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Science et changements planétaires / Sécheresse
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Evaluation et suivi des plans d'eau de surface par télédétection dans le bassin de Loumbila au Burkina Faso


Science et changements planétaires / Sécheresse. Volume 12, Numéro 1, 31-6, Mars 2001, Note méthodologique


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Ibrahim BOUZOU MOUSSA, André NONGUIERMA, Antoine ROYER, Corentin Y.S. SOME, Département de géographie, Faculté des lettres et des sciences humaines, Université de Niamey, Niger..

Résumé : Dans les pays du Sahel, l'approvisionnement en eau potable des populations rurales et urbaines est une préoccupation majeure. Le Burkina Faso n'échappe pas à cette règle. Pour résoudre ces problèmes, une des solutions adoptées est la mobilisation des eaux de ruissellement à travers la multiplication des barrages. La mise en place d'un système d'information géographique sur les plans d'eau de surface du bassin de Loumbila, à partir d'images satellitaires diachroniques, permet de comprendre que la concurrence entre les petits et les grands barrages explique tout le problème de la satisfaction des besoins en eau d'une grande ville comme Ouagadougou. Il s'inscrit aussi dans la problématique générale de l'insuffisance de données actualisées qui limitent la capacité de décision sur la gestion des ressources hydriques de surface. La méthodologie est fondée sur la classification des images, étant entendu que les plans d'eau constituent une surface aux comportements spectraux différents de ceux des autres surfaces. Elle permet d'extraire les surfaces hydriques des images satellitaires et de s'en servir comme charpente d'un système d'information géographique sur les plans d'eau de surface. Il ressort de cette étude que les surfaces d'eau ont une signature spectrale particulière qui permet, par classification, de les isoler des autres surfaces et que cette particularité s'exprime mieux dans le proche et moyen infrarouge. La classification dirigée est celle qui fournit les résultats les plus contrôlés. Le suivi de l'évolution du nombre et de la superficie des plans d'eau est une des possibilités qu'offre cette méthode.

Mots-clés : Eau et gestion de l'eau ; Images satellitaires et géomatiques.

Illustrations

ARTICLE

Dans un contexte de rareté de la ressource hydrique et de concurrence entre centre urbain et milieu rural, constituer un inventaire des plans d'eau et suivre leur évolution au cours du temps sont des préalables indispensables pour une gestion rationnelle de l'eau. La télédétection appuyée par des moyens informatiques relativement modestes a permis l'évaluation et le suivi des plans d'eau de surface dans le bassin de Loumbila au Burkina Faso.« Chaque année, des centaines de villages sahéliens et soudaniens attendent anxieusement la pluie. Lorsqu'elle survient, au bout d'une longue impatience, elle s'enfuit à peine tombée (...) [2]. » Les villes également ne sont pas épargnées et vivent dramatiquement la pénurie d'eau [3]. Des villes comme Ouagadougou, qui ne sont traversées par aucun cours d'eau pérenne et qui dépendent essentiellement des eaux de ruissellement collectées dans des barrages, vivent à l'instar des villages « la peur de l'eau ». Ainsi, malgré une politique de construction de nombreux barrages, entreprise depuis la grande sécheresse de 1973-1974 (1 114 recensés en 1996 par la Direction de l'inventaire des ressources hydrauliques), la crise de pénurie d'eau a touché son comble dans la capitale, Ouagadougou, pendant les mois d'avril et juin 1998. Ceci a contraint les autorités du pays à recourir, d'une part, à la technique des pluies provoquées, pour permettre le remplissage des barrages servant à l'alimentation de la capitale et, d'autre part, à la construction d'un nouveau barrage (celui de Ziga) pour augmenter la capacité d'emmagasinage des eaux.

Dans un tel contexte de rareté des ressources hydriques, tenir et mettre à jour un inventaire des plans d'eau et évaluer régulièrement les quantités disponibles dans les réservoirs constituent un préalable indispensable à une gestion rationnelle.

C'est dans cette problématique que s'inscrit cet article [1].

Par suivi et évaluation on comprend l'acquisition permanente de connaissances sur les plans d'eau et la détermination des valeurs de certaines de leurs caractéristiques. La télédétection et un système d'information géographique sont utilisés.

L'objectif global de ce travail est de :

- mettre en place une méthode opérationnelle d'identification, de reconnaissance, d'inventaire, de cartographie et d'évaluation des plans d'eau de surface à partir d'images satellitaires ;

- concevoir un SIG sur la dynamique des plans d'eau de surface.

Il s'agit en fait de permettre le recensement des points d'eau pour assurer leur surveillance et de montrer qu'il existe une compétition entre les petits points d'eau disséminés sur l'ensemble du bassin versant et les grands devant assurer l'alimentation en eau des grandes villes comme Ouagadougou.

On admet que :

- tous les plans d'eau réagissent de la même manière face aux radiations électromagnétiques (en d'autres termes, leurs signatures spectrales sont quasi identiques) et que la signature spectrale des plans d'eau est différente de celle des autres surfaces du paysage ;

- il semble possible d'extraire des images de tous les plans d'eau de surface. La signature spectrale servirait alors de moyen d'identification, de reconnaissance et d'inventaire. Comme les enregistrements se font par pixels de dimensions connues, on utilisera ces derniers pour définir les caractéristiques géométriques des plans d'eau inventoriés.

Présentation du site

Le bassin de Loumbila est situé au centre du Burkina Faso, entre 1°18'36" et 1°54'43" de longitude ouest, et 12°25'30" et 12°49'4" de latitude nord (figure 1). Le bassin de Loumbila est parmi les régions rurales les plus peuplées du Burkina Faso ; il est, de plus, proche de Ouagadougou, le plus important centre urbain du pays. On comptait, dans ce bassin, 814 104 habitants en 1996, répartis dans quatre provinces, 22 départements et communes, qui vivent des eaux du bassin versant de Loumbila [4].

D'une superficie d'environ 2 000 km2, il s'étend sur les provinces du Kadiogo, de l'Oubritenga, du Boulkiemdé et du Kourwéogo. Il est situé entre les isohyètes 700 mm et 1 000 mm [5]. La saisonnalité climatique est marquée par une pluviométrie à deux saisons clairement tranchées. La première, sèche, s'étale d'octobre à mars ; la seconde, pluvieuse et chaude, de mai à octobre. La température moyenne annuelle, calculée sur la période de 1961 à 1990, est de 28,2 °C. Pour la même période, les températures moyennes mensuelles présentent deux maxima. Le premier situé au mois d'avril est de 32,5 °C et le second, au mois d'octobre, s'élève à 29 °C. Les températures les plus basses sont atteintes en janvier (24,6 °C) en août (26,4 °C) et sont toujours supérieures à 18 °C. La répartition de l'ETP, comme celle des températures, est bimodale. Les maxima d'ETP interviennent dans la troisième décade de mars (75,4 mm) puis dans la troisième décade d'octobre (63,4 mm), tandis que leurs minima sont relevés pendant la première décade d'août (34,1 mm) et la deuxième décade de novembre.

Matériel et méthodes

Le matériel suivant a été utilisé pour réaliser cette étude.

* Trois images HRV de SPOT XI et XS dont les caractéristiques sont données dans le tableau.

* Trois bases de données ont été réalisées : la première nommée « inventaire 96 », en 1996, par la Direction de l'inventaire des ressources hydrauliques, la deuxième du nom de « retenue » en 1993, par la même institution, la troisième appelée « Bndb200 » réalisée à partir des cartes de l'IGN au 1/20 000 de 1984.

* Un ordinateur de type Pentium sous environnement Windows NT avec les logiciels suivants : ERDAS Imagine version 8.3.1 pour le traitement des images satellitaires ; ARC-VIEWS version 3.0a pour les traitements cartographiques ; Microsoft EXCEL version 7.0 pour le traitement des données tabulaires et graphiques.

* Un GPS (Global Position System) Silva Compas XL1000 et un appareil photo CANON ESO 500N/500N QD ont servi respectivement à la mesure des coordonnées et à la prise de vues sur le terrain.

La méthode fondée essentiellement sur le traitement des images, s'articule autour de trois points principaux :

- le traitement, l'analyse et l'interprétation des images ;

- l'évaluation des surfaces d'eau ;

- la vérification et la validation des résultats sur le terrain.

Quatre profils spectraux ont été réalisés sur chaque image et recoupent les barrages de Loumbila, de Donsé, de Morin et Ouaga III. L'objectif de ces profils est d'étudier la signature des surfaces d'eau par rapport aux autres surfaces du paysage.

Résultats

L'analyse des signatures a permis de montrer la variabilité spatio-temporelle du comportement spectral des plans d'eau. Elle a également mis en relief une homogénéité relative des signatures des plans d'eau dans les différents canaux. Cette homogénéité est plus marquée dans le proche et le moyen infrarouge où les surfaces d'eau ont une absorption beaucoup plus élevée que les surfaces environnantes, même si les valeurs de réflectance ne sont pas strictement les mêmes dans toutes les images. Partant de ces conclusions, on peut déduire que :

- il est théoriquement possible d'extraire, de toutes les images, toutes les surfaces qui ont la même signature que les plans d'eau, à travers une classification consistant à regrouper les valeurs de réflectance en classe, en fonction de critères préétablis ;

- cette classification devrait se faire, image par image, de façon à respecter la variabilité spatio-temporelle de la signature spectrale de plans d'eau mis en exergue dans cette analyse ;

- enfin, les résultats de l'analyse de signature imposent à considérer les bandes 3 et 4 comme canaux préférentiels pour l'extraction des plans d'eau.

Les classifications supervisée et non supervisée ont permis de générer onze couvertures cartographiques pouvant servir de charpente à un SIG. Il ressort clairement qu'il n'y a aucune confusion possible entre les surfaces d'eau et les autres surfaces (figure 2). Ceci est démontré par les deux images d'avril 1998 et d'octobre 1998 où sont matérialisés les états de surface conditionnant le ruissellement dont les principaux sont : les cultures et les sols nus, la végétation et l'habitat. Les cartes des plans d'eau, générées à partir de classifications, sont en implantation zonale (représentation surfacique des phénomènes utilisée en cartographie). Ce type d'implantation recourant à une représentation du phénomène sur la totalité de l'espace géographique qu'il couvre, il est alors possible d'envisager le suivi des plans d'eau en considérant, d'une part, la surface totale d'eau par simple planimétrie et, d'autre part, le nombre de plans d'eau sur une période donnée. Les deux types de suivi ont été appliqués sur deux périodes et deux espaces différents : un suivi inter-annuel pour l'évolution du nombre de plans d'eau sur la période allant de 1986 à 1998 sur la surface commune aux images XI271098 et XS011286 ; un suivi intra-annuel (du 3 avril au 27 octobre 1998) pour l'évolution de la superficie des plans d'eau et couvrant la surface commune aux images XI271098 et XI030498.

Le nombre de plans d'eau est passé de 21 en 1986 sur une superficie de 1 342,31 km2, à 37 en 1998, soit une augmentation de 76,2 %. Ce qui correspond à environ quatre nouveaux plans tous les 3 ans.

L'évolution des superficies des plans d'eau, entre avril et octobre sur le bassin de Loumbila, est marquée par une diminution de 87,6 %, avec 258,5 ha sur 1 plan d'eau en avril, contre 2 094 ha répartis sur 32 plans d'eau en octobre. C'est donc un seul plan d'eau qui résiste à l'assèchement saisonnier.

Sur l'ensemble de la zone couverte par les images d'avril et d'octobre, la diminution de la superficie des plans d'eau est de 87,4 %, avec 3 495,1 ha répartis en 65 plans d'eau, contre 438,5 ha repartis en 5 plans d'eau. Ce qui revient à dire que 7,7 % des plans résistent à la sécheresse.

Ce type de suivi peut être appliqué, plan d'eau par plan d'eau. Dans le cas du barrage de Loumbila par exemple, la superficie couverte par l'eau était de 1 375,3 ha en octobre 1998. En avril de la même année, cette superficie était de 258,5 ha. La réduction du plan d'eau du barrage de Loumbila entre la fin de la saison des pluies (octobre) et la fin de la saison sèche (avril) est de 81,2 %.

Discussion

Pour vérifier les résultats des classifications, un échantillon de 52 points a été visité pour contrôler sur le terrain les classifications. Ces contrôles ont permis de relever un taux d'omission de 7,7 % (ce qui signifie qu'avec la classification, on n'a pas pu identifier tous les plans d'eau) ; mais aussi un taux de confusion nul (qui signifie que tous les plans d'eau identifiés par la classification existent). Ces 7,7 % d'omission correspondent à des plans d'eau à fort couvert végétal, soit 4 sur 52. Ce problème d'omission est courant en télédétection ; il est signalé par de nombreux auteurs [6-10].

Cette vérification a permis également de se rendre compte que les bases de données existantes comportaient des fautes de positionnement : 10 plans d'eau ont été repérés comme mal localisés par les coordonnées des bases de données. Ces dernières comportent aussi des informations dépassées : certains plans d'eau signalés dans les bases n'existent plus, soit parce qu'ils sont détruits (barrages de Kamboinsé II, de Golmido, de Larweogo), soit parce qu'ils sont envasés (celui de Dawanégomdé).

Pour ce qui est de la précision de la méthode, elle concerne aussi bien la localisation des plans d'eau que leur étendue. La précision de la localisation des éléments, dans un système de coordonnées, est d'une aussi grande importance que la superficie minimale qu'ils doivent avoir pour être pris en compte par la méthode. La précision maximale de la localisation ne peut être meilleure à la résolution spatiale de l'image et on estime que la précision est de l'ordre de 2 à 3 pixels pour les cartes obtenues à partir d'image HRV de SPOT, soit environ 50 m [6]. Cette précision dépend de celle des sources cartographiques ou des outils d'acquisition des coordonnées des points de calage (GPS), le plus important n'étant pas la précision en tant que telle, mais la connaissance de l'erreur à laquelle on doit s'attendre. Dans ce document, la précision des éléments doit être perçue à deux niveaux : sur les bases de données et des couvertures cartographiques qu'elles ont permis de générer, et la précision des points dont les coordonnées ont été acquises avec le GPS SILVA XL 1000, dont la précision est de 300 m au minimum.

Pour être détectables à partir d'images HRV de SPOT [6], les plans d'eau doivent avoir au moins une superficie supérieure à celle de 4 pixels contigus, soit un carré de 0,16 ha, d'où un seuil minimal de détectabilité de 0,25 ha. Une étude antérieure [7] fixait la limite à 0,5 ha. En fait, après le traitement des images, la superficie minimale détectée est de 192 m2. Une sous-estimation de la superficie des plans d'eau, de l'ordre de 70 %, due aux effets de bordure pouvait intervenir dans le cas d'une interprétation visuelle [8]. En majorant la superficie minimale détectée de 70 % on atteindrait donc 280 m2. Mais, compte tenu du fait que nous n'avons effectué aucune mesure de superficie sur le terrain, nous retiendrons le seuil de 0,5 ha [7] parce qu'elle est la plus proche de la superficie la plus petite identifiée par la classification.

Ces précautions d'ordre géométrique étant prises, elles affranchissent des incertitudes liées à la localisation et à la superficie minimale que doit avoir un plan d'eau pour être détectable. Il reste cependant des dispositions d'ordre spectrale à prendre en compte pour faciliter l'extraction des surfaces d'eau. Ainsi, le proche et le moyen infrarouge sont les bandes indiquées pour l'identification et l'extraction des plans d'eau. L'analyse de signature spectrale a montré que l'eau a une forte absorption d'énergie dans ces longueurs d'onde, ce qui facilite sa discrimination par rapport aux autres surfaces. Cela est en conformité avec de nombreuses publications scientifiques antérieures [5-7, 10-16].

La classification dirigée est la plus appropriée pour l'identification des plans d'eau. Elle offre une plus grande marge de manœuvre à l'opérateur qui peut l'appliquer, dès lors qu'il connaît quelques surfaces d'eau de référence ou dès qu'il peut identifier, par interprétation visuelle, des surfaces d'eau avec un minimum de certitude. Quant à la classification non dirigée, en réduisant le nombre de classes, elle peut faciliter l'interprétation et aider à mieux délimiter les aires d'entraînements devant servir à la classification dirigée.

Enfin, les grandes différences observées entre octobre et avril s'expliquent par le régime hydrologique des cours d'eau de la zone d'étude, qui est tropical à un seul maximum. La très forte évaporation est responsable de la baisse des volumes d'eau jusqu'à 80 à 95 % [8]. Les effets combinés de la forte évaporation et de la multiplication des réservoirs d'eau implantés dans le bassin versant expliquent aisément les problèmes de pénurie d'eau de la capitale Ouagadougou.

CONCLUSION

De cette étude méthodologique qui a été réalisée sur le site du bassin de Loumbila, au Burkina Faso, on retiendra que :

- les plans d'eau de surfaces ont des signatures spectrales différentes de celles des autres surfaces terrestres ;

- la particularité spectrale des plans d'eau s'exprime mieux dans le proche et le moyen infrarouge ;

- on peut élaborer, à partir des images HRV de SPOT, des cartes de plans d'eau de surfaces par classification et s'en servir comme charpente de SIG sur les plans d'eau ;

- il est possible de suivre dans le temps, à partir de ces images, l'évolution du nombre de plans d'eau de surface ainsi que des superficies qu'ils couvrent dans un espace donné.

Cette méthode, appliquée au bassin de Loumbila au Burkina Faso, a permis de mettre en évidence 438,56 ha de superficie d'eau, répartis en 5 plans d'eau le 3 avril 1998 ; 3 495,15 ha de surface d'eau, répartis en 65 plans d'eau le 27 octobre 1998. Ce qui correspond à une diminution de 87,4 % des superficies des plans d'eau entre octobre (fin de saison de pluies) et avril (saison sèche). On a pu ainsi déterminer le pourcentage de réservoirs disposant encore d'eau au mois d'avril. Il est de 7,7 % sur l'ensemble de la zone couverte par les images d'octobre et d'avril 1998.

Sur le barrage de Loumbila, la diminution de la superficie du plan d'eau est de 81,2 % entre la fin de la saison des pluies et la fin de la saison sèche.

L'application de cette méthode a permis de mettre également en exergue l'augmentation du nombre de plans d'eau de surface, de 21 en 1986 à 37 en 1998 sur une superficie de 1 342,31 km2.

L'évaluation de la méthode a mis en évidence un taux d'omission de 6 %, correspondant aux plans d'eau couverts par la végétation. De plus, l'analyse de la matrice de confusion a montré la possibilité de confusion des surfaces d'eau avec d'autres surfaces. Elle a également permis d'observer que, malgré le fait que les signatures spectrales des surfaces d'eau se distinguent des autres surfaces à plus de 98 %, elles n'ont pas strictement la même signature.

Aussi, nos suggestions vont-elles dans le sens de l'amélioration de cette méthode, de façon à mettre au point une technique éprouvée permettant de contourner efficacement le problème de détection des plans d'eau lié à la présence d'une végétation importante. Des études méthodologiques devraient également se faire en vue de déterminer la superficie minimale à partir de laquelle un plan d'eau peut être détecté avec les images HRV de SPOT. Enfin, la recherche peut également se faire dans le sens de l'étude de la qualité des eaux de surfaces, en raison de la diversité de signature de plans d'eau.

Mais au-delà des limites observées, l'intérêt de la mise au point d'un tel outil revêt une importance capitale. En effet, il a permis d'appréhender les problèmes qui se posent à la satisfaction des besoins en eau d'une grande ville comme Ouagadougou. Ces problèmes identifiés par le suivi interannuel et intra-annuel des plans d'eau dans le bassin de Loumbila se résument à une forte évaporation (7,7 % des plans d'eau résistent à la sécheresse) mais surtout à leur multiplication.

Le présent article est une synthèse d'une étude réalisée dans le cadre d'un DESS au CRESA de la Faculté d'agronomie de l'Université Abdou-Moumouni de Niamey [1] et qui s'intègre dans un projet conjoint DIRH, Centre régional AGRHYMET. L'étude a bénéficié de l'appui financier de la
Coopération française.

REFERENCES

1. Somé YSC. Évaluation et suivi des plans d'eau de surface par télédétection dans le bassin de Loumbila au Burkina Faso. Mémoire de DESS, Faculté d'agronomie, CRESA, CILSS, AGRHYMET, 2000 ; 83 p.

2. Chleq J, Dupriez H. Eaux et terres en fuite. Métier de l'eau. Éditions Terres et vie. ENDA, Harmattan, 1986 ; 128 p.

3. Bechler-Carmaux N, Lamotte M, Mietton M. Le risque de pénurie en eau potable dans la ville de Niamey (Niger). Sécheresse 1999 ; 10 : 281-8.

4. Institut national de la statistique et de la démographie. Recensement général de la population et de l'habitat au Burkina Faso, résultats définitifs, 1996 ; 46 p.

5. Nguetora M. Concept et méthodes de gestion des eaux en milieu semi-aride à l'aide d'un système d'information géographique. Application au Bassin du Massili au Burkina Faso. Thèse de doctorat, département du génie rural, École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), 1999 ; 161 p.

6. Cemagref, Engref. Évaluation de la disponibilité en eau des plans d'eau au Niger par télédétection, Étude de faisabilité, rapport de synthèse, document provisoire. 1991 ; 59 p. + annexes.

7. Cemagref, Engref. Cartographie et inventaire des plans d'eau à partir d'images SPOT. Exemple du département des Landes. 1988 ; 28 p.

8. Prévost C, Toe R, Yergeau M. Suivi diagnostic des plans d'eau par imagerie satellitaire, région de Pissila, Haute Volta. CRTO, 1981 ; 35 p.

9. Nonguierma A. Critères d'utilisation de la télédétection pour une mise en valeur des bas-fonds et la caractérisation de leur bassin versant. Application à la région de la Comoé au Burkina Faso et à la région de Sikasso au Mali. CEA en Télédétection et Aménagement. Faculté Sci Agron Gembloux, Dept génie rural, 1991 ; 124 p.

10. Bonn F. Précis de télédétection. Volume 2. Applications thématiques. AUPELF-UREF. Les Presses de l'université du Québec, Québec, 1996 ; 633 p.

11. Bonn F, Rochon G. Précis de télédétection. Volume 1. Principes et méthodes. AUPELF-UREF. Les Presses de l'université du Québec, Québec, 1992 ; 485 p.

12. Naizot T, Picon B, Chatelain A. La Camargue, nature jardinée ou jardin naturelle ? Extension rizicole et devenir d'une zone humide 1984-1994. Photo-interprétation 1997 ; 35 : 9-15.

13. Brouchoud H, Menanteau L, Thomas FY. Emploi de la télédétection spatiale pour le suivi des développements de l'aquaculture semi-intensive : application au littoral de la province de Huela (Andalousie, Espagne). Photo-interprétation 1997 ; 35 : 42-6.

14. Seguis L, Chevillotte H, Gascuel C, Boivin P, Braudeau E. Contribution de l'imagerie satellitaire à l'optimisation des aménagements hydro-agricoles dans la moyenne vallée du Sénégal. In : Télédétection et cartographie. AUPELF-UREF. Les Presses de l'université du Québec, Québec, 1993 : 129-37.

15. Seguis L. Modélisation de la signature spectrale d'eau continentale par prise en compte de l'épaisseur de la tranche d'eau, de la nature du fond et la concentration de matière en suspension : exemple du fleuve Sénégal. In : Télédétection des ressources en eau. Actes des journées scientifiques de Tunis ; Actualités scientifiques. AUPELF-UREF, Les Presses universitaires du Québec, 1993 : 135-50.

16. Carrette J, Puech C. Fiches méthodologiques d'utilisation de la télédétection satellitaire et aérienne pour l'aménagement des petits bassins versants en Afrique de l'Ouest. Guide pratique pour études et formation à l'attention des opérateurs nationaux chargés de l'aménagement rural. Ministère de la Coopération ; sous la direction du développement économique et de l'environnement, 1994 ; 149 p.


 

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