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Science et changements planétaires / Sécheresse
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Cartographie des zones vulnérables à la pollution agricole par la méthode DRASTIC couplée à un Système d'information géographique (SIG) : cas de la nappe phréatique de Chaffar (sud de Sfax, Tunisie)


Science et changements planétaires / Sécheresse. Volume 21, Numéro 2, 131-46, avril-mai-juin 2010, Article de recherche

DOI : 10.1684/sec.2010.0246

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Habib Smida, Chokri Abdellaoui, Moncef Zairi, Hamed Ben Dhia , École nationale d'ingénieurs de Sfax (Enis) Département de Géologie Laboratoire de recherche Eau, Énergie et Environnement (LR3E) BP 3038 Sfax Tunisie.

Résumé : La détermination de la vulnérabilité dans les régions affectées par la pollution de nature anthropique est un élément très important pour la gestion des ressources en eau. En effet, les cartes de vulnérabilité des aquifères sont des outils standards pour contribuer à la protection des ressources hydriques souterraines contre une éventuelle pollution. Elles sont précieuses pour toute décision future. Les planificateurs et les gestionnaires d'eau peuvent décider l'allocation des terres et des activités, en prenant en compte la protection de ces ressources contre des pollutions potentielles telles que, les pesticides agricoles et les engrais chimiques. Cette étude a pour objectif de déterminer la vulnérabilité de la nappe phréatique de Chaffar (Tunisie) en appliquant la méthode DRASTIC couplée à un Système d'information géographique (SIG). Cette nappe aquifère, limitée par la mer Méditerranée dans sa frontière Sud-Est, est formée par un réservoir multicouche de nature sableuse à sabloargileuse. Les données nécessaires à cette étude se résument en sept facteurs critiques propres au modèle appliqué (profondeur de la nappe, recharge nette, lithologie de l'aquifère, type du sol, topographie (pente), lithologie de zone non saturée et conductivité hydraulique). Elles ont été acquises à plusieurs sources et converties par le SIG sous formes de cartes thématiques. Pour chaque paramètre critique, un coefficient et un poids ont été attribués d'après son importance dans le modèle DRASTIC en utilisant la méthode des « polygones de Thiessen » d'Arc View. L'indice de vulnérabilité est obtenu en additionnant les produits (coefficient * poids) des sept paramètres DRASTIC. La carte obtenue montre trois classes de vulnérabilité \; 4 % de la région de Chaffar présente une vulnérabilité forte, 48 % sont moyennement vulnérables et 48 % ont une vulnérabilité faible. Les zones les plus vulnérables de la région d'étude (zone côtière) sont caractérisées par une activité agricole importante où les concentrations de nitrate dans l'aquifère varient entre 10 mg/L et 170 mg/L. Cependant, la contamination de cette nappe d'eau par des sources urbaines est aussi possible. Cette dernière source de contamination est liée essentiellement à l'utilisation des puits perdus ou comblés (anciens puits à sec et non utilisés) comme lieux de décharge et de stockage des eaux usées (domestiques) dans les zones rurales.

Mots-clés : cartographie, eau souterraine, modélisation, pollution, système d'information géographique, Tunisie

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Habib Smida, Chokri Abdellaoui, Moncef Zairi, Hamed Ben Dhia

École nationale d'ingénieurs de Sfax (Enis) Département de Géologie Laboratoire de recherche Eau, Énergie et Environnement (LR3E) BP 3038 Sfax Tunisie

L'établissement des cartes de vulnérabilité des aquifères permet une meilleure gestion des nappes d'eau et la mise en place d'actions efficaces pour réduire ou éviter les pollutions [1]. La cartographie de la vulnérabilité des aquifères est utilisée dans plusieurs pays développés comme un outil de base pour la protection des ressources en eau [2]. Ces cartes sont très utilisées par les spécialistes de l'eau, mais aussi pour l'utilisation et la planification des terres [2].

Dans une région donnée, le risque de pollution est une combinaison de plusieurs facteurs hydrogéologiques et anthropiques en présence des sources de contamination [3]. Les nappes aquifères représentent une source d'eau importante et doivent, à ce titre, être plus protégées que les eaux de surface contre toute éventuelle source de pollution [4]. Cependant, l'eau souterraine peut être touchée dans les zones agricoles par la pollution due à l'emploi des engrais et des pesticides agricoles [5]. L'intrusion de ces polluants dans l'aquifère modifie la qualité de l'eau et réduit son usage par le consommateur [6].

L'estimation de la vulnérabilité permet de préciser les zones les plus sensibles aux activités anthropiques. Une fois identifiées, ces zones peuvent être gérées avec précaution par les planificateurs et les utilisateurs de la terre [7].

Les logiciels SIG ont des fonctionnalités cartographiques, permettant la cartographie thématique selon des représentations standardisées. La méthodologie, utilisée dans ce travail, consiste à développer un Systèmes d'informations géographiques (SIG) lié à une base de données pour la nappe phréatique de Chaffar. Les informations sémantiques et spatiales, formant les sept paramètres DRASTIC1, sont traitées avec une plate-forme multi-logiciels en deux phases :

  • élaboration d'une base de données sous Microsoft Access pour les données descriptives ;
  • digitalisation (numérisation) des cartes et élaboration d'une base de données cartographique sous Arc Info, Arc View et Arc Gis.

Ce travail a pour objectif de déterminer la vulnérabilité de la nappe phréatique de Chaffar située dans la zone côtière au sud de la ville de Sfax (figure 1). Sur une superficie de 470 kilomètres carrés, cette région est caractérisée par un climat semi-aride, avec une température annuelle moyenne de 20 °C et une précipitation annuelle moyenne de 200 mm. Elle est caractérisée par des activités économiques importantes, essentiellement agricoles. Cependant le développement de ces activités et surtout l'extension de périmètres irrigués provoquent une surexploitation des ressources en eaux souterraines. La nappe de Chaffar est un aquifère multicouche avec deux à trois niveaux réservoirs qui correspondent aux anciens lits des oueds [8]. Ces niveaux sont formés par des lentilles de sable, de gravier et de sable argileux dont l'extension horizontale et verticale est limitée [9]. L'inventaire systématique de tous les points d'eau existant dans la région de Chaffar a révélé l'existence de 1245 puits de surface et forages [10]. La carte piézométrique donne un sens d'écoulement majeur de direction NW-SE, avec une baisse continue du niveau de la nappe dans la zone côtière, due à une surexploitation, et une augmentation progressive de ce même niveau dans la région d'El Hajeb, due à l'utilisation des eaux usées pour l'irrigation. La salinité des eaux est comprise entre 1 g/L et 10 g/L. La carte de salinité montre une relation très étroite entre la perméabilité des terres utilisées, la densité du réseau hydrographique et l'intensité des précipitations [10]. La faible salinité peut être expliquée par la dilution des eaux souterraines par infiltration directe des eaux de pluie à travers les lits des oueds caractérisés par des couches à forte perméabilité [10]. Les fortes salinités sont dues à la dissolution des niveaux calcaires et argileux et à l'existence des sols salins en région côtière [11]. Les normes sanitaires fixent un seuil de potabilité pour les nitrates de 13 mg/l [5]. Cependant, dans la partie côtière de cette région, les concentrations en nitrates sont comprises entre 30 mg/L et 170 mg/L. Cette contamination est due au phénomène de retour des eaux d'irrigation liée à l'activité agricole, essentiellement les cultures maraîchères irriguées.

Méthodologie

Le terme vulnérabilité des aquifères peut donner lieu à deux interprétations :
  • la vulnérabilité intrinsèque, fondée sur les conditions physiques naturelles du milieu ;
  • la vulnérabilité spécifique, qui fait intervenir non seulement les paramètres naturels, mais également les propriétés du contaminant (sa nature, sa mise en place, etc.) et la nature des activités anthropiques [12].

Dans ce travail, on s'intéresse à l'étude de la vulnérabilité intrinsèque, qui se définit comme une propriété essentielle des systèmes aquifères qui dépend de la sensibilité des systèmes aux impacts humains et/ou naturels [13].

Actuellement, il existe plusieurs méthodes d'estimation de la vulnérabilité des eaux souterraines à la pollution. Les méthodes les plus utilisées sont résumés, d'après Civita [14], dans le tableau 1 en cinq méthodes, comme suit :

  • méthodes par relations analogiques et modèles numériques (Analogic Relation [AR]), fondées sur des lois mathématiques simples ou complexes et conseillées pour l'évaluation de la vulnérabilité des sites radioactifs ;
  • méthodes comparatives ou méthodes cartographiques (Hydrogeological Complex and Setting method [HCS]), utilisées essentiellement pour des aires d'étude très étendues. Elle prennent en considération deux à trois paramètres ;
  • méthodes des systèmes paramétriques, classées en trois systèmes de classes :
    • le système matriciel (Matrix System [MS]) : ce système, qui est adapté pour une utilisation locale, se base sur un nombre limité de paramètres, judicieusement choisis. On procède à une combinaison de groupes pour définir de façon descriptive le degré de vulnérabilité des aquifères ;
    • le système de classe ou méthode à simple pondération (Rating System [RS]) : on définit un intervalle pour chaque paramètre jugé nécessaire pour l'évaluation de la vulnérabilité, ensuite on subdivise chacun des intervalles retenus en fonction de la variabilité du paramètre en question. Le score final qui résulte de la sommation (ou multiplication) de chaque note attribuée pour les différents paramètres devrait être subdivisé par le nombre de classes retenu ;
    • le système de classes pondérées ou méthode à pondération et à poids (Point Count System Model [PCSM]) : ce groupe de méthodes est basé sur l'affectation de notes aux paramètres qui sont jugés nécessaires pour l'évaluation de la vulnérabilité des eaux souterraines en définissant des intervalles comme c'est le cas pour les autres méthodes citées auparavant. Par la suite une pondération est attribuée pour chaque paramètre selon son importance dans l'évaluation de la vulnérabilité.

La méthode utilisée dans ce travail est la méthode DRASTIC, développée par l'Agence américaine de la protection de l'environnement (Environmental Protection Agency [EPA]) et l'Association nationale des eaux des forages (National Water Well Association [NWWA]) en 1987 [42] pour étudier la vulnérabilité des eaux souterraines à la pollution. Elle fait partie du groupe des classes pondérées. C'est une méthode à cotation numérique empirique fondée sur les hypothèses suivantes [14, 45-48] :

  • le territoire d'application se situe dans un bassin-versant à relief plat et couvre une superficie supérieure à 0,4 kilomètre carré ;
  • les sources de contamination potentielles se trouvent à la surface du sol ;
  • les contaminants potentiels se propagent dans le milieu à partir de la surface et atteignent l'aquifère par infiltration avec les eaux des pluies ;
  • la nature des contaminants potentiels n'intervient pas dans le calcul de l'indice de vulnérabilité ;
  • la zone d'étude se caractérise par un climat aride à semi-aride et un milieu poreux.

Bien qu'il ne soit pas initialement conçu pour les SIG, le modèle DRASTIC repose sur une analyse spatiale classique largement répandue dans les SIG.

Indice de vulnérabilité

La méthode DRASTIC permet de déterminer le degré de vulnérabilité et le potentiel polluant des eaux souterraines [49]. C'est une méthode paramétrique qui utilise la somme des produits des sept paramètres: profondeur de la nappe, recharge nette, lithologie de la zone saturée, type du sol, topographie (pente), lithologie de la zone non saturée et conductivité hydraulique de l'aquifère [42].

Dans le SIG, chaque paramètre est noté sur une couche en lui affectant une valeur numérique correspondant à son poids, c'est-à-dire son influence sur la vulnérabilité de la nappe. Ensuite, ces couches sont superposées sur une couche résultat où sera calculé l'indice DRASTIC, ou DPI (DRASTIC Pollution Index). Les couches superposées devront évidemment avoir les mêmes caractéristiques cartographiques à savoir un même système de projection, les mêmes unités de longueur, la même étendue géographique et aussi la même résolution, car tous les calculs se feront sur une même matrice (maillage).

Le DPI ou indice de vulnérabilité est égal à la somme des produits (coefficient * poids) des sept paramètres DRASTIC selon l'équation suivante

où :

W = poids du paramètre ; R = indice ou coefficient du paramètre ; D, R, A, S, T, I, C sont les 7 paramètres DRASTIC décrits plus haut.

Les valeurs obtenues représentent une mesure de la vulnérabilité de l'aquifère. Le degré de vulnérabilité se définit de la façon suivante :

  • vulnérabilité très faible, si DPI < 80 ;
  • vulnérabilité faible, si 80 ≤ DPI < 120 ;
  • vulnérabilité moyenne, si 120 ≤ DPI < 160 ;
  • vulnérabilité forte, si 160 ≤ DPI < 185 ;
  • vulnérabilité très forte, si DPI ≥ 185.


Tableau 1 Principales méthodes et données relatives pour l'évaluation de la vulnérabilité des aquifères à la pollution [14].

Auteurs

Données de base

Méthode

Composition des apports météoriques

Inclinaison de la surface topographique

Propriétés du sol

Caractéristiques physico-chimiques

Relation réseau superficiel drainant – aquifère

Infiltration efficace

Caractéristiques hydrogéologiques de la zone non saturée

Profondeur de la nappe

Amplitude piézométrique

Caractéristiques hydrogéologiques de la zone saturée

Conductivité hydraulique de l'aquifère

Densité du réseau superficiel de drainage

Lithologie, minéralogie et texture

Rétention spécifique

Perméabilité

Albinet et Margat in BRGM. (1970) [15]

HCS

*

*

*

*

*

Vrana (1968) [16] Olmer et Rezac (1974) [17]

HCS

*

*

Fenge (1976) [18]

RS

*

*

*

*

*

*

*

Josopiat et Swerdtfeger (1979) [19]

HCS

*

*

*

*

*

Vierhuff, Wagner et Aust (1981) [20]

HCS

*

*

Zampetti (1983) [21] Fried (1987) [22]

AR

*

*

*

*

*

*

Villumsen, Jacobsen et Sonderskov (1983) [23]

RS

*

*

Haertlé (1983) [24]

MS

*

*

*

*

Vrana (1984) [25]

HCS

*

*

*

*

Subirana Asturias et Casas Ponsati (1984) [26]

HCS

*

*

*

Engelen (1985) [27]

MS

*

*

*

*

*

*

*

Zaporozec (1985) [28]

RS

*

*

*

*

*

*

*

*

*

Breeuwsma et al. (1987) [29]

HCS

*

*

*

*

Sotornikova et Vrba (1987) [30]

RS

*

*

*

*

Ostry et al. (1987) [31]

HCS

*

*

*

Ministry of the Flemish Community (1986) [32] Goossens et Van Damme (1987) [33]

MS

*

*

*

*

Carter et al. (1987) [34] Palmer (1988) [35]

MS

*

*

*

*

Marcolongo et Pretto (1987) Method. 1 [36]

RS

*

*

*

*

Marcolongo et Pretto (1987) Method. 2 [36]

AR

*

*

*

Foster (1987) [37] Foster et al. (1988) [38]

RS

*

*

*

Schmidt (1987) [39]

RS

*

*

*

*

Trojan et Perry (1988) [40]

PCSM

*

*

*

*

*

*

*

Civita et Francani (1988) [41]

HCS

*

*

*

*

*

Aller et al. (1987) [42]

PCSM

*

*

*

*

*

*

*

Civita et al. (1991) [43]

PCSM

*

*

*

*

*

*

*

*

*

De Regibus (1994) [44]

PCSM

*

*

*

*

*

*

Spatialisation des paramètres DRASTIC

Dans le domaine de SIG, les données spatiales peuvent être représentées soit en mode raster (image) ou en mode vecteur (objet). Dans ce travail, nous avons utilisé une représentation de données en mode vecteur. Les cartes sont obtenues soit par digitalisation des cartes existantes soit par interpolation de données ponctuelles.

L'interpolation est la procédure qui permet d'estimer la valeur d'une variable dans un endroit déterminé, à partir d'un certain nombre de points de mesure, pour la calculer en chaque point de la zone étudiée [50]. Plusieurs méthodes d'interpolation, déterministes et géostatistiques, sont utilisées pour la spatialisation des données ponctuelles telles que la méthode IDWA (Inverse Distance Weighted Averaging), la méthode spline (splining), la méthode de Thiessen, le krigeage et la méthode de triangulation.

Dans ce travail on a utilisé la méthode IDWA, la triangulation et la méthode de Thiessen. La méthode IDWA est une estimation par combinaison linéaire des valeurs des points connus. Elle est utilisée pour interpoler certains paramètres tels que la profondeur de la nappe, les précipitations, la lithologie de la zone saturée et non saturée, et la conductivité hydraulique, à partir des données de puits et de forages. Le splining est typiquement utilisé pour créer des isolignes à partir de données denses et régulièrement espacées, mais il n'est pas conseillé s'il y a une forte variabilité des valeurs dans une distance horizontale limitée. La méthode de Thiessen consiste à construire des polygones autour des points cibles. Chaque point représente le centre de gravité du polygone qui l'englobe. Elle est utilisée pour élaborer un maillage qui servira comme support de travail. La triangulation consiste à définir un maillage triangulaire, dont les points de mesure représentent les noeuds des triangles. Cette méthode est utilisée dans ce travail pour l'élaboration des modèles numériques de terrain (MNT) de la topographie, la pente, la profondeur de la nappe et la carte de vulnérabilité finale. Une partie des données thématiques est obtenue par digitalisation de cartes existantes telles que la carte géologique, la carte topographique et le type de sol. Le tableau 2 résume l'origine et le mode d'acquisition de chaque type de données.

Profondeur de la nappe

La profondeur de la nappe représente la distance verticale traversée par un contaminant à la surface du sol pour atteindre la nappe. Généralement, la protection potentielle de l'aquifère augmente avec la profondeur de la nappe. Ce paramètre a été obtenu par interpolation sur 100 puits. L'interpolation est faite par deux méthodes en deux phases. Dans un premier temps, on a utilisé la méthode IDWA pour obtenir des courbes d'isoprofondeurs. Par la suite, on a utilisé la méthode de triangulation pour transformer ces courbes en un MNT de profondeur de la nappe. La variabilité spatiale de la profondeur de la nappe est représentée selon sept classes allant de 6 à 46 mètres. La majeure partie de la nappe est située entre 14 et 33 mètres de profondeur. Cette profondeur représente 81 % de la superficie totale de la région. Elle est subdivisée en trois classes selon le modèle DRASTIC : 25-33 mètres : 30 % ; 18-25 mètres : 28 % ; 14-18 mètres : 24 %. Dans la zone côtière, la profondeur de la nappe est située entre 6 mètres et 14 mètres. Les coefficients de ce paramètre varient entre 1 et 10 (tableau 3).

Tableau 2 Origine et mode d'acquisition de données.

Type de données

Source

Échelle d'origine

Mode d'acquisition

Format

Utilisée pour produire

Données des puits (profondeur de la nappe et nitrates)

Inventaire de terrain

Interpolation

Access (.mdb)

D et sources de pollution

Précipitations

CRDA de Sfax

Interpolation

Access (.mdb)

R

Données de forages

CRDA de Sfax

Interpolation

Access (.mdb)

C et A

Type de sol

CRDA de Sfax

1 : 50 000

Digitalisation

Vecteur (.Shp)

S

Topographie (10 m d'équidistance)

Cartes topographiques

1 : 50 000

Digitalisation

Vecteur (.Shp)

T

Géologie de surface

Cartes géologiques

1 : 50 000

Digitalisation

Vecteur (.Shp)

I

Réseau hydrographique

Cartes topographiques

1 : 50 000

Digitalisation

Vecteur (.Shp)

Zones d'infiltration

Occupation du sol

CRDA de Sfax

Digitalisation

Vecteur (.Shp)

source de pollution



Tableau 3 Pondération des sept paramètres DRASTIC.

Paramètre

Classe

Indice

Poids

Depth to water (profondeur de la nappe en mètre)

6-8

7

5

8-11

6

11-14

5

14-18

4

18-25

3

25-33

2

> 33

1

Net Recharge (recharge nette en mm/an)

176-190

8

4

190-200

6

200-210

8

210-215

10

Aquifer media (lithologie de l'aquifère)

Sable argileux

5

3

Sable

7

Argile, sable et gravier

8

Gravier

9

Soil media (type du sol)

Zone urbaine

1

2

Sol complexe

2

sol allomorphe

3

Sol isohumique

4

Sol peu évolué

5

Sol gypseux

6

Sol calcaire brun

7

Rendzine

8

Sol minéral

9

Topography (topographie)

0-3

10

1

3-6

9

6-8

8

8-10

7

10-12

5

12-17

4

17-25

2

> 25

1

Impact of vadose zone (lithologie de la zone non saturée)

Sol salin de sebkha

1

5

Limon gypseux

3

Sables et limon

4

Croûte calcaire

5

Argile et sable

6

Dépôts sableux

7

Alluvions récentes

8

Dépôts des oueds

9

Hydraulic Conductivity (conductivité hydraulique en cm/s)

10-5–10-7

4

3

10-5-10-3

6

10-1-10-3

7

101-10-1

9

Précipitations et recharge nette

La pluviométrie moyenne annuelle dans la région de Chaffar est de l'ordre de 200 mm (moyenne interannuelle 1973-2002). Cette région est classée entre les bassins à moyenne et à forte perméabilité [9]. Pour calculer le coefficient d'infiltration on a utilisé la formule de Fersi [51], caractéristique de la Tunisie centro-méridionale. Elle est définie comme suit :

où :

i1 est le taux d'infiltration efficace pour les bassins à perméabilité moyenne (%), i2 le taux d'infiltration efficace pour les bassins à perméabilité médiocre (%)et P la précipitation moyenne interannuelle.

En se rapprochant de la formule de Fersi, on a déterminé une valeur moyenne de taux d'infiltration (i = 3,5 %) qui tient compte de la porosité et de la perméabilité des faciès lithologiques dans la totalité de la région étudiée [10].

La recharge nette représente la quantité d'eau de précipitation qui atteint l'aquifère. Le taux d'infiltration de cette fraction d'eau guide le transport des contaminants dans le sol jusqu'à la zone saturée.

Le calcul la fraction infiltrée (recharge nette) de la lame d'eau ruisselée se fait par plusieurs méthodes selon la nature de la région étudiée (karstiques, poreux…) et le type du climat qui caractérise la région (degré de précipitation et taux d'évaporation). Certains auteurs utilisent la formule :

quand la nappe aquifère est principalement rechargée par infiltration directe des précipitations en milieu poreux [7, 52].

D'autres auteurs utilisent la formule :

pour les aquifères basaltiques [53].

Dans notre cas, on a utilisé la première formule typique des milieux poreux qui coïncide avec les paramètres physiques de la région étudiée. Comme le taux d'évapotranspiration totale (ETP) et le taux d'infiltration sont considérés constants pour la totalité de la région (ETP = 194,2 mm/an et i = 3,5 %), l'indice DRASTIC et le poids de ce paramètre sont attribués aux classes de précipitation directement. La variabilité spatiale des pluies est représentée selon quatre classes de précipitations moyennes interannuelles allant de 177 mm à 219 mm. Il est à souligner que la classe dominante en termes de surface est celle de 185 mm-200 mm qui couvre 63 % de la zone d'étude (tableau 3).

Lithologie de l'aquifère (zone saturée)

Une nappe aquifère est une formation géologique, ou groupe de formations, contenant de l'eau libre, qui peut être exploitée à travers les puits ou les sources pour des usages domestiques, industriels ou agricoles. La circulation et la propagation d'un contaminant dans la zone saturée dépendent de la texture et de la lithologie des couches de l'aquifère. Cela est toujours contrôlé par la granulométrie, la porosité, la perméabilité et la lithologie des formations géologiques. Ce paramètre est obtenu par corrélation litho-stratigraphique, puis par interpolation IDWA, sur les données de forages et de piézomètres [8, 9]. La répartition spatiale des niveaux réservoir de la nappe de Chaffar montre quatre classes lithologiques – graviers, sables, sables argileux et argiles sableuses –, avec deux faciès dominants. Un faciès argilo-sableux dans la partie amont couvrant 44 % de la surface totale et un faciès sableux en aval (zone côtière) couvrant 38 % de la région d'étude. Le passage entre ces deux faciès est assuré par des niveaux sablo-argileux dans la partie centrale de la nappe (tableau 3).

Type du sol

Les caractéristiques du sol contrôlent les mouvements descendants des contaminants. En effet, la présence de matériaux fins (argiles, silts et limons) et de la matière organique dans le sol diminue la perméabilité intrinsèque, et retarde la migration des contaminants, par les processus physico-chimiques – adsorption, échange ionique, oxydation, biodégradation. Ce paramètre est extrait de la carte agricole de la région de Sfax (Commissariat régionale du développement agricole [CRDA] de Sfax) au format vecteur. La figure 2 montre la répartition spatiale des sols dans la région de Chaffar. Les types de sol sont pondérés de 1 à 10 selon le modèle DRASTIC (tableau 3).

Topographie

La topographie indique si un polluant fuira ou restera à la surface du sol pour s'infiltrer dans la nappe [54]. La couverture topographique de la région de Chaffar est obtenue par digitalisation et assemblage de quatre cartes topographiques à l'échelle 1/50 000 (feuilles de N° 105, 106, 114 et 115) en utilisant le logiciel Arc Info. Cette couverture a été transformée en un MNT en utilisant les extensions « Spatial Analyste » et « 3D l'Analyste » du logiciel Arc View Gis. Le MNT est obtenu par interpolation (triangulation) des courbes de niveau. La fonction « Slope » du logiciel Arc View permet de convertir le MNT en une carte de pente (figure 3). Ce paramètre est pondéré de 1 à 10 d'après le modèle DRASTIC (tableau 3).

Lithologie de la zone non saturée

La zone non saturée est définie comme la fraction entre la nappe et la surface du sol où les pores sont partiellement saturés en eau. La perméabilité de cette zone non saturée contrôle la circulation des polluants et leur arrivée à la nappe. La plupart des processus physicochimiques qui ont lieu dans cette zone sont influencés par son épaisseur. L'infiltration et la dispersion des contaminants sont guidées par les caractéristiques lithologiques des couches qui contrôlent leurs chemins et leurs trajectoires en subsurface. Ce paramètre est obtenu à partir de données de surface (couverture géologique) et de données de subsurface (données de forages). La couverture géologique est obtenue par digitalisation et assemblage de quatre cartes géologiques à l'échelle 1/50 000 (feuilles de N° 105, 106, 114 et 115) en utilisant le logiciel Arc Info. Cette carte montre la répartition spatiale des couches géologiques en affleurement. Les données de forages montrent la distribution, l'épaisseur et le pendage des couches géologiques en profondeur, après corrélation lithostratigraphiques. Ces deux types d'informations permettent d'avoir une carte de synthèse représentant la lithologie de la zone non saturée (figure 4). Les différentes classes obtenues sont pondérées de 1 à 9 selon le modèle DRASTIC (tableau 3).

Conductivité hydraulique

La conductivité hydraulique désigne la capacité, des formations géologiques de l'aquifère, à transmettre de l'eau. Elle contrôle la migration et la dispersion des contaminants du point d'injection, à la surface, jusqu'à la zone saturée et, par conséquent, leurs concentrations dans la nappe aquifère. La conductivité hydraulique est obtenue par affectation d'un coefficient de perméabilité pour chaque classe lithologique [55, 56]. Ce facteur est obtenu par interpolation IDWA de données de forages et de piézomètres. La variabilité spatiale de la conductivité hydraulique dans la nappe de Chaffar montre quatre classes de perméabilité, indexées d'après le modèle DRASTIC, allant de 10-7 cm/s à 10 cm/s (tableau 3). On note la présence de deux classes majeures en termes de surface. La première [10-5 cm/s – 10-7 cm/s] est en amont, couvrant 44 % de surface totale, la deuxième [10-3 cm/s – 10-5 cm/s] est en aval et couvre 38 % de la zone d'étude.

Élaboration du maillage

Le maillage consiste à subdiviser la zone d'étude en une grille régulière formée par des polygones de même forme et de même taille. Dans ce travail on a utilisé un maillage carré de 400 mètres de côté. Le choix de la maille unitaire est lié à la superficie da la zone étudiée et à la distribution spatiale de données thématique définissant les sept paramètres DRASTIC. Dans le cas des cartes à petite échelle (zone plus vaste et moins détaillée), la maille peut être d'ordre kilométrique. Le maillage développé est obtenu par interpolation en utilisant la méthode des polygones de Thiessen du logiciel Arc View Gis. Les étapes d'élaboration du maillage sont les suivantes :
  • définir les coordonnées minimales et maximales de la zone d'étude. Les limites géographiques (Lambert Tunisie) de la région de Chaffar sont :
  • projeter une grille de points (nœuds) équidistants de 400 mètres sur la totalité de la région d'étude ;
  • transformer la couverture ponctuelle en une autre polygonale (maille carrée) en utilisant l'extension « Polygone de Thiessen » d'Arc View.

La carte de vulnérabilité est obtenue par superposition et croisement de la couverture de maillage avec les cartes thématiques définissant les sept paramètres DRASTIC. Le coefficient et le poids de chaque paramètre ont été attribués selon le modèle DRASTIC (figure 5). L'indice de vulnérabilité est déterminé par calculs d'attributs sur la table attributaire du thème maillage en appliquant l'équation (1) (figure 6).

Pondération des paramètres utilisés

Les Scores ou coefficients sont attribués aux paramètres en fonction de leur contribution dans le transport des polluants vers la nappe. Le coefficient correspond à une pondération attribuée à une unité physique du terrain ou à une caractéristique hydrogéologique de l'aquifère. Ces coefficients sont des valeurs numériques classées dans un intervalle allant de 1 à 10. Les valeurs de classes sont inversement proportionnelles au temps de transfert des polluants vers la nappe. Elles commencent de la condition la plus favorable, ou vulnérabilité faible, (la valeur du score est égale à 1) jusqu'à la condition la plus critique ou vulnérabilité forte (la valeur du score est égale à 10). Dans une seconde étape, les paramètres DRASTIC ont été pondérés par une valeur numérique allant de 1 à 5 et classés, l'un par rapport aux autres, selon leur importance dans le transfert des polluants de la surface du sol jusqu'à la nappe. Cette valeur représente le poids des paramètres DRASTIC. Elle est proportionnelle au DPI et donc aux possibilités de transfert des polluants vers la zone saturée (tableau 3). Toutefois, il faut signaler que le risque de pollution est toujours possible, mais il s'agit d'une méthode comparative entre régions.

Analyse et évaluation comparative des paramètres DRASTIC

La vulnérabilité est différente de risque de pollution, qui dépend non seulement de la vulnérabilité mais aussi de l'existence significative de la charge polluante [57]. Le DPI est sans dimension. Le chiffre, ou l'ordre de grandeur, une fois donné, n'a pas de sens en lui-même. L'unité du DPI intervient lorsque l'on compare deux sites ou un site relativement à plusieurs autres sites. Le site ayant le DPI le plus grand sera considéré le plus susceptible d'une éventuelle contamination ou pollution. En effet, le poids le plus élevé (5) est attribué aux deux paramètres les plus importants (profondeur de la nappe [D] et lithologie de la zone non saturée [I]) qui contrôlent le transfert des polluants vers la nappe. Par conséquence, plus la profondeur de la nappe est faible et plus la zone non saturée est formée par des roches de plus en plus perméables (score tend vers 10), plus le temps écoulé par le polluant, pour rejoindre la nappe, est faible. Le poids 4 est attribué à la recharge nette (R) ou encore à l'intensité des pluies qui vient en deuxième lieu. Ce paramètre est de grande importance dans le transfert des polluants de la surface vers la nappe, puisqu'il joue le rôle d'agent de transport. Plus l'intensité de la pluie est forte et le coefficient d'infiltration est élevé, plus le transport des polluants vers la nappe est rapide. La conductivité hydraulique (C) et la lithologie de l'aquifère (la nappe) (A) interviennent après l'arrivée du polluant à la nappe. Elles contrôlent l'écoulement souterrain et donc la propagation latérale des polluants. Ces deux paramètres ont été pondérés par la valeur 3. Les caractéristiques minéralogiques du sol (S) contrôlent le mouvement descendant des contaminants. La taille et la minéralogie des grains de sol contrôlent la vitesse d'infiltration des substances déposées à la surface. Le poids de ce paramètre est égal à 2. La pente topographique (T) à la surface contrôle le degré d'infiltration des eaux de ruissellement, donc les polluants, vers la nappe. Elle n'agit qu'en présence des précipitations, même s'il existe une source de pollution à la surface du sol. Le poids de ce paramètre est égal à 1 (poids le plus faible).

Résultats et interprétation

Indice DRASTIC et degré de vulnérabilité

La carte de vulnérabilité, obtenue par superposition des sept paramètres DRASTIC, est dérivée de la couverture de maillage dont la maille unitaire est de 160 000 de mètres carrés. Chaque maille est définie par une valeur appropriée (attribut) qui représente l'indice DRASTIC. Cette valeur est égale à la somme des produits (indice du facteur * poids du facteur) des sept paramètres DRASTIC. Deux méthodes de représentation cartographique ont été utilisées dans ce travail pour élaborer la carte de vulnérabilité. Une représentation dite « par polygone » fondée sur la classification en intervalles des valeurs de l'indice DRASTIC (figure 7). Dans ce cas, chaque polygone carré de 160 000 mètres carrés est représenté par une même valeur d'indice DRASTIC. Pour plus de précision, on a transformé cette carte en un MNT avec interpolation par triangulation (figure 8). Ces deux cartes représentent la répartition spatiale de l'indice DRASTIC dans la nappe de Chaffar. Les deux méthodes montrent que l'indice DRASTIC calculé varie entre 84 et 172.

D'après le modèle DRASTIC, cette répartition donne trois classes de vulnérabilité : [84-120] : faible ; [120-160] : moyenne ; [160-172] : forte. Les deux cartes de vulnérabilité montrent que 4 % de la superficie totale de la région d'étude présente une vulnérabilité forte, 48 % une vulnérabilité moyenne, et que 48 % des aires sont à vulnérabilité faible.

Degré de vulnérabilité et répartition spatiale des nitrates dans la nappe

La superposition de la carte de vulnérabilité et celle des concentrations en nitrate dans la nappe permettent d'étudier la relation spatiale entre ces deux thèmes (figure 9). En effet, les zones les plus vulnérables sont caractérisées par des concentrations en nitrates très élevées ([NO3-] > 50 mg/L). Cette situation caractérise la zone côtière de la région d'étude qui présente une forte densité de puits de surface – plus de 80 % du nombre total des puits [10] – et donc une surexploitation des ressources en eau souterraine. La carte de répartition des nitrates (figure 10), élaborée par interpolation IDWA sur 300 puits de surface, montre une grande variation spatiale entre la zone côtière et le reste de la région. En effet, les fortes concentrations en nitrates (30 mg/L < [NO3-] < 170 mg/L) caractérisent la région de Gargour, où l'irrigation se fait par des moyens traditionnels (épandage et conduite), et la région d'El Hajeb, où l'irrigation se fait par les eaux usées traitées. Ces zones peuvent être considérées comme des zones à risque. L'utilisation des moyens modernes dans l'irrigation, tels que le système « gouttes à gouttes » et l'aspersion, réduit la contamination de la nappe par ce polluant (nitrates). Cela est très remarquable dans les régions de Chaffar et Bouakkazine, malgré le grand nombre de puits et l'importante activité agricole (première zone agricole dans le gouvernorat de Sfax).

Degré de vulnérabilité et origines de pollution de la nappe

La carte d'occupation du sol montre que la région de Chaffar est une zone purement agricole (figure 11). En effet l'analyse statistique montre que 3,6 % de la surface totale sont occupés par des zones urbaines, 7 % par des salines, 0,5 % par des sebkhas et 0,5 % par des sols nus. Le reste de la région consiste en terres agricoles : 47 % cultures fourragères irriguées, 3 % céréales, 19 % vergers, 2,6 % de parcours, 12 % d'oliviers, 4,5 % de forêts et 0,5 % de cultures maraîchères irriguées. Pour étudier la relation entre la vulnérabilité de la nappe de Chaffar et l'usage des terres dans cette région, on a superposé la carte d'occupation du sol et la carte de vulnérabilité. La carte thématique résultante de cette superposition (figure 11) montre que les aires les plus vulnérables coïncident avec les zones agricoles et surtout celles qui sont occupées par les champs irrigués. Cette activité agricole est souvent liée à une utilisation excessive de pesticides et des engrais chimiques, essentiellement les nitrates. En effet, les zones occupées par les cultures irriguées sont caractérisées par des fortes concentrations en nitrates dans la nappe ([NO3-] > 50 mg/L). Par retour des eaux d'irrigation, ces substances chimiques se réinfiltrent avec les eaux, entraînant une contamination de la nappe [10].

Conclusion

Le SIG représente un outil intéressant dans l'étude de l'environnement et la modélisation spatiale des phénomènes naturels [58]. En effet, cet outil informatique facilite l'analyse et le traitement des grandes masses de données spatiales.

La vulnérabilité de la nappe de Chaffar a été évaluée avec le modèle DRASTIC. À travers ce travail, on a montré l'intérêt de l'usage combiné du modèle DRASTIC et de SIG pour délimiter les zones à risque dans cet aquifère pour une meilleure gestion des ressources en eau.

Les cartes thématiques élaborées par les logiciels SIG (Arc View, Arc Info et autres), peuvent être utilisées comme des supports numériques d'analyse de risques et des outils d'aide à la décision. Dans cette étude, l'indice empirique du modèle DRASTIC a été utilisé pour déterminer la vulnérabilité de la nappe phréatique de Chaffar. Sept paramètres DRASTIC – profondeur de la nappe, recharge nette, lithologie de la zone saturée, type de sol, pente topographique, lithologie de la zone non saturée et conductivité hydraulique – ont été utilisés pour calculer la sensibilité à la pollution ou la vulnérabilité de cette nappe dans un environnement SIG.

L'indice DRASTIC calculé varie entre 84 et 172. Cet écart de variation permet de classer la vulnérabilité en trois classes : faible, moyenne et forte. La répartition spatiale montre que 4 % de la région d'étude (zone côtière) présente une vulnérabilité forte ; les zones à faible et à moyenne vulnérabilité occupent chacune 48 % de la superficie totale. Le nitrate représente la principale source de pollution de cette nappe, influencé par le retour des eaux d'irrigation dans les régions de Gargour et d'El Hajeb. Cependant, des faibles concentrations en nitrate dans des régions irriguées sont enregistrées au voisinage d'oued Chaffar. Cela est dû à la dilution par infiltration directe des eaux de pluie et à l'utilisation des moyens d'irrigation économiques et modernes.

Pour mieux exploiter ce support (carte de vulnérabilité), des études plus détaillées sur les conditions locales, dans cette région, sont nécessaires, pour les planificateurs et les décideurs, pour comprendre les mécanismes de contamination et de recharge de cette nappe.

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1 DRASTIC : Depth to water, net Recharge, Aquifer media, Soil media, Topography (Slope), Impact of the vadose zone media, and the hydraulic Conductivity of the aquifer.


 

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