ARTICLE
Auteur(s) : Hind
Meddi, Mohamed Meddi
Laboratoire de recherche eau, roche et plante Centre
universitaire de Khemis Miliana 44225 Khemis Miliana
Algérie
Depuis plus de 20 ans, le Nord-Ouest algérien ainsi que le
centre subissent des déficits pluviométriques importants qui se
traduisent par des sécheresses sévères. Cela affecte sérieusement
les ressources en eau du point de vue qualitatif et
quantitatif.
Pour réaliser cette étude, un grand nombre de postes
pluviométriques a été retenu afin de constituer une base de données
annuelle la plus complète et la plus représentative possible de la
zone d’étude. Ainsi, 26 postes ont été retenus disposant de séries
chronologiques suffisantes pour permettre une étude de tendance du
régime pluviométrique. Nous avons utilisé de nombreux tests
statistiques de rupture dans la stationnarité ainsi que le test sur
les tendances séquentielles pour rendre compte de l’évolution
temporelle et spatiale du régime pluviométrique.
La persistance de la sécheresse sera étudiée en utilisant la
méthode des chaînes de Markov.
Présentation de la région d’étude
La zone étudiée s’étend sur 89 420 km2 environ.
Elle est située entre 2°10’10" ouest et 3°10’11" est de longitude
et entre 34°18’54" et 36°48′12" de latitude nord (figure 1).
Elle s’allonge sur 250 km du sud au nord et sur environ
500 km de l’ouest à l’est. La partie littorale est
caractérisée par un climat doux, une humidité relativement élevée
et une pluviométrie annuelle qui varie de 400 mm à l’ouest à
900 mm à l’est.
Données
Choix des stations et de la période
d’étude
L’étude du climat et le suivi de son évolution nécessitent de
longues et nombreuses séries d’observations. Malheureusement, nous
ne disposons pas de séries de données parfaitement fiables ni
continues.
Celles-ci proviennent des deux organismes responsables du réseau
pluviométrique en Algérie, à savoir l’Agence nationale des
ressources hydraulique (ANRH) et l’Office nationale de météorologie
(ONM).
Les données pluviométriques disponibles sont très hétérogènes
tant du point de vue de la fiabilité des mesures que de la durée
des séries d’observation [1].
Dans ces séries de données climatiques se glissent des erreurs
qui peuvent avoir des origines multiples (erreur de lecture, erreur
de report, détarage de l’appareillage, etc.). Le manque
d’information se concentre en général durant la période 1961 à
1968. Nous différencierons :
- – les erreurs accidentelles qui se répartissent
aléatoirement dans le temps et dans l’espace ;
- – les erreurs systématiques qui affectent d’une façon
continue certaines portions des séries de mesure, aléatoirement
distribuées dans le temps et l’espace.
Au cours du traitement des données, certaines valeurs
apparaissent comme étant singulières par rapport au reste de la
série chronologique. L’existence des valeurs aberrantes peut
entraîner le climatologue à des interprétations erronées.
Il est donc indispensable de comparer tous les relevés des
stations faisant partie de la même microrégion pour s’assurer
qu’ils ne présentent pas de discordance anormale. Par exemple : en
1974, au niveau de la station de Beni Bahdel, le cumul annuel des
précipitations est particulièrement singulier (1 229,7 mm), en
faisant la comparaison avec d’autres stations avoisinantes (Chouly
: 194,5 mm ; Mefrouche : 273,4 mm), nous avons déduit que
cette valeur est une donnée extrême [2].
Nous avons essayé d’identifier un maximum de postes de mesures
répondant aux conditions suivantes :
- – information couvrant les six dernières décennies
;
- – pas de lacunes de plus de cinq années consécutives
;
- – moins de 10 % de lacunes sur la série totale à
l’échelle mensuelle.
Pour les besoins de l’étude et pour une bonne répartition
spatiale, nous avons procédé au comblement des lacunes en utilisant
la technique développée par Laborde et al. en 1998 [3].
En respectant ces contraintes, 26 postes ont été retenus pour
l’étude (tableau 1 et figure 1). Après critique
et vérification des données mensuelles et annuelles, la période
1940/1941-2003/2004 (soit 64 ans) a été retenue. Nous avons
également étudié quatre stations possédant des séries longues :
Oran Senia (1877-2003), Hamiz Barrage (1905-2003), Bouhanifia
(1926-2003) et Maghnia (1915-2003).
La série de la station d’Oran sur la période 1877 à 2003 est
composée de trois phases :
- – la première concerne les observations de la station
d’Oran Baudenes de 1877 à 1904 ;
- – la deuxième concerne les observations de la station
d’Oran port de 1904 à 1954 ;
- – la troisième concerne les observations de la station
d’Oran Senia de 1928 à 2003.
La reconstitution de la série a été faite après une correction
des séries correspondantes aux trois sites de mesures cités
précédemment. Pour les trois autres stations, nous n’avons
enregistré aucun changement de site. Les stations sont
relativement bien distribuées sur l’ensemble de l’espace étudié
(figure 1). Un
réseau extrêmement serré de points de mesure traduirait, par leur
seule altitude, fidèlement la topographie. [4].
L’analyse statistique des séries de précipitations annuelles
ainsi que toutes les recherches ont été effectuées sur les hauteurs
de pluies de l’année qui débute du premier septembre de l’année k
et finit le 31 août de l’année k + 1. Nous avons ainsi sélectionné
26 postes pluviométriques (tableau
1).
Tableau I Stations retenues dans l’étude et leurs
caractéristiques (1940-2003).
|
Station
|
Longitude (km)
|
Latitude (km)
|
Altitude (m)
|
Moyenne (mm)
|
Écart type (mm)
|
Coefficient de variation (%)
|
|
Oued Sly
|
365,20
|
312,70
|
95
|
332,7
|
106
|
32
|
|
Ammi Moussa
|
357,40
|
286,15
|
140
|
370,9
|
110
|
30
|
|
Kenanda Ferme
|
330,15
|
262,60
|
590
|
396,3
|
176
|
44
|
|
Frenda
|
348,60
|
197,00
|
990
|
434,8
|
122
|
28
|
|
Hamiz Bge
|
558,55
|
367,40
|
130
|
752,3
|
213
|
28
|
|
Dar El Beida
|
549,72
|
380,32
|
25
|
655,0
|
180,8
|
28
|
|
Tamazourah
|
195,45
|
239,90
|
189
|
421,8
|
130
|
31
|
|
Tessala
|
184,50
|
222,05
|
577
|
488,0
|
213
|
43
|
|
Aouf
|
287,15
|
211,80
|
990
|
555,4
|
176
|
32
|
|
Khalouia
|
282,15
|
243,10
|
550
|
433,3
|
127
|
29
|
|
Bouhanifia Bge
|
249,00
|
223,6
|
295
|
310,6
|
89
|
29
|
|
Mohammadia GRHA
|
262,10
|
257,00
|
550
|
338,7
|
92
|
27
|
|
Maghnia
|
95,00
|
181,35
|
395
|
366,1
|
130
|
35
|
|
Oran Senia
|
200,80
|
266,15
|
90
|
368,1
|
112
|
30
|
|
Ghazaouet
|
86,10
|
210,60
|
80
|
359,8
|
111
|
31
|
|
Mehdia
|
413,90
|
237,35
|
903
|
372,7
|
104
|
28
|
|
Medea
|
506,80
|
329,15
|
900
|
755,1
|
174
|
23
|
|
Ain Fekane
|
255,60
|
217,20
|
445
|
349,3
|
122
|
35
|
|
Zoubiria Mongorno
|
513,50
|
312,80
|
1 000
|
521,0
|
137
|
26
|
|
Beni Bahdel Bge
|
115,20
|
165,50
|
650
|
490,3
|
142
|
29
|
|
Stidia
|
256,25
|
284,75
|
41
|
353,7
|
120
|
34
|
|
Tenes
|
376,80
|
359,00
|
5
|
532,1
|
162
|
31
|
|
Sougueur
|
390,55
|
210,75
|
1 120
|
367,6
|
112
|
30,4
|
|
Sidi Hosni
|
392,95
|
242,05
|
790
|
357,2
|
135
|
38
|
|
Ghrib Barrage
|
487,25
|
318,40
|
460
|
495,7
|
125,9
|
25,4
|
|
Sidi bel Abbess
|
194,00
|
216,00
|
485
|
342,6
|
94,9
|
27,7
|
|
Oran Senia (1877-2003)
|
200,80
|
266,15
|
90
|
380,7
|
119,3
|
31,3
|
|
Maghnia (1915-2003)
|
95,00
|
181,35
|
395
|
398,1
|
143,9
|
36,1
|
|
Hamiz Bge (1905-203)
|
558,55
|
367,40
|
130
|
779,1
|
203,4
|
26,1
|
|
Bouhanifia (1926-2003)
|
249,00
|
223,60
|
295
|
321,8
|
92,3
|
28,7
|
Climat et variabilité pluviométrique
Le nord-ouest de l’Algérie est situé en latitude à l’abri de la
dorsale du moyen Atlas-Rif du Maroc. Le relief très accidenté
de la région d’étude constitue de nombreux abris aux influences de
la mer [5]. Ces deux facteurs ont un effet direct sur la
variabilité spatiale de la pluviométrie ainsi que sur la réduction
des précipitations dans la zone. Les vents sont de direction
W-NW en hiver, et les vents d’est responsables de fortes
précipitations sont rares en cette saison. Les vents de
nord-est sont fréquents en été. Ils génèrent des pluies
faibles. La circulation atmosphérique est sous l’influence de
l’anticyclone des Açores et l’anticyclone saharien d’altitude [5].
La partie nord de l’Algérie est caractérisée par un climat
méditerranéen avec un hiver relativement froid et pluvieux et un
été chaud et sec. La pluviométrie annuelle atteint 400 mm
à l’ouest, 700 mm au centre et 1 000 mm à l’est pour le
littoral. Ce type de climat concerne également les chaînes de
l’Atlas tellien où l’on enregistre sur les sommets orientaux des
totaux variant de 800 à 1 600 mm, alors que les valeurs
s’abaissent vers le centre (700 à 1 000 mm) et vers l’ouest
(600 mm). Dans les plaines de l’Atlas tellien, la pluviométrie
varie de 500 mm à l’ouest, 450 mm au centre et
700 mm à l’est. L’Atlas saharien se distingue par un climat
très chaud et sec en été, doux en hiver avec une pluviométrie
moindre par rapport au nord du fait de son éloignement de la mer
[6, 7]. Ces moyennes pluviométriques ont été calculées sur la
base de 218 postes possédant des observations allant de 1968 à
1998. Une étude comparative [6], avec la carte de l’ANRH établie en
1993, a permis de constater une baisse en moyenne des pluies
annuelles de 13 % sur le centre et l’ouest.
La moyenne annuelle des totaux précipités varie entre
310,6 mm à la station de Bouhanifia Barrage (ouest) et
755,1 mm à la station de Medéa (centre).
Détection de ruptures et étude de tendance
au sein des séries pluviométriques
Une rupture peut être définie par un changement dans la loi de
probabilité des variables aléatoires dont les réalisations
successives déterminent les séries chronologiques étudiées.
L’acception générale, mais surtout celle des hydrologues, en ce
qui concerne les totaux annuels de précipitations, est que du point
de vue stochastique, ceux-ci peuvent être considérés comme un
processus stationnaire. La caractéristique d’indépendance
suppose que le cumul de précipitations d’une année n’est pas
dépendant du total de précipitations enregistrées l’année
précédente. La stationnarité suppose que les propriétés de
base du processus (par exemple, son niveau moyen) ne changent pas
avec le temps. Cependant, plusieurs travaux récents signalent une
situation inverse. On suppose que dans le contexte du réchauffement
global actuel, l’espérance mathématique aussi bien que la variance
de ce processus stochastique à l’échelle interannuelle ne seraient
plus indépendantes du temps au temps.
Les erreurs systématiques qui affectent d’une façon uniforme
certaines portions des séries de mesure sont dues généralement au
déplacement ou au changement d’environnement du pluviomètre pendant
la période d’observation, à la croissance d’un arbre qui fait
obstacle ou à la substitution pendant la période d’observations de
l’éprouvette de lecture du pluviomètre par une autre inadéquate qui
entraîne une forte hétérogénéité des séries pluviométriques [8].
C’est pourquoi l’objectif de ce travail est d’entreprendre une
étude statistique sur les totaux annuels de précipitations, en
utilisant les tests statistiques de Pettitt et la statistique de
Lee Héghinian. Ils sont, avec d’autres, recommandés par
l’Organisation mondiale de la météorologie [9] pour détecter les
ruptures au sein des séries temporelles. Cette démarche aidera à
voir si ces ruptures dans la stationnarité sont liées seulement à
des causes artificielles, ou si l’aléa climatique a un rôle
prépondérant.
Laborde [1], en étudiant les vecteurs régionaux (les valeurs
prises par les deux premières composantes obtenues suite à
l’application de l’analyse en composantes principales sur 120
postes pluviométriques du nord de l’Algérie) qui traduisent la part
essentielle de la variabilité spatiale et temporelle de la
diminution des moyennes pluviométriques, a mis en évidence quatre
phases pluviométriques à savoir :
- – une phase où la pluviométrie est supérieure à la
moyenne de 6 % de 1922 à 1938 ;
- – une phase sèche débutant à partir de 1939 (déficit de
l’ordre de 11 %) et s’arrêtant en 1946 à l’ouest et au centre du
pays ;
- – une phase pluvieuse qui succède à la période sèche qui
a duré jusqu’en 1972 environ ;
- – une phase à tendance négative (sèche) qui a commencé
en fin de 1973.
En ce qui concerne la dernière phase, qui perdure jusqu’à nos
jours, elle a été mise en évidence par d’autres travaux effectués
en Algérie [10-12]. Ces derniers ont été faits sur des
périodes tenant compte des années plus récentes.
Dans ce qui suit, les séries d’observations ont été étendues à
de nouvelles années de mesures pour rendre compte de l’évolution du
régime pluviométrique durant les dernières décennies.
Rupture dans les séries pluviométriques
Tendance au sein des séries pluviométriques
La détection d’une rupture dans les séries permet de mettre en
évidence l’évolution du régime pluviométrique de la région étudiée.
Cette évolution, négative ou positive, intéresse les utilisateurs
et gestionnaires des ressources hydrauliques.
Le choix des méthodes retenues repose sur la robustesse de leur
fondement et sur les conclusions d’une étude de simulation de
séries aléatoires artificiellement perturbées. Elles permettent de
détecter un changement dans la moyenne de la variable traitée dans
la série. À l’exception de l’approche de Pettitt, « elles supposent
un non-changement de la variance de la série étudiée » [13].
Ces méthodes ne sont pas toutes adaptées à la recherche de
plusieurs ruptures dans la même série. L’approche de Pettitt est
non paramétrique et dérive du test de Mann-Whitney. L’absence de
rupture dans la série (Xi) de taille n constitue
l’hypothèse nulle. La série est divisée en deux
sous-échantillons, respectivement de taille m et n.
Les valeurs des deux échantillons sont regroupées et classées
par ordre croissant. On calcule alors la somme des rangs des
éléments de chacun des deux échantillons dans l’échantillon total.
Une statistique est définie à partir des deux sommes ainsi
déterminées, et testée sous l’hypothèse nulle d’appartenance des
deux sous-échantillons à la même population. La procédure de
Lee et Heghinian fournit la probabilité que le changement se
produise au moment dans une série où on suppose a priori qu’il y a
effectivement un changement à un moment indéterminé. De même,
elle donne une estimation de la probabilité que l’amplitude du
changement ait la valeur. Pour déceler d’éventuels changements dans
le régime pluviométrique, nous avons utilisé les tests statistiques
de Pettitt et la statistique de Lee Héghinian [14-16].
Ces tests sont regroupés dans le logiciel Khronostat réalisé
par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et
l’université de Montpellier [17]. Les résultats obtenus sur
les stations étudiées sont regroupés dans le tableau 2. Il ressort que pour la
quasi-totalité des stations, une rupture (diminution de la
pluviométrie annuelle) dans les séries étudiées apparaît entre 1970
et 1980. Ces résultats confirment l’apparition d’un déficit
pluviométrique à partir de 1970, et la poursuite de celui-ci durant
les décennies 1980-1990 et 1990-2000.
La réduction la plus importante est enregistrée dans de la
région de Mascara aux stations de Bouhanifia, de Khalouia et de Ain
Fekane, avec plus de 29 % de diminution des pluies annuelles après
la date de rupture, et à l’extrême ouest à la station de Maghnia,
avec 32,7 % (régions à vocation agricole : plaines de Ghriss et de
Maghnia). À la station de Hamiz Barrage (plaine de la Mitidja), la
baisse est de 23 %, et à la station de Medéa, elle est de l’ordre
de 18 % seulement.
Pour la station d’Oran Senia (1877-2003), la date de rupture
(1976) reste identique à celle de la période d’observation allant
de 1940 à 2003. Cette date met en évidence l’effet du changement du
régime pluviométrique sur l’évolution dans le temps des pluies.
La station d’Oran Senia fonctionne sans coupure à son nouvel
emplacement depuis 1928.
En plus de l’effet probable des types d’erreur cités
précédemment, une diminution dans les totaux précipités a été
réellement observée dès la décennie 1970. Les tests utilisés
et les résultats trouvés confirment cette tendance.
Ces résultats sont en conformité avec les conclusions du
Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat de 2001 et de
2007 [18] ainsi qu’avec les conclusions du rapport régional des
Nations unies sur le changement en Afrique du Nord.
Ils sont aussi en concordance avec ceux trouvés, sur des séries
moins longues, par Laborde en 1993 [1] et Talia en 2002 [2] :
une phase déficitaire avant 1945, et une phase normale et/ou
excédentaire jusqu’à la décennie 1970. Après cette date, la baisse
de la pluviométrie s’est installée au centre et à l’ouest du pays
d’une manière significative. La variabilité des pluies des
quatre stations (Hamiz barrage, Bouhanifia barrage, Oran Senia et
Maghnia) ainsi que la tendance linéaire (figure 2) montrent
également cette évolution négative dans le temps surtout depuis la
décennie 1970.
Tableau II Tests statistiques et années de ruptures
dans les séries pluviométriques étudiées.
|
Station
|
Période d’étude
|
Méthode de Pettitt
|
Test de Lee et Heghinian
|
Moyenne avant la rupture
|
Moyenne après la rupture
|
Rapport entre les deux moyennes (%)
|
|
Oued Sly
|
1940-2003
|
1980
|
1980
|
380,6
|
247,4
|
35,0
|
|
Ammi Moussa
|
1926-2003
|
1979
|
1979
|
404,6
|
314,6
|
22,2
|
|
Kenanda Ferme
|
1940-2003
|
1977
|
1977
|
480,9
|
272,4
|
28,4
|
|
Frenda
|
1940-2003
|
1977
|
1977
|
487,5
|
357,9
|
26,6
|
|
Hamiz Bge
|
1940-2003
|
1975
|
1975
|
840,1
|
639,6
|
23,9
|
|
Tamazourah
|
1940-2003
|
1973
|
1998
|
566,5
|
393,2
|
30,6
|
|
Tessala
|
1940-2003
|
1974
|
1973
|
566,5
|
393,2
|
30,6
|
|
Aouf
|
1940-2003
|
1976
|
1976
|
637,3
|
443,24
|
30,5
|
|
Khalouia
|
1940-2003
|
1980
|
1980
|
484,1
|
342,8
|
29,2
|
|
Bouhanifia Barrage
|
1940-2003
|
1980
|
1980
|
347,6
|
244,7
|
29,6
|
|
Mohammadia GRHA
|
1940-2003
|
1980
|
1980
|
383,5
|
258,9
|
32,5
|
|
Maghnia
|
1940-2003
|
1980
|
1980
|
414,9
|
279,2
|
32,7
|
|
Oran Senia
|
1940-2003
|
1976
|
1976
|
398,9
|
325,9
|
18,3
|
|
Ghazaouet
|
1940-2003
|
1974
|
1974
|
392,3
|
320,7
|
18,5
|
|
Mehdia
|
1940-2003
|
1979
|
1979
|
411,7
|
307,8
|
25,2
|
|
Medéa
|
1940-2003
|
1975
|
1975
|
818,7
|
673,4
|
17,8
|
|
Ain Fekane
|
1940-2003
|
1974
|
1974
|
421,0
|
262,8
|
37,6
|
|
Stidia
|
1940-2003
|
1980
|
1980
|
398,0
|
274,6
|
31,0
|
|
Tenes
|
1940-2003
|
1972
|
1972
|
615,2
|
443,7
|
27,9
|
|
Sidi Hosni
|
1940-2003
|
1976
|
1974
|
402,7
|
294,8
|
26,8
|
|
Ghrib Barrage
|
1940-2003
|
1975
|
1975
|
542,1
|
436,0
|
19,6
|
|
Sidi bel Abbess
|
1940-2003
|
1976
|
1976
|
377,3
|
294,9
|
21,8
|
|
Oran Senia
|
1877-2003
|
1976
|
1976
|
397,7
|
317,9
|
20,1
|
|
Hamiz Bge
|
1905-2003
|
1972
|
1975
|
827,8
|
655,6
|
21
|
|
Bouhanifia Barrage
|
1926-2003
|
1975
|
1975
|
358,0
|
257,3
|
28
|
|
Maghnia
|
1915-2003
|
1980
|
1980
|
436,4
|
280,9
|
36
|
Relation entre les précipitations et l’indice
de l’oscillation nord-Atlantique (ONA)
L’indice de l’ONA est défini comme étant la différence entre les
anomalies de pressions normalisées à Lisbonne (Portugal) et de
Reykjavik (Islande). Quand cet indice est positif, la différence de
pression est maximale ; un indice négatif correspond au contraire à
un anticyclone des Açores et à une dépression islandaise faible.
Ces deux états de l’ONA correspondent aux deux grands types de
climats hivernaux. Un indice ONA positif se manifeste par des vents
forts et rapides d’ouest-sud-ouest balayant l’océan Atlantique [19]
; il engendre des tempêtes et des précipitations fréquentes sur le
nord de l’Europe et des sécheresses sur l’Afrique du Nord.
Quand l’indice ONA est négatif, ces effets sont inversés. Avec
une différence de pression réduite entre le Portugal et l’Islande,
les vents d’ouest sont faibles et les perturbations passent plus au
sud, apportant des pluies sur les régions méditerranéennes.
L’ONA étend son influence sur l’Afrique du Nord et sur d’autres
régions du monde, l’Europe par exemple ; il est intéressant
d’étudier la relation entre l’ONA et la pluviométrie pour faire le
point sur la nature de la liaison qui peut exister sur l’ouest
algérien. L’ONA est considérée comme un facteur explicatif du
climat des régions méditerranéennes et de l’Europe [20]. L’étude
menée par Ketrouci et al. [21], sur la relation entre cet indice et
la pluviométrie de l’ouest algérien, a montré l’existence d’une
corrélation significative (test de Student) entre l’ONA et la
pluviométrie annuelle. Cette relation significative peut expliquer
en partie l’évolution du régime pluviométrique. Mais, la
variabilité de la pluviométrie n’est pas expliquée uniquement par
ce facteur. Elle est influencée par d’autres indices
climatiques.
Étude de la persistance
de la sécheresse
Définition de la sécheresse
Les plaines du centre et de l’ouest de l’Algérie sont connues pour
leur fertilité et leur production agricole. Le déficit
hydrique de ces dernières décennies a affecté négativement la
production agricole ainsi que les réserves superficielles et
souterraines en eau. La sécheresse pose de nombreux problèmes
d’ordre socio-économiques, spécialement à l’agriculture dans les
plaines de la Mitidja, du Haut Cheliff, du Habra-Sig, de Ghriss, de
Sidi Belabbess et de Maghnia (figure 3). Pour continuer
à produire, les paysans ont eu recours à une utilisation excessive
des eaux souterraines, ce qui a provoqué une baisse considérable du
niveau des nappes. La sécheresse est récurrente, omniprésente
en raison de températures élevées et d’une pluviométrie très
variable en région méditerranéenne [22].
Le niveau du déficit hydrique à partir duquel on peut dire qu’il
y a sécheresse a constitué souvent une difficulté pour les
chercheurs. Certains auteurs, qui ont étudié la sécheresse à partir
de données climatiques, suggèrent des seuils arbitraires de
pluviométrie : 10 % de la moyenne [23] ou le dernier décile [24].
Pour estimer l’intensité du déficit pluviométrique, plusieurs
indices ont été déjà mentionnés; la plupart de ces indices prennent
généralement comme référence la moyenne climatologique. L’une des
caractéristiques principales de la pluviométrie, dans la région
d’étude, est sa grande variabilité interannuelle.
La sécheresse peut être considérée à différentes échelles :
mensuelle, saisonnière et annuelle. Ces conséquences sont
vivement ressenties dès qu’elle persiste deux ou trois années
successives. Donc, nous avons choisi d’étudier la persistance de la
sécheresse à l’échelle annuelle.
Pour déterminer le seuil de sécheresse, notre choix s’est porté
sur la méthode des quintiles (méthode fréquentielle). Cette méthode
tient compte de la loi de distribution de l’échantillon.
La distribution statistique des pluies annuelles présente une
nette dissymétrie positive. Après plusieurs essais, nous avons
trouvé que la loi racine normale donne le meilleur ajustement [1,
6, 25]. Les seuils calculés par la méthode des quintiles pour
la période allant de 1940 à 2003 sont regroupés dans le tableau 3. La méthode des quintiles tient
compte de la loi de distribution de l’échantillon, et elle suppose
aussi une période de retour qui soit égale à 2,5 ans pour une
année sèche et à cinq ans pour une année très sèche. Cette méthode,
indépendante des valeurs centrales (moyennes ou médianes), est
fondée sur un classement des valeurs des plus faibles vers les plus
fortes, des années les plus sèches aux années les plus humides, les
années du milieu étant considérées comme années normales. Une
répartition quasiment équitable attribue 35 % des valeurs aux
années extrêmes (sèches ou humides) et 30 % aux années normales
[26]. La distinction des classes se présente ainsi :
- – les années dont la fréquence est inférieure à 0,35
correspondent aux années sèches (parmi lesquelles on peut
distinguer les années très sèches, de fréquence inférieure à 0,15)
;
- – les années dont la fréquence est comprise entre 0,35
et 0,65 sont considérées comme années normales ;
- – les années dont la fréquence dépasse 0,65
correspondent aux années humides (celles dont la fréquence est
supérieure à 0,85 sont considérées comme des années très
humides).
La méthode est simple et nous l’avons simplifiée davantage en ne
considérant que les années sèches de fréquence inférieure à 0,35 et
les années non sèches pour les autres années [26].
Tableau III Seuils en millimètres des années sèches,
très sèches, humides et très humides ; par la méthode des
quintiles, période (1940-2003).
|
Plaines
|
Stations
|
Années très sèches
|
Années sèches
|
Années normales
|
Années humides
|
Années très humides
|
|
Mitidja
|
Dar El Beida
|
≤ 501,3
|
≤ 597,8
|
597,8 < X < 689,9
|
≥ 689,9
|
≥ 802,4
|
|
Haut Chéliff
|
Ghrib Bge
|
≤ 386,6
|
≤ 455,5
|
455,5 < X < 520,9
|
≥ 520,9
|
≥ 575,0
|
|
Habra-Sig
|
Mohammadia GRH
|
≤ 257,7
|
≤ 308,4
|
308,4 < X < 357,0
|
≥ 357,0
|
≥ 416,3
|
|
Ghriss
|
Bouhanifia Bge
|
≤ 231,4
|
≤ 280,4
|
280,4 < X < 328,0
|
≥ 328,0
|
≥ 386,2
|
|
Sidi Bel Abbess
|
Tessala
|
≤ 306,1
|
≤ 413,1
|
413,1 < X < 520,7
|
≥ 520,7
|
≥ 657,8
|
|
Maghnia
|
Maghnia
|
≤ 256,4
|
≤ 323,2
|
323,2 < X < 388,6
|
≥ 388,6
|
≥ 469,9
|
Présentation des chaînes de Markov
La méthodologie des chaînes de Markov permet de déterminer ou de
prévoir la probabilité d’avoir une année sèche après une année
sèche ou non. Ce processus exprime des probabilités
conditionnelles de passage de l’état de la veille (année
précédente) à l’état de l’année en cours. Pour ce faire, nous avons
utilisé la méthode des chaînes de Markov [27]. Les chaînes de
Markov tiennent compte de la liaison entre les années successives ;
en effet la pluie de l’année k dépend de l’état des années passées.
Ce modèle sera du premier ordre si la pluie de l’année k ne
dépend que de l’année précédente, c’est-à-dire du passé le plus
proche de l’état. Il sera d’ordre h si la pluie de l’année k
dépend des k – 1, k – 2, …, k – h années passées.
Le modèle des chaînes de Markov est un modèle stochastique,
itératif. Ce processus exprime des probabilités
conditionnelles de passage de l’état de la veille (année
précédente) à l’état de l’année en cours. Ainsi l’état de l’année k
ne dépend que de l’état de l’année k – 1 pour le processus de
Markov d’ordre 1. Il dépend des états k – 1 et k – 2 pour le
processus de Markov d’ordre 2. Une année peut être caractérisée du
point de vue pluviométrique par deux états :
- – état 0 : présence de la sécheresse (années sèche ou
très sèche).
- – état 1 : absence de la sécheresse (années normale,
humide et très humide).
Processus de Markov d’ordre 1
Pour le processus de Markov d’ordre 1, quatre situations sont
possibles [26] à savoir :
- – S-S (deux années sèches successives) ;
- – S-NS (une année sèche suivie d’une année non sèche)
;
- – NS-S (une année non sèche suivie d’une année sèche)
;
- – NS-NS (deux années non sèches successives).
Processus de Markov d’ordre 2
Dans ce cas, l’état de l’année k dépend de l’état de l’année k – 1
et de l’année k – 2. On s’intéresse spécialement aux années sèches
successives [26]. Ce choix va de soi avec l’étude de la
persistante de la sécheresse :
- – S-S-S (trois années sèches successives) ;
- – S-S-NS (deux années sèches successives) ;
- – NS-S-S (deux années sèches successives) ;
- – NS-S-NS (une année sèche isolée).
Application des chaînes de Markov
et résultats
Processus de Markov d’ordre 1
La matrice de Markov d’ordre 1 a été calculée. Les résultats
sont indiqués dans le tableau 4.
À la suite de l’application de l’hypothèse d’un processus de
Markov d’ordre 1, la probabilité, pour les cinq stations, varie de
26,8 à 60 % pour avoir une année sèche quelle que soit l’année de
départ (sèche ou non sèche). Dans le cas où une année est sèche, la
probabilité pour qu’elle soit suivie d’une année sèche est plus
élevée à l’ouest (plaines de Habra-Sig, Ghriss, Sidi bel Abbes et
de Maghnia) que dans les plaines du centre du pays (Mitidja et Haut
Chéliff). Pour l’ensemble des stations, la probabilité d’avoir une
année sèche après une année non sèche est faible (inférieure à 50
%). Si une année est sèche, la probabilité d’avoir une année non
sèche l’année suivante est plus importante au centre (plaines de la
Mitidja et du Haut Chéliff) et diminue à l’ouest (plaines de
Habra-Sig, de Ghriss, de Sidi bel Abbes et de Maghnia).
La probabilité d’avoir deux années non sèches successives est
élevée pour l’ensemble des stations.
Tableau IV Processus de Markov d’ordre 1 pour chaque
station pour la période (1940-2003).
|
Station
|
Probabilité (%)
|
|
S-S
|
S-NS
|
NS-S
|
NS-NS
|
|
Dar El Beida
|
30,4
|
69,9
|
39,0
|
61,0
|
|
Ghrib Barrage
|
34,8
|
60,9
|
41,5
|
61,0
|
|
Mohammadia GRH
|
59,3
|
40,7
|
29,7
|
70,3
|
|
Bouhanifia Barrage
|
46,2
|
50,0
|
36,8
|
65,8
|
|
Tessala
|
60,0
|
44,0
|
25,6
|
71,8
|
|
Maghnia
|
55,2
|
41,4
|
31,4
|
71,4
|
Processus de Markov d’ordre 2
La matrice de Markov d’ordre 2 est représentée par le tableau 5.
En ce qui concerne le processus de Markov d’ordre 2, les
résultats, dans l’ensemble, sont similaires à ceux de l’ordre 1.
La probabilité d’avoir une année sèche après une année sèche
précédée par une année non sèche est faible pour les stations. Pour
avoir une année sèche après deux années successives sèches, la
probabilité est élevée à l’ouest et faible au centre du pays. Dans
ce cas de figure, la probabilité est importante pour les plaines de
Maghnia, de Mohammadia et de Sidi Bel Abbes. Si deux années
successives sont sèches, la probabilité d’avoir une année non sèche
est plus importante pour les plaines du centre (Mitidja et Haut
Chéliff) que pour les plaines de l’ouest (Habra-Sig, Ghriss, Sidi
bel Abbes et Maghnia). La sécheresse qu’a connue et que
connaît la partie ouest du pays depuis la décennie 1970 peut
constituer une explication à cette disparité dans les valeurs de la
probabilité entre le centre et l’ouest du pays.
Pour pouvoir effectuer une étude comparative de l’influence de
la longueur des séries d’observations sur les probabilités obtenues
avec la technique des chaînes de Markov, nous avons effectué une
application, en étudiant les mêmes stations, pour la période allant
de 1968 à 2003. Les observations de cette période sont
considérées comme fiables et contiennent moins de lacunes que les
séries étudiées précédemment.
La méthode des quintiles a été utilisée pour déterminer les
seuils de sécheresse. Les résultats obtenus sont consignés
dans le tableau 6. Nous constatons que
les seuils deviennent moins élevés que ceux de la première période
considérée. Cela montre l’importance du choix de la longueur des
séries étudiées.
Les résultats, pour la matrice de Markov d’ordre 1 (période
1968-2003), sont consignés dans le tableau
7.
Pour la période allant de 1968 à 2003, nous constatons :
- – pour avoir une année sèche après une année non sèche,
la probabilité est relativement faible pour l’ensemble des stations
;
- – pour avoir une année non sèche après une année sèche,
la probabilité est plus importante au centre du pays (Mitidja et
Haut Chéliff) qu’à l’ouest (Habra-Sig, Ghriss, Sidi bel Abbes et
Maghnia) ;
- – pour avoir une année sèche suite à une année sèche, la
probabilité est plus importante à l’ouest que dans les plaines du
centre (Mitidja et Haut Chéliff). La sécheresse des dernières
décennies est plus sévère à l’ouest qu’au centre, ce qui peut
expliquer cette différence.
La probabilité de rencontrer une année non sèche (normale ou
humide) après une année non sèche est importante pour les six
stations (elle varie de 57 à 79 %).
Tableau V Processus de Markov d’ordre 2 pour la période
(1940-2003).
|
Station
|
Probabilité (%)
|
|
S-S-S
|
S-S-NS
|
NS-S-S
|
NS-S-NS
|
|
Dar El Beida
|
42,9
|
57,1
|
25,0
|
75,0
|
|
Ghrib Barrage
|
25,0
|
75,0
|
35,3
|
58,8
|
|
Mohammadia GRH
|
81,3
|
18,8
|
27,3
|
72,7
|
|
Bouhanifia Barrage
|
50,0
|
41,7
|
42,9
|
57,1
|
|
Tessala
|
73,3
|
26,7
|
40,0
|
70,0
|
|
Maghnia
|
68,8
|
31,3
|
45,5
|
72,7
|
Tableau VI Seuils en millimètres des années sèches,
très sèches, humides et très humides ; par la méthode des
quintiles, période (1968-03).
|
Plaines
|
Stations
|
Années très sèches
|
Années sèches
|
Années normales
|
Années humides
|
Années très humides
|
|
Mitidja
|
Dar El Beida
|
≤ 495,3
|
≤ 597,9
|
597,9 < X < 696,3
|
≥ 696,3
|
≥ 817,0
|
|
Haut Chéliff
|
Ghrib Bge
|
≤ 354,7
|
≤ 418,0
|
418,0 < X < 478,0
|
≥ 478,0
|
≥ 551,0
|
|
Habra-Sig
|
Mohammadia GRH
|
≤ 233,9
|
≤ 281,1
|
281,1 < X < 326,3
|
≥ 326,3
|
≥ 381,7
|
|
Ghriss
|
Bouhanifia Bge
|
≤ 211,9
|
≤ 260,0
|
260,0 < X < 306,5
|
≥ 306,5
|
≥ 363,9
|
|
Sidi Bel Abbess
|
Tessala
|
≤ 260,0
|
≤ 384,7
|
384,7 < X < 514,8
|
≥ 514,8
|
≥ 685,3
|
|
Maghnia
|
Maghnia
|
≤ 245,8
|
≤ 319,9
|
319,9 < X < 393,3
|
≥ 393,3
|
≥ 485,7
|
Tableau VII Processus de Markov d’ordre 1 pour chaque
station période (1968-2003).
|
Station
|
Probabilité (%)
|
|
S-S
|
S-NS
|
NS-S
|
NS-NS
|
|
Dar El Beida
|
38,5
|
61,5
|
34,8
|
65,2
|
|
Ghrib Barrage
|
23,1
|
76,9
|
43,5
|
56,5
|
|
Mohammadia GRH
|
62,5
|
31,3
|
30,0
|
75,0
|
|
Bouhanifia Barrage
|
53,3
|
33,3
|
38,1
|
71,4
|
|
Tessala
|
76,5
|
23,5
|
21,1
|
78,9
|
|
Maghnia
|
76,5
|
23,5
|
21,1
|
78,9
|
Conclusion
L’Algérie du Nord, durant ces dernières décennies, a connu une
succession de périodes à déficits et à excédents pluviométriques.
Il apparaît d’une façon générale une tendance à la hausse
couvrant les années 1930 et 1950. La baisse de la pluviométrie
était en revanche marquée pendant le début des années 1940 et le
milieu des années 1970.
La fluctuation la plus brutale et la plus significative (au sens
statistique du terme) est observée autour des années 1980, au cours
desquelles on note une diminution généralement assez importante de
la pluviométrie annuelle. Cette période déficitaire se caractérise
depuis lors par son intensité et sa durée. Cette réduction s’élève
à plus de 36 % dans la région de Ghriss et à l’extrême ouest de
l’Algérie (régions à vocation agricole : plaines de Ghriss et de
Maghnia). En revanche, au centre du pays, la plaine de la Mitidja,
cette diminution est de l’ordre de 20 %.
L’étude de la persistance de sécheresse, en utilisant les
chaînes de Markov, a montré que, pour avoir une année non sèche
après une année sèche, la probabilité est plus importante au centre
du pays qu’à l’ouest, et, pour avoir deux années sèches
successives, la probabilité est plus importante à l’ouest que pour
les plaines du centre.
Références
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l’échelle du 1/500 000, notice explicative. Projet
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Proceedings Seminar on Homogenization of Surf. Instrum. Data,
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l’ouest algérien durant les cinq dernières décennies. Publication
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Servat E. Variabilité climatique et statistique : étude de
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