions de calibration et de contrôles sont fournis dans la trousse commercialisée par Bio-Rad (réf. 195-4075) qui permet la réalisation de 100 dosages.

Le réactif de réduction est reconstitué par ajout de 6 ml de tampon borate fourni dans la trousse. Après reconstitution, il est réparti en aliquotes de 500 ml (volume nécessaire pour 10 dosages) conservés à ­ 20 °C (stable 2 mois). Le réactif de dérivation est repris par 3 ml de tampon borate, puis réparti sous un volume de 1 ml et congelé immédiatement à ­ 20 °C (durée maximale de conservation de 2 semaines).

La solution de calibration et les deux contrôles (contrôle bas : valeur cible = 7,5 mmol/l ; contrôle haut : valeur cible = 26 mmol/l) sont reconstitués par 1 ml d'eau distillée, aliquotés sous 50 ml et conservés à ­ 20 °C jusqu'au moment du dosage (durée maximale de conservation de 3 mois).

L'étalon interne est reconstitué à l'aide de 12 ml de tampon borate, puis aliquoté sous 1 ml et conservé à ­ 20 °C (stable 2 mois).

Préparation des échantillons

Les échantillons de sang sont prélevés sur tube Vacutainer contenant de l'EDTA. Après le prélèvement, les tubes sont placés dans la glace et doivent être centrifugés le plus rapidement possible à leur arrivée au laboratoire. Après décantation, les plasmas sont conservés à ­ 80 °C jusqu'au moment des dosages.

La préparation du calibrant, des contrôles et des échantillons est réalisée de la façon suivante. Dans des tubes Eppendorf, 50 ml de plasma (calibrant, contrôles, échantillons), 100 ml d'étalon interne, 50 ml de réactif de réduction et 100 ml de dérivation sont mis à incuber à 50 °C pendant 5 min. Après 5 min de refroidissement dans la glace, 100 ml de réactif de précipitation sont ajoutés. Les tubes sont centrifugés pendant 5 min à 4 000 tours par minute. À l'issue de la centrifugation, 30 ml de surnageant sont injectés dans le système chromatographique. Après précipitation, le produit de dérivation est stable pendant au moins 24 heures à
+ 4 °C.

Conditions chromatographiques

Le système chromatographique est composé d'une pompe isocratique (Waters 515), d'un injecteur automatique (Autosampler 712, Waters), d'une enceinte thermostatée (Bio-Rad). La séparation est réalisée sur une colonne C18 (70 mm x 3,2 mm ID) protégée par une précolonne (colonne et précolonne, Bio-Rad) thermostatées à 45 °C. La phase mobile (Bio-Rad) contient du méthanol et est utilisée au débit de 0,7 ml/min.

La détection est réalisée à l'aide d'un spectrofluorimètre Shimadzu RF-535 (Touzart et Matignon), réglé aux longueurs d'ondes d'excitation de 385 nm et d'émission de 515 nm. La sensibilité du fluorimètre est réglée sur la position haute. Le signal est divisé par 512 avant d'être transmis à l'intégrateur. Les données sont recueillies sur un intégrateur (Waters 746). L'atténuation est réglée à 8.

La quantification de l'homocystéine dans les contrôles et les échantillons est réalisée par rapport à la solution de calibrant en appliquant la formule suivante :

Analyse statistique

Les résultats obtenus chez les sujets témoins sont exprimés en moyenne et écart type. Le test d'analyse de variance (Anova) est utilisé pour comparer les concentrations plasmatiques de l'homocystéine en fonction du sexe et de l'âge. Une valeur de p inférieure à 0,05 a été considérée comme significative.

Résultats

Chromatographie

Dans les conditions décrites précédemment, la technique permet, avec une très bonne résolution la séparation rapide (durée de chromatographie inférieure à 5 min) de 4 aminothiols que sont : le glutathion, la cystéine, l'homocystéine et la cystéinylglycine avec des temps de rétention respectivement de 1,40, 1,77, 2,95 et 3,65 min. L'étalon interne est élué au bout de 2,33 min. La figure 1 représente les chromatogrammes obtenus pour la solution de calibration (figure 1, A), un patient sain (figure 1, B) et un sujet présentant une homocystéinémie à 70 mmol/l (figure 1, C).

Répétabilité et reproductibilité

Elles ont été déterminées d'une part sur les deux contrôles de la trousse et sur un pool de plasma. Chaque échantillon a été mesuré trente fois dans les mêmes conditions et calculé par rapport à la solution de calibrant dosée en début de manipulation. Pour des valeurs de 7,5 et 26 mmol/l (témoins) et 5,2 mmol/l (valeur moyenne pour le pool de plasma), les coefficients de variation intraséries sont respectivement de 4,6, 3,8 et 3,6 %.

Pour l'étude de la précision interséries basée sur la détermination des échantillons précédents dans 30 séries différentes, nous avons retrouvé des coefficients de variation compris entre 3,1 et 4,6 %.

Limite de détection

La limite de détection a été déterminée par injection de quantité décroissante de la solution de calibrant. En adoptant une valeur du rapport signal sur bruit de 5:1, l'homocystéine était encore très facilement détectable à la concentration de 0,75 mmol/l (correspondant à une quantité injectée de 2,2 pmol).

Exactitude

L'évaluation de l'exactitude a été réalisée par les épreuves de dilutions et de surcharges. Le test de dilution pratiqué sur le contrôle fort et sur un plasma témoin montre que les pourcentages de récupération sont compris entre 83 et 118 % (tableau 1, A). L'épreuve de surcharge a été pratiquée en surchargeant le contrôle bas et un plasma témoin par des volumes croissants de la solution calibrante. Les résultats (tableau 1, B) montrent que les pourcentages de récupération varient de 92 à 103 %. Les résultats de ces deux épreuves confirment la bonne exactitude et la linéarité de la méthode.

Corrélation

L'étude de corrélation a été réalisée sur 60 échantillons variant dans une gamme de concentration de 5 à 70 mmol/l avec pour technique de référence la méthode décrite par Fermo et al. [8]. La figure 2 montre l'excellente corrélation (R2 = 0,997) retrouvée entre les deux techniques même pour les valeurs inférieures à 15 mmol/l considérées comme physiologiques par la méthode Bio-Rad (R2 = 0,967).

Interférences

L'étude de différentes substances à groupements
thiols (N-acétyl-cystéine, Captopril®, D-pénicillamine) capables de réagir avec le réactif de dérivation montre qu'il n'existe pas d'interférence. En effet, ces substances sont soit éluées très rapidement (comme la N-acétyl-cystéine), soit au contraire très tardivement pour les deux autres composés testés.

Influence de l'anticoagulant

Elle a été étudiée chez dix témoins supposés sains prélevés simultanément sur tube sec et sur des tubes contenant de l'héparinate de lithium, du citrate de sodium et de l'EDTA. Les résultats de notre travail montrent que les valeurs en homocystéine sont similaires pour les prélèvements réalisés sur EDTA et citrate. Le prélèvement sur héparinate induit les valeurs les plus élevées (+ 25 % en moyenne), celles obtenues sur sérum sont intermédiaires avec une augmentation de 10 à 15 % selon les échantillons.

Influence du délai et de la température de conservation de l'échantillon avant centrifugation

Les érythrocytes sont impliqués dans l'augmentation de la concentration plasmatique en homocystéine pendant la conservation des prélèvements, due à un apport d'homocystéine dérivée des réactions de carboxyméthylation dans les cellules [9].

Pour étudier cette variation, nous avons prélevé 8 tubes EDTA chez un même sujet témoin. Après homogénéisation, chaque tube a été séparé en deux parties égales, l'une conservée à température ambiante (+ 22 °C), l'autre étant placé à + 4 °C. Le premier tube de chaque série a été centrifugé immédiatement à froid, décanté puis congelé. Les autres tubes ont respectivement été centrifugés 30 min, 1, 2, 4, 6, 8 et 10 heures après le prélèvement. Tous les plasmas ont été congelés à ­ 80 °C pour être dosés dans une même série.

Pour les tubes conservés à + 4 °C, nous n'avons pas observé de variation significative des concentrations au cours du temps. À l'inverse, la conservation à température ambiante induit une augmentation significative de l'homocystéine dès la 4e heure, qui atteint
+ 25 % après 10 heures de conservation de l'échantillon à température ambiante (figure 3, A).

Étude de la conservation des échantillons

Nous avons réalisé cette étude sur un pool de plasma témoin (6,6 mmol/l), réparti en aliquotes conservés à + 4 °C, ­ 20 °C et ­ 80 °C. Les dosages ont été réalisés le jour de la fabrication du pool, puis 1, 7, 15, 45 et 90 jours après.

Les résultats (figure 3, B) montrent une bonne stabilité des échantillons à ­ 20 °C et ­ 80 °C et une augmentation significative dès J30 pour les échantillons conservés à + 4 °C. Cependant, même à ­ 20 et ­ 80 °C, nous avons observé une augmentation de 20 à 25 % au bout de 90 jours de conservation.

Concentrations plasmatiques chez les sujets sains

Les résultats ont été obtenus à partir d'une population de 80 sujets sains (20-60 ans) se répartissant en 40 femmes (âge moyen 39,2 ± 12,5 ans) et 40 hommes (âge moyen 40,1 ± 13,2 ans). Tous ces patients présentaient des concentrations normales de vitamine B12 et de folates sériques. La figure 4 représente les concentrations en homocystéine en fonction du sexe pour tous les sujets (20-60 ans) et par tranches d'âge de 10 ans. Les valeurs moyennes en homocystéine tous âges confondus sont respectivement de 9,6 ± 2,8 mmol/l chez les hommes et de 8,4 ± 2,5 mmol/l chez les femmes. Nous n'avons pas retrouvé de différence significative selon le sexe quelle que soit la tranche d'âge étudiée. En revanche, nous avons noté une augmentation significative de la concentration en homocystéine dans la population 50-60 ans par rapport au groupe 20-30 ans pris comme référence. Cette différence a été retrouvée dans les deux sexes. Cependant, toutes les valeurs déterminées chez les patients sains sont inférieures à 15 mmol/l, considérée comme valeur seuil pour la technique Bio-Rad.

Commentaires

La méthode développée par la société Bio-Rad permet un dosage fiable de l'homocystéine comme le montrent les caractéristiques analytiques de la trousse. À noter, en particulier, l'excellente précision de la technique et une bonne limite de sensibilité voisine de 0,5 mmol/l, tout à fait suffisante, d'autant plus que les valeurs d'homocystéine inférieures à 3-4 mmol/l sont extrêmement rares. Cependant, l'intérêt principal de cette technique réside dans la rapidité de la préparation de l'échantillon (étapes de réduction et de dérivation simultanées) et dans le temps d'analyse très court d'environ 5 min. D'un point de vue analytique, bien que la méthode soit linéaire, il semblerait intéressant de pouvoir remplacer le seul point de calibration par une gamme d'étalonnage.

Le principal inconvénient reste, comme pour toute trousse commerciale, le coût relativement élevé, d'autant plus que la technique nécessite une enceinte thermostatée pas toujours disponible dans les laboratoires. Cela, associé à des durées de péremption courtes pour certains réactifs, peut poser des problèmes pour les laboratoires ne réalisant que peu de dosages.

L'application de cette technique à l'établissement de valeurs de référence a permis de retrouver des valeurs de référence proches de celles de la littérature [10]. S'il existe bien une variation de l'homocystéinémie en fonction du sexe, quel que soit l'âge, nous n'avons pu mettre en évidence de différences significatives contrairement à certaines publications [11]. En revanche, nous avons retrouvé une élévation de l'homocystéine en fonction de l'âge devenant significative pour des sujets dont celui-ci est compris entre 50 et 60 ans, observation en concordance avec celles de la littérature [11].

En conclusion, la technique Bio-Rad, nous paraît bien adaptée au dosage de l'homocystéine plasmatique totale dans la pratique courante du laboratoire en raison de la préparation simple des échantillons, de la stabilité du dérivé fluorescent et d'une durée de séparation chromatographique très inférieure à celles rapportées pour d'autres méthodes.

Article reçu le 20 avril 1999, accepté le 15 mai 1999.

REFERENCES

1. Mansoor MA, Svardal AM, Ueland PM. Determination of the in vitro redox status of cysteine, cysteinyl glycine, homocysteine and glutathione in human plasma. Ann Biochem 1992 ; 200 : 218-29.

2. Welch GN, Loscalzo J. Homocysteine and artherothrombosis. N Engl J Med 1998 ; 15 : 1042-50.

3. Miller JW, Ribaya-Mercado JD, Russell RM, et al. Effect of vitamin B-6 deficiency on fasting plasma homocysteine concentrations. Am J Clin Nutr 1992 ; 55 : 1154-60.

4. Malinow MR. Homocysteine and arterial occlusive diseases. J Int Med 1994 ; 236 : 603-17.

5. Hoogeveen EK, Kortense PJ, Beks PJ, Mackaay AJC, et al. Hyperhomocysteinemia is associated with an increased risk of cardiovascular disease, especially in non-insulin-dependent diabetes mellitus. Artherioscler Thromb Vasc Biol 1998 ; 18 : 133-8.

6. Glueck CJ, Shaw P, Lang JE, Tracy T, Sieve-Smith L, Wang Y. Evidence that homocysteine is an independent risk factor for artherosclerosis in hyperlipidemic patients. Am J Cardiol 1996 ; 27 : 517-27.

7. Cornwell PE, Morgan SL, Vaughn WH. Modification of a high-performance liquid chromatographic method for assay of homocysteine in human plasma. J Chromatogr 1993 ; 617 : 136-9.

8. Fermo I, Arcelloni C, Mazzola G, D'Angelo A, Paroni R. High-performance liquid chromatographic method for measuring total plasma homocysteine levels. J Chromatogr B 1998 ; 719 : 31-6.

9. Andersson A, Isaksson A, Hultberg B. Homocysteine export from erythrocytes and its implication for plasma sampling. Clin Chem 38/7 : 1311-5.

10. Ueland PM, Refsum H, Stabler SP, Malinow MR, Andersson A, Allen RH. Total homocysteine in plasma or serum : methods and clinical applications. Clin Chem 1993 ; 39 : 1764-79.

11. Brattström L, Lindgren A, Israelsson B, Andersson A, Hultberg B. Homocysteine and cysteine : determinants of plasma levels in middle aged and elderly subjects. J Int Med 1994 ; 236 : 633-41


 

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