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Bulletin du Cancer

Place de la préservation ovarienne dans le traitement des carcinomes endométriaux de stades précoces Volume 99, numéro 1, Janvier 2012

  • Auteur(s) : Mathieu Poilblanc, Vanessa Samouelian, Denis Querleu , Hôpital Notre-Dame, service de gynécologie oncologique, centre hospitalier de l’université de Montréal, CHUM, 1560, rue Sherbrooke Est, H2L 4M1. Montréal, Québec, Institut Claudius-Regaud de Toulouse, département de chirurgie, 20-24, rue du Pont-Saint-Pierre, 31052 Toulouse, France, Institut du cancer de Montréal, centre de recherche du centre hospitalier de l’université de Montréal, CRCHUM, 1560, rue Sherbrooke Est, H2L 4M1. Montréal, Québec, Royal Victoria Hospital, service de gynécologie oncologique, centre de santé universitaire McGill, 687, avenue des Pins Ouest, H3A 1A1. Montréal, Québec
  • Mots-clés : cancer de l’endomètre, préservation ovarienne, syndrome de Lynch, ménopause
  • Page(s) : 61-8
  • DOI : 10.1684/bdc.2011.1521
  • Année de parution : 2012

La stadification des cancers de l’endomètre repose sur une approche chirurgicale, incluant au minimum une hystérectomie totale avec salpingo-ovariectomie bilatérale et ce quel que soit l’âge de la patiente. Décrit comme un cancer de la post-ménopause, le cancer de l’endomètre est diagnostiqué avant l’âge de 45 ans dans 20 à 25 % des cas. Chez la patiente jeune, bien que plusieurs séries soient contradictoires, il s’agit souvent de cancers de bas grade limités à l’utérus sans extension ovarienne et présentant un pronostic plus favorable en comparaison aux patientes plus âgées. L’impact d’une ménopause prématurée, tant sur la qualité de vie que sur les systèmes cardiovasculaire et osseux ne doit pas être négligé et se pose alors la question de la légitimité de l’ovariectomie bilatérale. L’analyse de la littérature actuelle permet de retenir comme critères d’éligibilité à la préservation ovarienne, les patientes jeunes présentant une tumeur endométrioïde de bas grade, limitée à l’utérus avec une absence totale de pathologie extra-utérine lors de l’exploration chirurgicale. Le risque de lésion ovarienne occulte, qu’elle soit synchrone ou métastatique serait alors, dans ces conditions, proche de 1 % et les effets d’une stimulation hormonale résiduelle considérés comme faibles. Cependant, même dans ces conditions, l’ovariectomie doit rester la règle et la préservation une exception, proposée dans le cadre du plan personnalisé de soins aux patientes répondant strictement aux critères d’éligibilité.