John Libbey Eurotext

Bulletin du Cancer

Identification en pratique clinique des carcinomes basal-like du sein : des carcinomes « triple zéro/BRCA1-like » Volume 97, numéro 3, mars 2010

Résumé : Les carcinomes basal-like représentent 10 à 15 % des carcinomes infiltrants du sein et ont été identifiés grâce aux données des puces d’expression. Morphologiquement, ce sont des tumeurs de grade histopronostique 3, indifférenciées et qui sont, en pratique, identifiées par la négativité des récepteurs aux estrogènes, à la progestérone et ERBB2 associées à l’expression des cytokératines 5/6/14 et/ou l’EGFR. D’un point de vue morphologique, phénotypique et moléculaire, ces carcinomes partagent une très grande similitude avec les carcinomes infiltrants survenant chez les femmes porteuses de mutations constitutionnelles de BRCA1. En particulier, ces tumeurs présentent de très nombreuses altérations chromosomiques avec de nombreux gains et pertes, des mutations de P53 dans environ 100 % des cas et de fréquentes mutations de PTEN avec activation de la voie AKT. Le terme basal-like peut à tort suggérer une origine cellulaire de ces carcinomes au niveau des cellules basales/myoépithéliales alors qu’aucune donnée ne permet actuellement de l’affirmer. De plus, les carcinomes présentant un immunophénotype basal-like forment un groupe de carcinomes hétérogènes incluant aussi bien les carcinomes de grade 3 indifférenciés que des carcinomesrares de type adénoïde kystique et sécrétant juvénile. Les similitudes existant entre les tumeurs basal-like de haut grade et peu différenciées avec les carcinomes survenant dans un contexte de mutation BRCA1 justifient la proposition de dénomination sous le terme de carcinomes « triple zéro/BRCA1-like » des tumeurs jusque-là appelées basal-like. L’absence de thérapeutique ciblée disponible actuellement pour ces tumeurs, ainsi que leur pronostic péjoratif, rend urgent la nécessité de progresser dans la compréhension des anomalies moléculaires qui surviennent dans ces tumeurs pour améliorer la prise en charge des patientes. Des développements thérapeutiques récents reposant sur l’utilisation d’inhibiteurs des PARP (poly-[ADP-ribose] polymérase) sont très prometteurs et s’appuient directement sur les progrès réalisés dans la compréhension de la biologie de ces tumeurs basal-like BRCA1, triple zéro/BRCA1-like.

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