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Les sécheresses au Sahel replacées dans l’évolution climatique des vingt derniers millénaires |
Science et changements planétaires / Sécheresse. Volume 2, Numéro 3, 199-210, Septembre 1991, Synthèse
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Article gratuit
Summary
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Auteur(s) : Pierre Rognon |
Résumé : Au cours du XXe siècle, trois sécheresses persistantes ont été enregistrées au Sahel de manière précise grâce aux mesures pluviométriques et hydrologiques. La dernière a duré de 1968 à 1986. L’explication des mécanismes qui provoquent les longues sécheresses est extrêmement difficile à cause de leur diversité et la prévision à long terme de telles sécheresses est actuellement impossible par les méthodes de la climatologie. Pourtant les géologues qui étudient l’évolution des climats à l’échelle des millénaires ont découvert un certain nombre d’analogies entre le comportement du climat sahélien actuel et ses variations à très long terme. Ainsi les progrès de la climatologie historique et de la dendroclimatologie montrent que des sécheresses aussi longues que la sécheresse de 1968-1986 ont existé au cours des siècles précédents et que leur succession dans le temps ne correspond pas à une évolution cyclique. La durée anormale de la dernière sécheresse est, peut-être, l’amorce d’un déplacement durable des zones climatiques vers le Sud. Malheureusement, le seul exemple connu actuellement d’une telle transgression du désert à l’échelle géologique se situe entre 20 000 et 12 500 ans BP, période au cours de laquelle le Sahara s’est considérablement étendu aux dépens de sa bordure sahélienne. Mais cette extension était en relation avec le développement maximum des calottes glaciaires sur l’Amérique du Nord et l’Europe, repoussant les autres zones climatiques vers le Sud. Ce contexte de glaciation extrême était donc trop différent des conditions de l’interglaciaire actuel. Si l’on veut retrouver des conditions voisines de l’actuel, il faut remonter à l’interglaciaire précédent, entre 125 000 et 70 000 ans BP, où l’on vient de mettre en évidence des périodes arides et pluviales qui se succèdent selon un rythme de 21 à 23 000 ans qui serait en rapport avec les variations d’insolation aux latitudes tropicales, elles-mêmes imposées par la précession des équinoxes. Par comparaison, un tel mécanisme, transposé dans notre interglaciaire, indiquerait que le millénaire actuel serait très proche d’un pic d’extrême aridité. On peut cependant se demander quelles seront les conséquences d’un réchauffement " artificiel " par effet de serre sur les mécanismes naturels de l’évolution du climat sahélien ? |
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