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Bulletin du Cancer

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Lésions prénéoplasiques et cancer du canal anal Volume 90, numéro 5, Mai 2003

Auteurs
Centre Antoine-Lacassagne, Service de radiothérapie, 33, avenue Valombrose, 06189 Nice Cedex 2
  • Mots-clés : dysplasie, canal anal, HPV, carcinome épidermoïde, VIH.
  • Page(s) : 405-11
  • Année de parution : 2003

Le taux de cancer du canal anal est relativement élevé parmi les patients séropositifs pour le VIH, particulièrement chez les hommes homosexuels où il est deux fois plus élevé que chez les homosexuels séronégatifs. Il est possible que, comme le cancer du col, ce cancer soit lié aux papillomavirus humains (HPV) dont les sérotypes oncogéniques sont retrouvés dans 60 % des tumeurs. La majorité des patients VIH-positifs sont porteurs du HPV au niveau de la muqueuse anale. Ce virus provoque la formation de lésions prénéoplasiques (ou dysplasie) de bas grade et de haut grade, dont l’évolution vers un cancer invasif est hautement probable. Cliniquement, le HPV se manifeste par des condylomes qui, au niveau de la muqueuse anale, sont souvent plans, invisibles à l’œil nu et révélés par l’application d’acide acétique. Soixante pour cent des hommes homosexuels séropositifs et 26 % des femmes séropositives ont une dysplasie anale. Ce taux est beaucoup plus élevé que dans la population générale. La baisse de l’immunité générale et locale ainsi que de probables interactions entre le HPV et le VIH pourraient expliquer la fréquence des dysplasies anales chez les séropositifs. La trithérapie ne semble pas avoir d’influence majeure sur l’évolution des dysplasies du canal anal. Il est possible de dépister les lésions prénéoplasiques en pratiquant un frottis anal qui, lorsqu’il est positif, doit faire pratiquer une biopsie au cours d’une anuscopie haute résolution. Àtant donné le coût du dépistage de masse, il est licite de ne le proposer qu’au groupe le plus à risque : les hommes homosexuels séropositifs. Seules les dysplasies de haut grade doivent bénéficier d’un traitement immédiat, les dysplasies de bas grade pouvant être simplement surveillées. Le traitement de choix est l’exérèse chirurgicale des lésions suivie d’une surveillance rapprochée car le risque de récidive est élevé chez les séropositifs.