ARTICLE
sec.2011.0311
Auteur(s) : Viviane Djoufack Manetsa1 vi3433dj@u-bourgogne.fr,
Télesphore Brou2, Bernard Fontaine1 fontaine@u-bourgogne.fr,
Maurice Tsalefac3
1 Université de Bourgogne
Centre de recherches de climatologie
6, Boulevard Gabriel
21000 Dijon
France
2 Université d’Artois
9, rue du temple
BP 665 65030
Arras
France
3 Université de Dschang
BP 96
Dschang
Cameroun
Tirés à part : V. Djoufack Manetsa
Dans le Nord du Cameroun (ou Nord-Cameroun), les principales
activités économiques que sont l’agriculture, l’élevage et la pêche
sont fréquemment perturbées par certains aléas climatiques tels que
les faux départs de la saison des pluies, les occurrences de
longues séquences sèches intrasaisonnières, les raccourcissements
de la saison des pluies, etc. (Direction de la Statistique et de la
Comptabilité nationale [DSCN], 2002). Ceux-ci induisent une baisse
des rendements agricoles et un renforcement de la pauvreté. Il en
est ainsi dans la province la plus pauvre – et la plus peuplée – du
pays, avec 56,3 % de la population qui vit en dessous du seuil
de pauvreté (moins de 637 F CFA1 par jour [Donfack, 1993 ; Tchiadeu,
2000]). La vulnérabilité climatique est d’autant plus marquée que
les méthodes d’adaptation telle que l’irrigation sont encore très
limitées. Aux latitudes où les contrastes saisonniers de
température sont faibles, l’intérêt des études de variabilité
climatique concerne souvent l’utilisation optimale de la réserve
utile du sol – alimentée par les précipitations – qui n’est
disponible que quelques mois dans l’année. La réserve utile est ici
le volume d’eau que le sol est susceptible d’absorber et qui est
donc utilisable par les végétaux. Jusqu’ici, la plupart des études
se sont attelées à décrire les aspects moyens de la pluviométrie à
différentes échelles temporelles ainsi que leur caractère erratique
(Suchel, 1987 ; Santiago-Jegaden, 1998 ; Tsalefac, 2006).
Quelques études — menées à partir de la fin des années 1990 — se
sont intéressées aux facteurs sociopolitiques de l’évolution de la
filière agricole dans le Nord-Cameroun (Temple, 2009). En revanche,
peu d’entre elles ont traité de l’impact du climat et notamment des
précipitations. On peut cependant citer une étude récente qui a
souligné l’importance de certaines variables climatiques dans le
rendement de la culture du coton dans le Nord du Cameroun
(Bella-Medjo, 2008), notamment les précipitations du mois de juin
qui sont essentiellement modulées par la variabilité
intrasaisonnière de la mousson ouest-africaine. Seules de telles
approches permettent de détecter les sécheresses intrasaisonnières
qui mesurent le risque de stress hydrique susceptible de perturber
le cycle végétatif des plantes et éventuellement leur rendement
productif. En effet, les réponses du couvert végétal à un stress
hydrique varient suivant ses capacités physiologiques à résister ou
non à l’intensité et à la durée de la perturbation, mais dépendent
également de la période du cycle végétatif au cours de laquelle
survient le stress.
Contexte scientifique et géographique
Originalité de l’étude et objectifs
L’activité végétative étant entièrement liée à la ressource en
eau en Afrique tropicale, on relève une littérature abondante sur
les relations spatio-temporelles entre la variabilité des
précipitations et les indices de végétation, notamment le
Normalized Difference Vegetation Index (NDVI), qui est
l’indicateur le plus utilisé pour évaluer le signal
photosynthétique au-dessus de la canopée. Ces études mettent en
évidence les phénomènes de persistance, d’hystérésis (ici,
constance de la valeur du NDVI malgré la hausse de la
pluviométrie), ou les temps de réponse de la végétation par rapport
à la pluie (Eklundh et Olsson, 2003 ; Martiny et al.,
2005 ; Camberlin et al., 2007). Toutefois, ces études –
effectuées pour la plupart à l’échelle régionale – ne cernent pas
toujours les modulations d’échelle fine ainsi que les mécanismes
sous-jacents liés à ces variations : leurs conclusions sont
assez globalisantes et donc difficilement transposables. Au
Cameroun, les différents biomes se calquent à peu près sur la
répartition moyenne de la pluviométrie et, si des études
d’inventaires botaniques ou réalisées sur des zones cibles, comme
des mosaïques de végétation (forêt/savane, savane/steppe, etc.) ont
montré les impacts des variations climatiques sur la végétation,
peu d’études ont mesuré les mécanismes saisonniers de ces
changements. Par ailleurs, la plupart des études ne vont pas
au-delà de l’année 1993.
Dans cette étude, nous nous intéressons à la variabilité
intrasaisonnière des précipitations dans le Nord du Cameroun, ainsi
qu’à ses impacts sur la productivité du couvert végétal au cours de
la période 1982-2002. L’intérêt de travailler sur le Nord du
Cameroun relève de la plus grande sensibilité de la végétation de
cette région aux variations pluviométriques, contrairement au Sud
du pays qui est à dominante forestière. Comparativement aux études
à large maille, cette approche permet de déterminer les changements
à l’échelle du pixel.
Présentation physique de la zone de l’étude
Le Nord-Cameroun s’étend entre les 6e et
13e degrés de latitude nord et entre les 11e
et 16e degrés de longitude est. Il couvre les provinces
de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord pour une superficie
d’environ 16 3513 km2 (figure 1).
La végétation comprend, du nord au sud, des steppes à épineux et
des prairies périodiquement inondées encore appelées Yaérés (Lienou
et al., 2003) qui se développent sur des vertisols
topomorphes et hydromorphes et présentent un aspect dégradé en
raison du pâturage intensif, des feux de brousse ou de la
riziculture industrielle (Braband, 1991). Autour du 9e
parallèle, l’on rencontre les formations soudaniennes d’altitude
sur les monts Alantika (1 880 m) et Mandara
(1 442 m), dont les versants sont de plus en plus
cultivés en raison de la forte densité des populations installées
dans les plaines et les piémonts (Donfack, 1993). L’Adamaoua est
une vaste région de plateaux, essentiellement pastorale, qui assure
la transition entre les régions forestières du Sud du pays et les
formations sahéliennes du Nord. Sa partie septentrionale est
constituée de formations soudaniennes plus ou moins arbustives,
alors que le Sud est le domaine des savanes boisées et des forêts
claires soudano-guinéennes. L’occupation du sol (anthropisation)
répond à des critères historiques, pédologiques, climatiques,
sanitaires et surtout économiques. En raison de sa situation
géographique plus continentale, le Nord-Cameroun est, pour une
grande période de l’année, sous l’emprise de l’alizé saharien mais,
dans l’ensemble, la variabilité saisonnière est régie par la
translation méridienne de la zone de convergence intertropicale
(ZCIT), ainsi que par les mécanismes associés à la mousson
africaine. En effet, la répartition saisonnière des pluies dans le
Nord-Cameroun dépend des propriétés thermodynamiques de la mousson
(Suchel, 1987) au moment où l’anticyclone de Sainte-Hélène peut
conjuguer son action avec celle des dépressions sahariennes pour
étendre son influence jusqu’au sud du Sahara. Les régimes
pluviométriques présentent un seul mode et les cumuls annuels vont
de 1 500 mm dans le Sud de la région à moins de
500 mm dans la partie septentrionale. Dans cette dernière
région, les températures moyennes sont de 28 ̊C, avec
cependant des maxima de près de 34 ̊C au cours de certains
mois. Les amplitudes thermiques sont fortes (environ 7 ̊C),
ainsi que les déficits de saturation moyenne, et la sévérité des
conditions climatiques annoncent déjà les climats aride ou
désertique de l’Afrique du Nord. En revanche, aux latitudes de
l’Adamaoua, le climat est moins rude (saisons moins tranchées,
températures moyennes d’environ 24 ̊C, amplitudes thermiques
faibles, etc.), puisque cette région bénéficie des assauts de
l’alizé océanique qui adoucit les contrastes. Ces disparités
spatiales exigent ainsi de tenir compte séparément des régions
situées de part et d’autre du 9e parallèle, qui seront
dénommées soudanienne pour la région située au sud de cette
latitude et sahélienne pour celle située au nord de cette
latitude. Signalons toutefois que la régionalisation des
nomenclatures suivant le critère pluviométrique n’est pas uniforme
en Afrique tropicale puisque les corrélations entre les
nomenclatures et leur répartition spatiale peuvent varier entre
auteurs ou même évoluer pour un même auteur suivant les échelles
spatiales et les publications.
Données et méthodes
Données
Précipitations
Si des approches aux échelles temporelles fines ont l’avantage
de se rapprocher des processus physiques associés à la pluviogenèse
ainsi que de ceux liés au vécu des hommes et à leurs activités,
leur difficulté réside dans la disponibilité de données fiables et
complètes sur une longue période. Dans le Nord-Cameroun, les
données de plusieurs stations ne couvrent que la période post-1993.
Seules 20 stations présentent des données complètes sur la période
1982-2002. Les données sont à l’échelle journalière et les stations
sont irrégulièrement réparties sur la région de l’étude : 15
stations appartiennent au domaine sahélien alors que 5 stations
seulement représentent le domaine soudanien. La plupart de ces
stations appartiennent au réseau d’observation de la Société de
développement du coton du Cameroun (SODECOTON). D’autres données
sont fournies par la Direction nationale ainsi que les Services
départementaux de météorologie du Cameroun. La comparaison de ces
données multisources a permis de contrôler leur qualité.
NDVI
Les données de NDVI utilisées dans ce travail proviennent du
capteur AVHRR (Advanced Very High Resolution Radiometer) de
la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).
Elles couvrent la surface continentale à l’échelle globale et sont
disponibles à partir d’avril 1981. Cet indice est obtenu en faisant
le rapport normalisé de la différence entre la réflectance de la
bande spectrale du visible (VIS) et celle du proche infrarouge
(PIR) du capteur (Rouse et al., 1974) :
NDVI = (VIS - PIR) / (VIS + PIR)
Le résultat est une estimation de la quantité d’énergie absorbée
par la chlorophylle du couvert végétal : le NDVI est donc un
indicateur de la biomasse verte au-dessus d’un lieu. La base de
données utilisée dans cette étude est diffusée par le Global
Inventory Monitoring and Modeling Systems (GIMMS) et comprend
les cartes de synthèse bimensuelles (tous les 15 jours) de
NDVI à 8 km de résolution. Les processus de synthèse incluent
les corrections atmosphériques (nuages, aérosols stratosphériques,
cours d’eau, etc.), ainsi que celles liées à la calibration des
capteurs puisque plusieurs missions se sont succédé
jusqu’ici : NOAA-7 (de 1981 à 1985) ; NOAA-9 (de 1985 à
1988 et d’aoÛt 1994 à janvier 1995) ; NOAA-11 (de 1989 à
1994) ; NOAA-14 (de 1995 à 2000) et NOAA-16 (depuis 2000). On
pourra se référer à Tucker et al., (2005) pour des
informations supplémentaires concernant ces données. Les données de
NDVI ont été considérées sur la fenêtre du Nord-Cameroun pour un
ensemble de 5 141 points (97 et 53 longitudes) et sur la
période 1982-2002.
Méthodes
Détermination de l’occurrence et de la longueur d’une séquence
sèche
Une séquence sèche influe sur le cycle de croissance et le
développement de la végétation pendant les mois de saison des
pluies. Sachant que la présente étude prend en compte le couvert
végétal au sens large, l’on admet que le cycle végétatif (du moins
celui de la végétation naturelle) commence dès que surviennent les
premières pluies (P > 1 mm), après la saison
sèche. Sont considérés comme mois de saison humide ceux qui
présentent un cumul pluviométrique supérieur ou égal à 50 mm
(P ≥ 50 mm) : il s’agit des mois de mai à
septembre pour le domaine sahélien (nord de 9̊ N) et de la période
avril-octobre pour le domaine soudanien (sud de 9̊ N). Cette
différence de longueur de saisons des pluies découle des
différences de circulation atmosphérique sur les deux domaines,
contrôlée par la translation méridienne saisonnière de la ZCIT au
sein du système de mousson africain. De ce fait, les séquences
sèches sont parfois définies pour la région sahélienne comme une
période d’au moins 2 jours consécutifs sans pluies
(P < 1 mm), observées chaque année entre le
1er mai et le 30 septembre, alors que pour le
domaine soudanien la période d’observation se situe entre le
1er avril et le 31 octobre de chaque année de
la période considérée. Signalons toutefois l’ambiguïté qui réside
dans la prise en compte d’une saison fixe quand on sait que,
suivant les années, la longueur de la saison des pluies est
susceptible de connaître des fluctuations.
À partir des données journalières de précipitations observées,
on affecte aux jours secs (P < 1 mm) la valeur 1
et aux jours pluvieux (P > 1 mm) la valeur 0. On
calcule ensuite, pour chaque année et pour chaque station, la
longueur des séquences sèches à partir d’un minimum de 2 jours secs
consécutifs observés. Sachant que la succession de quelques jours
secs (P < 1 mm) n’aura pas le même impact sur la
végétation en début, en milieu ou en fin de cycle, plusieurs seuils
sont testés : séquences de 2 à 4 jours, de 5 à 10 jours et
supérieures à 10 jours. Ces tests sont effectués sur les deux
premiers mois de la saison des pluies, puisqu’il s’agit de la
période critique pour la levée de dormance ou de reprise pour la
plupart des espèces, après une longue saison sèche. C’est donc
cette période qui déterminera la croissance et le développement des
végétaux. Par ailleurs, l’occurrence des séquences sèches en milieu
de cycle n’est préoccupante pour la plante que lorsque celles-ci
sont relativement longues (par exemple supérieures à 10 jours) pour
réduire ou épuiser la réserve utile des sols. Mais encore faut-il
que cette séquence sèche ne soit pas précédée de cumuls quotidiens
exceptionnels (par exemple P > 50 mm).
Extraction du NDVI et stations pluviométriques
Un métafichier de données bimensuelles du NDVI entre les mois de
mars et novembre (18 valeurs annuelles) et couvrant la période
1982-2002 a, au préalable, été constitué sur le Nord du Cameroun.
La projection des stations pluviométriques sur cette carte a
ensuite permis de considérer la moyenne des trois pixels de NDVI
les plus proches de chaque point. L’intérêt de la prise en compte
de trois pixels adjacents à chaque station (plutôt que l’unique
pixel sur lequel est localisée la station) relève des incertitudes
de dérives orbitales inhérentes à la structure même de ces données,
puisque l’angle de prise de vue des capteurs est susceptible d’être
décalé (un pixel considéré à une date donnée n’est pas forcément le
même à une autre date). Toutefois, nous restons conscients d’une
part du lissage des données par l’utilisation de la moyenne des 4
pixels et d’autre part par la comparaison entre des données
ponctuelles (précipitations) et celles représentant une aire de
64 km2 (NDVI).
Résultats
Répartition spatio-temporelle des précipitations dans le
Nord-Cameroun (1982-2002)
La carte de la répartition des cumuls annuels moyens (1982-2002)
montre que les isohyètes suivent un gradient nord-sud, légèrement
orienté nord-est – sud-ouest au sud de 8̊ N (figure 2A).
Comme déjà signalé précédemment, le cycle annuel est unimodal et
présente un maximum en aoÛt (250 mm). Les cumuls supérieurs à
50 mm (figures 2B, 2C et
2D) s’échelonnent grosso modo de mai à
septembre dans le Nord (exemple de la station de Maroua), et
d’avril à octobre dans la partie méridionale (exemple de la station
de Ngaoundéré). La répartition des cumuls pluviométriques annuels
présente, du nord au sud, des amplitudes maximales de 900 mm
entre les stations. De fortes variations sont signalées avant la
décennie 1990, avec des moyennes inférieures à 800 mm et
1 300 mm en domaines sahélien et soudanien
respectivement, alors qu’au cours de la période post-1990, l’on
note une légère hausse des pluies (figures 3A et
3D). Dans l’ensemble, l’année 1983 est la plus
déficitaire (P < 600 mm en domaine sahélien et
P < 1 100 mm en domaine soudanien), alors
que l’année 1994 est la plus excédentaire. Mais les amplitudes
importantes entre stations (non présenté) témoignent d’une grande
variabilité spatiale, qui constitue d’ailleurs la principale
caractéristique des précipitations tropicales.
Variabilité saisonnière des précipitations entre 1982
et 2002
La comparaison des cumuls saisonniers entre les deux domaines
pluviométriques montre que la saison sèche contribue pour moins de
5 % au total annuel. Cependant, la différence de longueur des
saisons des pluies témoigne de l’impact du régime continental entre
les deux domaines. La forte contribution de la saison des pluies
(figures 3B
et 3E) se reflète sur la répartition des anomalies
qui présentent les mêmes tendances que la variabilité des cumuls
annuels (figure
3A), c’est-à-dire une décennie 1980 essentiellement
déficitaire et une décennie 1990 marquée par une plus forte
occurrence d’années humides : la différence moyenne des cumuls
saisonniers entre les deux sous-périodes est de 64 mm pour le
domaine soudanien et de 116 mm pour le domaine sahélien. Cette
réhumidification de la décennie 1990 a d’ailleurs été soulignée
dans d’autres régions et notamment en Afrique de l’Ouest (Lebel et
Ali, 2009). Afin de déterminer les facteurs qui impriment ces
anomalies saisonnières, trois paramètres ont été
analysés :
- 1. Le nombre de jours secs (P <
1 mm) ;
- 2. Le nombre de jours à pluies faibles et moyennes (1 ≥
P ≤ 40 mm) ;
- 3. Le nombre de jours à fortes précipitations ou pluies
exceptionnelles (P > 40 mm).
Ces différents seuils ont été fixés à partir des typologies des
pluies journalières effectuées précédemment au Cameroun (Donfack,
1993 ; Suchel, 1987) et en domaine soudano-sahélien africain
(Le Barbé et al., 2002 ; Sultan et Janicot, 2003). De
manière générale, la délimitation des classes de pluies dépend du
contexte bioclimatique et surtout des exigences de leur
application.
En domaine sahélien, on compte en moyenne 50 à 60 jours secs
entre mai et septembre au cours de la décennie 1980, contre 30 à 50
jours au cours de la décennie 1990 (figure 3C),
ce qui est en adéquation avec les tendances décennales. En domaine
soudanien (figure
3F), le nombre de jours secs par saison des pluies varie en
moyenne de 30 à 60 avec également une tendance à la baisse entre
les décennies 1980 et 1990. Leur distribution ne présente pas de
tendance particulière tout au long de la période. Le nombre de
jours à faible ou moyenne pluviométrie
(1 ≥ P ≤ 40 mm) occupe près de 75 %
(environ 160 sur 214 jours) de la saison des pluies en domaine
soudanien et de 60 % (70 sur 153 jours) en domaine sahélien
(figures 3C
et 3F). Les corrélations entre ces différentes
classes de pluies et les cumuls saisonniers sont consignées dans le
tableau 1.
Tableau 1 Corrélations entre précipitations journalières
(classées suivant 3 intensités) et cumuls saisonniers de pluies, en
domaines soudanien et sahélien.
| Classes de pluiesDomaines pluviométriques |
P < 1 mm |
P = [1 mm – 20 mm] |
P > 20 mm |
| Domaine sahélien |
- 0,71t1, t2, t3 |
0,55 t1, t2 |
0,53 t1, t2 |
| Domaine soudanien |
- 0,60 t1, t2, t3 |
0,42 t1 |
0,50 t1, t2 |
t1, t2, t3 = corrélations significatives au test de
Monte Carlo à 90, 95, et 99 %, respectivement.
Il ressort pour la classe P < 1 mm que plus le
nombre de jours secs est élevé et moins les cumuls annuels sont
importants. Cette évidence se traduit dans les deux domaines par
des corrélations opposées entre les deux paramètres, mais toutes
significatives au test de Monte Carlo à 99 % qui conserve
l’autocorrélation des séries. Le nombre de jours à moyenne et à
faible pluviométrie (1 ≥ P ≤ 40 mm), d’une
part, et le nombre de jours à forte pluviométrie
(P > 40 mm), d’autre part, évoluent en phase avec
les cumuls saisonniers et sont significativement corrélés au test
de Monte Carlo à 95 %, sauf pour les pluies moyennes en
domaine soudanien qui ne sont significativement corrélées qu’au
seuil de 90 %. Ce qui précède nous permet de dire que la
qualité pluviométrique d’une saison au Nord-Cameroun dépend à la
fois du nombre de jours pluvieux et de leur intensité. En domaine
sahélien, le début de saison de pluies (61 premiers jours) compte
en moyenne 14 jours avec 1 ≥ P ≤ 40 mm.
Pour le même seuil, on compte environ 24 jours pour les mois de
juillet-aoÛt (cœur de la saison) et 8 jours pour le mois de
septembre (fin de saison). Le nombre de jours avec
P > 40 mm, quant à lui, est de 3, 4 et 1,
respectivement au début, en milieu et en fin de saison des pluies.
La distribution de ces classes de pluies entre les 5 années les
pluies humides et les 5 années les moins humides de la période
1982-2002 montre – sans surprise – des décalages plus importants au
cœur de la saison, et de manière plus marquée pour le seuil de
P > 40 mm. En effet, entre juillet et aoÛt, on
compte en moyenne 9 jours avec P > 40 mm pendant
les années humides, alors qu’en années sèches ce nombre est réduit
à 2. Les mêmes tendances s’observent en domaine soudanien, mais
avec des amplitudes plus faibles. Au Sahel ouest-africain, les
études ont montré que 90 % des précipitations annuelles
étaient produites par des systèmes convectifs de mésoéchelle et que
leur réduction était à l’origine de la variabilité interannuelle
des pluies (D’Amato et Lebel, 1998). Il ressort ici qu’environ
15 % des pluies saisonnières seulement sont associées aux très
fortes perturbations (P > 40 mm), la plus forte
contribution étant assurée par des pluies moyennes à faibles
(1 ≥ P ≤ 40 mm).
Afin d’analyser les variations du cycle saisonnier, une
composite des 5 années les plus pluvieuses et des 5 années les plus
sèches de la période 1982-2002 est constituée pour chaque domaine
pluviométrique (figures 4A et
D). Les différences significatives entre les cycles
saisonniers des deux types d’années sont détectées à partir du test
de Student à 95 % (version appariée pour comparer les valeurs
entre les deux échantillons). Il en ressort que ces différences
concernent le cœur de la saison des pluies et, dans une moindre
mesure, les mois de mars et de septembre avec des amplitudes plus
marquées en domaine sahélien. En effet, au cours du mois d’aoÛt,
les différences entre les cumuls journaliers sont en moyenne de
2 mm en domaine soudanien et de 4 mm en domaine sahélien.
Ces décalages sont encore plus importants lorsqu’on considère les
cycles de l’année la plus pluvieuse et ceux de la moins pluvieuse
de la période où les cumuls journaliers en début et en fin de
saison sont très contrastés (résultats non présentés). Cette
variabilité interannuelle est gouvernée par le système de mousson
ouest-africaine qui génère une variabilité interne contrôlée par la
dynamique atmosphérique et une variabilité forcée régie
essentiellement par le cycle de l’eau et les conditions de surface
continentale et océanique. En effet, les variations thermiques de
l’Atlantique forcent des anomalies dans la circulation divergente
de l’atmosphère qui modulent significativement le flux de mousson
en été (Fontaine et Janicot, 1996). Ainsi, une année à pluviométrie
excédentaire (déficitaire) est associée à un forçage (une
diminution) de la convergence des flux d’humidité dans les basses
couches, induit par des anomalies chaudes (froides) de l’océan et
qui favorise des mouvements ascendants (subsidents). En ce qui
concerne l’influence des processus continentaux, les différences
observées dans les deux domaines découlent du fait qu’au nord de 9̊
N, la plupart des sites se situent en position d’abri (versants
opposés aux lignes de flux), ce qui limite l’influence des
turbulences orographiques et surtout celle de l’alizé permanent,
contrairement au domaine situé au sud de cette latitude.
Ces résultats permettent de se faire une idée globale des
éléments déterminants des anomalies saisonnières. Étudions
maintenant la répartition des séquences sèches à l’échelle
intrasaisonnière, paramètre qui influence particulièrement le cycle
végétatif.
Répartition des séquences sèches au cours de la saison des
pluies dans le Nord du Cameroun
Pour l’analyse de la répartition des séquences sèches, leurs
longueurs (ou durées) ont été réparties en trois classes,
permettant ainsi de mieux évaluer les risques potentiels de stress
hydrique dans la croissance et le développement du couvert végétal
(figures 4B
et 4E) : séquences sèches de 2 à 4 jours ;
de 5 à 10 jours et enfin, de durée supérieure à 10 jours. Ainsi, au
cours de la saison des pluies, l’on compte en moyenne 15 à 20
séquences sèches de 2 à 4 jours en domaine sahélien, contre 12 à 18
en domaine soudanien. Quant aux séquences sèches de 5 à 10 jours,
l’on en compte une dizaine par saison des pluies environ dans les
deux domaines, alors que les séquences sèches de durée supérieure à
10 jours sont en moyenne de trois par saison. Les résultats
précédents ayant montré que les cumuls saisonniers sont associés au
nombre de jours secs, on peut déduire que ceux-ci sont également
liés au nombre et à la durée des séquences sèches. A priori,
plus le nombre et la durée des séquences sèches sont importants et
plus s’accroît le risque de stress hydrique pour la plante. Si l’on
remarque, dans l’ensemble, une légère tendance à la hausse du
nombre de séquences sèches au cours des années 1980 par rapport à
la période post-1990, il demeure que leurs relations avec les
anomalies saisonnières sont assez ambiguës. L’exemple de la
distribution du nombre de séquences sèches supérieures à 10 jours
est, à ce titre, illustratif puisque leur variabilité interannuelle
ne présente pas de tendance marquée (figures 4B et
4E). Partant de ces résultats, les classes de
séquences sèches de 5 à 10 jours et celles supérieures à 10 jours
ont été regroupées en une seule (supérieures à 5 jours) suivant
l’hypothèse qu’une interruption des pluies inférieure ou égale à 5
jours n’aura pas un impact très significatif sur la végétation,
même en début de cycle. Comment se répartissent ces séquences
sèches supérieures à 5 jours suivant les années dans le
Nord-Cameroun ?
La répartition des séquences sèches supérieures à 5 jours entre
années humides et sèches montre, pour le domaine sahélien, un
nombre quasi équivalent mais, en années humides, 30 %
seulement de ces séquences surviennent au cours des deux premiers
mois de la saison des pluies. La répartition des 70 % restants
est compensée par un nombre plus important de jours à très forte
pluviométrie (P > 40 mm) et présente donc un
risque moindre pour la végétation. En années sèches, en revanche,
le début de saison est marqué par des pluies moyennes ou faibles,
souvent entrecoupées de séquences sèches supérieures à 5 jours
(environ 50 % de l’ensemble de la saison). Par ailleurs, le
nombre de jours à cumul exceptionnel est plus réduit au cœur de la
saison et c’est en fin de saison que surviennent près de 30 %
des séquences sèches supérieures à 5 jours. En domaine soudanien en
revanche, la distribution des séquences sèches supérieures à 5
jours varie selon les stations, mais les valeurs médianes oscillent
autour de 4, que ce soit en années humides ou sèches. Elles sont
également distribuées aléatoirement au cours de la saison des
pluies, quelle que soit la qualité pluviométrique de l’année.
Quel est l’impact de la variabilité de ces séquences sèches
supérieures à 5 jours sur la végétation ? Pour répondre à
cette question, nous allons présenter succinctement les
corrélations entre les pluies et le NDVI dans quelques stations du
Nord-Cameroun.
Relations entre pluies et NDVI dans le Nord du Cameroun
Une étude précédente sur les relations entre pluies et NDVI au
Cameroun a montré une répartition latitudinale des corrélations
(Shinoda, 1995), ainsi qu’un partitionnement du territoire de part
et d’autre du 6e parallèle, avec des corrélations plus
fortes (> 0,8) au nord de cette latitude. Afin de prendre en
compte ce gradient méridien, l’analyse s’effectue au long d’un
transect nord-sud (figure 5),
la période d’étude étant segmentée en deux sous-périodes (1982-1990
et 1991-2002), conformément aux tendances des précipitations
(figures 3A
et 3E). L’analyse du cycle annuel du NDVI est
effectuée entre les mois de mars et novembre afin d’intégrer
l’ensemble de la période végétative, soit 18 valeurs bimensuelles
par an. Les pluies stationnelles sont également ajustées à la
matrice du NDVI. Les corrélations pluies/NDVI sont calculées en
synchrone (R1), et avec un décalage du NDVI par rapport à la pluie
d’un mois (R2) et de deux mois (R3), puisque l’amorce du cycle
végétatif dans certaines régions est souvent précédée par une
période de précipitations relativement longue qui constitue le
temps nécessaire au sol pour reconstituer sa réserve utile après la
saison sèche (Nicholson et al., 1990 ; Richard et
Poccard, 1998 ; Martiny et al., 2005 ; Camberlin
et al., 2007). Les données de pluies et de NDVI sont
désaisonnalisées, c’est-à-dire mises en anomalies par rapport à la
moyenne afin de s’affranchir du cycle moyen saisonnier.
Les graphiques (figure 5)
montrent que vers le 6e parallèle (station de Meiganga),
les corrélations sont plus fortes lorsqu’elles sont quasi
synchrones (0,81) que lorsqu’elles sont décalées de 2 (R2) ou 4
(R3) quinzaines (figures 5 A1 et
A2). Dans ce dernier cas, les deux paramètres sont
même corrélés négativement au cours des périodes 1982-1990 et
1991-2002, et traduisent sans doute le phénomène d’hystérésis de la
végétation, c’est-à-dire l’apparition de phénomènes de seuils et
d’effets irréversibles, lorsqu’elle a atteint un stade assez avancé
de son développement. En revanche, au nord du 6e
parallèle, les valeurs se renforcent (> 0,8) avec un décalage du
NDVI de deux quinzaines, notamment à Guider
(9e parallèle), Mokolo
(10e parallèle) et Mora
(11e parallèle). Le même constat peut être fait sur
le transect Ngaoundéré/Bame. Ce temps de réponse précède donc le
démarrage dit agronomique qui, au Sahel, coïncide avec la date du
saut de mousson qui est situé en moyenne lors de la troisième
décade de juin (Balme et al., 2005). Par ailleurs, il n’y a
pas de différence notable au cours des périodes 1982-1990 et
1991-2002, bien que la dernière ait été plus humide. Ces résultats
sont cohérents avec les études de Shinoda (1995) et de Djoufack
(2008).
Relations NDVI/séquences sèches (supérieures à 5 jours) en
début de cycle végétatif
Rappelons que l’analyse entre le NDVI et le nombre de séquences
sèches de durée supérieure à 5 jours est effectuée en début de
période végétative et pour chaque domaine pluviométrique (avril-mai
pour le domaine soudanien et mai-juin pour le domaine sahélien).
L’analyse prend en compte les 61 jours continus afin de
supprimer les biais induits par le chevauchement des séquences
sèches entre deux mois consécutifs. Les corrélations entre les deux
paramètres sont calculées en synchrone en domaine soudanien (pluie
et NDVI d’avril-mai) et avec un décalage du NDVI de deux quinzaines
en domaine sahélien (pluies de mai-juin et NDVI de juin-juillet),
conformément au temps de réponse de la végétation à la pluie,
d’après les résultats de la section précédente (figure
6).
Dans l’ensemble, la valeur moyenne du NDVI au cours de cette
période est en dessous de 0,6 (tableau
2). En domaine sahélien, les anomalies standardisées
de NDVI au cours des mois de mai et juin sont plus faibles au cours
de la décennie 1980 (< - 1), alors qu’elles sont
majoritairement excédentaires sur la période post-1990 (> 1,5).
La distribution du nombre de séquences sèches (> 5 jours)
est opposée aux anomalies de NDVI et les corrélations entre les
deux paramètres sont significatives (|0,63|) . En domaine
soudanien, en dehors de l’année 1987 qui présente un NDVI
exceptionnellement faible (- 3,5), les amplitudes sont en
général faibles (tableau
2). Les anomalies de NDVI et les séquences sèches
(> 5 jours) évoluent également en sens opposé comme
précédemment, mais leur corrélation est plus faible (|0,46|) . Les
exemples pris dans quelques stations du Nord-Cameroun renforcent
ces constats.
Tableau 2 Corrélations entre le nombre de séquences
sèches (> 5 jours) et le NDVI en début de saison des pluies dans
quelques stations du Nord-Cameroun.
| Nombre séquences sèches par
station |
Corrélations domaine sahélien |
Corrélations domaine
soudano-sahélien |
| Bame |
Bidzar |
Billiam |
Doukoula |
Dziguilao |
Guétalé |
Guider |
Kaélé |
Karhay |
Maroua |
Mokolo |
Mora |
Yagoua |
Zongoya |
Garoua |
M-Ngalké |
Meiganga |
Ngaoundéré |
Tibati |
Touboro |
| > 5 jours |
- 53* |
- 59* |
- 58* |
- 39 |
- 53* |
- 51* |
- 41 |
- 54* |
- 42* |
- 52* |
- 57* |
- 56* |
- 34 |
- 39 |
- 32 |
- 28 |
- 36 |
- 38 |
- 35 |
- 31 |
(*) = corrélations significatives au test de Monte Carlo à
95 % ; valeurs de corrélations multipliées par 100 pour
une meilleure lisibilité. NDVI : Normalized Difference
Vegetation Index.
Dans la station de Maroua appartenant au domaine sahélien, la
corrélation entre les deux paramètres est de |0,52| alors qu’elle
est de |0,38| à Ngaoundéré en domaine soudanien. Par ailleurs,
aucune station du domaine sahélien ne présente de corrélation
significative au test de Monte Carlo (95 %). Ces résultats
traduisent d’une part la plus faible sensibilité de la végétation
soudanienne à l’occurrence des séquences sèches (> 5 jours) en
début de cycle, et d’autre part le fait que leur nombre plus réduit
qu’en domaine sahélien ne peut influencer fortement le cycle
végétatif (figures 5A et
5B). Cette variabilité spatiale des relations est
liée à la complexité des contextes bioclimatiques et pédologiques,
ainsi qu’à la diversité génétique des espèces végétales. Par
ailleurs, l’emprise bioclimatique n’explique pas à elle seule la
variabilité de la productivité primaire puisqu’en ces régions
l’homme modifie le couvert végétal en raison de la forte croissance
démographique (Dongmo, 1998). Ainsi, l’intégration du paramètre
démographique serait intéressante pour améliorer nos connaissances
sur la variabilité de la phénologie végétale dans cet espace
géographique assez complexe.
Conclusion
L’objectif de cette étude était d’étudier la variabilité
intrasaisonnière des précipitations, en relation avec la
répartition des séquences sèches au cours de la saison des pluies
dans le Nord du Cameroun, ainsi que les corrélations entre ces
séquences sèches et le NDVI entre 1982 et 2002. La région
a été partitionnée en deux ensembles afin de tenir compte des
particularités pluviométriques de chacune d’elles : le domaine
sahélien situé au nord de 9̊ N avec une saison de pluies qui va de
mai à septembre, alors qu’en domaine soudanien au sud de cette
latitude la saison humide s’étend d’avril à octobre. Les séquences
sèches (jours consécutifs avec P < 1 mm) ont été
définies pour chaque année entre le 1er mai et le
30 septembre pour le domaine sahélien et entre le
1er avril et le 31 octobre pour le domaine
soudanien.
Afin de déterminer les facteurs qui impriment la qualité de la
saison de pluies – qui contribue pour près de 95 % aux cumuls
annuels – deux paramètres ont été testés : i) le nombre de
jours pluvieux par saison ; ainsi que ii) leur intensité
suivant deux seuils, 1 ≥ P ≤ 40 mm et
P > 40 mm. En domaine sahélien, 39 % des
jours en moyenne sont secs au cours de la décennie 1980, contre
26 % pour la période post-1990. Ces chiffres sont
respectivement de 23 et 18 % pour le domaine soudanien. Par
ailleurs, près de 85 % de jours pluvieux reçoivent moins de
40 mm de pluies, et ce, même en domaine sahélien. Les
différences pluviométriques entre années humides et sèches de la
période 1982-2002 sont associées à un déficit des cumuls
journaliers essentiellement au cœur de la saison des pluies.
L’étude de la répartition des séquences sèches saisonnières a été
faite suivant trois classes de durées. En saison des pluies, on
compte en moyenne 15 à 20 séquences sèches de durées comprises
entre 2 et 4 jours en domaine sahélien, contre 12 à 18 en domaine
soudanien. Les séquences sèches supérieures à 5 jours oscillent en
moyenne autour de 10 alors que celles qui sont supérieures à 10
jours sont réduites à 3 ou 4 en moyenne par saison dans les deux
domaines pluviométriques.
Les corrélations entre les séquences sèches > 5 jours et
le NDVI ont été calculées en respectant le temps de réponse de la
végétation par rapport à la pluie : en synchrone pour le
domaine soudanien et avec un décalage du NDVI de deux quinzaines en
domaine sahélien. Dans l’ensemble, les valeurs sont plus faibles en
domaine soudanien. En revanche, la végétation sahélienne est plus
sensible à l’occurrence des séquences sèches en début de cycle (12
stations sur 15 sont significativement corrélées au test de Monte
Carlo à 95 %). En fait, il existe une certaine variabilité
spatiale à l’intérieur d’un même domaine pluviométrique en lien
avec les facteurs bioclimatiques sous-jacents, compte tenu de
l’occupation et de l’utilisation du sol, contraintes qui seront
intégrées dans les prochaines études.
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