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Bulletin du Cancer

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Lien épidémiologique entre comportement alimentaire et cancer : exemple du cancer colorectal Volume 96, numéro 6, juin 2009

Auteurs
Association des jeunes oncologues niçois (Ajon), centre Antoine-Lacassagne, université de Nice-Sophia-Antipolis, France, Association pour l’enseignement et la recherche des internes en oncologie (Aerio), Paris, France, Réseau NACRe, pôle digestif, centre hospitalier universitaire de Nice, université de Nice-Sophia-Antipolis, France

Un million de cancers colorectaux (CCR) sont diagnostiqués chaque année dans le monde, responsables de 500 000 décès. L’incidence varie largement selon les régions, les plus touchées étant celles à haut niveau socio-économique. Cette tendance commence à s’inverser, avec une stabilisation des taux d’incidence dans les pays développés et une nette progression dans les régions en développement. Dans les pays émergeants, l’évolution se superpose avec le niveau d’urbanisation croissant. Dans les années 1980, Doll et Peto rapportaient déjà que 80 % de la mortalité par cancer était évitable, particulièrement pour le CCR dont la part environnementale dans la genèse est prépondérante. Des études observationnelles ont ainsi rapporté que les migrants ont une incidence de CCR qui tend à rejoindre celle des natifs du pays d’accueil. Il semble que l’alimentation soit la cause principale de ces variations d’incidence. Des auteurs estiment que la modification des régimes permettrait de diminuer l’incidence du CCR de 60 %. Ces dix dernières années, de nombreuses études épidémiologiques et méta-analyses, souvent contradictoires, ont été réalisées. Deux groupes d’experts, le World Cancer Research Fund (WCRF) et l’American Institute of Cancer Research (AICR), ont donc jugé nécessaire la rédaction d’un rapport en 1997, mis à jour en 2007, sur les liens entre alimentation et cancer. Cette analyse systématique de la littérature a établi que la viande rouge, la charcuterie, l’alcool augmentaient le risque de CCR. Inversement, les fibres, le lait et le calcium étaient probablement protecteurs. Basé sur les principales études prospectives et interventionnelles, ainsi que sur le deuxième rapport du WCRF, notre article résume les données disponibles sur le lien entre alimentation et CCR.