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Bulletin du Cancer

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Comment intégrer la prise en charge nutritionnelle au projet thérapeutique en cancérologie ? Volume 96, numéro 6, juin 2009

Auteurs
Service de radiothérapie, CRLCC Nantes Atlantique - René-Gauducheau, Centre hospitalier Nord, boulevard Jacques-Monod, 44805 Saint-Herblain Cedex, Institut Gustave-Roussy, Villejuif

La dénutrition concerne 20 % des patients cancéreux. Étant un facteur de risque indépendant de morbidité et de mortalité, sa prise en charge intégrée au projet thérapeutique pourrait améliorer le pronostic et la qualité de vie des patients. Deux axes de prise en charge de la cachexie peuvent être retenus : l’un nutritionnel et l’autre médicamenteux. Le premier niveau de prise en charge associe les conseils nutritionnels et les compléments oraux. Lorsque moins de 60 % des besoins sont couverts, il faut passer au second niveau et recourir à une nutrition artificielle, entérale si le tube digestif est fonctionnel ou parentérale dans le cas contraire. L’immunonutrition en cancérologie concerne les acides gras n-3, certains nutriments azotés (arginine, glutamine, polyamines), et les antioxydants. Leurs indications ou contre-indications spécifiques commencent à se dégager en cancérologie. Parmi les médicaments utiles dans ce contexte, de nombreuses molécules ont testées pour leur pouvoir orexigène Seuls l’acétate de mégestrol et les corticoïdes ont prouvé leur efficacité en cures courtes. Aujourd’hui, la nutrition n’est plus un épi-soin mais doit être incluse dans le projet thérapeutique. Selon le degré de dénutrition ou le risque de dénutrition, différents niveaux de prise en charge existent. Au sein de ce nouveau concept l’intérêt de l’immunonutrition pourrait renforcer les bénéfices de la nutrition au cours des radiothérapies et chimiothérapies.