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Bulletin du Cancer

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Acides gras alimentaires, cancer colorectal et cancer de la prostate : études épidémiologiques Volume 92, numéro 7, Juillet - Août 2005

Auteur
UMR Inserm 557/INRA/CNAM Épidémiologie nutritionnelle, Institut scientifique et technique de l’Alimentation, Conservatoire national des Arts et Métiers, 5 rue du Vertbois, 75003 Paris
  • Mots-clés : cancer colorectal, cancer de la prostate, acides gras, épidémiologie
  • Page(s) : 670-84
  • Année de parution : 2005

Objectifs. Revue des études épidémiologiques qui ont recherché les associations entre les acides gras alimentaires, en particulier les acides gras polyinsaturés (AGPI) en n-6 ou en n-3, avec les risques de cancer colorectal et de cancer de la prostate. Méthodes. Les études retenues ont étudié les associations des risques de cancer colorectal ou de cancer de la prostate avec la consommation de différents acides gras ou avec leurs teneurs dans le sang ou le tissu adipeux, ainsi qu’avec la consommation de poisson et de fruit de mer, principaux vecteurs des AGPI en n-3 à longue chaîne. Résultats. La plupart des études fondées sur un questionnaire alimentaire n’ont pas trouvé d’association du risque de cancer colorectal avec la consommation d’acides gras totaux, ni d’aucun acide gras particulier, après ajustement sur la consommation d’énergie, Quelques études suggèrent une augmentation du risque de cancer colorectal chez les plus grands consommateurs d’acides gras trans. La plupart des études fondées soit sur un questionnaire alimentaire, soit sur des biomarqueurs, n’ont pas trouvé d’association du risque de cancer de la prostate avec la consommation d’acides gras totaux, saturés, mono-insaturés, ou d’acide linoléique après ajustement sur la consommation d’énergie. Elles ne trouvent pas d’association du risque de cancer de la prostate avec la consommation de poisson ou d’AGPI en n-3 à longue chaîne, mais des études de cohortes récentes montent une association inverse de la consommation de poisson avec les stades les plus avancés du cancer de la prostate. En revanche, la consommation d’acide α-linolénique est associée à une augmentation du risque de cancer de la prostate dans une majorité d’études, mais d’autres études ne trouvent pas cette association. Sur ce dernier point, l’actuelle incertitude doit être clarifiée par d’autres résultats, notamment ceux d’études prospectives en cours.