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Science et changements planétaires / Sécheresse
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Caractérisation, à diverses échelles de temps, des séquences de sécheresse dans l’État de Chihuahua (Mexique)


Science et changements planétaires / Sécheresse. Volume 17, Numéro 4, 467-74, Octobre-Novembre-Décembre 2006, Article scientifique

DOI : 10.1684/sec.2006.0057

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Daniel Nuñez López, Carlos Alfonso Muñoz Robles, Héctor Gadsden, Victor Manuel Reyes-Gómez , Centro de Investigación Sobre Sequía (CEISS), Instituto de Ecología, A.C., Chihuahua, Km 33.3, Carret. Chihuahua-Ojinaga, C.P. 32900, Cd. Aldama, Chihuahua, México.

Résumé : Dans les trente dernières années, la pluviométrie dans l’État de Chihuahua a été très variable. On enregistre sur tout l’État un cumul annuel moyen de 419 mm, mais depuis 1993 le cumul annuel se situe de manière continue en dessous de cette moyenne historique, raison pour laquelle apparaissent de sérieux problèmes de manque d’eau. Les principales caractéristiques des épisodes de sécheresse à Chihuahua durant la période comprise entre 1910 et 2000 sont décrites dans le présent article. L’analyse a utilisé les valeurs de l’indice standardisé des précipitations (SPI, Standardized Precipitation Index) calculé pour trois échelles de temps différentes : courte (3 mois), moyenne (12 mois) et longue (24 mois). Pour chaque région climatique on a déterminé la fréquence, la durée et l’intensité de la sécheresse à chaque échelle de temps. Les valeurs du SPI obtenues pour le court terme varient beaucoup, alors que, à l’échelle de temps moyenne, ces valeurs se stabilisent et traduisent avec plus de précision les périodes de déficit et d’excédent des précipitations. Dans l’échelle de temps courte, les épisodes de sécheresse identifiés dans les trois régions climatiques du Chihuahua sont caractérisés par leur grande fréquence et leurs courtes durées, alors qu’aux échelles de temps moyenne et longue, les périodes de sécheresse ont été moins fréquentes mais plus prolongées. Les épisodes de sécheresse les plus importants en intensité, durée et extension géographique, sont apparus surtout à la fin des années 1990, en se manifestant de manière similaire dans les trois régions climatiques de Chihuahua.

Mots-clés : climatologie, indicateurs, pluviométrie, Mexique, sécheresse

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Daniel Nuñez López, Carlos Alfonso Muñoz Robles, Héctor Gadsden, Victor Manuel Reyes-GómezVictor Manuel Reyes-Gómez

Centro de Investigación Sobre Sequía (CEISS), Instituto de Ecología, A.C., Chihuahua, Km 33.3, Carret. Chihuahua-Ojinaga, C.P. 32900, Cd. Aldama, Chihuahua, México

Dans le nord aride du Mexique, la disponibilité en eau est à la fois source de vie et base de toute activité économique. Cette région ne reçoit que 4 % des ressources hydriques du pays, alors que l’État du Chihuahua couvre 12,5 % de la surface du Mexique et doit affronter de très sérieux problèmes liés au manque d’eau, avec en plus, une distribution spatiale et temporelle très irrégulière des précipitations. Au cours des trente dernières années, l’État du Chihuahua a connu des régimes de pluie très contrastés : aux années considérées comme « normales » ou à celles qui ont été très arrosées ont succédé des années caractérisées par des pluies très faibles, ce qui a entraîné de graves difficultés au niveau des réserves d’eau [1, 2].D’un point de vue météorologique, la sécheresse peut se définir comme un comportement anormal mais récurrent du climat lié essentiellement à l’absence de précipitations que reçoit une région dans un laps de temps déterminé. Pour caractériser la sévérité d’une sécheresse, il est nécessaire d’envisager divers aspects comme le déficit pluviométrique, sa durée ou encore son extension géographique et de tenir compte de la demande en eau qu’imposent le maintien des écosystèmes et le développement des activités humaines1[3].La plupart des méthodes destinées à évaluer la sécheresse tentent de déterminer la probabilité de rencontrer des séquences anormales dans la distribution des précipitations à l’échelle régionale [4]. Parmi les indices les plus utilisés, citons l’indice de sévérité de la sécheresse défini par Palmer qui ne se limite pas à la seule connaissance du déficit de pluies mais intervient au niveau d’un bilan hydrique. Cet indice n’est cependant pas très utilisé au Mexique car il nécessite de nombreuses données qui ne sont pas toujours disponibles [5]. L’indice standardisé des précipitations (SPI, Standardized Precipitation Index), mis au point par McKee et al. [6] est aussi souvent utilisé ; son calcul ne demande que de longues séries pluviométriques et il présente le grand avantage de fonctionner à diverses échelles de temps et de permettre des évaluations de la sécheresse à court, moyen, ou long terme [7].Afin d’évaluer de manière permanente la fluctuation et la périodicité des séquences de sécheresse dans le nord du Mexique, un système de surveillance et de contrôle a récemment été installé dans le Chihuahua. Il prend en considération le degré de réduction des pluies estimé à partir des données concernant les précipitations mensuelles recueillies depuis de très nombreuses années au niveau de diverses stations météorologiques installées dans le Chihuahua. Un des indicateurs utilisés est le SPI calculé à diverses échelles de temps et dont les valeurs mensuelles sont cartographiées. La méthode de surveillance a permis de mettre en place un Système d’information géographique (SIG) de l’État du Chihuahua (SIGSeCh) qui précise, d’une part, l’intensité et l’extension spatiale de la sécheresse et détermine, d’autre part, les effets de ce déficit hydrique sur les activités agricoles et forestières de la région tout en facilitant les évaluations quant aux effets sur les réserves et la redistribution de l’eau pour les usages ruraux, publics et industriels.Dans le présent travail, les caractéristiques principales des séquences de sécheresse qui ont affecté l’État du Chihuahua entre 1970 et 2000 seront analysées tout d’abord en prenant en considération le calcul du SPI successivement à court terme (3 mois), moyen terme (12 mois) ou long terme (24 mois). Pour finir, une évaluation descriptive de la fréquence, de la durée et de l’intensité des séquences de sécheresse observées à l’échelon de l’État sera présentée.

Matériel et méthode

Description de la zone d’étude

L’État du Chihuahua se situe dans la partie septentrionale du Mexique entre 25° 5’ et 31° 47’ de latitude N et entre 103° 11’ et 109° 07’ de longitude O [8]. Il s’étend sur 247 087 km2 et représente, en superficie, 12,6 % du territoire national. Le climat prédominant peut être défini comme « sec » ( (figure 1) ) mais il se subdivise en deux types : d’une part, un climat sec aride qui couvre 28 % environ de la surface de l’État et se caractérise par une moyenne annuelle des précipitations voisine de 300 mm avec des températures maximales atteignant 40 °C ; d’autre part, un climat semi-aride qui s’étend sur 46 % de la superficie du Chihuahua avec des moyennes annuelles de précipitations comprises entre 350 et 500 mm. Dans l’Ouest montagneux de l’État (23 % du territoire) prédomine un climat tempéré avec des pluies estivales (précipitation moyenne annuelle de 850 mm). Enfin, des zones de climat chaud (moyenne annuelle des pluies d’été : 600 mm et température moyenne voisine de 18 °C durant le mois le plus froid) sont présentes dans le fond des vallées. En se référant aux précipitations mensuelles, il est possible de définir deux périodes caractéristiques : l’été (de mai à octobre) avec présence de pluies, suivi de six mois (de novembre à avril) sans précipitations.

L’indice standardisé des précipitations (SPI)

Le SPI a été mis au point à l’université du Colorado et devait permettre de déterminer le déficit de précipitations pour une région donnée pendant un laps de temps déterminé. Le calcul du SPI nécessite l’ajustement de séries longues de données de précipitations à la distribution Gamma qui, selon Thom et Young [9, 10] est la distribution qui représente le mieux l’évolution des séries de pluies. Cette distribution Gamma est définie par sa densité de probabilité représentée par :

Où :

α et β sont les paramètres de forme et d’échelle de la distribution. Ils sont obtenus à partir de la méthode des moindres carrés décrite par Edwards et McKee [11] ;

Γ(α) représente la fonction mathématique Gamma et χ la hauteur de la précipitation mensuelle.

L’estimation du SPI se fait par ajustement de la distribution des fréquences des précipitations dans chaque station à la distribution Gamma de la probabilité de la densité. Les valeurs des paramètres α et β de la fonction Gamma sont estimées pour chaque station et pour chaque échelle de temps (3, 12, 24, 48 mois) et pour chaque mois de l’année.

En utilisant les paramètres résultants pour trouver la probabilité accumulée d’un épisode de précipitation observé, la probabilité cumulée (fonction de répartition) devient :

Si on pose , cette équation se transforme en une fonction Gamma incomplète :

Du fait que la fonction Gamma est indéfinie pour x = 0 et qu’une série de précipitations peut contenir des zéros, la probabilité cumulée devient :

Où :

H(χ) correspond à la probabilité cumulée quand χ = 0 et q est la fréquence de pluies nulles. Dans ce dernier calcul, la probabilité cumulée n’est plus que la variable z d’une fonction de distribution normale standard caractérisée par une valeur moyenne de zéro et une variance unité : après cette transformation, la valeur calculée donne la valeur du SPI.

Les valeurs négatives du SPI correspondent à un déficit des précipitations alors qu’à l’opposé les valeurs positives indiquent des pluies supérieures à la normale.

Méthodologie

À partir des 28 stations météorologiques installées sur le territoire du Chihuahua, une base de données regroupant toutes les mesures de précipitations mensuelles recueillies sur de très longues périodes est établie. Les mesures manquantes sont estimées selon une analyse de régression linéaire simple où la série comportant les données incomplètes est considérée comme la variable dépendante et où la variable indépendante est la série correspondante obtenue dans la station la plus proche géographiquement. Dans un second temps, un programme informatique permet un traitement statistique de la base de données et le calcul du SPI à diverses échelles de temps. À partir des séries de données des précipitations mensuelles recueillies entre 1970 et 2000 et en utilisant le précédent programme informatique, les valeurs du SPI pour trois échelles de temps différentes (3, 12 et 24 mois) sont calculées pour chacune des stations météorologiques. Ensuite, la moyenne mensuelle du SPI est calculée pour chaque région climatique et pour chaque échelle de temps, en regroupant 7 stations pour la zone aride, 15 pour la zone tempérée et 6 pour la zone semi-aride. Une démarche d’interpolation géographique faisant intervenir ARC/Info© a été employée pour construire les cartes de distribution spatiale des valeurs du SPI. Les valeurs calculées sont alors classées selon le schéma proposé par McKee [6] et à partir du processus recommandé par Edwards et McKee [11], une analyse comparative entre régions portant sur la fréquence, la durée, l’intensité et la distribution spatiale des sécheresses en prenant en compte les échelles de temps (à court, moyen, et long terme) est effectuée.

En se référant au système de classification du SPI tel qu’il est présenté au tableau 1( Tableau I ), on considère que l’on est en face d’un phénomène de sécheresse dès lors que les valeurs de l’indice considéré deviennent inférieures à 0,99. La durée de la séquence de sécheresse coïncide alors avec la durée durant laquelle ces valeurs du SPI restent inférieures à cette valeur de 0,99 [7, 12].
Tableau I Classification de l’indice standardisé des précipitations (SPI, Standardized Precipitation Index (d’après [7]).

Intensité de la sécheresse

Valeur du SPI

Proche de la normale

0 à - 0,99

Modérée

- 1,0 à - 1,49

Sévère

- 1,5 à - 1,99

Extrêmement sévère

<= - 2

Analyse et résultats

Les résultats obtenus sont ici présentés à deux niveaux. La première partie sera consacrée à la description de la distribution spatiale des séquences de sécheresse observées dans l’État du Chihuahua en insistant tout spécialement sur celles qui ont eu une extension géographique importante. Le second volet s’intéressera aux caractéristiques principales de ces séquences de sécheresse étudiées selon diverses échelles de temps et en fonction des différentes zones climatiques décrites dans le Chihuahua.

Distribution spatiale de la sécheresse dans le Chihuahua

La ( figure 2 ) indique le pourcentage des 28 stations météorologiques qui, dans l’État du Chihuahua, ont enregistré des conditions de sécheresse modérée. Si nous nous intéressons dans un premier temps aux observations à court terme, le phénomène de plus grande ampleur est constaté en février 1999 quand 92 % des stations suivies révèlent un déficit hydrique ( (figure 2A) ). Si nous poursuivons cette analyse sur le moyen terme, nous constatons que ce phénomène se situe en juillet 1980 avec 85 % des stations météorologiques indiquant une séquence sèche. Avec une échelle de temps à long terme, nous observons un maximum de stations affectées par la sécheresse (80 %) entre janvier et mai 1996 ( (figures 2B et C) ).

L’estimation de l’extension géographique de la sécheresse est possible en utilisant les cartes mensuelles établies à partir du nombre de stations météorologiques indiquant des conditions de sécheresse selon les trois échelles de temps définies. Les résultats apparaissent dans le tableau 2( Tableau II ).

On peut alors observer que si on se réfère au court puis au moyen terme (SPI-3 et SPI-12), ce sont pratiquement 30 % du territoire de l’État qui connaissent une sécheresse modérée ou sévère. Sur le long terme, ce chiffre atteint jusqu’à 56 % de la surface du Chihuahua.

Si nous nous reportons à la ( figure 3 ), nous observons que, à court terme, la sécheresse dite sévère affecte principalement le nord et l’ouest du Chihuahua et concerne 6 % de la surface de l’État. Ce pourcentage n’est plus que de 3,5 % si nous nous situons à moyen terme mais augmente pour atteindre 17 % pour les mesures sur le long terme.

La sécheresse qualifiée de modérée étudiée à court terme touche le nord-ouest de l’État mais s’étend à quelques taches localisées dans la partie sud-ouest ; elle représente alors 20 % de la surface du Chihuahua. À long terme, cette même sécheresse touche non seulement le centre du Chihuahua mais aussi les régions limitrophes de l’État, au sud-est, ainsi que quelques zones au sud-ouest (37 %).
Tableau II Superficie du territoire du Chihuahua affectée par la sécheresse à différentes échelles de temps

Qualité de la sécheresse

Échelle de temps

SPI-3

SPI-12 (%)

SPI-24

Proche de la normale

73,63

71,57

46,18

Modérée

20,21

24,96

36,83

Sévère

6,16

3,47

16,99

Fréquence, durée et intensité de la sécheresse selon les zones climatiques

L’analyse de la fréquence et de la durée des séquences de sécheresse observées dans le Chihuahua est réalisée selon les trois échelles de temps choisies dans les trois zones climatiques les plus représentatives. Dans les graphes des figures 4 à 6, la couleur sombre signale les époques durant lesquelles le SPI atteint des valeurs inférieures à la limite de - 0,99. Il est ainsi possible d’identifier la probabilité de rencontrer des séquences sèches et de déterminer la date de leur début et de leur fin et donc leur durée.

Si nous nous plaçons à court terme, force est de constater que les valeurs du SPI varient énormément et sont parfois positives, parfois négatives. Mais dans ces conditions, chaque nouvelle pluie mesurée influe considérablement sur le cumul des précipitations trimestrielles. À moyen et long termes, il est évident que chaque nouvel événement pluvieux a moins d’impact sur les totaux cumulés et par conséquent les valeurs du SPI sont moins fluctuantes.

Il est également important de noter (figures 4 à 6) qu’à court terme la majorité des événements pluvieux est de courte durée alors qu’à moyen et long termes les valeurs du SPI se stabilisent et traduisent mieux les périodes de déficit hydrique.

Zone de climat aride

La ( figure 4 ) montre, au niveau de la zone de climat aride, l’évolution historique du SPI aux trois échelles de temps choisies. Dans cette zone, les valeurs du SPI restent inférieures à - 0,99 durant une période estimée entre 9,9 % et 12,3 % du temps considéré, c’est-à-dire que durant les 30 années étudiées, nous n’avons guère plus de trois époques de sécheresse modérée.

Mais il est également instructif de s’intéresser à la durée des épisodes de sécheresse en se référant à leur distribution par rapport à la série historique pour chaque échelle de temps. Comme le montre le tableau 3( Tableau III ), à court terme, on recense 18 événements secs pour une durée moyenne de deux mois. L’événement le plus marqué, toujours à court terme, se situe au milieu des années 1990 et dure 4 mois au cours desquels sévit une sécheresse extrême.

À moyen terme, ce sont 7 événements secs qui sont repérés et qui s’étendent sur 10 % du temps analysé. Si la durée moyenne de chaque événement est de 5 mois, le plus long et le plus marqué a eu lieu entre août 1994 et juillet 1995, et a été caractérisé par des valeurs du SPI inférieures à - 2,99. Pour l’échelle de longue durée, durant les années 1990, trois événements secs retiennent l’attention et deux d’entre eux sont particulièrement sévères tant en intensité qu’en durée. Le premier apparaît dès le mois d’août 1994, s’étend sur 24 mois, et peut être qualifié d’extrême. Le second sévit entre février 1999 et mai 2000 et a évolué jusqu’à pouvoir être considéré comme sévère.
Tableau III Fréquence et durée des événements secs recensés en zones aride, semi-aride et tempérée du Chihuahua durant trente ans (de 1970 à 2000) à court, moyen et long termes.

Échelle de temps

Paramètres observés

Zone aride

Zone semi-aride

Zone tempérée

Court terme SPI-3

Fréquence

18

17

19

Durée moyenne (mois)

2,2

2,4

2

% du temps sous sécheresse

10,81

11,08

10,54

Valeur extrême du SPI (date d’occurrence)

- 2,52 (août 1994)

- 1,71 (décembre 1973)

- 1,82 (septembre 2000)

Moyen terme SPI-12

Fréquence

7

7

6

Durée moyenne (mois)

5

4

6

% du temps sous sécheresse

9,97

10,25

7,76

Valeur extrême du SPI (date d’occurrence)

- 2,29 (septembre 1994)

- 1,59 (octobre 1994)

- 1,80 (septembre 2000)

Long terme SPI-24

Fréquence

3

2

4

Durée moyenne (mois)

14

20,5

8

% du temps sous sécheresse

12,32

11,75

9,17

Valeur extrême du SPI (date d’occurrence)

- 2,01 (mai 1996)

- 1,57 (avril 1996)

- 1,68 (septembre 2000)

Zone de climat semi-aride

Dans cette zone, on estime que des conditions de sécheresse modérée se sont installées entre 10,25 et 11,75 % du temps concerné par cette analyse. Le tableau 3 indique qu’à court terme, ce sont 17 événements de sécheresse qui ont été recensés avec chacun une durée moyenne de 2,4 mois. À moyen terme, ce ne sont plus que 7 événements avec une durée moyenne de 4 mois, et à long terme, 3 événements, qui sont détectés et dont le plus sévère se situe de mai 1994 à juillet 1996. Les moments de sécheresse les plus longs, appréciés à long terme, ont été enregistrés durant les années 1990 ( (figure 5) ). Le premier concerne une sécheresse dite modérée qui a duré 27 mois et un autre à la fin de la décennie 1990-2000 s’est prolongé pendant 13 mois.

Zone de climat tempéré

La ( figure 6 ) illustre le comportement historique du SPI suivi pour cette zone climatique à court, moyen et long termes. Quelle que soit l’échelle de temps choisie, les sécheresses les plus longues, les plus intenses et les plus fréquentes ont été notées entre 1995 et 2000.

Si nous nous plaçons à court terme, nous observons durant ces années 1990, 6 événements secs avec des intensités modérées ou sévères mais ne s’étendant pas sur plus de trois mois. À moyen et long termes, apparaissent trois événements secs seulement, d’intensité modérée et parfois sévère mais durant respectivement 7 et 14 mois.

Conclusion

D’une échelle de temps à l’autre, l’évolution historique du SPI s’avère différente. À long terme, cet indice qui varie peu permet de définir avec plus de précision les époques de déficit ou d’excédent de précipitations.

D’une manière générale, quelle que soit l’échelle de temps considérée, et quelle que soit la zone climatique concernée, nous pouvons affirmer que les sécheresses modérées sévissent durant 10 % de la période analysée.

L’échelle à court terme doit être prise en compte pour les impacts sur l’agriculture et les échelles du SPI à 12 ou 24 mois pour les conséquences sur l’hydrologie.

Durant les 30 années suivies dans la présente étude, les sécheresses les plus remarquables par leur intensité, leur durée ou leur étendue géographique se rencontrent au cours de la dernière décennie du XXe siècle, et ce quelle que soit l’échelle de temps considérée. Si les trois zones climatiques sont touchées au même moment, les séquences sèches en zone tempérée apparaissent moins sévères ; mais elles peuvent avoir des conséquences fâcheuses dans la mesure où c’est justement dans ces régions tempérées que prennent naissance les principales rivières du Chihuahua (comme le Río Conchos, par exemple) et que sont captées les ressources hydriques utilisées ensuite au niveau de l’ensemble l’État. Aussi, si la quantité d’eau reçue dans ces zones est fortement réduite, l’approvisionnement en ressources hydriques superficielles ou souterraines en aval des bassins-versants sera compromis.

Références

1 Comisión Nacional del Agua (CNA). Estadísticas del agua en México. 1ª ed. México (D.F) : CNA, 2003.

2 Comisión Nacional del Agua (CNA). Programa hidráulico regional 2002-2006 Región VI Río Bravo. 1ª ed. México (D.F) : CNA, 2003.

3 Ramírez P, Brenes. Informe sobre las condiciones de sequía observadas en el Istmo Centroamericano en el 2001. San José (Costa Rica) : Centro de Coordinación para la Prevención de los Desastres Naturales en América Central (Cepredenac), 2002.

4 Komuscu AU. 1999. Using the SPI to analyze spatial and temporal patterns of drought in Turkey. Drought Network News 1999 ; 11 : 7-13.

5 Velasco I. Severe droughts becoming recurrent more persistent in Mexico. Drought Network News 1999 ; 11 : 3-6.

6 McKee T, Doesken N, Kleist J. The relationship of drought frequency and duration to time scales. American Meteorological Society, 9th Conference on applied climatology, 17-22 January, 1993.

7 McKee T, Doesken N, Kleist J. Drought monitoring with multiple time scales. American Meteorological Society, 9th Conference on applied climatology, 1995.

8 Comisión Nacional del Agua (CNA). Programa hidráulico de gran visión del Estado de Chihuahua 1996-2020. Tomo I. México (D.F) : CNA, 1996.

9 Thom HCS. Some methods of climatological analysis. WMO Technical Note, n° 81. Geneva : World Meteorological Organization, 1966.

10 Young KC. 1992. A three-way model for interpolating for monthly precipitation values. Mon Weather Rev 1992(120) : 2561-9.

11 Edwards D, McKee T. Characteristics of 20th century drought in the United States at multiple time scales. Climatology report No. 97-2. Paper No. 634. Fort Collins (Colorado) : Colorado State University, Department of Atmospheric Sciencies, 1997.

12 Edwards D, McKee T, Doesken N, Kleist J. Historical analysis of drought in the United States. American Meteorological Society, 7th Conference on climate variations, 1997.

1 Voir www.drought.unl.edu.


 

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