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Science et changements planétaires / Sécheresse
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Interaction entre érosions hydrique et éolienne sur sols sableux pâturés au Sahel : cas du bassin-versant de Katchari au nord du Burkina Faso


Science et changements planétaires / Sécheresse. Volume 20, Numéro 1, 131-8, janvier-février-mars 2009 : Eau et zones arides, Article de recherche

Article gratuit   Summary  

Auteur(s) : Jean-Louis Rajot, Harouna Karambiri, Olivier Ribolzi, Olivier Planchon, Jean-Pierre Thiebaux

Résumé : Au Sahel, les sols sableux sont largement répandus et supportent non seulement l’essentiel de la production de mil, la principale culture vivrière, mais aussi l’essentiel de la production fourragère. Ils se développent sur des voiles sableux, voire de véritables dunes d’origine éolienne qui se sont mises en place au cours de périodes arides. Ils sont donc particulièrement sensibles à l’érosion éolienne. Leur faible teneur en argile est cependant suffisante pour permettre la formation de croûtes superficielles au cours des pluies qui entraînent le ruissellement et l’érosion hydrique. Les lignes de grains, événements convectifs de mésoéchelle, qui produisent l’essentiel de la pluie au Sahel, sont très souvent précédées de vents extrêmement violents. L’érosion hydrique et l’érosion éolienne sont ainsi étroitement associées aussi bien dans le temps que dans l’espace. Malgré cela, elles sont très rarement étudiées simultanément. De telles mesures d’érosion ont été effectuées, pendant deux années consécutives (2001 et 2002), sur un petit bassin-versant pâturé (1,4 ha), typique de la zone sahélienne, situé à Katchari au nord du Burkina Faso, avec 500 mm de pluies annuelles. L’érosion éolienne se produit essentiellement au début de la saison des pluies, lorsque la couverture des sols par les plantes annuelles est minimale, de mai à mi-juillet, avant la croissance de la végétation. La dynamique éolienne est exactement la même sur ces sols non cultivés que sur les champs de mil étudiés dans d’autres régions du Sahel. L’érosion hydrique se produit pendant toute la saison des pluies, mais l’essentiel de la perte en terre annuelle intervient au cours de quelques événements particulièrement intenses. C’est le vent qui produit les flux de sédiments les plus importants. Ces flux entraînent soit une érosion (jusqu’à 20 Mg/ha par an), soit un dépôt de sédiments (jusqu’à 30 Mg/ha par an) selon l’endroit où ils se produisent dans le bassin-versant. L’érosion hydrique est d’un ordre de grandeur plus faible que l’érosion éolienne. Elle est plus intense où l’érosion éolienne est la plus forte. Ainsi, les mêmes surfaces sont érodées à la fois par le vent et par l’eau. À l’inverse, les zones où on observe un dépôt de sédiments par le vent ruissellent très peu et ne produisent quasi pas d’érosion hydrique. Ces zones correspondent à des îlots de fertilité où se développe la végétation. À l’issue de cette étude, il n’y a pas globalement de dégradation des sols à l’échelle du bassin-versant, mais une intense dynamique éolienne et hydrique qui entretient une très forte variabilité spatiale typique des environnements sahéliens.

Mots-clés : érosion éolienne, érosion hydrique, Sahel

 

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