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Bulletin du Cancer

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Actualité des réseaux de cancérologie Volume 89, numéro 2, Février 2002

Auteurs
CRLCC Léon-Bérard.
  • Mots-clés : réseau, cancérologie.
  • Page(s) : 197-206
  • Année de parution : 2002

La complexité du dispositif législatif, le parcours du combattant imposé à tout promoteur pour obtenir agrément et financement de son projet, auraient pu être des obstacles majeurs au développement des réseaux en France, ou tout au moins décourager nombre de leurs promoteurs. Les professionnels du champ sanitaire et social, et certains personnels des administrations de la santé ont pourtant vu là, et voulu croire à un formidable outil pour décloisonner le système de santé français et lui permettre d'évoluer au bénéfice de la communauté. Il est logique qu'en cancérologie le développement des réseaux soit notable, avec plus de 60 projets enregistrés fin 1999 par les pouvoirs publics. Les raisons sont multiples : les différents cancers sont des pathologies souvent chroniques, qui mettent en jeu le pronostic vital du malade et ont des conséquences psychologiques et sociales parfois dramatiques sur le patient et son entourage ; leur prise en charge nécessite une approche pluridisciplinaire pour le diagnostic, l'élaboration du projet thérapeutique et l'accompagnement psycho-social. La continuité, la permanence du service rendu demandent un partenariat entre de nombreux intervenants, appartenant à des spécialités différentes, et ayant des modes et des lieux d'exercices différents, l'hôpital ou la ville, le secteur public ou libéral. La qualité de ce service nécessite que chacun de ces professionnels de santé soit à jour des connaissances et des techniques diagnostiques ou thérapeutiques dans son domaine, et cela dans un contexte d'explosion des données disponibles dans la littérature médicale. Certains réseaux de cancérologie sont aujourd'hui le lieu de partage de méthodes et de pratiques entre ces différents intervenants et entre ces différentes institutions ; ils sont aussi, pour leurs promoteurs et leurs membres, un formidable moyen de se réapproprier le fonctionnement, le devenir de leurs professions, et aussi de redonner sa place d'acteur à la personne malade. L'organisation des réseaux de soins et de santé bouscule donc quelque peu le ronronnement d'un système, qu'un rapport de l'OMS décrit à l'aube de ce siècle comme le meilleur du monde ; ces réseaux pourraient contribuer à ce qu'il puisse le rester.