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Science et changements planétaires / Sécheresse
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Apport de l'hydrogéomorphologie dans la cartographie des zones inondables Exemple de la plaine de Sidi Bel Abbès (Algérie Nord occidentale)


Science et changements planétaires / Sécheresse. Volume 21, Numéro 3, 219-24, juillet-août-septembre 2010, Article de recherche

DOI : 10.1684/sec.2010.0253

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Bachir Hallouche, Mohammed Benyahia, Kada Moueddene, Abbas Marok , Université Djillali Liabès Faculté de l’ingénieur Département de Génie civil BP 89 Sidi Bel Abbès Algérie, Université Djillali Liabès Faculté des sciences Département de l’environnement BP 89 Sidi Bel Abbès Algérie, Université Abou Bekr Belkaïd Faculté des sciences Département des sciences de la terre BP 119 Tlemcen Algérie.

Résumé : Le présent travail a pour but de montrer l'apport de la méthode hydrogéomorphologique dans la cartographie des zones inondables de la plaine de Sidi Bel Abbès (Algérie Nord occidentale). Mise au point il y a une vingtaine d'années, cette méthode nous a permis d'identifier les principaux points de débordement de la Mekerra ainsi que les axes d'écoulements privilégiés, d'une part, et de délimiter les zones inondables et non inondables, d'autre part. Un tel travail constitue un outil de planification et d'aménagement du territoire permettant une meilleure prise en compte du risque des inondations dans le développement urbain et économique de la région.

Mots-clés : Algérie, cartographie, hydrologie, géomorphologie, zones inondables

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Bachir Hallouche1, Mohammed BenyahiaMohammed Benyahia2, Kada Moueddene2, Abbas Marok3

1Université Djillali Liabès Faculté de l’ingénieur Département de Génie civil BP 89 Sidi Bel Abbès Algérie
2Université Djillali Liabès Faculté des sciences Département de l’environnement BP 89 Sidi Bel Abbès Algérie
3Université Abou Bekr Belkaïd Faculté des sciences Département des sciences de la terre BP 119 Tlemcen Algérie

Historiquement, la ville de Sidi Bel Abbès et l'ensemble des localités de la plaine de la Mekerra sont confrontés de manière récurrente aux problèmes des inondations générées par les crues cycliques de l'oued Mekerra. Ces débordements dévastateurs font suite aux événements pluvieux de fortes intensités enregistrés entre les mois d'octobre et d'avril comme ce fut le cas lors de la crue du 18 avril 2007 où la hauteur pluviométrique atteinte était de 40 mm en une heure (ce qui est relativement très important comparé à la moyenne de la wilaya qui est de 39 mm pour l'ensemble du mois d'avril). Les crues historiques de l'oued Mekerra enregistrées au niveau de la station hydrométrique de Sidi Ali Benyoub sont consignées dans le tableau 1. Pour remédier à cette situation, de nombreuses actions ont été engagées, dont une étude d'avant-projet détaillé de la protection de la ville de Sidi Bel Abbès contre les inondations réalisée en 2001 [1]. Cette étude a permis de préciser le régime des crues de l'oued Mekerra, et de modéliser la propagation de l'onde de la crue centennale (estimée à 950 m3/s) dans la plaine. Le schéma d'aménagement résultant de cette étude a porté sur les endiguements, le recalibrage des cours d'eau et la création de canaux de dérivations.

Dans le présent travail, une cartographie par approche hydrogéomorphologique est réalisée pour évaluer le risque d'inondation au niveau de la plaine de Mekerra [2, 3]. Cette approche fondée sur l'étude de la plaine alluviale moderne et l'analyse des processus morphogéniques ayant généré les formes actuelles de la plaine a pour but de mieux gérer les zones exposées aux aléas d'inondation, afin d'en réduire la vulnérabilité ou, mieux encore, de les préserver du risque en y maîtrisant l'occupation du sol [4, 5].

Caractéristiques du bassin-versant de l'oued Mekerra et présentation de la région d'étude

Situé dans le nord-ouest de l'Algérie, le bassin-versant de l'oued Mekerra fait partie du bassin de la Macta (figure 1). Il prend son origine dans les hautes vallées de la steppe au sud de la localité de Ras El Ma à une cote de 1 412 m. Le bassin de forme particulièrement allongée et d'une superficie de 3 046 km2, est drainé par l'oued Mekerra d'une longueur de 120 km. Sa superficie est à 50 % située à une cote dépassant les 1 000 m avec une pente moyenne de l'oued jusqu'à Sidi Ali Benyoub d'environ 2 %. Cette dernière n'est plus que de 5 ‰ entre Boukhanéfis et Sidi Bel Abbès.

Le réseau hydrographique du bassin est très développé, mais représenté fréquemment par des cours d'eau temporaires. Les oueds sont alimentés par des précipitations et par des sources dont la plus importante est Ain-Skhouna à Sidi Ali Benyoub (débit d'environ 100 L/s).

Du point de vue pluviométrique, la quantité moyenne interannuelle des précipitations est de l'ordre de 390 à 400 mm, mais elle peut diminuer jusqu'à 110 mm/an pour les années particulièrement sèches, d'où la variation annuelle des apports liquides de l'oued Mekerra. À titre indicatif, ce cours d'eau a véhiculé 13 millions de mètres cubes durant l'année hydrologique 1960-1961 et 92 millions de mètres cubes durant l'année 1950-1951, ce qui constitue un apport exceptionnel par rapport à la moyenne interannuelle estimée à 57 millions de mètres cubes [1].

La région étudiée correspond à la zone d'expansion des crues dans la plaine de Sidi Bel Abbès. Elle s'étend entre Boukhanéfis au sud et Sidi Bel Abbès au nord (figure 1).

Tableau 1 Crues historiques de l'oued Mekerra (d'après [1]).

Date de la crue

Débit de pointe (m3/s)

4 octobre 1986

586

30 septembre 1994

530

27 août 1997

403

28 mai 2006

396

18 avril 2007

750

Méthodologie

Considérée comme complémentaire aux méthodes hydrologiques et hydrauliques, l'analyse hydrogéomorphologique utilisée ici a pour objectif de diagnostiquer le risque d'inondation. Il s'agit d'une approche naturaliste (par opposition aux modélisations mathématiques) qui permet de cartographier les zones inondables en étudiant finement la morphologie de la plaine alluviale et de trouver sur le terrain les limites physiques associées aux différentes gammes de crues (annuelles, fréquentes, exceptionnelles) [4, 6]. En d'autres termes, elle est fondée sur la compréhension du fonctionnement naturel de la dynamique des cours d'eau (érosion, transport, sédimentation) au cours de l'histoire. L'analyse s'appuie donc sur l'interprétation géomorphologique d'une couverture stéréoscopique de photographies aériennes validée par des vérifications de terrain [7]. Il est à noter que cette approche déjà testée en France [6, 8] a été retenue par le ministère français de l'Équipement comme l'une des trois méthodes disponibles (avec l'étude historique et les modélisations hydrauliques) pour délimiter les zones inondables [6, 9].

Pour la réalisation de cette cartographie, nous avons adopté la démarche classique reposant sur l'analyse hydrogéomorphologique qui s'appuie sur les deux outils complémentaires que sont la photo-interprétation stéréoscopique et l'observation du terrain. Ce travail a été réalisé en deux étapes :

  • étape préalable de laboratoire au cours de laquelle est réalisée la totalité de la cartographie en utilisant conjointement la photo-interprétation et les cartes topographiques [5]. L'échelle de la cartographie retenue est le 1/25 000 pour l'ensemble du secteur d'études, sur un support de fond de plan monochrome constitué par des cartes numérisées et géoréférencées ;
  • étape de terrain qui sert à valider les informations de la photo-interprétation réalisée dans la première étape.

Sur le terrain, nous nous sommes intéressés :

  • d'abord à l'étude de la plaine alluviale et du fonctionnement naturel du cours d'eau. Il s'agit de l'examen des traces morphologiques et sédimentologiques des différentes formations rencontrées dans le lit de l'oued et les traces d'inondations (laisses de crues, érosions et atterrissements). L'étude du fonctionnement du cours d'eau avait pour but de reconnaître et de mieux positionner les deux limites significatives : celle des crues fréquentes (lit mineur ou moyen) et celle des crues rares à exceptionnelles (courbe enveloppe couvrant le lit majeur) ;
  • ensuite à l'examen des transformations anthropiques qui ont pu modifier substantiellement le fonctionnement hydraulique de la plaine (repérage de l'ensemble des ouvrages, occupation des sols, zone de production des phénomènes, d'accumulation…).

Organisation et fonctionnement du bassin-versant de l'oued Mekerra

Du point de vue hydrogéomorphologique, le bassin-versant constitue l'unité morphologique principale qui structure et cloisonne les paysages et fournit le cadre privilégié de l'analyse hydrogéomorphologique. Son organisation conditionne le déroulement des crues. Schématiquement, le bassin-versant de l'oued Mekerra peut être subdivisé en trois grandes zones en fonction de leurs rôles (figure 2) :
  • 1. Zone de réception ou de production des crues : cette zone est comprise entre l'origine de l'oued Mekerra au sud de Ras El Ma et Mouley Slissen. Elle correspond à la partie supérieure montagneuse du bassin-versant où se forment généralement les crues en réponse à des précipitations intenses. C'est une zone de forme allongée (sud-nord) liée à l'organisation du réseau hydrographique. Celui-ci est particulièrement dense et composé d'oueds intermittents et de ravins drainant des vallons encaissés, qui confluent vers la vallée principale plus large. Les versants et les talwegs présentent des pentes fortes (donc un coefficient de ruissellement important) et une couverture pédologique peu épaisse. Soumise à une érosion intense, la zone de production des crues fournit l'essentiel de la charge solide transportée par le cours d'eau. Cette zone peut être divisée en deux tronçons :
    • le tronçon 1, qui s'étend du sud de Ras El Ma jusqu'à la station de Titen Yahia. Il est constitué par les vastes surfaces des hauts plateaux où les pentes moyennes à faibles ne compensent pas la fragilité du sol et sa sensibilité à l'érosion. Les oueds qui forment des torrents incisent ces surfaces régulières de talwegs profondément marqués, aux zones inondables bien délimitées ;
    • le tronçon 2 : en aval de Titen Yahia, la vallée de la Mekerra pénètre dans des massifs montagneux, et ce sous-tronçon assure la transition avec la zone de transfert qui débute à Mouley Slissen ; la densité du réseau hydrographique diminue légèrement, et la Mekerra reçoit moins d'affluents, tandis que sa vallée s'encaisse dans les massifs calcaires.
  • 2. Zone de transfert des crues : le bassin de réception est relayé par une section de gorges qui assure le transfert des débits liquides et solides vers l'aval du bassin-versant. Sur ce tronçon, la plaine s'organise et les différents lits s'individualisent et l'oued principal présente un chenal unique qui méandre au fond de la vallée au sein d'une petite plaine alluviale étroite et encaissée dominée par les versants rocheux. La diminution de pente permet le dépôt d'une partie de la charge solide, dépôts qui peuvent être repris lors des crues. Lors des ruptures de pentes fortes, l'oued Mekerra décrit des sinuosités en cherchant à dissiper son excès d'énergie. C'est sur ces tronçons qu'on peut rencontrer les dynamismes érosifs les plus intenses (les berges de l'oued sont particulièrement instables, et soumises à des érosions latérales importantes au niveau des méandres). L'incision verticale est limitée, puisque les formations les plus résistantes affleurent dans le lit mineur.Au niveau de Sidi Ali Benyoub, l'oued quitte les massifs montagneux et poursuit son cheminement jusqu'à Boukhanéfis qui fait partie de la zone de transfert puisque la Mekerra est très encaissée dans d'anciens sédiments. Ainsi, la vallée conserve son profil en gorges.
  • 3. Zone d'expansion des crues : c'est la zone la plus exposée aux effets des inondations périodiques dont les conséquences sont catastrophiques. Ce secteur est situé à l'aval de Boukhanéfis où la vallée change brutalement de forme (la vallée encaissée et étroite s'ouvre très rapidement, un lit majeur se met en place). C'est en aval de la localité de Boukhanéfis que commence la vraie plaine alluviale de la Mekerra qui constitue une vaste zone d'expansion des crues de la Mekerra très ancienne, puisqu'on y trouve plusieurs niveaux alluviaux étagés. Sa largeur atteint généralement plusieurs centaines de mètres et peut atteindre 3 kilomètres par endroits. Elle s'étend jusqu'à Sidi Bel Abbès où elle est fermée par des collines de marnes et de grès du Miocène (lieu-dit le Rocher). La dynamique générale de cette zone est caractérisée par l'accumulation des sédiments, d'où un exhaussement du plancher alluvial parfois non négligeable, notamment dans le lit majeur, qui a entraîné une configuration en « toit » avec un lit majeur situé en contrebas du lit mineur.

Cette large plaine concentre les enjeux du bassin-versant, avec plusieurs localités concernées par la problématique des inondations (Boukhanéfis, Sidi Khaled, Sidi Lahcen et Sidi Bel Abbès). Mise en valeur depuis plusieurs siècles, elle est traversée par des aménagements anthropiques, routes, canaux, voie ferrée…, qui constituent autant d'obstacles derrière lesquels l'eau peut s'accumuler. L'influence des infrastructures ferroviaires et routières (route nationale 95) sur l'écoulement des crues rares à exceptionnelles est particulièrement sensible en aval de Sidi Lahcen où la voie ferrée, qui longe la Mekerra à l'amont, s'en écarte pour contourner Sidi Bel Abbès par le sud, jouant de ce fait un rôle fondamental lors des inondations de la ville en 1986 et 1994, puisqu'elle a guidé les eaux de crues vers les quartiers sud de la ville.

En termes d'inondabilité, la plaine de la Mekerra n'est pas inondée uniformément sur toute sa largeur pour chaque crue, les eaux débordant du lit mineur s'écoulent dans le lit majeur en faveur de chenaux plus ou moins marqués et de faibles profondeurs (inférieures à 1 mètre).

Analyse du fonctionnement de la plaine alluviale de Sidi Bel Abbès

À partir de la localité de Boukhanéfis (figure 3), la Mekerra élargit progressivement sa vallée qui est encore encadrée par des versants nets. Ainsi, le lit mineur décrit de nombreux méandres pour dissiper le trop plein d'énergie. Il présente une faible section, rapidement débordante, et qui est parfois réduite par des ouvrages de franchissement mal dimensionnés. Par ailleurs, le lit majeur est sillonné par de nombreux chenaux de crue qui témoignent d'un hydrodynamisme intense. Il peut facilement connaître d'importantes hauteurs d'eau en raison de la section limitée de la vallée. De ce fait, les pieds de versant sont inondables par les grandes crues (zone en lit majeur exceptionnel).

En aval immédiat de Boukhanéfis, apparaissent les premiers points de débordement de la Mekerra vers l'est et entre Boukhanéfis et Sidi Khaled, on distingue un certain nombre de formes connexes qui témoignent de la vigueur des écoulements et de leur grande mobilité lors des plus fortes crues. Il s'agit d'un axe d'écoulement bien prononcé, qu'on peut rattacher à des points de débordement issus du lit mineur. Ces chenaux, du fait de la configuration en toit de la plaine, s'éloignent du lit mineur pour inonder une partie de la plaine.

En revanche, en aval de Sidi Khaled et jusqu'à Sidi Lahcen la plaine s'organise autour de deux zones inondables séparées par des lambeaux de terrasses : ayant considérablement dissipé son énergie depuis Boukhanéfis par décharge latérale, l'oued n'a plus la puissance nécessaire au niveau de Sidi Lahcen pour remobiliser et éroder la totalité de son cône, d'où la raison de la subsistance de ces lambeaux délimités par des chenaux.

Enfin, entre Sidi Lahcen et Sidi Bel Abbès, une gouttière réincise la terrasse en rive droite au niveau du dédoublement de la voie ferrée, mais il est certain que la construction de la voie ferrée en premier lieu, puis le remblai de la route nationale 7 ont favorisé le passage des eaux à ce niveau et leur dérivation vers Sidi Bel Abbès. Guidés par ces remblais, les écoulements sont dirigés vers l'est en longeant la voie ferrée de la zone industrielle puis vers les quartiers sud de la ville de Sidi Bel Abbès. En aval de Sidi Lahcen, un remblai de la route vers Aïn Témouchent (chemin de wilaya 61) barrant le lit majeur de la Mekerra renforce l'effet des inondations.

À cet effet, il est certain que les différents aménagements anthropiques constituent autant d'obstacles aux écoulements, en segmentant la zone inondable en casiers. Ils créent une surélévation artificielle de la ligne d'eau qui peut générer des débordements sur les reliefs adjacents naturellement non inondables.

Résultats

Le recoupement des données hydrogéomorphologiques et historiques et les connaissances disponibles sur le fonctionnement de la plaine complétés par les missions de reconnaissance de terrain nous ont permis d'établir une certaine correspondance entre les différentes unités hydrogéomorphologiques et les types de crues.

Dans la majeure partie du bassin, on peut estimer que le lit mineur contient les crues annuelles (période de retour 1 à 2 ans), et qu'au-delà, il est débordant très rapidement. Le lit majeur, quant à lui, paraît fonctionnel à partir des crues fréquentes (5 à 10 ans), selon les tronçons. Pour le lit majeur exceptionnel, il ne peut apparemment fonctionner que pour des crues rares à exceptionnelles (supérieure à la centennale). Quant au lit moyen, il est peu prononcé dans notre zone d'étude (plaine de la Mekerra).

Lors des crues, les écoulements principaux sont susceptibles localement d'emprunter d'anciens lits (bras de décharge). L'exhaussement de la ligne d'eau entre la crue rare et la crue exceptionnelle se traduit par l'inondation des parties inférieures des glacis de raccordement, cartographiées en lit majeur exceptionnel.

L'incidence des différents travaux et ouvrages anthropiques sur la dynamique des crues peut être facilement appréciée. On peut distinguer les remblais transversaux qui, en barrant une grande partie de la plaine, créent un effet de barrage et de rétention. La multiplication des remblais transversaux est susceptible de perturber les écoulements et d'engendrer un fonctionnement « à casiers ».

Conclusion

La cartographie hydrogéomorphologique appliquée sur la plaine de la Mekerra a permis de définir l'emprise des zones inondables pour les crues exceptionnelles. L'application de cette approche, qui représente fidèlement la réalité du terrain, peut offrir des informations sur les zones inondables, indépendamment des méthodes historiques et hydrauliques appliquées à ce jour dans de nombreux pays. Elle peut également constituer un outil de base d'aide à la décision et à l'élaboration d'un plan de prévention des risques naturels à laquelle il apporte une connaissance du fonctionnement global du bassin-versant. La méthode employée [10] est principalement basée sur :
  • la reconnaissance objective des limites morphologiques, résultant du fonctionnement en crue ;
  • la prise en compte des crues historiques, souvent connues par les riverains et les gestionnaires des cours d'eau ;
  • l'évolution dans le temps du cours d'eau dont les traces, souvent visibles dans le paysage alluvial, permettent de justifier l'éventualité d'une crue exceptionnelle.

La connaissance fournie par le document produit à partir de cette approche peut constituer un premier outil d'aide aux services concernés (urbanisme, aménagement du territoire) dans leur mission d'identification des zones à préserver pour la gestion des écoulements à l'échelle de la plaine alluviale (zone d'expansion), et des secteurs plus réduits où un contrôle strict de l'urbanisation doit être opéré en fonction des enjeux et des aléas. Cette méthode permet de guider les aménageurs dans leurs réflexions sur le développement et l'aménagement du territoire en favorisant l'appropriation du risque d'inondation.

Références

1 SPI infra. Étude d'avant-projet détaillé de la protection de la ville de Sidi Bel Abbès contre les inondations. Sidi Bel Abbès : SPI infra, 2001.

2 Hallouche B. Cartographie des zones inondables de la plaine de Sidi Bel Abbès par l'approche hydrogéomorphologique. Mémoire de magister, université Djillali Liabès, 2007.

3 Naulet R. Utilisation de l'information des crues, historique pour une meilleure détermination du risque d'inondation. Application au bassin de l'Ardèche à Vallon Pont d'Arc et Saint Martin d'Ardèche. Thèse de doctorat, université Joseph Fourier, Grenoble, et université de Québec, 2002.

4 Ballais JL, Garry G, Masson M. Contribution de l'hydrogéomorphologie à l'évaluation du risque d'inondation : le cas du Midi méditerranéen français. CR Géosciences 2005 ; 337 : 1-337.

5 Masson M. Essai de cartographie des champs d'inondation par photo-interprétation. Rapport du Centre d'Études Techniques de l'Équipement (CETE). Aix-en-Provence : CETE, 1983.

6 Garry G, Graszk E. Plans de prévention des risques naturels (PPR). Risques d'inondation. Guide méthodologique. Paris : La Documentation Française, 1999.

7 Delgado JL. Estimation des crues de référence par approche géomorphologique. Centre d'Études Techniques de l'Équipement (CETE). La Houille Blanche 2006 : 51-5.

8 Esposito C. Cartographie des zones inondables par la méthode hydrogéomorphologique : principes, méthodes et exemples de mise en œuvre. Nancy : Centre d'Études Techniques de l'Équipement (CETE), Service Hydraulique, 2005.

9 Masson M, Garry G, Ballais JL. Cartographie des zones inondables : approche hydrogéomorphologique. Paris : Ville et Territoires, 1996.

10 SIEE. Atlas des zones inondables de la vallée de l'Erdre. Aix-en-Provence : SIEE, 2005.


 

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