ARTICLE
sec.2011.0325
Auteur(s) : Yveline Poncet1 yveline.poncet@orange.fr,
Pablo Alvarez Latorre2 palvarez@userena.cl, Hector Fabian
Reyes Serrano2 freyes@userena.cl
1 16, rue des Hôtesses
45370 Cléry Saint-André
France
2 Universidad de La Serena
Departement de agronomía
Avenida La Paz, 1108
Ovalle
Région de Coquimbo
Chili
Tirés à part : H. Fabian Reyes Serrano
L’hydrogéographie de la région de Coquimbo s’organise de façon
simple à l’intérieur de compartiments montagneux orthogonaux :
à l’est, la cordillère des Andes, dont les sommets culminent ici
aux environs de 5 000 m ; à guère plus d’un degré de
longitude vers l’ouest, l’océan Pacifique. Entre les deux, trois
bassins fluviaux indépendants, isolés par des chaînes
perpendiculaires à la Cordillère et à la côte, qui correspondent
chacun à une province, un district administratif
infrarégional (figure 1 et figure 2). Le
bassin du Limarí est le bassin médian. L’organisation du relief,
les ressources minières (cuivre, fer, or, manganèse) et le climat y
ont déterminé en partie la répartition et les activités d’une
population rurale disséminée dans des agglomérations de petite
taille mais qui étaient en communication suivie avec la capitale de
province, Ovalle, et avec la côte. La haute cordillère, où les
fonds des vallées sont à plus de 1 600 mètres d’altitude, est
froide et peu ensoleillée l’hiver, sauf aux confluents de vallées.
On y trouve quelques villages d’agropasteurs et des mines. Elle est
aussi le lieu des transhumances d’été des troupeaux de chèvres qui
passent l’hiver dans les petites plaines alluviales et la chaîne
côtière. C’est cette zone montagnarde qui alimente en eau, grâce à
la fonte des neiges, les vallées d’aval. La zone de moyenne
montagne est celle qui connaît le développement agricole et les
transformations les plus spectaculaires (Pouget et al.,
1996) ; le climat très sec et plus doux, l’orientation au nord
et au nord-est de certaines pentes et les conditions d’irrigation
sont les facteurs favorables à une agriculture spéculative à hauts
rendements, haute valeur ajoutée et capitaux considérables :
celle du raisin de table d’hiver dit « de Noël » destiné
aux marchés de l’hémisphère nord, ceux de la côte est des
États-Unis tout particulièrement. La capitale provinciale, Ovalle
(90 000 habitants, c’est-à-dire 60 % de la
population totale de la province) se trouve au débouché des
montagnes sur une plaine alluviale encadrée par la chaîne côtière
et par les chaînons perpendiculaires, coupés de profondes vallées
sèches. L’irrigation s’y est développée dès avant la colonisation
espagnole au moyen de canaux de petit calibre. C’est à partir de
1930 que sont intervenus des travaux d’administration et de
stockage des eaux superficielles derrière des barrages, conduisant,
à partir des années 1980, à l’exploitation croissante des
ressources en eau souterraine et de l’irrigation, par pompage, de
terrains situés au-dessus du niveau des canaux.
Une irrigation gravitaire et saisonnière
Le bassin du Limarí est occupé dès le
xvie siècle par des colons espagnols qui y
reproduisent des modèles d’irrigation montagnarde espagnole et
arabo-andalouse. À partir de sites judicieusement déterminés dans
le lit des rivières, des canaux sont creusés vers l’aval avec une
pente calculée pour être inférieure à celle du talweg naturel mais
suffisante pour conserver un débit convenant aux usages. Le partage
et la distribution de l’eau entre les multiples ayants droit
correspondent à un équilibre négocié en permanence (Alvarez et
Poncet, 2003), combinant :
- –. les caractères techniques de l’alimentation : le
débit (très variable dans l’année et d’une année sur l’autre), la
pente, le nombre et la situation des prises d’eau des
canaux ;
- –. les caractères agrotechniques des parcelles à
irriguer : superficie, qualité du sol, pente,
orientation ;
- –. les caractères socio-économiques des
exploitations : nature des droits détenus par les exploitants,
besoins en eau pour irriguer les parcelles aux périodes adéquates,
capacité de mobilisation de main-d’œuvre, d’investissement et de
négociation dans le système social.
Les canaux suivent toutes les courbes de la montagne, permettant
ainsi l’irrigation de vastes superficies cultivables, à condition
qu’ils soient suffisamment alimentés. Leur longueur exige des
efforts d’entretien considérables. Le partage de l’eau est géré par
les ayants droit à l’irrigation, organisés en associations et
assemblées (juntas) (Stewart, 1970).
Dans ce système « traditionnel » peu
« technifié » mais très subtil, les droits d’usage de
l’eau sont inséparables de ceux de la terre, en même temps que
contraints absolument par les facteurs physiques : chutes de
neige et températures, débit naturel de la rivière, pente des
canaux, mais aussi longues périodes de sécheresse ou excédents
catastrophiques… La gravité est l’unique énergie utilisée, seuls
les fonds de vallées et les bas de pente situés au-dessous du
niveau des canaux sont irrigables (figure 3). Le
système de distribution de l’eau est compliqué, hiérarchique et
socialement limité aux propriétaires de terres irriguées,
c’est-à-dire de terres pourvues de droits d’eau. Cette irrigation a
d’abord été pratiquée à l’aval de la zone de moyenne montagne (
xvie siècle) ; elle a progressé ensuite vers
l’amont jusqu’au milieu du xixe siècle. La
quasi-totalité des productions était envoyée vers le nord du pays
afin de nourrir les travailleurs des exploitations du minerai de
cuivre et de nitrate et les villes portuaires : céréales et
fruits secs, fourrage, animaux pour le transport, pour la viande et
les cuirs, alcool de distillation du raisin. Cette exportation hors
de la province a été facilitée, à partir du début du
xxe siècle, par la mise en service du chemin de fer
de Santiago à Iquique, disparu dans la décennie 1970. C’est la
moyenne montagne qui se développe le plus : les pentes
longitudinales accentuées (5 à 10 mètres de dénivelé pour un
kilomètre de cours) et le fond plat des vallées proposent de bonnes
conditions d’irrigation, les sols des terrasses alluviales et des
colluvions sont de bonne qualité. Grâce à l’extension du réseau de
canaux gravitaires et à un ajustement de plus en plus performant
des prises d’eau, les superficies irriguées s’étendent.
Les transformations techniques du système
À partir des années 1930, lors de la crise économique mondiale
et de la crise du nitrate au Chili, l’État tente de rééquilibrer
l’exploitation des ressources en favorisant l’installation de la
population en milieu rural et l’agriculture. La vallée du Limarí
tout particulièrement, par sa position géographique dans le
semi-désert et par ses ressources, se prêtait bien à une grande
opération de modernisation hydraulique : le « Système
Limarí » est construit entre 1930 et 1972. Le but est
d’affranchir le système d’irrigation des aléas hydroclimatiques
grâce à un réseau de réservoirs, reliés entre eux par des canaux,
qui stockent l’eau et régulent les débits fluviaux à leur aval
(Alvarez, 2005). Les paramètres des barrages ont été calculés en
fonction de besoins en eau largement estimés. Leurs altitudes
relatives permettent l’interconnexion au moyen de la seule gravité,
les canaux principaux franchissant les vallées par des siphons.
Le résultat est une augmentation de la sécurité de la ressource
en eau, désormais disponible toute l’année, et une augmentation des
superficies irriguées, en particulier dans l’aire d’irrigation
située en aval du barrage Cogoti.
Dans le même temps, l’énergie électrique se diffuse partout dans
le Limarí, à partir des établissements hydroélectriques et
thermiques de la zone centrale et méridionale du Chili, distribuée
par une coopérative de consommateurs ruraux. Des contrats
modulaires entre fournisseur et consommateurs permettent à ces
derniers de disposer, sous certaines conditions, d’une énergie à
très bas prix, largement rentabilisée par les plus-values agricoles
de l’irrigation.
La disponibilité « techniquement illimitée » de l’eau
et l’énergie à bon marché constituent deux conditions favorables à
l’extension de l’irrigation, qui n’est plus contrainte, désormais,
par la gravité (figure 4). Reste
cependant, pour les exploitations nouvelles et pour les anciennes
désireuses de s’étendre, à négocier le difficile accès social,
administratif et juridique aux droits d’eau (Parada Barrera, 2000).
La législation de 1981 va rendre les transactions faciles et les
droits d’eau vont alors faire l’objet de spéculations, avant même
que ce ne soit le cas pour les terres.
Les changements réglementaires et leurs effets
À partir de 1960 se succèdent au Chili plusieurs réformes et
contre-réformes agraires (1960-1965, 1965-1970, 1975-1976) et de
nouvelles lois sur l’usage des ressources naturelles (1981).
Les lois foncières des années 1960-1970 permettent aux petits
cultivateurs et aux communautés paysannes de racheter les terres
qu’ils exploitaient auparavant sous diverses formes de fermage.
Certaines terres sèches secano – de peu de valeur car non
irrigables faute des droits d’eau nécessaires – deviennent des
comunidades agricolas sous forme de propriétés
communautaires officiellement reconnues. D’autres restent aux mains
de grands propriétaires, en partie grâce à des capitaux d’origine
minière. La plupart des terres de riego, les terres
irrigables, restent dans un système de propriété privée à forte
capacité d’investissement et de négociation (Reyes, 2009).
En 1981, le nouveau code de l’eau dissocie, dans tout le pays,
la propriété de la terre et les droits d’usage de l’eau. Un
investisseur peut désormais acheter les droits d’eau correspondant
à une parcelle et les transférer sur une autre, ou bien les vendre
séparément. Le système technique du Limarí permet de mettre en
exercice cette possibilité puisqu’il affranchit les parcelles
irrigables des limites de la disponibilité naturelle en eau et de
la gravité. En outre, les droits d’eau qui correspondaient à des
parcelles de terre submergées par les barrages doivent être
déplacés. Le bassin moyen du Limarí devient alors un lieu
d’investissements agricoles très rentables :
- –. par extension spatiale des irrigations partout où
elles sont économiquement possibles (compte tenu du coÛt des
installations et de l’énergie), sans contrainte de limitation de
droits d’usage ;
- –. par transformation de terres non irrigables en terres
irrigables par rachat à bas prix aux communautés d’espaces
qu’elles n’ont pas les moyens légaux ni financiers d’irriguer.
Cette rentabilité agricole élevée est renforcée par l’adoption
de cultures particulièrement bien adaptées : vigne pour le
raisin de table, avocatiers, mandariniers – espèces exigeantes en
eau mais peu exigeantes en ce qui concerne les sols. La vigne, en
particulier, pousse bien sur les pentes raides et caillouteuses peu
aménagées : le critère de qualité des sols a disparu.
Néanmoins, les nouveaux investissements (défrichements et
infrastructures, délais de mise en production) et les coÛts
d’exploitation (main-d’œuvre pour la récolte et l’entretien,
notamment) mettent cette nouvelle agriculture hors de portée de la
plupart des exploitants villageois. Elle est le fait de sociétés
multinationales et nationales qui intègrent l’ensemble de la
filière et concentrent la propriété des nouvelles terres et des
droits d’usage de l’eau. Une classe de moyens propriétaires locaux,
bien au fait des technologies modernes également, se maintient
autour de la culture irriguée de la vigne pour le raisin de
distillation et le raisin de table. Les propriétaires entreprennent
le pompage dans la nappe phréatique et dans les nappes plus
profondes afin d’irriguer les terres nouvellement acquises et
aménagées sur les pentes (Alvarez, 2005). La spéculation s’exerce
tout particulièrement dans les vallées orientées nord-sud, qui
reçoivent l’ensoleillement le plus favorable (figure 5). Terres
et droits d’usage de l’eau sont devenus, indépendamment les uns des
autres, l’objet de spéculations considérables et on assiste alors à
une « irrigation mobile » dans laquelle la terre et l’eau
sont négociées séparément selon les règles de la rationalité
productiviste et de la libéralisation des échanges (Poncet et
al., 2007) (encadré 1).
Encadré 1.
Rassembler les savoirs pour montrer un
territoire
Les figures
2 à 5 ont pour origine une présentation orale
destinée aux participants au colloque Sociedad, Agricultura y
Medioambiente en Zonas Aridas (Samza, La Serena,
novembre 2002 [Livenais et Aranda, 2003]) et aux étudiants de
l’université de La Serena (Chili) et de l’université d’Orléans, sur
le thème de l’eau et reliant l’étude des milieux naturels et celle
des sociétés qui les exploitent. L’intention fut d’illustrer
l’intérêt d’une perception du territoire en faisant participer
directement les opérateurs de la recherche sur ce territoire. Ces
quatre figures sont donc le produit d’une construction rassemblant
des savoirs géographiques, agronomiques, historiques et économiques
sur la province du Limarí. Elles ont visé à encourager, voire à
préparer, un développement qui ne soit pas fondé uniquement sur la
juxtaposition des filières agricoles, sur la négation des
contraintes naturelles et sur la répétition de modèles incomplets.
L’intégration a été construite ici à travers l’irrigation, ce qui
correspondait aux objectifs des deux programmes franco-chiliens
successifs « Transformations des espaces ruraux et
processus d’intégration régionale dans la IVe
Région du Chili » (université du Chili, université de
La Serena, IRD, 1998-2002) et programme ECOS-Conicyt
« Suivi de la désertification, connaissance des systèmes
d’élevage caprin, gestion de la ressource en eau : trois
aspects pour la définition d’une politique environnementale
incluant la participation des populations dans la
4e Région du Chili (2002-2004) »,
puis au programme chilien « Programa Territorial
Integrado (2004) ».
Les conséquences perceptibles
Une conséquence de cette évolution du système, visible dans les
paysages, est la progression des défrichements et de la culture de
la vigne vers le haut des pentes bien exposées. La situation
économique et sociale des populations s’est améliorée : les
besoins en main-d’œuvre peu spécialisée ont donné du travail aux
femmes, ce qui a fait progresser le revenu des ménages et le niveau
scolaire et sanitaire. Cette agriculture très technicisée demande
aussi une main-d’œuvre spécialisée et compétente, obtenue en partie
par la formation sur place des ouvriers locaux et par l’embauche de
cadres formés dans les universités et les instituts agronomiques
chiliens. Toute la vallée du Limarí, et notamment la ville
d’Ovalle, profite des services induits par la présence des grandes
compagnies et des échanges financiers : transports et
communications, banques, entreprises d’ingénierie et de maintenance
hydroagricole. Ces services sont aussi utilisés par les petits
producteurs, qui s’associent souvent aux grandes compagnies pour le
conditionnement et la commercialisation. Dans ce système en
évolution rapide, les formes « traditionnelles » de
gestion des droits de l’eau se maintiennent, en dépit des
transactions spéculatrices, peut-être parce que les associations de
gestion des canaux et les conseils de surveillance des bassins se
sont adaptés en accueillant des ingénieurs aux côtés des
notables.
Cependant, tous les critères du « développement
durable » ne semblent pas réunis. Sur le plan social,
l’accroissement des inégalités entre le système de production
irriguée et celui du milieu aride conduit à une forme de
prolétariat rural où les producteurs des communautés de l’espace
non irrigable sont dépourvus de l’accès au capital de modernisation
agricole et de maîtrise sur leur avenir ; parallèlement, les
petits propriétaires de terres et de droits d’eau dans les secteurs
irrigables sont de facto soumis aux politiques de
développement des grandes compagnies dans une compétition où ils
n’ont guère de poids : le coÛt des appareillages hydrauliques,
le coÛt de l’énergie et de la main-d’œuvre, et donc les emprunts
bancaires, dominent le système. Le repeuplement rural, qui était
l’un des objectifs initiaux, se ralentit, les villageois devenus
ouvriers agricoles vivent de préférence en ville. On peut surtout
s’interroger sur les chances de maintien, dans un système
d’ensemble qui évolue désormais sous des logiques purement
libérales, des solidarités de type traditionnel qui contrôlent la
gestion des canaux et des répartiteurs de l’eau ; déjà, des
interrogations sont explicitement formulées quant à la capacité des
associations de gestion des canaux, des conseils de bassins et de
l’État qui gèrent le partage de l’eau, à rendre compatibles les
intérêts économiques et patrimoniaux en cas de crise (sécheresses
climatiques récurrentes, par exemple).
Sur le plan environnemental, la technicisation agricole d’une
quasi-monoculture s’accompagne d’une surconsommation d’eau
d’irrigation et d’une surconsommation de fertilisants, dont les
effets à terme ne sont pas tous connus. La construction de
terrasses pour la culture des avocatiers modifie le rapport entre
le sol et l’eau. Le pompage dans les nappes ne paraît pas être une
pratique durablement extensible tant que les conditions de leur
recharge, dans des roches intrusives et volcaniques très faillées,
ne sont pas mieux identifiées. Les précautions que veulent prendre
les associations d’ayants droit à l’eau, qui considèrent que la
ressource en eau n’est pas infinie mais, au contraire,
finie, entraînent une judiciarisation des droits au pompage
dans les nappes alluviales, qui sont alors formellement contestés.
Enfin, on peut évidemment se demander si la construction de grands
barrages hydrauliques est raisonnablement généralisable – même
s’ils sont antisismiques et très surveillés – dans une région où
les tremblements de terre sont fréquents. En 2009, la signature de
la privatisation du barrage La Paloma (le plus important des trois,
et le seul qui ait appartenu à l’État) a ajouté un bouleversement
de plus à un univers socio-économique déjà très remuant. Mais en
même temps, on assiste à une réduction des intrants agricoles
(fertilisants, pesticides, quantités d’eau appliquées), dans une
perspective plus rationnelle.
Conclusion
L’histoire technique et juridique des usages de l’eau nous
éclaire sur la situation actuelle d’un système à haute
productivité. Dans la quatrième région, où le peuplement et
l’agriculture sont soumis à des contraintes environnementales
fortes (climat et disponibilités en eau, altitude et pentes,
risques divers) l’évolution récente du système agraire irrigué
paraît bien être dans la continuité des pratiques adoptées depuis
plusieurs siècles, appuyées sur les savoir-faire, la technicité et
la rentabilité, rationalisées dans le cadre de grandes propriétés
intégrant les ressources en terre et en eau, le travail, le
capital, la gestion politique. Cependant, certaines conditions de
la durabilité telles que les rééquilibrages sociaux, la
conservation des ressources, l’exercice réel, le partage et la
transparence des contrôles, paraissent menacées par les facteurs du
spectaculaire développement de la région. L’énergie électrique,
l’irrigation à plein-temps, la disponibilité de capitaux
internationaux, une législation libérale, ont eu pour conséquence
le développement récent d’une agriculture peu
précautionneuse : « Extraire puis s’en
aller » disaient les grandes entreprises agroexportatrices
– ce modèle est présent dans l’histoire chilienne et dans les
économies fruitières d’autres pays. Dans la province du Limarí, le
mieux-être social est visible, certes, mais il n’est pas
équitablement réparti. Il est réalisé au prix de réductions de
potentialités environnementales qui ne sont pas mesurées. Des
études plus complètes sur l’histoire des droits d’accès à l’eau
d’irrigation et sur les conséquences géographiques de leurs
ajustements et transformations, et les études de cas sur les
compétitions, négociations et conflits, donneront des points
d’appui utiles à la poursuite des travaux de recherche sur ce
milieu.
Références
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géographique et agronomique d’une gestion de l’irrigation en zone
aride du Chili. Thèse de géographie, université d’Orléans,
Orléans.(France).
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Limarí. In: Livenais P, Aranda X. Dinámicas de los sistemas
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: Universidad de Chile ; IRD ; Universidad de La Serena.
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Poncet Y, Koné TS, Reyes H, Reinette Y, 2007. D’un paysage
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Territoires, Dossier n̊ 9, Inégalités écologiques, Inégalités
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http://developpementdurable.revues.org/document3445.html.
Pouget J, Caviedes E, Hamelin P, Rémy D, Mathieu R, Lira V,
Alvarez D, 1996. Ambiente arido y desarollo sustenable, la
provincia del Limarí. Santiago : Universidad de
Chile ; Orstom.
Reyes HF, 2009. « La tierra se mueve », les
transformations de la propriété agricole dans une zone aride, la
province du Limarí (région de Coquimbo, Chili). Thèse de
géographie, université d’Orléans, Orléans (France).
Stewart D, 1970. El derecho de aguas en Chile, algunos
aspectos de su historia y el caso del valle de Illapel (Región de
Coquimbo). Santiago (Chile) : editorial Juridica de Chile.
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