ARTICLE
Auteur(s) : David Brousseau1,
Ali A
Assani1, Françoise Kalenga2, Muaka Mbenza2
1Laboratoire d'hydro-climatologie
et de géomorphologie fluviale Section de géographie
Pavillon Léon-Provencher Université du Québec
à Trois-Rivières 3351, boulevard des Forges
Trois-Rivières Québec G9A 5H7 Canada
2Université de Lubumbashi Département
de géographie BP 1825 Lubumbashi République démocratique
du Congo
En Afrique, la classification des régimes hydrologiques
saisonniers est encore largement fondée sur les critères proposés
par Pardé [1]. Ces critères tiennent compte de deux principaux
éléments : le mode d'alimentation et la répartition mensuelle des
débits. On parle ainsi de régimes pluviaux simples (un seul maximum
et un seul minimum) ou complexes (plusieurs extrema).
Ces critères ont été remis en question par plusieurs auteurs
en raison notamment de leur caractère qualitatif et subjectif,
de la difficulté à les traduire sous forme d'un algorithme ou
encore du fait qu'ils ne tiennent pas compte de toutes les
caractéristiques des débits (définies selon le concept de « régime
des débits naturels ») [2-4]. La critique la plus importante
est le caractère qualitatif de ces critères.
Les régimes hydrologiques saisonniers qui en
découlent ne reflètent pas l'influence des conditions
physiographiques et climatiques de l'Afrique. De plus, ils ne
permettent pas de suivre les effets induits par des
changements environnementaux d'origine naturelle et/ou anthropique
(changements climatiques, déforestation, etc.) sur les débits
saisonniers.
Le principal objectif de cette étude est de proposer une
classification quantitative des régimes hydrologiques saisonniers
en Afrique afin de pouvoir répondre en partie à ces critiques. Elle
repose sur l'hypothèse suivante : l'utilisation de toutes les
caractéristiques des débits dans la classification et la
caractérisation des régimes hydrologiques saisonniers permet de
mettre en évidence l'influence des principaux facteurs sur
leur variabilité spatiale et de fournir des indices quantitatifs
potentiels pour suivre les changements environnementaux.
Il est utile de préciser que cette classification n'a pas pour
finalité de fournir des outils pour l'estimation des débits sur des
sites non jaugés ou partiellement jaugés. Ainsi, elle s'inscrit
dans le cadre de la régionalisation écogéographique telle qu'elle a
été définie et développée par Assani et al. [5]. Cette
approche nous a permis de distinguer différents types de régimes
hydrologiques saisonniers qui reflètent l'influence des facteurs
climatiques et physiographiques sur l'écoulement en Afrique.
Méthodologie
Sources de données
Les données de débits mensuels proviennent du Global Runoff Data
Center (GRDC) basé en Allemagne. Pour chaque station hydrologique,
cette base de données fournit les informations suivantes : numéro
de la station attribuée par GRDC, nom du cours d'eau, nom du pays
et coordonnées géographiques de la station ainsi que les différents
types de données des débits disponibles (données journalières et/ou
données moyennes mensuelles) et la nature de l'écoulement (naturel
ou régularisé). Dans le cadre de ce travail, nous avons retenu
seulement les stations qui avaient au moins 20 ans de mesure
continue des débits entre 1970 et 2000. Le choix de
cette période se justifiait par le changement de la pluviométrie
observé dans une grande partie de l'Afrique vers 1970 [6, 7].
Ce changement rendait la plupart des séries
hydropluviométriques non stationnaires dans la région sahélienne en
particulier. En définitive, nous avons retenu 203 stations
dont l'écoulement est naturel ou peu influencé par les activités
anthropiques (figure 1).
La répartition des stations n'est pas homogène dans l'espace
en raison de l'absence de données dans de nombreux pays. Cette
absence affecte particulièrement l'Afrique centrale, l'Afrique
sahélienne et la partie nord de l'Afrique australe ainsi que
l'Afrique orientale. Quoi qu'il en soit, les stations retenues sont
localisées dans les principales zones climatiques de l'Afrique.
Choix des variables hydrologiques
Jusqu'à présent, le choix des variables hydrologiques pour
classifier les régimes hydrologiques saisonniers reste arbitraire
car il n'est encore fondé sur aucun concept scientifique. Ainsi,
certaines classifications sont fondées uniquement sur les volumes
d'écoulement (parfois transformés en indices) des débits mensuels
(coefficients mensuels des débits). D'autres tiennent aussi compte
de la période d'occurrence des débits moyens mensuels maximums et
minimums.
Cependant, pour éviter ce choix arbitraire des variables
hydrologiques, nous avons préconisé d'appliquer le concept
écologique de « régime des débits naturels » [8, 9], développé
durant la décennie 1990 en écologie aquatique. En effet, selon ce
concept, les débits d'un cours d'eau peuvent être décomposés en
cinq caractéristiques fondamentales : la magnitude (volume
d'écoulement ou quantité d'eau dans le chenal), la fréquence, la
période d'occurrence, la durée et la variabilité (variation
temporelle des débits). Étant définie comme une propriété
intrinsèque du débit, chaque caractéristique joue un rôle précis
dans le fonctionnement des écosystèmes fluviaux. Elle peut être
spécifiée par de nombreuses variables hydrologiques qui sont des
variables statistiques calculées à partir des séries hydrologiques
(ensemble des mesures de débits à une échelle temporelle donnée)
[5]. Pour déterminer les facteurs de la variabilité
spatio-temporelle des débits à une échelle donnée, il faut tenir
compte de toutes les caractéristiques des débits à cette échelle
[10]. Cependant, le nombre des caractéristiques dépend de l'échelle
d'analyse [10]. À l'échelle saisonnière, on ne peut définir que les
quatre caractéristiques suivantes : magnitude, fréquence, période
d'occurrence des débits moyens mensuels maximums et minimums et
variabilité de la magnitude. Toutefois, Assani et al. [10] ont
démontré que la magnitude et la fréquence sont corrélées et peuvent
donc être définies par les mêmes variables hydrologiques.
Finalement, ces quatre caractéristiques ont été définies au
moyen de 16 variables hydrologiques (tableau 1) :
- – les variables relatives au volume d'écoulement
(magnitude) des débits mensuels et saisonniers : HIV, PRI, ETE,
AUT, MAM et MIM. Afin de réduire la dimension de la matrice des
données à analyser, nous avons préféré grouper les mois en saisons.
Les douze mois ont été regroupés en quatre saisons classiques
: hiver (HIV), printemps (PRI), été (ETE) et automne (AUT). Par
ailleurs, ces variables sont exprimées en pourcentage par rapport
au débit annuel total. Cette transformation permet une meilleure
comparaison des données de bassins-versants de différentes tailles
;
- – les variables qui caractérisent les mois d'occurrence
des débits mensuels moyens maximums et minimums : DMAM et DMIM.
Pour inclure ces deux variables dans l'analyse, nous avons attribué
une cote à chaque mois : 1 pour le mois de janvier et
12 pour le mois de décembre ;
- – les variables qui caractérisent la variabilité
intersaisonnière des débits : PRI/HIV, PRI/ETE, ETE/HIV, AUT/ETE,
AUT/HIV, CI et CV. Ces 7 variables définissent le
caractère « contrasté » et « pondéré » du cycle annuel des débits.
La variable CI (coefficient d'immodération) – le rapport entre
MAM et MIM – permet de définir la notion de « pondération ou
d'immodération ». Elle mesure l'amplitude de fluctuations du niveau
d'eau à l'échelle annuelle. En d'autres termes, la pondération ou
l'immodération mesure l'écart entre les débits extrêmes
mensuels. Quant à la variable CV, elle définit la notion de «
contraste » d'un régime hydrologique. Un régime hydrologique est
dit « contrasté », s'il est caractérisé par une forte variabilité
des débits d'un mois à l'autre à l'échelle annuelle (variabilité
intra-annuelle). Ces deux variables sont importantes en
écologie aquatique. Ainsi, Fleming a pu démontrer qu'en Colombie
Britannique notamment, la répartition par espèces des poissons est
influencée par la pondération et le contraste des régimes
hydrologiques [11]. Les rivières à régime glaciaire avaient
moins d'espèces que les rivières à régime nival, plus contrasté
mais moins pondéré. Mentionnons que les valeurs de la variable CI
furent transformées en logarithme afin de les normaliser ;
- – enfin, la dernière variable « nombre des mois sans
écoulement mesurable ou débit nul à la station » (MSE) permet de
décrire le caractère temporaire ou permanent de l'écoulement. Cet
aspect est très important en écologie aquatique car il donne une
indication précieuse sur la durée de l'interruption temporaire des
cycles des organismes aquatiques dans un cours d'eau.
Il convient de noter que le concept de « régime des débits
naturels » met l'accent sur les caractéristiques des débits et non
sur les variables hydrologiques qui les définissent. Par
conséquent, la classification que nous proposons tient compte de
toutes les caractéristiques des débits qu'on peut définir à
l'échelle saisonnière. Par ailleurs, comme il existe un décalage
des saisons entre les deux hémisphères, nous avons au préalable
éliminé l'effet de ce décalage en faisant correspondre les mêmes
saisons de deux hémisphères. Ainsi, l'hiver boréal (janvier-mars)
va correspondre à l'hiver austral (juillet-septembre), le printemps
boréal (avril-juin) au printemps austral (octobre-décembre), l'été
boréal (juillet-septembre) à l'été austral (janvier-mars), ainsi de
suite. De même, nous avons fait correspondre aussi les
rapports saisonniers des débits.
Tableau 1 Variables hydrologiques saisonnières
et mensuelles utilisées pour classifier les régimes
hydrologiques naturels.
|
Sigle
|
Signification
|
Mode de calcul
|
|
HIV
|
Coefficient saisonnier des débits hivernaux (en %)
|
Le rapport entre les débits hivernaux et le débit
annuel total
|
|
PRI
|
Coefficient saisonnier des débits printaniers (en %)
|
Le rapport entre les débits printaniers et le débit
annuel total
|
|
ETE
|
Coefficient saisonnier des débits estivaux (en %)
|
Le rapport entre les débits estivaux et le débit
annuel total
|
|
AUT
|
Coefficients automnaux saisonniers des débits (en %)
|
Le rapport entre les débits saisonniers automnaux
et le débit annuel total
|
|
PRI/HIV
|
Rapport entre PRI et HIV
|
|
|
PRI/ETE
|
Rapport entre PRI et ETE
|
|
|
ETE/HIV
|
Rapport entre ETE et HIV
|
|
|
AUT/ETE
|
Rapport entre AUT et ETE
|
|
|
AUT/JM
|
Rapport entre AUT et HIV
|
|
|
CV
|
Coefficient de variation
|
Rapport entre l'écart type et la moyenne de douze
débits moyens mensuels (en %)
|
|
MAM
|
Coefficient mensuel du débit moyen mensuel maximum
|
Le rapport entre le débit mensuel maximum
et le débit annuel total
|
|
MIM
|
Coefficient mensuel du débit moyen mensuel minimum
|
Le rapport entre le débit mensuel minimum
et le débit annuel total
|
|
CI
|
Coefficient d'immodération mensuel
|
Le rapport entre les débits mensuels maximums (MAM)
et minimums (MIM)
|
|
DMAM
|
Jour julien moyen du débit mensuel maximum
|
La moyenne des jours juliens correspondant à la date
médiane du débit moyen mensuel maximum
|
|
DMIM
|
Jour julien moyen du débit mensuel minimum
|
La moyenne des jours juliens correspondant à la date
médiane du débit moyen mensuel minimum
|
|
MSE
|
État de l'écoulement (permanent ou temporaire)
|
Nombre de mois durant lesquels les débits sont nuls
|
Analyse statistique des données
L'analyse statistique a été effectuée en deux étapes :
- – la première étape a consisté à regrouper les stations
analysées en régimes hydrologiques saisonniers sur la base des
16 variables hydrologiques. Il existe une panoplie des
méthodes de classification des régimes hydrologiques. Mais en
tenant compte du nombre élevé des variables hydrologiques
analysées, nous avons choisi la méthode de classification
hiérarchique ascendante de Ward. Elle possède l'avantage de
rechercher à chaque étape une partition telle que la variance
interne de chaque classe soit minimale et, par conséquent, la
variance entre les classes maximales [12] ;
- – enfin, à la dernière étape, pour chacune des
16 variables hydrologiques, nous avons comparé, d'abord,
simultanément les moyennes des régimes hydrologiques définis à
l'étape précédente au moyen de l'analyse de variance à un
critère de classification. Ensuite, si ces moyennes étaient
significativement différentes, nous avons appliqué le test de Tukey
[13] pour comparer les moyennes de tous les régimes mais deux à
deux (méthode d'appariement). Cette comparaison avait pour but de
valider les régimes hydrologiques définis par la méthode de
classification de Ward. Elle a permis ainsi de caractériser
quantitativement chaque régime hydrologique au moyen de
16 variables hydrologiques analysées. Ces dernières
peuvent être utilisées comme des indices pour le suivi des
changements hydrologiques induits par les changements
environnementaux.
Résultats
Après plusieurs itérations, nous avons retenu finalement
9 classes correspondant chacune à un régime hydrologique
saisonnier. L'analyse de variance a révélé que toutes les moyennes
des variables hydrologiques étaient significativement différentes
(tableau 2). Néanmoins, aucune
variable ne permet de discriminer tous les 9 régimes
hydrologiques en même temps. Le test de Tukey a été ainsi
utilisé pour discriminer les régimes hydrologiques deux à deux. Un
exemple concernant la variable CV est illustré au tableau 3. Les valeurs de cette variable
ne sont pas significativement différentes pour les régimes
A et H ; B et G, B et I ; G et I. Cet exemple justifie
l'utilisation de nombreuses variables hydrologiques pour pouvoir
mieux différencier et caractériser les régimes hydrologiques.
Les moyennes, et leurs écarts types, de 16 variables
hydrologiques analysées sont consignés dans le tableau 4 :
- – le régime A est caractérisé par un écoulement
relativement abondant toute l'année. En effet, les coefficients
d'écoulement saisonniers dépassent 20 % durant les quatre saisons
(figure 2A). Ainsi, le
régime est peu contrasté et modéré. Les débits maximums
peuvent survenir aussi bien en été qu'en automne hémisphérique.
Ce régime caractérise principalement les régions très
pluvieuses des bassins des fleuves Congo et Nil (en amont du
barrage d'Assouan au Soudan) et du golfe de Guinée (zone des
moussons). Il est aussi observé sur les Hauts Plateaux de
l'Afrique orientale et sur l'île de Madagascar (figure 3). C'est le
régime typique du climat équatorial et de Hauts Plateaux bien
arrosés durant toute l'année ;
- – le régime hydrologique B est principalement
caractérisé par une baisse relativement importante des débits en
hiver hémisphérique en raison d'une récession pluviométrique
marquée (figure 2B). Les
débits maximums mensuels surviennent exclusivement en été.
La variabilité des débits à l'échelle annuelle devient plus
importante que dans le régime précédent. Le régime B est
observé exclusivement dans la région tropicale humide de
l'hémisphère sud (figure 3) ;
- – en régime C, les débits maximums surviennent en
automne et les débits minimums, au printemps. Deux saisons (hiver
et printemps) ont des valeurs de coefficients d'écoulement
inférieures à 10 %. Cela dénote l'existence de deux saisons, l'une
de pluies et l'autre sèche, bien tranchées. Ce régime est
observé exclusivement dans l'hémisphère nord sur des grands cours
d'eau comme l'Oubangi, le principal affluent du fleuve Congo dans
la cuvette centrale (figure 2C) ;
- – le régime hydrologique D est le plus répandu en
Afrique dans les deux hémisphères. Il se distingue
fondamentalement du régime C par l'occurrence des débits maximums
en été (figure 2D).
Il caractérise le climat tropical avec trois à cinq mois de
saison sèche ;
- – les régimes hydrologiques E et F sont caractérisés par
une forte concentration de l'écoulement en été (figures 2E et 2F).
La valeur du coefficient d'écoulement estival dépasse 60 %.
Il en résulte une très forte variabilité intermensuelle des
débits. Ce sont les deux régimes les plus contrastés de
l'Afrique. L'écoulement automnal du régime E est plus abondant que
celui du régime F. Cette différence s'explique par la durée de la
saison sèche et l'occurrence des mois sans écoulement.
Ces deux régimes sont caractéristiques du climat tropical sec
avec une saison sèche qui dure plus de 5 mois ;
- – en régime hydrologique G, l'écoulement devient
relativement abondant en automne et en hiver en raison du long
parcours de l'eau provenant des régions
pluvieuses situées à la tête du bassin-versant. Ce régime
hydrologique est observé exclusivement sur le fleuve Niger dans la
région sahélienne (figure 2G).
- – le régime H est le second régime en Afrique
caractérisé par un écoulement relativement abondant durant toute
l'année. En effet, les valeurs des coefficients d'écoulement
saisonniers sont supérieures à 10 % durant les quatre saisons
(figure 2H).
Le régime devient ainsi pondéré et peu contrasté. On l'observe
quasi exclusivement sur les Hauts Plateaux de l'Afrique australe.
La hausse des débits en hiver serait associée aux
précipitations d'origine orographique. Le caractère tropical
du régime est souligné par un écoulement relativement abondant en
été austral ;
- – enfin, le régime I est le régime typiquement
méditerranéen avec un écoulement très abondant en hiver mais très
faible en été (figure 2I). On
l'observe dans les régions septentrionale et australe de l'Afrique.
Lorsqu'on quitte la zone tropicale, la dynamique pluviométrique
change. L'influence des alizés sur la pluviométrie s'estompe au
profit de celle des vents d'ouest. Ceux-ci apportent ainsi des
fortes précipitations en hiver hémisphérique. L'été devient une
saison sèche.
Tableau 2 Comparaison des moyennes
des variables hydrologiques de 9 régimes hydrologiques
obtenus par la méthode de classification
hiérarchique ascendante de Ward.
|
Variables
|
F
|
Variables
|
F
|
Variables
|
F
|
Variables
|
F
|
|
HIV
|
198,62
|
PRI/HIV
|
11,79
|
AUT/HIV
|
51,36
|
MSE
|
79,85
|
|
PRI
|
60,64
|
PRI/ETE
|
31,13
|
CV
|
67,01
|
DMAM
|
119
|
|
ETE
|
191,61
|
ETE/HIV
|
103,62
|
MAM
|
14,92
|
DMIM
|
81,26
|
|
AUT
|
128,87
|
AUT/ETE
|
34,45
|
MIM
|
6,23
|
CI
|
7,98
|
Tableau 3 « p-valeurs » obtenues avec le test
de Tukey en comparant les régimes hydrologiques deux
à deux (méthode d'appariement). Exemple
de la variable CV.
|
A
|
B
|
C
|
D
|
E
|
F
|
G
|
H
|
I
|
|
A
|
1
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
B
|
0,000
|
1
|
|
|
|
|
|
|
|
|
C
|
0,000
|
0,010
|
1
|
|
|
|
|
|
|
|
D
|
0,000
|
0,000
|
0,998
|
1
|
|
|
|
|
|
|
E
|
0,000
|
0,000
|
0,027
|
0,015
|
1
|
|
|
|
|
|
F
|
0,000
|
0,000
|
0,000
|
0,000
|
0,000
|
1
|
|
|
|
|
G
|
0,001
|
1,000
|
0,197
|
0,019
|
0,000
|
0,000
|
1
|
|
|
|
H
|
1,000
|
0,000
|
0,000
|
0,000
|
0,000
|
0,000
|
0,000
|
1
|
|
|
I
|
0,000
|
1,000
|
0,013
|
0,000
|
0,000
|
0,000
|
1,000
|
0,002
|
1
|
Tableau 4 Caractéristiques des régimes
hydrologiques saisonniers en Afrique.
|
Variables
|
A
|
B
|
C
|
D
|
E
|
F
|
G
|
H
|
I
|
|
HIV
|
15,1±5,2
|
6,1±2,3
|
5,6±3,25
|
4,3±2,3
|
2,1±1,4
|
0,1±0,01
|
25,6±6,1
|
19,1±8,1
|
50,3±10,9
|
|
PRIN
|
19,5±6,5
|
22,6±6,4
|
3,1±3,3
|
5,1±3,5
|
9,8±7,7
|
2,7±2,2
|
1,9±1,4
|
19,3±2,5
|
29,2±10,1
|
|
ETE
|
34,5±10,1
|
56.4±6.7
|
39±6
|
53,2±7,6
|
70,3±6
|
91,8±4,9
|
19,1±5,8
|
37,8±12,3
|
6,3±5,4
|
|
AUT
|
30,8±8,5
|
14,9±4,4
|
52,3±3,9
|
37,4±4,3
|
17,7±6,8
|
5,4±4,8
|
53,5±6,7
|
23,9±7,1
|
14,1±3,3
|
|
PRIN/HIV
|
1,4±0,52
|
4,3±2,7
|
0,53±0,4
|
1,5±2,2
|
20,7±51,2
|
28,4±22,5
|
0,07±0,04
|
1,2±0,51
|
0,6±0,5
|
|
PRIN/ETE
|
0,7±0,24
|
0,4±0,15
|
0,09±0,1
|
0,11±0,09
|
0,14±0,13
|
0,03±0,03
|
0,09±0,07
|
0,6±0,31
|
6,6±5,2
|
|
ETE/HIV
|
2,5±1,1
|
11,1±5,9
|
18,2±27,6
|
24±41,4
|
107,2±215
|
957±139
|
0,82±0,41
|
2,5±1,40
|
014±0,13
|
|
AUT/ETE
|
1±0,50
|
0,3±0,01
|
1,4±0,3
|
0,73±0,3
|
0,26±0,11
|
0,06±0,06
|
3,3±2,1
|
0,8±0,74
|
4,2±3,4
|
|
AUT/HIV
|
2,3±1
|
2,6±0,95
|
21,5±29,5
|
14,3±18,9
|
15,2±17
|
57,8±53
|
2,2±0,7
|
1,4±0,5
|
0,3±0,1
|
|
CV
|
52,4±19,6
|
89,2±16,8
|
113,±19,8
|
117,3±21,9
|
132,5±17,5
|
184±22,9
|
89,9±14,1
|
55±19,8
|
87,3±21,1
|
|
MAM
|
0,16±0,04
|
0,2±0,07
|
0,20±0,1
|
0,3±0,06
|
0,3±0,07
|
0,5±0,07
|
0,3±0,3
|
0,2±0,07
|
0,22±0,04
|
|
MIM
|
0,04±0,01
|
0,02±0,05
|
0,01±0,02
|
0,09±0,09
|
0,16±0,35
|
0
|
0,14±0,4
|
0,05±0,04
|
0,01±0,01
|
|
DMAM*
|
Été, automne
|
Été
|
Automne
|
Automne
|
Été
|
Été
|
Automne
|
Été, automne
|
Hiver
|
|
DMIM*
|
Hiver
|
Hiver
|
Printemps
|
Hiver, printemps
|
Hiver, printemps
|
Hiver, printemps
|
Hiver, printemps
|
Été
|
Été, automne
|
|
NMS
|
0
|
0
|
0
|
0
|
0,4±1
|
6±2
|
5,5±2,22
|
0
|
0
|
|
CI
|
0,6±0,25
|
1±0,59
|
1,3±0,43
|
1,1±0,62
|
1,3±1,2
|
-
|
-
|
0,5±0,4
|
0,5±0,30
|
Conclusion
L'application du concept de « régime des débits naturels » nous a
permis de classifier et de caractériser les régimes hydrologiques
saisonniers de l'Afrique au moyen de nombreuses variables
hydrologiques qui définissent toutes les caractéristiques
fondamentales des débits aux échelles saisonnières. Les neuf
régimes hydrologiques qui découlent de cette application reflètent
la variabilité spatiale des régimes pluviométriques en Afrique
d'une part, et l'influence du relief sur cette pluviométrie,
d'autre part. De plus, ces régimes ont été caractérisés par
des variables hydrologiques qui peuvent être utilisées comme outils
potentiels de suivi des impacts des changements environnementaux
induits par le réchauffement global et/ou les activités
anthropiques (déforestation, urbanisation, etc.) sur
l'écoulement saisonnier.
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