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Bulletin du Cancer

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Un inhibiteur de l’angiogenèse : le TNP-470 Volume 87, numéro 6, Juin 2000

Auteurs
Laboratoire de pharmacologie antitumorale, Centre Oscar-Lambret, et U. 524 Inserm, place de Verdun, 59045 Lille Cedex.
  • Page(s) : 449-54
  • Année de parution : 2000

L’histoire retiendra que l’Anglais Alexander Flemming découvrit fortuitement l’effet de la pénicilline sur la croissance bactérienne et que l’Américain Barnett Rosenberg observa accidentellement l’inhibition de la division cellulaire par le platine. La découverte de l’effet antiangiogénique d’un autre antibiotique, la fumagilline, est tout aussi fortuite. En 1990, l’Américain Donald Ingber, travaillant dans le laboratoire de Judah Folkman qui avait quelques années auparavant établi les bases cellulaires de l’angiogenèse tumorale [1], s’aperçoit que la contamination fongique d’une culture de cellules endothéliales capillaires provoque l’apparition d’un gradient cellulaire local formé de cellules rondes (alors que les cellules sont normalement de forme allongée). Le champignon contaminant est isolé, identifié comme étant la souche Aspergillus fumigatus et l’effet cellulaire atypique est aisément attribué à la fumagilline (figure 1), l’antibiotique sécrété par cette souche [2]. Cette molécule naturelle est connue de longue date et fut prescrite pour le traitement de l’amibiase au début des années cinquante [3].