ARTICLE
Transition malienne, décentralisation,
gestion communale bamakoise
Monique Bertrand
Grafigéo 1999-8, 191, rue Saint-Jacques, 75005 Paris
Coll. Mémoires et documents de l'UMR PRODIG
Le Mali n'échappe pas à la vague des décentralisations
africaines dans la dernière décennie : de nouvelles attributions
sont reconnues aux communes urbaines déjà existantes, avec
des moyens incertains ; le niveau exécutif de l'arrondissement
est supprimé au profit d'environ 700 communes rurales qui sont
constituées sur l'intégralité du territoire malien.
Par-delà ses débats techniques, cette refonte offre aux
chercheurs, géographes au premier plan, l'occasion d'interroger
les arguments du territoire, la crédibilité d'identités
locales, l'économie politique des pouvoirs municipaux.
Quels sont les enjeux de cette expérience de « remembrement
territorial par le bas » ? Le redécoupage de l'espace suggère-t-il
une voie de sortie de la crise de légitimités et de liquidités
de l'État à l'issue d'un régime de parti unique centralisé,
d'une décennie d'ajustement structurel et de paupérisation
marquée ? Ces enjeux expriment-ils les nécessités
ou les limites d'une transition politique qui se joue, dans le temps et
dans l'espace, par-delà le simple moment de la Conférence
nationale ? Participent-ils enfin du renouvellement du développement
rural ou d'une promotion inédite des encadrements urbains ? À
l'issue de la mise en place des réformes (1992-1997), l'ouvrage
s'interroge sur les opportunités et sur les contraintes dont le
changement institutionnel augure pour l'avenir. Il confirme l'importance
des conflits fonciers et des régulations sociales dont le rapport
au sol est vecteur, en ville comme en campagne.
Les serpents d'Afrique occidentale et centrale
Jean-Philippe Chippaux
Paris, IRD éditions, 1999, 280 p., (cartes, dessins et photos,
index et bibliographie), 170 F
Les serpents sont responsables en Afrique d'un million de morsures par
an, dont la moitié sont suivies d'enve- nimations ; provoquant
environ 20 000 décès, ces accidents constituent un véritable
problème de santé publique. Les morsures de serpents constituent
par leur fréquence l'un des principaux motifs de consultations
dans les dispensaires de brousse et l'une des causes majeures d'évacuation
vers les centres de réanimation.
L'ouvrage de Jean-Philippe Chippaux*, ouvrage de systématique
avant tout, constitue un outil d'identification sur le terrain des ophidiens
rencontrés en Afrique sub-saharienne. Il comble ainsi une lacune
(les ouvrages existants étant épuisés depuis longtemps)
en réunissant les connaissances actuelles sur cinq des sept familles
représentées en Afrique occidentale et centrale. Les deux
familles non présentées regroupent des serpents primitifs,
rares et sans aucun danger pour l'homme. Trois des cinq familles décrites
dans l'ouvrage sont constituées d'espèces venimeuses responsables
de la plupart des accidents : les Elapidæ (cobras et mambas),
les Viperidæ (vipères) et, dans une moindre mesure,
les Colubridæ.
Les espèces se reconnaissent par la taille, qui peut atteindre
10 mètres, la forme de la tête et du corps, celles de l'il,
mais avant tout par les écailles dont une nomenclature précise
est présentée. On apprend ainsi, par exemple, que l'écaille
frontale est en forme d'écusson, que l'il est recouvert d'une
écaille transparente, ou encore que la symphysiale se trouve sur
la face inférieure et en avant de la tête. La morphologie
interne des serpents présente également quelques originalités
: la langue, organe olfactif, les fossettes sensorielles placées
sur les lèvres des pythons et qui, en captant les sources de chaleur
les aident à repérer leur proie, les hémipénis,
spécifiques aux serpents, ou encore les mâchoires «
extensibles » qui leur permettent d'avaler des animaux de la taille
d'un cochon, d'un chien ou même d'une antilope.
Les serpents, qui dérivent des lézards après avoir
subi d'importantes modifications, nous intriguent, à la fois par
leur comportement végétatif (un serpent peut rester immobile
pendant des jours, voire des semaines entières) et leur caractère
néanmoins menaçant. Morsures et venins représentent
un danger bien réel même si l'auteur nous rassure en détruisant
le mythe du serpent-minute : l'injection de venin n'est jamais inéluctable,
le taux de décès est inférieur à 30 % en cas
d'envenimation et en l'absence de traitement, les délais de réaction
entre l'injection et le décès sont de plusieurs heures.
Les venins, qui ne sont pas étudiés en tant que tels dans
l'ouvrage, sont composés de substances chimiques neurotoxiques
paralysantes (cobras) ou bien qui provoquent des nécroses et empêchent
la coagulation du sang (vipères). Certains venins peuvent être
très toxiques pour une espèce animale et moins pour d'autres
espèces animales ou pour l'homme. Les Viperidæ possèdent
l'appareil venimeux le plus sophistiqué, conjuguant dents, crochets
et venin d'une redoutable efficacité.
La composition des espèces varie en fonction de la végétation
et du climat. Certains biotopes favorisent la densité d'espèces
particulières, comme, par exemple, les bananeraies de Côte
d'Ivoire où prolifère Causus maculatus, genre de
la famille des Viperidæ. Les accidents surviennent généralement
au cours d'activités agricoles ; les morsures sont d'autant plus
graves que les infrastructures sanitaires sont souvent insuffisantes et
démunies de sérums antivenimeux.
* Jean-Philippe Chippaux, docteur en médecine, docteur en santé
publique, entomologiste médical, est directeur de recherche à
l'IRD. Il a séjourné en Côte d'Ivoire, en Guyane,
au Bénin, au Cameroun, et dirige, depuis 1994, le Centre de recherches
sur les méningites et les schistosomiases de Niamey (Niger). Ses
travaux herpétologiques lui ont valu de recevoir le prix Noury-Lemarie
de la Société de pathologie exotique en 1983.
Agroéconomie des oasis
Éditeurs scientifiques : M. Ferry, S. Bedrani,
D. Greiner,
Montpellier, Cirad, 1999, 230 p.
Diffusion : Librairie du Cirad, 2477, avenue du Val- de-Montferrand, BP
5035, 34032 Montpellier Cedex 1, France.
ISBN : 2-87614-365-8
Cet ouvrage est consacré à l'analyse de données
socio-économiques des oasis. Il regroupe des bilans de situation
d'oasis, essentiellement en Afrique au nord et au sud du Sahara, mais
aussi en Espagne et en Californie. Des études de cas détaillent
le contexte économique et social de fonctionnement des oasis et
des systèmes de production. Ce sont des expériences diversifiées
de prise en compte du rôle de l'agriculteur d'oasis, de ses contraintes
et de ses objectifs. L'analyse des différentes composantes des
systèmes de production oasiens est un exercice encore peu pratiqué
par les structures de recherche et de développement qui se consacrent
aux zones arides. On trouvera donc ici quelques tentatives d'analyse globale
pour élaborer des propositions d'action et des éléments
d'aide à la décision à l'usage des multiples acteurs
des oasis.
L'eau
Sous la direction de Gérard Grosclaude
Collection « Un point sur... »
Tome 1 : Milieu naturel et maîtrise, 1999, 204 p., 16 x 24, broché,
175 F
ISBN : 2-7380, 0855-0 ;
Tome 2 : Usages et polluants, 1999, 208 p., 16 x 24, broché, 175
F
ISBN : 2-7380-0864-X
Prix spécial pour les 2 tomes : 300 F
ISBN pour les 2 tomes : 2-7380-0854-2
INRA Éditions.
Sans prétendre à l'exhaustivité, cet ouvrage synthétique
traite, avec un vocabulaire simple, de l'eau dans son milieu naturel,
de son usage par l'homme et de la pollution qui en résulte. L'ambition
des auteurs - chercheurs et ingénieurs, mais aussi industriels
et aménageurs - est de mieux informer le lecteur de la complexité
des problèmes liés à l'eau et de proposer un outil
de travail pour aborder un domaine essentiel de notre environnement.
Le premier tome, Milieu naturel et maîtrise, expose le cycle et
l'histoire de l'eau ainsi que les relations entre eau, sol et biosphère.
Il traite des milieux aquatiques et des poissons, des rapports de l'eau
avec les plantes, de l'irrigation et du drainage.
Le second tome, Usages et polluants, aborde plus particulièrement
la gestion et le droit de l'eau, les aspects alimentaires, les questions
de pollution, traitement et épuration.
L'ensemble de l'ouvrage apporte les bases indispensables et constitue
une bonne approche scientifique et technique pour le grand public. Il
s'adresse en particulier aux enseignants, aux professionnels de l'eau
et des métiers de l'environnement et à tous ceux qui ne
doivent pas ignorer les problèmes de l'eau : représentants
des collectivités publiques, journalistes, responsables agricoles...
Plan de l'ouvrage
Tome I : Milieu naturel et maîtrise
Préface
1. Le cycle de l'eau
Le cycle de l'eau dans l'atmosphère et le sol. Bilans hydriques.
Précipitations, ruissellement, stockage.
2. L'histoire de l'eau
L'humanité et l'histoire de l'eau : l'eau amie, ennemie, marchandise.
L'eau victime de la pollution.
3. L'eau et le sol
Le bassin versant. Fonctionnement hydrologique du sol (rétention
et migration de l'eau, pouvoir épurateur). Les ressources en eau.
Excès et manque d'eau.
4. L'eau et la biosphère
Climats et microclimats. Transferts hydriques sol/végétal/atmosphère.
Bilan hydrique des cultures et des forêts. Télédétection.
5. Les zones humides
Définition et typologie des zones humides. Inventaire. Origine,
gestion et fragilité des zones humides.
6. Les milieux aquatiques
La diversité des milieux aquatiques : caractéristiques,
fonctionnement. La vie aquatique. L'évolution du milieu et sa gestion.
7. L'eau et le poisson
Exigences des différentes espèces (survie, croissance,
reproduction). Les pollutions. L'exploitation du poisson (élevage,
pêche).
Gestion des plans et cours d'eau.
8. L'eau et les plantes
Les fonctions de l'eau dans la plante. Fonctionnement hydrique des couverts
végétaux. Transferts sol/plante/atmosphère. Eau et
production végétale. Sécheresse.
9. L'irrigation
Les besoins en eau des cultures (évaluation, détection).
Les techniques d'irrigation (gravitaire, aspersion, micro-irrigation).
Pilotage de l'irrigation, gestion de l'eau.
10. Le drainage
Pourquoi drainer ? Les techniques de drainage et l'aptitude du sol au
drainage. Incidence du drainage sur l'environnement (paysage, qualité
des eaux, crues).
Lexique
Tome II : Usages et polluants
Introduction
1. Les acteurs de l'eau
L'eau bien patrimonial. Les multiples implications de l'eau. La gestion
de l'eau, acteurs et usagers. Qui fait quoi ?
2. Le droit de l'eau
Droits maintenus par la loi de 1992 et les droits nouveaux. Droit de
propriété et de riveraineté. Le nouveau droit d'usage.
Application de la loi de 1992.
3. L'eau dans l'alimentation
Caractéristiques physico-chimiques, normes. L'eau dans l'organisme
: rôle, répartition et besoins. Teneur en eau des aliments.
Eaux de consommation.
4. L'eau dans l'agro-alimentaire
Aliments solides et liquides. Pourquoi et comment enlever l'eau ? Pourquoi
et comment rajouter de l'eau ? L'eau fluide industriel.
5. La pollution nitrique des eaux
Situation actuelle de la pollution nitrique. Le mécanisme de
la pollution. Le lessivage de l'azote, incidence des pratiques culturales.
6. La pollution des eaux par les phosphates
Le régime des eaux de surface (courantes, stagnantes). Origine
des phosphates dans l'eau et leur action sur le milieu aquatique. Prévention
et remèdes.
7. Les polluants agricoles de l'eau (phytosanitaires)
Comportement des produits phytosanitaires dans le sol. Leur utilisation.
Fixation, migration et dégradation. Toxicité et pollution
des milieux aquatiques.
8. Les polluants industriels et urbains de l'eau
Les pollutions urbaines : eaux pluviales et eaux usées (volume
et nature des polluants). Les polluants industriels : nature et origine.
9. Les traitements de potabilisation de l'eau
Histoire du traitement de l'eau. L'évolution des traitements.
L'élimination de la pollution organique et la désinfection.
Distribution de l'eau potable.
10. L'épuration des eaux usées
Caractéristiques des effluents et normes de rejet.
Le traitement des eaux résiduaires (prétraitement, matières
en suspension, traitements biologiques).
Le traitement des boues (épaississement, stabilisation, déshydratation).
Lexique
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