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Bulletin du Cancer

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La 3’-déoxy-3’-[ 18F] fluorothymidine ([ 18F]-FLT) est-elle le prochain traceur utilisé en routine pour la TEP après le [ 18F]-FDG ? Volume 92, numéro 9, Septembre 2005

Auteurs
Inserm U601, Quai Moncousu, Nantes et Service de médecine nucléaire, 5, place Alexis Ricordeau, Hôtel-Dieu, 44093, Nantes Cedex, Centre René Gauducheau, CRLCC, Saint-Herblain, Médecine nucléaire, Hôpital du Sart Tilman, CHU de Liège, Belgique
  • Mots-clés : tomographie à émission de positons, traceur, imagerie, fluorothymidine
  • Page(s) : 789-98
  • Année de parution : 2005

La tomographie à émission de positons (TEP) au 18F-fluorodéoxyglucose ([ 18F]-FDG) est maintenant fermement établie comme outil clinique en oncologie. Certaines lacunes, telles que l’absence de spécificité tumorale du mécanisme de captation ou la faible avidité de certaines tumeurs (prostate par exemple), en limitent cependant l’application dans certaines indications. Des traceurs alternatifs sont ainsi développés, qui pourraient combler ces lacunes. La prolifération est une cible biologique particulièrement attractive dans l’imagerie du cancer. À cet égard, la fluorothymidine ([ 18F]-FLT) suscite un large intérêt dans la communauté scientifique, en particulier depuis que le procédé de radiosynthèse, amélioré et simplifié, permet d’en envisager une utilisation en routine clinique. Cet article a pour but de dresser un état des lieux des connaissances actuelles concernant ce traceur. Le mécanisme de captation est bien connu, dépendant de l’activité de la thymidine kinase TK1 et donc de la synthèse de l’ADN. Les études précliniques ont ainsi montré la relation entre l’accumulation de FLT et le niveau de prolifération tumorale, bien que les mécanismes de réparation de l’ADN entrent également en ligne de compte et peuvent en compliquer l’interprétation. Diverses études cliniques suggèrent une bonne spécificité tumorale, avec cependant une sensibilité inférieure à celle du [ 18F]-FDG. Il est néanmoins très vraisemblable que l’avenir de la FLT se situe dans l’évaluation précoce de la réponse thérapeutique, et peut-être dans la caractérisation pronostique préthérapeutique, plutôt que dans le diagnostic et le bilan d’extension des tumeurs. À cet égard, les données scientifiques, bien que très fragmentaires à ce stade, sont encourageantes. De nombreux travaux restent à effectuer pour, d’une part, déterminer de façon exhaustive les performances cliniques du traceur et, d’autre part, envisager son rôle à côté du [ 18F]-FDG et d’autres traceurs émergents. La FLT doit ainsi être considérée comme un traceur prometteur, mais qui reste largement au stade expérimental de son développement.