ARTICLE
Auteur(s) :, Michel
Lecoq
Centre de coopération internationale en recherche agronomique
pour le développement (Cirad), Prifas-Acridologie opérationnelle,
TA 40/D, 34398 Montpellier cedex 5, France
Les criquets : la huitième plaie d’Égypte touche le monde
entier
Les criquets (ou acridiens) constituent des ravageurs majeurs dans
de nombreuses régions du monde. Leurs pullulations sont
généralement liées à des séquences d’événements météorologiques
favorables relativement bien connues (pluies en particulier). Leur
capacité de migration sur des centaines, voire des milliers, de
kilomètres en font un problème international aux répercussions
économiques, sociales et environnementales majeures [1].
De très nombreuses régions du globe sont concernées : zones
tropicales d’Afrique, d’Amérique et d’Asie ; régions sèches en
général, mais parfois aussi humides (récentes pullulations du
criquet migrateur en Indonésie, conséquence d’El Niño de 1997 [2]),
ainsi que de nombreuses régions tempérées (Asie centrale, Chine…)
(encadré 1). Les pullulations peuvent revêtir un caractère
chronique (« sauteriaux » du Sahel africain par exemple)
ou épisodique (alternance de périodes de rémission et d’invasion)
dans le cas de « locustes » comme le criquet pèlerin. Les
invasions peuvent durer de nombreuses années, parfois plus de
20 ans (encadré 2).
Les dégâts peuvent être considérables sur tous types de cultures
et sur pâturages. De nombreuses données attestent de cette
importance au cours des siècles passés comme au cours des années
récentes (encadré 3). L’impact macro-économique des pullulations,
très important autrefois (nombreuses famines enregistrées, les plus
récentes en Éthiopie et au Soudan dans les années 1950), est
maintenant mieux maîtrisé grâce aux moyens modernes de surveillance
et de lutte. Pour certaines espèces, comme le criquet pèlerin, la
possibilité de dégâts annuels de plusieurs dizaines de millions
d’euros reste cependant bien réelle. Les conséquences
micro-économiques demeurent généralement désastreuses lorsque les
invasions n’ont pu être enrayées à un stade précoce. À l’échelon
local, les criquets peuvent causer des destructions complètes de
récoltes dont l’impact sur l’autoconsommation et la fragile
économie de populations vivant d’une agriculture à risques
climatiques élevés est souvent très important. Les conséquences
sociales pour de nombreuses populations rurales sont telles que les
criquets sont souvent traités comme une priorité nationale [4].
Les opérations de lutte chimique à grande échelle demeurent
encore le seul moyen fiable pour contrôler ces ravageurs. Outre
leur coût élevé (près de 300 millions d’euros contre le
criquet pèlerin en 1988, sans compter les sommes considérables
engagées par les États eux mêmes – 50 millions d’euros contre
le criquet migrateur malgache en 1997-1999 [4]), elles posent de
nombreux problèmes environnementaux et sont de plus en plus
critiquées du fait de la toxicité des produits et de l’ampleur des
zones traitées (1988, 23 pays d’Afrique :
26 millions d’hectares ; 1997-1999, Madagascar :
4,2 millions d’hectares ; 2000, Kazakhstan : plus de
8 millions d’hectares…). Ces zones concernent souvent des
écosystèmes fragiles (zones désertiques d’Afrique) et riches en
espèces endémiques (Madagascar…) [5].
Nécessité d’une coopération internationale
Pour plusieurs espèces majeures de locustes, du fait de la capacité
de migration des essaims, l’échelle spatiale des risques est telle
qu’une coopération internationale est indispensable. C’est le cas
pour le criquet pèlerin, problème international s’il en est,
considéré depuis les temps les plus anciens comme une très sérieuse
menace pour les productions agricoles d’Afrique, du Proche-Orient
et d’Asie du Sud-Ouest et pour lequel de vastes opérations de
contrôle sont fréquemment nécessaires [6, 7]. Aucun pays ou groupe
de pays ne peut dans ce cas, isolément, mener une lutte efficace
(figures 1 et 2).
La FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et
l’agriculture), sur mandat de ses États membres, assure de ce fait,
et de fait, la coordination des activités de surveillance et de
lutte contre ce ravageur. Cette activité s’exerce via son
« Groupe Acridiens » et son service central de prévision
et de signalisation qui surveille la situation acridienne au sein
des États membres, coordonne les demandes d’assistance et fournit
les appuis techniques nécessaires. Pour le criquet pèlerin,
l’ensemble des pays concernés (environ 60) est représenté au sein
du Comité FAO de lutte contre le criquet pèlerin (DLCC ou Desert
Locust Control Committee) assurant l’orientation et la coordination
des actions à l’échelle de l’ensemble de l’aire d’habitat de ce
ravageur (de l’Inde à la Mauritanie). Le DLCC est relayé sur le
terrain par trois commissions régionales placées sous l’égide de la
FAO : Proche-Orient, Asie du Sud-Ouest et région occidentale
[8, 9] (( figure
3 )).
Gestion d’un risque naturel : la prévention
Le risque naturel représenté par les pullulations peut être géré
efficacement par l’application de stratégies de prévention, élément
important dans le dispositif de lutte contre la pauvreté de
nombreux pays. Ces stratégies consistent à surveiller en permanence
les aires d’origine des invasions (aires grégarigènes) et à
détruire les premières pullulations par des interventions de lutte
sur des superficies limitées, avant que les zones cultivées ne
soient attaquées et que l’invasion ne se propage [4, 10]. Les coûts
récurrents de la prévention et les superficies traitées ne
représentent que quelques pour cent respectivement des aides
d’urgence et des superficies traitées en curatif.
La lutte antiacridienne préventive permet :
- – de maintenir les activités agricoles dans les zones
affectées, les invasions pouvant se traduire par des abandons de
cultures et des exodes ruraux ;
- – de lutter indirectement contre la désertification – en
particulier dans le cas du criquet pèlerin – par le maintien
d’activités agricoles ou pastorales et par l’existence du réseau de
veille acridienne permettant tout à la fois de localiser les zones
propices aux pullulations et de contribuer plus généralement à la
surveillance des conditions écologiques et à la connaissance des
zones désertiques fréquentées par ce criquet ;
- – d’optimiser l’utilisation des insecticides pour
limiter les quantités utilisées et les superficies affectées et,
dans le cadre d’une gestion de type lutte intégrée, d’offrir une
place aux récents insecticides biologiques agissant lentement et
peu utilisables en lutte curative dans des situations
d’urgence ;
- – de maintenir les compétences techniques nécessaires au
niveau des États et de diminuer leur dépendance vis-à-vis des pays
donateurs qui n’interviennent malheureusement le plus souvent que
dans l’urgence.
Cette stratégie ne cherche pas à tuer tous les criquets, ni à
détecter et supprimer toutes les pullulations, ce qui serait
évidemment impossible. Elle vise essentiellement, par le maintien
d’une surveillance permanente et par des actions de lutte
régulières, ponctuelles et bien ciblées, à abaisser le niveau des
populations acridiennes, à les maintenir en deçà d’un niveau
critique de densité, et ainsi à enrayer très tôt le processus de
grégarisation pouvant conduire à une invasion. En ce sens,
l’efficacité des actions de prévention se situe à la fois sur le
court terme (nombre de criquets tués) et aussi, et surtout, sur les
moyen et long termes (baisse du niveau des populations et frein à
la dynamique de grégarisation).
Cette stratégie préventive, régulièrement recommandée par la FAO
[7, 11, 12], a été appliquée avec un certain succès dans le passé à
partir des années 1960. C’est en effet à cette époque que de
nouvelles méthodes de surveillance et de lutte sont venues changer
radicalement, en quelques années, les données du problème –
nouveaux insecticides, nouvelles méthodes d’application (ULV1), traitements aériens plus efficaces,
apparition de la technique des traitements en barrières, etc. – et
ont permis d’empêcher le développement d’invasions majeures, de
réduire la fréquence des invasions et d’améliorer le contrôle des
pullulations et des recrudescences [4, 11, 13, 14]. Récemment, la
comparaison de diverses campagnes de lutte a confirmé que des
interventions rapides dans les premières zones de pullulation au
sein des aires grégarigènes conduisent à un meilleur contrôle de
ces recrudescences [15, 16] Cependant, la mise en place, le
fonctionnement et la durabilité de ce dispositif de prévention ne
sont pas sans poser de nombreux problèmes.
Émergence du programme EMPRES et réorganisation de la
coopération régionale
Dans un passé récent, l’affaiblissement progressif des capacités
nationales et des organisations régionales de lutte a, en effet,
conduit à l’invasion de 1987-1989 du criquet pèlerin, finalement
maîtrisée dans des conditions difficiles grâce à un appui massif de
la communauté internationale. Des inquiétudes se sont alors fait
jour quant au coût élevé des opérations de lutte en urgence et à
l’impact environnemental important des insecticides utilisés et aux
capacités aux échelons nationaux et régionaux à faire face au
problème sur la durée et avec efficacité [4, 17-19].
Une concertation entre les pays affectés et les donateurs a
débouché en 1994 sur la composante criquet pèlerin du programme
EMPRES (Emergency Prevention System) de la FAO, système de
prévention et de réaction rapide, chargé de lutter à long terme et
de façon préventive contre les ravageurs et maladies
transfrontalières des animaux et des plantes, dont tout
spécialement le criquet pèlerin. Il s’agit d’un programme spécial
prioritaire du Directeur général de la FAO. L’objectif global
d’EMPRES est de réduire les risques d’invasion et de contribuer
ainsi à la lutte contre la pauvreté, à la sécurité alimentaire et à
la préservation de l’environnement. Sa priorité est le renforcement
des capacités nationales d’intervention contre ce ravageur et le
développement de la coopération régionale afin d’augmenter
l’efficacité du dispositif de surveillance et de lutte préventive
et d’assurer sa durabilité. Ce programme est financé à la fois par
un ensemble de pays donateurs ainsi que sur le budget régulier de
la FAO et est coordonné par le « Groupe Acridiens ». Deux
composantes de ce programme sont opérationnelles : l’une,
depuis 1997, pour les 9 pays de la région centrale de l’aire
d’habitat du criquet pèlerin (autour de la mer Rouge) (EMPRES
région centrale) [20] ; l’autre, depuis 2001, pour les neuf
pays de la Région occidentale (Afrique de l’Ouest et du Nord-Ouest)
(EMPRES région occidentale) [21-24].
Par ailleurs, la coopération internationale sur le problème a
été récemment réorganisée et renforcée, tout spécialement en
Afrique de l’Ouest et du Nord-Ouest. Un second point majeur de ces
dernières années est en effet le renforcement de la coopération
régionale avec, en particulier, la création sous l’égide de la FAO,
au cours de l’année 2000, de la Commission de lutte contre le
criquet pèlerin en région occidentale (Desert Locust Control
Commission for the Occidental Region, CLCPRO). Cette Commission
doit maintenant jouer le rôle des deux organisations régionales
qu’elle a été amenée à remplacer : la Commission de lutte
contre le criquet pèlerin en Afrique du Nord-Ouest (Desert Locust
Control Commission for Northwest Africa, CLCPANO) et l’Organisation
commune de lutte antiacridienne et de lutte anti-aviaire (OCLALAV)
pour les pays sahéliens [25-27] Cette nouvelle institution
régionale doit promouvoir aux échelons nationaux, régionaux et
internationaux toutes les actions, recherches et formations
susceptibles d’assurer une lutte préventive efficace. Cette
commission rassemble les neuf pays de la région contenant des aires
grégarigènes importantes ou directement concernés par les essaims
dès les premiers stades d’une invasion. La CLCPRO constitue un
nouveau cadre de coopération dynamique entre pays du Maghreb et
d’Afrique de l’Ouest subsaharienne, dont la création est un
événement important de ces dernières années. Elle marque la volonté
des États de la région occidentale à s’engager dans un nouveau
schéma d’organisation de la lutte préventive, mieux adapté au
problème posé, plus efficace, moins coûteux et avec le souci de la
pérennité de ce nouveau dispositif. Elle constitue un fait très
positif pour une mise en œuvre efficace du programme EMPRES de la
FAO dans la région [9].
Les plans d’urgence : un apport indispensable à
l’organisation de la lutte et à la durabilité de la prévention
Si l’évolution institutionnelle récente a été très positive pour un
renforcement et une meilleure organisation de la prévention, de
nombreux progrès restent à accomplir. Cette stratégie préventive
devrait certainement être conduite de façon plus judicieuse. En
particulier, la mise en place d’un dispositif de surveillance et de
lutte à géométrie variable en fonction de la situation acridienne
semble un point capital. Les coûts récurrents de la prévention,
même faibles, pourraient être ainsi plus facilement supportables
par les États concernés, souvent très démunis et pouvant, pendant
les périodes de rémission, avoir d’autres priorités. C’est
d’ailleurs ce qui a été fréquemment observé dans le passé et ce fut
l’une des causes – sinon la principale – du développement de
l’invasion de 1987-1989 du criquet pèlerin.
Dans cette optique, des plans prévisionnels d’urgence (sorte de
plan « ORSEC2 » acridien),
sont actuellement en préparation sous l’égide de la FAO afin de
mieux organiser les actions à mettre en œuvre aussi bien dans les
situations de rémission (surveillance et lutte préventive en
période de calme) que dans les situations de recrudescence et
d’invasion. Ces plans doivent établir la liste de l’ensemble des
moyens matériels, humains et financiers nécessaires dans ces
différentes situations acridiennes, ainsi que les procédures
(techniques, administratives…) indispensables pour les mobiliser et
les mettre en œuvre aux niveaux national, régional et
international.
De tels plans devraient améliorer l’efficacité du dispositif
global de surveillance et de lutte, mais aussi accroître la
crédibilité des demandes des services antiacridiens auprès de leurs
autorités nationales respectives, comme auprès des États donateurs
en cas de recours nécessaire à une aide extérieure.
Régulièrement testés sur le terrain, de tels plans devraient
également permettre de maintenir, pendant les périodes de
rémission, l’activité et la motivation des personnels des services
antiacridiens et de tous les acteurs concernés.
Ces plans devraient être déposés au niveau national comme auprès
de tout pays donateur intéressé par un appui à la lutte
antiacridienne. Ces pays donateurs y trouveraient, à l’avance, les
éléments techniques précis pour juger de la crédibilité des futures
demandes d’assistance des États. Ils constitueraient un engagement
réciproque : d’une part, celui des États d’assurer – sur leurs
ressources propres – la permanence d’actions minimum de prévention
et le maintien d’une expertise locale reconnue ; d’autre part,
l’engagement des donateurs, en cas d’urgence, de mettre en œuvre
dans les plus brefs délais les moyens supplémentaires prévus dans
le plan d’urgence face à telle ou telle situation acridienne. Un
fonds d’urgence international devrait être constitué pour permettre
de répondre avec la rapidité d’action nécessaire.
L’actualité : une trop tardive mobilisation de la
communauté internationale
Malgré l’engagement très positif et très marqué des États de la
région pour un dispositif rénové de lutte préventive, l’appui
nécessaire de la communauté internationale reste encore insuffisant
et lent à mobiliser.
À la suite de la dernière invasion des années 1987-1989,
l’accent a été mis, au plan international, sur la recherche de
solutions alternatives du type champignons entomopathogènes
(mycopesticides) et phéromones. Ces solutions ne sont
malheureusement pas encore pleinement opérationnelles en Afrique,
même si les premières applications commencent à voir le jour [28,
29]. Dans le même temps, le renforcement des services antiacridiens
en charge de la surveillance et des opérations de prévention dans
les aires grégarigènes du criquet pèlerin n’a pas été conduit avec
la vigueur nécessaire.
Ainsi, le Programme EMPRES de la FAO pour la région occidentale,
n’a pas encore reçu les financements indispensables
(7 millions d’euros sur 4 ans). Le programme fonctionne
au ralenti depuis 2001, essentiellement sur financements de la FAO
qui recherche auprès des donateurs les apports complémentaires
nécessaires pour sa mise en œuvre. Ce n’est qu’en septembre 2003
qu’un financement partiel de 4,3 millions d’euros a été
autorisé par la Banque africaine de développement [3]. Pour le
moment, cette situation laisse la région occidentale largement
dépourvue d’un système de surveillance et de prévention efficace.
Nous signalions récemment [9] que toute recrudescence du criquet
pèlerin trouverait les États sahéliens largement démunis et
obligerait sans doute, de nouveau, à d’importantes dépenses des
pays et de la communauté internationale. C’est ce qui est en train
de se passer.
Une nouvelle recrudescence du criquet pèlerin se développe
depuis septembre 2003 et a son origine dans la région occidentale
(figures 4 à 7)( ). Alors que la situation
acridienne était très calme et le niveau des populations du criquet
pèlerin très bas depuis de nombreux mois, au cours de la saison des
pluies 2003 des précipitations exceptionnelles sur l’ensemble des
pays du Sahel ont conduit très rapidement à des pullulations
généralisées du criquet pèlerin dans toute la zone sud-saharienne,
de la Mauritanie au Soudan. Des bandes larvaires se sont formées en
Mauritanie, au Mali, au Niger, au Soudan. Des essaims ont migré
vers le sud du Maroc et de l’Algérie, ainsi que vers l’Arabie au
cours de l’automne 2003. Au printemps 2004, les populations
acridiennes ont continué à se multiplier et à migrer vers
l’Algérie, la Tunisie et la Libye. En début d’été 2004, un
mouvement de retour des essaims vers la zone sahélienne s’est
amorcé. Les conditions écologiques actuelles laissent prévoir une
aggravation de la situation qui pourrait s’avérer rapidement
critique sur l’ensemble des pays du Sahel [30]. Plus de
6 millions d’hectares ont dû être traités d’octobre 2003 à
juillet 2004 et les opérations de lutte, terrestres et aériennes,
continuent. Face à cette situation et malgré les appels d’urgence
des pays et de la FAO [31, 32], la mobilisation de la communauté
internationale reste faible. Il est probable que de nombreux mois
d’une lutte continue seront nécessaires pour stopper cette nouvelle
invasion.
Conclusion
La situation actuelle montre qu’il est urgent que le renforcement
des services antiacridiens des pays sahéliens voient enfin le jour
et qu’un appui significatif soit apporté au programme EMPRES porté
par la FAO pour une solution durable au problème criquet pèlerin en
Afrique. Faut-il une fois de plus que les crédits destinés à des
actions structurantes et à long terme ne soient débloqués que dans
l’urgence ? Ne peut-on imaginer une convention internationale
pour une gestion raisonnée, partagée (pays affectés, pays
donateurs) et à long terme du problème criquet pèlerin ?
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