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Prospection de la salinité des sols par induction électromagnétique sur la plaine du Tadla (Maroc) : tentative d’optimisation par analyse géostatistique


Science et changements planétaires / Sécheresse. Volume 22, Numéro 3, 178-85, Juillet-Septembre 2011, Articles de recherche

DOI : 10.1684/sec.2011.0312

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Houria Dakak, Brahim Soudi, Aicha Ben Mohammadi, Ahmed Douaik, Mohamed Badraoui, Rachid Moussadek, Institut national de la recherche agronomique (Inra) Avenue Mohamed Belarbi Alaoui BP 6356 10101 Rabat Maroc, IAV Hassan II Département des sciences du sol 10101 Rabat Maroc, Université Ibn Tofail Faculté des sciences Département de géologie UFR ST 11/DOC/K 14050 Kénitra Maroc, Institut national de la recherche agronomique (Inra) Avenue de la Victoire BP 415 10000 Rabat Maroc.

Résumé : Le contrôle de la salinité du sol, par la connaissance de sa distribution spatiale et de son évolution dans le temps, devient nécessaire en vue d’aboutir à des stratégies de développement agricole durable. La méthode conventionnelle de détermination de la salinité, par la mesure de la conductivité électrique d’un extrait de la pâte saturée du sol (CEe), reste difficile à cause de la grande variabilité spatiale des teneurs en sels qui rend cette méthode laborieuse. Comme solution alternative, l’induction électromagnétique peut être utilisée pour mesurer la conductivité électrique apparente du sol (CEa) au champ. Elle est rapide et permet une forte densité de points de mesure. Cette étude a pour objectif d’évaluer si la densité de mesure est suffisante pour interpoler, de façon fiable, la salinité du sol. De même, elle vise à optimiser cette densité de mesure en essayant de définir la distance maximale à respecter entre les points de mesure. Elle concerne une unité hydrologique de 2 060 hectares située dans la plaine semi-aride du Tadla, Maroc. Un ensemble de 112 mesures de CEa ont été réalisées sur une grille régulière de 500 m x 500 m avec l’instrument EM38 de Geonics alors que 12 échantillons ont été prélevés pour la détermination de CEe. Un modèle de régression linéaire simple a été utilisé pour convertir les valeurs de CEa en CEe. Ensuite, le variogramme a été appliqué pour décrire et modéliser la variabilité spatiale. Enfin, le krigeage a été employé pour extrapoler aux endroits non échantillonnés. L’élaboration de la carte de salinité s’est fondée sur ces valeurs prédites. Les résultats montrent que le variogramme est mieux ajusté par un modèle de type sphérique à effet de pépite avec une portée de 1 000 m et une composante aléatoire représentant 54 % de la variation totale de la salinité du sol. Cela est dÛ principalement à la taille de la grille d’échantillonnage et aux erreurs de calibration. Cette étude montre clairement que l’extrapolation est délicate du fait que la densité de mesure est légèrement trop faible. Il faudrait probablement maintenir une distance maximale de l’ordre de 250 m entre les points de mesure pour pouvoir décrire et modéliser, de façon fiable, la variabilité spatiale de la salinité du sol à un coÛt raisonnable pour prédire aux endroits non échantillonnés et délimiter les différents niveaux de salinité.

Mots-clés : bassin-versant, distribution spatio-temporelle, Maroc, modélisation, salinisation, sol

Illustrations

ARTICLE

sec.2011.0312

Auteur(s) : Houria Dakak1,3 dakak_h@yahoo.fr, Brahim Soudi2 b.soudi@iav.ac.ma, Aicha Ben Mohammadi3 abenmohammadi@yahoo.fr, Ahmed Douaik1 ahmed_douaik@yahoo.com, Mohamed Badraoui4 mohamedbadraoui@gmail.com, Rachid Moussadek1 rachidmoussadek@yahoo.fr

1 Institut national de la recherche agronomique (Inra) Avenue Mohamed Belarbi Alaoui BP 6356 10101 Rabat Maroc

2 IAV Hassan II Département des sciences du sol 10101 Rabat Maroc

3 Université Ibn Tofail Faculté des sciences Département de géologie UFR ST 11/DOC/K 14050 Kénitra Maroc

4 Institut national de la recherche agronomique (Inra) Avenue de la Victoire BP 415 10000 Rabat Maroc

Tirés à part : A. Douaik

La mise en valeur agricole intensive sous irrigation dans les zones arides et semi-arides a permis une amélioration de la production agricole. Cependant, cette intensification conduit souvent à la dégradation de la qualité des sols et des eaux par salinisation (accumulation de différents sels hydrosolubles) et sodification (accumulation du sel sodium) qui constituent un sérieux danger pour la durabilité du système d’exploitation des terres (Mathieu et Ruellan, 1987 ; Badraoui, 1994 ; Badraoui et al., 2000 ; Lahlou, 2002).

Dans ce cadre, il apparaît nécessaire d’effectuer une caractérisation de l’état salin des sols et des eaux avant toute exploitation ainsi qu’un contrôle régulier de leur évolution. L’objectif est d’aboutir à une stratégie d’utilisation pour un développement agricole durable et de permettre au gestionnaire de tirer la sonnette d’alarme au moment opportun.

Les études réalisées dans le périmètre du Tadla, fondées sur l’optimisation d’un réseau de suivi de la salinité des eaux et des sols (Soudi, 1994), ont montré une augmentation de la variabilité spatio-temporelle de la salinité du sol sous irrigation en raison de la forte mobilité des sels. Les méthodes conventionnelles de laboratoire sur échantillons à faible volume élémentaire représentatif (VER) peuvent difficilement rendre compte d’un tel phénomène (Boivin et al., 1988). Les méthodologies développées in situ sont les plus adaptées, en particulier la méthode par induction électromagnétique qui appréhende de façon sensible la salinité sur un plus grand volume de sol. L’induction électromagnétique est fréquemment utilisée pour cartographier et diagnostiquer les couvertures pédologiques très conductrices comme celles des sols salés (Cameron et al., 1981 ; Williams et Hoey, 1987 ; Lesch et al., 1992 ; Cannon et al., 1994). Sa mise en œuvre aisée et rapide permet la collecte d’un grand nombre de données, une meilleure extrapolation de la salinité globale du sol et de sa variabilité à courte distance, ainsi que, dans certains cas, un suivi temporel de la salinité.

L’emploi de méthodes par induction électromagnétique pour la mesure de la conductivité électrique apparente du sol (CEa) offre des jeux de données plus importants et une plus forte densité de mesure que dans le cas de la méthode conventionnelle de mesure de la salinité du sol au laboratoire (CEe). Cependant, la CEa dépend également de propriétés du sol autres que la salinité (température, humidité du sol, texture du sol, degré de cimentation des horizons, etc.) (Herrero et al., 2003). Pour cette raison, la sonde doit être calibrée pour chaque type de sol par la prise d’échantillons de ce sol et la mesure de sa salinité au laboratoire (généralement CEe). Ces jeux de données donnent accès à des études de variabilité ainsi qu’à l’analyse de la distribution spatiale de cette variabilité par les traitements géostatistiques.

Plusieurs études ont combiné l’emploi de la salinité du sol et/ou la conductivité électrique apparente du sol (CEa) et la géostatistique. Quelques-unes de ces études ont porté uniquement sur la salinité du sol sur des superficies de moins de 1 000 hectares (Camara et Cluis, 1992 ; Hoogerwerf et al., 1992 ; Cetin et Kirda, 2003 ; Li et al., 2007) ou de plus grandes superficies (Hajrasuliha et al., 1980 ; Hachicha et al., 1997 ; Moustafa et Yomota, 1998 ; Walter et al., 2001 ; Ardahanlioglu et al., 2003). D’autres études ont utilisé conjointement la salinité du sol et la conductivité électrique apparente du sol (CEa) avec des superficies réduites de moins de 100 hectares (Hendrickx et al., 1992 ; Lesch et al., 1995 ; Utset et al., 1998 ; Amezketa, 2007) et des superficies plus larges (Vaughan et al., 1995 ; Bourgault et al., 1996 ; Triantafilis et al., 2001).

La densité d’échantillonnage, pour toutes ces dernières études, variait entre moins d’un échantillon/hectare à plus de 100 échantillons/hectare pour CEa alors que pour CE d’un extrait de pâte de sol, cette densité variait entre moins d’un échantillon/hectare et plus de 10 échantillons/hectare. En valeurs absolues, le nombre de mesures de CEa était compris entre 60 et 3 700 et celui de CE d’un extrait de pâte de sol entre 20 et 315. Notre étude présente la particularité de couvrir une unité hydrologique ayant une superficie de l’ordre de 2 000 hectares avec un nombre restreint de mesures de CEa et de CEe. L’objectif du présent travail est l’élaboration de la carte de salinité du sol par l’utilisation de la géostatistique, d’un nombre limité de mesures de la conductivité électrique apparente du sol (CEa) et d’un nombre encore beaucoup plus limité de mesures de la conductivité électrique d’un extrait de pâte saturée du sol (CEe).

Matériel et méthode

Site d’étude

Dans la région de Béni Amir, sous-périmètre irrigué de la plaine du Tadla où se trouve notre zone d’étude (figure 1), les terres irriguées avec les eaux salines de la rivière d’Oum Er Rbia sont touchées par la salinisation des sols et des eaux. La salinité globale des sols varie entre 0,35 et 13 dS/m. La salinisation et la sodification du sol seraient dues à l’intensification agricole, l’utilisation excessive des eaux d’irrigation et la non-maîtrise du drainage qui ont causé une remontée de la nappe phréatique à des niveaux proches de la surface (jusqu’à - 2 m).

Le site d’étude couvre une unité hydrologique irriguée de 2 060 hectares. La topographie est généralement régulière avec une altitude de 400 m. Le climat est de type méditerranéen aride à semi-aride avec un caractère continental marqué par un hiver froid et humide et un été chaud et sec, avec des précipitations annuelles moyennes de 350 mm irrégulièrement réparties. L’été est caractérisé par l’absence de précipitations, à l’exception de rares averses brutales. Les températures connaissent de très importantes variations saisonnières. Les minimales observées en hiver sont situées entre 0 et 5 ̊C alors que les maximales se situent entre 38 et 42 ̊C en été. L’évaporation annuelle moyenne est de 1 796 mm et varie entre 1 500 mm et 2 000 mm.

Les sols prédominants sont les sols isohumiques caractérisés par leur texture équilibrée et les sols fersialitiques, moyennement profonds et graveleux en surface, reposant sur des argiles rouges à silex sans calcaire. Nous nous sommes focalisés sur ces deux classes pédologiques qui se caractérisent par des propriétés physiques très proches et sont les plus représentées sur notre secteur hydroagricole.

Données utilisées

Deux ensembles de données ont été collectés. Le premier, appelé « ensemble de données à calibrer », comporte la mesure au champ de CEa du sol par la sonde électromagnétique EM38RT de Geonics (McNeill, 1980) en 112 points de mesure sur une grille régulière de 500 m x 500 m visant à couvrir la zone d’étude. Le second, « ensemble de données de calibrage », correspond à 12 points de mesure sélectionnés parmi les 112 points de mesure mentionnés ci-dessus de façon à représenter spatialement toute la zone d’étude et, implicitement, à couvrir la gamme de conductivité électrique apparente du sol (Lesch et al., 1995). Des échantillons de sol ont été prélevés jusqu’à une profondeur de 90 cm par incréments de 30 cm pour déterminer CEe au laboratoire. La conductivité électrique moyenne sur les trois profondeurs sera utilisée dans cette étude étant donné que les mesures de CEa par EM38RT de Geonics s’opèrent à profondeur d’environ 1 m en position horizontale alors que CEe moyenne est relative à une profondeur similaire (0,90 m).

Analyse des données

Les mesures de CEa ont été calibrées par rapport à des mesures de CEe au laboratoire (McKenzie et al., 1989 ; Wollenhaupt et al., 1986 ; Douaik et al., 2005). L’équation de calibration CEe-CEa a été établie par un modèle de régression linéaire simple.

La procédure géostatistique de krigeage (Webster et Oliver, 2001), fondée sur la théorie des variables régionalisées (Matheron, 1963), permet l’interpolation spatiale entre les endroits échantillonnés. Elle est préférée à d’autres méthodes d’interpolation spatiale parce qu’elle permet d’exploiter la corrélation spatiale entre des observations voisines dans l’espace pour prédire aux endroits non échantillonnés.

La description de la variabilité spatiale a été réalisée dans notre cas à l’aide du variogramme. Ce dernier, qui constitue la pierre angulaire de toute analyse géostatistique, permet de formaliser l’intuition selon laquelle des observations provenant de deux endroits proches dans l’espace seront plus semblables que celles provenant de deux endroits plus éloignés. Il mesure la dissimilarité moyenne entre deux endroits séparés par une distance donnée.

La modélisation du variogramme constitue une étape clé entre la description de la variabilité spatiale et la prédiction de la salinité du sol aux endroits non échantillonnés. Les modèles les plus fréquemment utilisés sont l’exponentiel, le gaussien et le sphérique. À ces derniers, peut s’ajouter l’effet pépite. Dans notre exemple, le variogramme expérimental est mieux ajusté, selon le critère des moindres carrés pondérés, par un modèle de type sphérique à effet de pépite :

(1)

  • –. avec c0 : variance de l’effet pépite ;
  • –. c0 + c1 : variance du palier ;
  • –. et a : la portée.


Pour le krigeage, une valeur prédite est une combinaison linéaire pondérée des données disponibles. Les poids sont fonction de la position de l’endroit à prédire par rapport aux endroits échantillonnés et sont déterminés à partir de la structure spatiale du phénomène étudié via, par exemple, le variogramme.

L’algorithme utilisé dans notre cas d’étude est le krigeage ordinaire. Son système est résolu pour déterminer les poids qui serviront à prédire la valeur à un endroit non échantillonné et à déterminer l’erreur de prédiction correspondante. Le rayon de voisinage choisi lors du krigeage est de 600 m.

Résultats

Analyse exploratoire des données

La figure 2 montre la configuration spatiale et les valeurs de la conductivité électrique CEe. Ces dernières ont été estimées par l’équation de calibration suivante :

(2)

La figure 2 montre une grande variabilité spatiale dans CEe. Les valeurs élevées sont présentes uniquement, et de façon parsemée, dans la partie sud de la zone d’étude avec l’interposition de valeurs moyennes et/ou faibles, voire même très faibles, inférieures à 1 dS/m. Sur le reste de la zone d’étude, la variabilité est moins forte, et les valeurs de CEe sont faibles et/ou moyennes.

Le coefficient de corrélation de Pearson de l’équation de calibration est 0,88 (figure 3) indiquant que CEa et CEe sont fortement corrélées et que CEe peut être estimée correctement à partir de CEa.

L’histogramme et quelques paramètres statistiques de CEe prédite par l’équation de calibration (2) sont présentés sur la figure 4. La distribution de CEe est unimodale, bien répartie sur la gamme, et s’approchant d’une distribution normale. CEe a une valeur moyenne de 1,92 dS/m, une valeur minimale de 0,80 dS/m, une valeur maximale de 4,38 dS/m et un coefficient de variation de 39 %. Par comparaison, les mesures de CEe de calibration présentent une moyenne du même ordre de grandeur que les valeurs estimées (1,97 dS/m). Cependant, le coefficient de variation est plus réduit (32 %) du fait d’une valeur minimale plus élevée (1,20 dS/m) et d’une valeur maximale plus faible (3,12 dS/m). Les différences dans ces valeurs extrêmes s’expliquent par le fait que les valeurs minimale et maximale de CEa de calibration sont, respectivement, 0,13 et 0,58 dS/m alors que celles de CEa des données à calibrer sont, respectivement, 0,05 et 0,90 dS/m.

Analyse de la variabilité spatiale

Le variogramme de CEe est représenté sur la figure 5 et ses paramètres sont reportés dans le tableau 1.

Tableau 1 Variogramme théorique et ses paramètres caractéristiques.

Paramètres Valeurs
Effet pépite (dS/m)2Portée (m)Palier partiel (dS/m)2Effet pépite relatif (%) 0,3121 0000,26454

La portée de la dépendance spatiale est de 1 000 m, soit le double du pas d’échantillonnage (500 m). Elle indique que deux observations séparées de moins de cette distance peuvent être considérées comme spatialement dépendantes alors que celles qui sont séparées par une plus large distance sont indépendantes. L’effet pépite relatif (variance effet pépite/variance du palier) est important (54 %) ; cela est dÛ, principalement, à la taille de la grille d’échantillonnage et aux erreurs de la calibration CEe-CEa. Cependant, comme l’extrapolation n’est considérée valide que lorsque la densité de mesure (distance entre les points de mesure) nous donne une variabilité d’au maximum le tiers du palier (0,192) et comme il n’y a qu’un seul point avant d’arriver au palier sur le variogramme, on doit être très prudent dans l’extrapolation. Par conséquent, l’échantillonnage adopté (une grille de 500 m x 500 m) semble un peu trop faible. Un échantillonnage au moins quatre fois plus intensif avec une grille de 250 m x 250 m serait un optimum conciliant une meilleure estimation des paramètres du variogramme et le coÛt relatif à la collecte et à l’analyse au laboratoire des échantillons.

Cartographie de la salinité du sol

La CEe a été prédite par krigeage ordinaire (figure 6) en utilisant une grille régulière de taille 30 m x 30 m.

On retrouve, globalement, les mêmes tendances que celles qui sont identifiées sur la figure 2 ; cependant, dans cette dernière figure, les tendances concernaient des endroits précis sans pouvoir localiser des plages contiguës alors que dans la figure 6 on peut facilement identifier les zones de faible, moyenne ou forte salinité. On retrouve deux zones de forte salinité dans la moitié sud de la zone d’étude. La plus grande partie de cette dernière est caractérisée par une salinité modérée alors que la faible salinité est localisée principalement dans la partie sud-ouest et sur les rives est et ouest de la partie centrale. Les allures sont les mêmes pour les figures 2 et 6 ; néanmoins, les valeurs absolues présentent des différences. Les valeurs minimale et maximale pour la figure 2 sont 0,80 et 4,38 dS/m alors que celles de la figure 6 sont 0,9 et 3,2 dS/m. L’interpolation géostatistique a conduit à la réduction de l’amplitude entre les valeurs maximales. Cet effet, appelé lissage, est fonction de la densité d’échantillonnage et de la taille du rayon de voisinage choisi lors du krigeage.

Les erreurs de prédiction du krigeage ordinaire sont reportées dans la figure 7. Cette carte présente une tendance particulière. Cela s’explique par le fait que ces erreurs de prédiction sont fonction de l’intensité d’échantillonnage sans tenir compte des valeurs observées. Ces erreurs sont nulles aux endroits échantillonnés et augmentent au fur et à mesure qu’on s’éloigne de ces endroits échantillonnés. Les erreurs de prédiction sont comprises entre 0,6 et 0,8 dS/m. Ces erreurs sembleraient être élevées pour trois raisons. D’abord et essentiellement du fait de la faible densité d’échantillonnage, ensuite de la non-coïncidence des mailles de la grille d’interpolation avec les points pour lesquels CEe a été observée (en fait estimée de CEa) et enfin de la reconversion de CEa en CEe suite à la calibration.

Conclusion

L’utilisation de la géostatistique combinée à l’induction électromagnétique, même avec un nombre limité de mesures, a rendu possible la production d’une carte de salinité du sol, ce qui aurait été autrement impossible si on s’était limité aux seules 12 valeurs de la salinité du sol mesurées au laboratoire. Cependant, vu la nature extensive de l’échantillonnage (maille carrée de 500 m x 500 m), la question de fiabilité de la carte interpolée reste posée. Toutefois, le variogramme indique que l’échantillonnage est trop faible pour apprécier la distribution de la salinité à courte distance. Un travail futur devra donc viser à définir, dans cet environnement spécifique de la plaine du Tadla, la distance maximale à respecter entre les points de mesure. Les cartes ainsi élaborées pourront aider à identifier les causes/sources d’accumulation des sels dans la zone d’étude et à choisir les cultures à pratiquer en fonction de leur tolérance ou résistance à la salinité. L’utilisation de mesures limitées par induction électromagnétique pourrait être envisagée, par exemple, lors d’une étude de prospection rapide sans connaissance précise du degré de salinité du sol et qui viserait à identifier tant la gamme de salinité que sa répartition dans l’espace.

Pour des études plus détaillées visant à délimiter avec précision les contours des zones salées, l’intensification des points de mesure apparaît indispensable.

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