John Libbey Eurotext

Bulletin du Cancer

Le tamoxifène et les inhibiteurs d’aromatase dans le traitement des cancers du sein : aspects pharmacologiques et cliniques Volume 91, numéro 12, Décembre 2004

L’hormonodépendance des cancers du sein a été démontrée il y a plus d’un siècle. Pendant plus de vingt ans, le tamoxifène a représenté le traitement hormonal adjuvant de première intention des tumeurs du sein hormonodépendantes chez la femme ménopausée. C’est un inhibiteur compétitif des œstrogènes au niveau de leur récepteur spécifique. Cependant, son action est plus complexe, car il présente aussi un effet agoniste faible des œstrogènes, ce qui est bénéfique pour prévenir la déminéralisation osseuse, mais peut être aussi délétère car on observe sous traitement une augmentation de l’incidence des cancers de l’endomètre et des accidents thromboemboliques. Récemment, sont apparus de nouveaux inhibiteurs d’aromatase très spécifiques. Ces composés entraînent une chute profonde des taux d’œstrogènes circulants chez les femmes ménopausées. Ils inhibent ou inactivent l’aromatase, enzyme responsable de la synthèse d’œstrogènes à partir d’androgènes d’origine surrénalienne. Différents du tamoxifène, ces composés n’ont pas d’effet agoniste. Ils ont globalement une bonne tolérance, mais on peut craindre à terme un effet défavorable sur la minéralisation osseuse. Le tamoxifène administré en traitement adjuvant pendant cinq ans chez des patientes avec un cancer du sein ayant des récepteurs hormonaux positifs a été pendant plus de vingt ans le traitement standard international. Il entraîne une réduction du risque de décès de 25 %. Plus récemment, des résultats d’essais comparant un traitement adjuvant par inhibiteurs d’aromatase et par tamoxifène ont été rapportés. Ils montrent une efficacité des inhibiteurs d’aromatases supérieure à celle du tamoxifène sur le risque de rechute, qu’il s’agisse d’études comparatives (anastrozole) ou séquentielles (anastrozole, létrozole et exémestane). Certaines questions restent encore à ce jour en suspens et en particulier les effets secondaires indésirables à long terme ainsi que les séquences et durées de traitement séquentiel. Un recul plus long permettra d’évaluer certaines de ces données.

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