John Libbey Eurotext

Bulletin du Cancer

Bilan de la première année d’activité de « APAAC Infos Services » Volume 100, numéro 2, Février 2013

Contexte. En Côte d’Ivoire, l’association dénommée « Aidons les personnes atteintes ou affectées par le cancer » (APAAC) a mis en place le premier centre d’écoute téléphonique ivoirien destiné à apporter, dans le cadre de la lutte contre le cancer, une assistance aux personnes atteintes ou affectées par le cancer mais également à la population en général. Objectifs de l’étude. Montrer la faisabilité d’un tel service dans un pays en développement et en présenter les premiers résultats. Méthodologie. Cette ligne téléphonique est, depuis le 28 janvier 2010, directement accessible aux populations grâce à un numéro de téléphone fixe. La population peut ainsi, au prix d’un appel local, contacter une équipe de spécialistes (psychologue, conseiller en relation d’aide ou médecin), en toute confidentialité, tous les jeudis de 15 à 17 heures. En dehors des jeudis, des informations sur le cancer sont disponibles sur le serveur vocal 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Les appelants sont accueillis par un message les invitant soit à écouter un message préenregistré sur le cancer, soit à avoir des informations également préenregistrées sur l’association ou, enfin, à parler à un écoutant. Étude rétrospective basée sur les statistiques du centre d’écoute. En raison d’un problème survenu sur le logiciel des statistiques, nos résultats ne portent que sur la période d’août à décembre 2010. Résultats. Nous avons eu, au cours de cette période, 462 appels dont 23 en août, 58 en septembre, 67 en octobre, 230 en novembre et 84 en décembre. L’augmentation du nombre d’appels a été liée, en septembre à une campagne d’affichage et en novembre à une émission télévisée, informant la population sur l’existence de ce service. Sur ces 462 appels, nous avons eu 35 entretiens. Dix personnes ont vu leurs entretiens s’interrompre en raison d’un épuisement de crédit d’appel téléphonique. La durée moyenne des entretiens était de 20 minutes. Trois cent quarante-trois personnes se sont arrêtées au message d’accueil, 41 (9 %) ont écouté des informations sur le cancer et 27 (6 %) des informations sur l’association. Seize personnes ont souhaité s’entretenir avec des écoutants mais n’ont malheureusement pas pu le faire parce qu’ayant appelé en dehors des heures de présence. Trois cent cinquante-cinq appels ont eu lieu les jours ouvrables. Les tranches horaires les plus sollicitées ont été celles de sept à 18 heures. Conclusion. Ce bilan nous interpelle sur la nécessité et la poursuite d’une écoute téléphonique face au cancer, mais également sur le besoin de communication et d’extension des jours et heures d’écoute. Dans notre contexte de pays à population à faibles revenus, la nécessité de la gratuité des appels a été également relevée.