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Bulletin du Cancer

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Individualisation des prescriptions dans le cancer colorectal Le point de vue du clinicien Volume 95, numéro 10, octobre 2008

Auteurs
Unité de cancérologie digestive, Institut Gustave-Roussy, Département de cancérologie, hôpital Paul-Brousse, Villejuif, université de médecine Paris-XI, Kremlin-Bicêtre, Unité de cancérologie digestive, Institut Gustave-Roussy, Villejuif, Université Paris-Descartes, Inserm UMR-S U775 Bases moléculaires de la réponse aux xénobiotiques, Hôpital Européen Georges-Pompidou, Pôle de Biologie, Pôle de cancérologie
  • Mots-clés : cancer colorectal, chimiothérapie, 5-fluoro-uracile, irinotecan, oxaliplatine, thérapies ciblées, anti-EGF récepteurs
  • DOI : 10.1684/bdc.2008.0727
  • Page(s) : 931-4
  • Année de parution : 2008

Compte tenu de l’évolution des traitements du cancer colorectal, avec la mise sur le marché en cinq ans de plusieurs nouveaux médicaments alors même que la place de l’oxaliplatine et de l’irinotecan développés depuis plus de dix ans n’était pas encore fixée, il apparaît indispensable de répondre aux nouvelles questions thérapeutiques de manière stratégique. Afin d’éviter l’inclusion de très nombreux malades pour répondre à de nombreuses et difficiles questions, il apparaît évident que la biologie des tumeurs va jouer un rôle de plus en plus important, en recherche d’abord et en routine ensuite. L’apport de la biologie dans la prescription de différentes molécules actives dans le traitement du cancer colorectal est envisagé dans cet article. Les situations où biologie et clinique sont déjà indissociables sont : la détermination du statut UGT1A1 pour la prescription d’irinotécan, la détermination du statut KRAS pour la prescription de panitumumab (et dans un futur très proche de cetuximab). Cette adaptation individuelle du traitement est un rêve qui devient accessible quand on considère les résultats récents concernant les inhibiteurs du récepteur de l’EGF. Il reste cependant beaucoup à faire et il n’est pas sûr que la biologie résolve toutes les problématiques. Ainsi dans la détermination des facteurs de meilleure réponse aux agents anti-angiogènes, les techniques d’imagerie précoce pourraient prendre le pas sur la biologie. Néanmoins, l’apparition de nouveaux outils (protéomique, métabolomique, etc.), et un meilleur dialogue entre biologiste et clinicien devraient permettre des progrès rapides. Le fait est qu’en 2008, pour la première fois dans le cancer colorectal, une thérapie ciblée sera prescrite en ciblant la population susceptible d’en bénéficier.