ARTICLE
ocl.2012.0427
Auteur(s) : Franck Dumeignil franck.dumeignil@univ-lille1.fr
Université Lille Nord de France,
F-59000,
Lille,
France ;
CNRS UMR8181,
Unité de Catalyse et Chimie du Solide,
UCCS,
F-59655 Villeneuve d’Ascq, France ;
Institut Universitaire de France,
10, Boulevard Saint-Michel,
75005 Paris,
France
Le ricin (Ricinus Communis), ou castor oil plant
en anglais, est une euphorbiacée qui, bien que se présentant plutôt
sous la forme d’un arbuste dans les zones tempérées, peut se
développer dans les zones tropicales – dont il est
natif – sous la forme d’un arbre pouvant atteindre plus de
10 m de haut. Ses feuilles, vertes ou rouges suivant les
variétés et la maturité de la plante, sont dentées et
palmatilobées. La floraison se fait grâce à des fleurs femelles et
mâles regroupées en cyathes. Les graines, riches en triglycérides,
luisantes et de couleur grisâtre/marron clair marbrée de tâches
brunâtres, sont enfermées par trois dans des fruits qui prennent la
forme de capsules tricoques hérissées de pointes (figure
1).
Point historique
On trouve des traces de l’utilisation du ricin en Égypte à
partir de 4 000 ans avant Jésus-Christ. À l’époque, l’huile
était principalement utilisée pour alimenter des lampes. En dépit
de sa toxicité, inconnue à l’époque, l’huile de ricin était aussi
dédiée à des usages cosmétiques : on rapporte que Cléopâtre en
utilisait une goutte pour faire briller le blanc de ses yeux et
s’en servait aussi comme démaquillant. Ses vertus laxatives étaient
également déjà connues dans l’Égypte ancienne, puisqu’elles sont
par ailleurs décrites dans l’Ebers Papyrus, l’un des plus
anciens traités médicaux jamais recensés, daté d’environ 1550 avant
Jésus-Christ. C’est aussi dans ces temps anciens, vers 2 000
ans avant Jésus-Christ, que l’on retrouve trace d’usages
équivalents de l’huile de ricin en Inde, comme combustible dans les
lampes à huile, en médecine comme laxatif, mais aussi comme composé
de choix pour la guérison des arthroses selon la médecine
ayurvédique. La Chine s’est par ailleurs aussi intéressée, un peu
plus tard semble-t-il, au ricin dont elle a importé la culture
depuis l’Inde il y a environ 1 400 ans, à l’époque pour des
usages médicaux mais aussi culinaires. Plus récemment, les
propriétés extrêmement toxiques du ricin ont été exploitées à des
fins coercitives pendant les heures noires de l’Italie sous la
dictature de Mussolini. Dans la même veine d’usage à des fins peu
glorieuses, on peut aussi mentionner, par exemple, le tristement
célèbre coup du « parapluie bulgare » en pleine guerre
froide à Londres en 1978, lors duquel l’écrivain dissident bulgare
Georgi Markov s’est vu administrer en pleine rue une dose létale de
ricine dans le mollet à l’aide d’un parapluie à l’embout trafiqué.
On ne sera ainsi pas étonné que l’huile de ricin soit classée parmi
les huiles dites « non alimentaires ». Les propriétés
agronomiques de la plante de ricin qui offre d’importants
rendements en huile, sont un facteur supplémentaire qui légitimise
l’huile de ricin comme molécule de base très intéressante pour des
utilisations dans le domaine de la chimie.
Production
Le ricin est une plante qui s’est à l’origine développée en
Égypte, en Éthiopie et en Inde mais dont la culture s’est ensuite
étendue à de nombreux autres pays. La figure 1 donne la
production de graines de ricin telle que reportée pour l’année
2006. L’Inde y domine le marché mondial de manière écrasante, en
fournissant près de 70 % (830 kt/an) des graines
disponibles dans le monde. Elle est suivie de la Chine qui,
rappelons-le, a importé la culture du ricin depuis l’Inde il y a
environ 1 500 ans, avec 18 % de la production
mondiale (210 kt/an), soit près de quatre fois moins que
l’Inde. Malgré ce deuxième rang, la production ne suffit pas à
alimenter le marché interne et la Chine est un importateur net. Le
troisième acteur significatif du secteur est le Brésil, avec
environ 8 % du marché mondial (91,5 kt/an), alors qu’il
était à la première place il y a une trentaine d’années. Les autres
producteurs ne représentent chacun guère plus de 1 % de la
production mondiale. Notons que l’Égypte et l’Éthiopie, bien que
berceaux historiques supposés du ricin, n’ont pas tiré partie par
la suite de cette ressource potentielle de revenus et se cantonnent
maintenant à de petits volumes, très largement dépassés par l’Inde
et la Chine. Par ailleurs, notons que les États-Unis ont un temps
été parmi les plus importants producteurs de ricin mais les
circonstances économiques de 1972 les ont relégués au statut
d’importateur et ils dépendent maintenant de l’étranger pour leur
approvisionnement.
Un marché volatile
Le tableau 1 retrace l’évolution du
prix de l’huile de ricin depuis 2002 jusque janvier 2010. L’extrême
volatilité du marché y apparaît clairement, avec un prix très
raisonnable en 2002 de 675 US$/t, lequel augmentera
progressivement jusqu’en milieu d’année 2008 pour dépasser les
1 300 US$/t, avec un point culminant à
1 500 US$/t en juillet-août 2008 (tableau 2) soit largement le double du
prix moyen observé en 2002. Ces fluctuations très importantes du
coût de la matière première constituent un paramètre très important
qui peut gréver de manière imprévisible l’équilibre économique de
procédés de transformation avals, notamment par voie chimique.
Tableau 1 Évolution du prix de l’huile de ricin (prix
moyen pour un produit de qualité commerciale) – US$/t, FOB Bombay.
(Données extraites de Castor Oil Report, février 2011,
castoroil.in)
| Année |
2002 |
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
2007 |
2008 (Fév.) |
2008
(Juin) |
2009
(Janv.) |
2009
(Juin) |
2010
(Janv.) |
| Prix |
675 |
925 |
850 |
925 |
775 |
1 025 |
1 160 |
1 350 |
1 050 |
1 104 |
1 330 |
Tableau 2 Valeur des graines, de l’huile et du tourteau
de ricin lors du record de prix de juillet/août 2008 – US$/t, FOB
Inde. (Données extraites de Castor Oil Report, février 2011,
castoroil.in)
| Produit |
Prix |
| Graine |
700 |
| Huile |
1 500 |
| Tourteau |
110 |
En outre, le tableau 2, même s’il est
basé sur le cas particulier du point culminant de juillet-août
2008, montre que le prix à la tonne de l’huile de ricin est
environ le double de celui de la graine, tandis que le tourteau
vaut environ sept fois moins que la graine.
Extraction et purification de l’huile de ricin
Le procédé d’extraction de l’huile de ricin, présenté sur un
schéma de la figure
1 (inspiré de Mutlu et Meier, 2010), n’est pas
fondamentalement différent des procédés d’extraction conventionnels
des huiles, à ceci près que le caractère
« non-alimentaire » du ricin impose des conditions
d’hygiène et de sécurité particulières, à savoir une ligne de
production dédiée, complètement découplée des lignes de production
d’huiles alimentaires pour éviter toute contamination éventuelle de
ces dernières. Dans la suite, sont brièvement décrites les étapes
d’extraction et de purification de l’huile dans un procédé
opératoire « standard » qui peut donner lieu à des
variantes, suivant le but recherché.
Après nettoyage des coques suivi d’une opération de
décorticage/décoquillage, les graines ainsi obtenues sont broyées
en pulpe et pressées à l’aide d’une presse à vis sans fin, afin
d’en extraire l’huile de première pression qui peut être
optionnellement filtrée. La fraction d’huile encore présente dans
le résidu solide du pressage (tourteau composé des pulpes) est
ensuite extraite à l’aide d’un solvant, conventionnellement
l’hexane. L’huile d’extraction est alors récupérée par
distillation. Les traitements avals de l’huile de ricin obtenue
comprennent des étapes successives de dégommage (élimination
notamment des composés susceptibles de devenir insolubles comme les
phospholipides issus de la gangue externe des oléosomes, les
lipoprotéines…, par hydrolyse en milieu acide par exemple), de
neutralisation des acides gras libres (par traitement alcalin par
exemple), de désodorisation (par distillation sous vide partiel en
présence de vapeur d’eau), de décoloration (à l’aide d’un
adsorbant, par exemple terres décolorantes comme la terre de
foulon, charbon actif…), de filtration (élimination de cires, de
débris…) et éventuellement de séparation, si l’on veut récupérer
des composés spécifiques.
Revenons ici sur la toxicité du ricin. L’acide ricinoléique en
lui-même possède une action purgative assez dangereuse pour
l’organisme, mais c’est la ricine, protéine déjà évoquée plus haut,
qui est la plus dangereuse. C’est une toxine redoutable, présente
dans toute la plante, qui permet au ricin d’être référencé dans le
Guinness Book des Records comme la plante la plus vénéneuse
du monde. Et la nocuité du ricin ne s’arrête pas là car la plante
contient aussi un allergène…
Cette toxicité du ricin fait de ses produits dérivés (huile,
tourteau…) des composés de choix réservé à la chimie, les dangers
d’une utilisation pour des applications alimentaires étant bien
réels en cas de mauvaise manipulation. Mentionnons cependant les
efforts de recherche effectués pour créer des variétés dépourvues
de ricine.
Nature, composition et propriétés de l’huile de ricin ;
quelques mots sur les sous-produits du procédé
d’extraction-purification (figure
1)
Les graines de ricin contiennent environ 50∼70 % d’une
huile, un triglycéride dont les chaînes d’acide gras sont composées
à près de 90 % d’acide ricinoléique [acide
(9Z,12R)-12-hydroxyoctadéc-9-énoique], ce qui est
remarquable d’uniformité. Les acides oléique et linoléique sont les
deux autres composés significatifs, bien que présents en bien
moindres quantités : ils représentent respectivement environ 4
et 3 % des chaînes d’acides gras. Les autres composés, très
minoritaires, sont les acides palmitique, stéarique et linoléique,
qui représentent chacun moins de 1 %. Selon les données de
G.R. O'shea Company Vertelius, on trouve aussi de l’acide
éicosanoique et de l’acide dihydrostéarique en très faibles
quantités (non représentés sur la figure 1).
Cette uniformité de composition (grande majorité d’acide
ricinoléique) confère des qualités spécifiques à l’huile de ricin
que les autres huiles végétales ne possèdent pas. En effet, l’acide
ricinoléique possède une particularité unique, à savoir la présence
d’un groupement hydroxyle sur la chaîne grasse qui le distingue des
autres acides gras naturels qui, eux, en sont dépourvus. Au niveau
physico-chimique, cette caractéristique induit quelques propriétés
intéressantes et uniques. Ainsi, l’huile de ricin possède une
grande affinité pour les surfaces métalliques (qualités de
mouillage). Son point éclair est de seulement 229 ̊C, alors
qu’elle ne s’enflamme qu’à 449 ̊C. Par ailleurs, sa viscosité
très élevée en fait l’huile végétale la plus dense.
En plus de conférer des propriétés particulières à l’huile de
ricin, la présence d’un groupement hydroxyle ouvre des perspectives
supplémentaires de transformations chimiques comme nous le verrons
plus loin.
Concernant les sous-produits de la filière, ils sont issus du
procédé d’extraction de l’huile et comprennent des coques, le
tourteau, ainsi que des acides gras libres, des gommes, etc. La
présence de débouchés et le développement d’applications pour ces
sous-produits permettent de proposer un schéma intégré et ainsi
d’accroître la rentabilté économique de la chaîne globale de
transformation.
L’huile de ricin, un composé aux multiples applications
directes
L’huile de ricin est utilisée comme standard absolu pour les
mesures de viscosité grâce à ses propriétés physiques uniformes et
stables dans le temps. La présence de groupements hydroxyles
polaires permet à l’huile de ricin d’être directement compatible
avec une grande variété de résines naturelles et synthétiques, de
cires, de polymères et d’élastomères pour lesquels elle peut même
servir de plastifiant. L’huile de ricin possède aussi d’excellentes
propriétés comme émollient et lubrifiant, ainsi que de remarquables
propriétés de mouillage et de dispersion de colorants, pigments et
fillers. Dans cette section, nous allons décrire les applications
directes de l’huile de ricin, lesquelles peuvent être encore
diversifiées, comme nous le verrons dans la section suivante, par
la synthèse de produits chimiques dérivés aux propriétés
spécifiquement ajustées.
Ainsi, en plus des applications historiques décrites plus haut
(cosmétiques, combustible pour les lampes), la suite présente un
panel sérié d’applications directes :
- 1). comme lubrifiant : de par ses propriétés
spécifiques, l’huile de ricin possède un grand intérêt comme
lubrifiant. Elle fut utilisée par le passé pour l’aviation, mais
aussi dans les moteurs de véhicules personnels, et plus
spécifiquement dans les moteurs de voitures et motos de course
ainsi que dans les moteurs – plus particulièrement deux
temps – de modèles réduits, secteur dans lequel elle alimente
encore les débats. Dans cette application, malgré une excellente
tenue à haute température, elle possède cependant l’inconvénient
d’une oxydation relativement rapide qui donne lieu à la production
de gommes (d’où une utilisation plutôt dans les moteurs de
véhicules de compétition ou de modèles réduits pour lesquels le
démontage et le remontage du moteur sont fréquents). Ces gommes
sont réputées néfastes par leur action d’encrassement des moteurs,
même si certains soulignent leurs propriétés d’étanchéisation par
dépôt sur la surface interne des pistons. Notons que cette
propriété pourrait s’avérer très intéressante dans le cas de
moteurs rotatifs (en général à cycle de Robert et Wankel), dont
l’un des principaux soucis est justement l’étanchéité des segments
des chambres trochoïdes. Ainsi, l’huile de ricin a progressivement
cédé sa place à l’utilisation d’huiles minérales et synthétiques,
mais on la retrouve parfois en mélange avec ces dernières (surtout
dans les modèles réduits) ou sous une forme modifiée chimiquement
pour pallier ses inconvénients tout en continuant de bénéficier de
ses propriétés remarquables ;
- 2). en pharmacie : comme indiqué plus haut, les
vertus laxatives de l’huile de ricin sont connues depuis très
longtemps. Cependant, son utilisation pour cette application
s’avérant dangereuse en raison d’effets violents, son usage à effet
laxatif est maintenant formellement proscrit. En pharmacie, ce sont
maintenant plutôt ses propriétés en tant qu’excipient qui sont
utilisées, même si l’huile de ricin est officiellement classifiée
dans les « excipients à effet notoire » et ainsi
déconseillée, par exemple, aux enfants de moins de trois ans, en
raison de possibilités de troubles digestifs, d’eczéma en
application locale, de bouffées de chaleur, de difficultés à
respirer, et de chute de tension dans le cas d’administration par
injection ;
- 3). dans l’alimentation : l’huile de ricin est
référencée comme additif alimentaire dans le Codex Alimentarius
sous le numéro 1503, avec les catégories fonctionnelles
suivantes : antiagglomérant, substance inerte, émulsifiant et
agent de glaçage. Par ailleurs, la NGAA (Norme générale codex pour
les additifs alimentaires) autorise des concentrations maximales de
2 100 mg/kg dans les chewing-gums, 350 mg/kg dans le
cacao et les produits chocolatés, 500 mg/kg dans les
pâtisseries et les bonbons, et 1 000 mg/kg dans les
compléments alimentaires. Il semblerait par ailleurs qu’en Inde il
soit courant de mélanger jusqu’à 3 % d’huile de ricin avec les
huiles végétales comestibles.
Enfin, mentionnons que le tourteau de ricin est employé en
horticulture. En effet, outre ses qualités nutritives (engrais
azoté à minéralisation lente, riche en matière organique et en
minéraux), il possède des propriétés nématicides et insecticides,
en plus de son pouvoir répulsif contre les rongeurs. Il est en
revanche à utiliser avec prudence car il peut s’avérer un poison
mortel pour les animaux domestiques qui viendraient à
l’ingérer.
Valorisation chimique du ricin et des principaux coproduits de
la filière
Les trois fonctionnalités présentes dans l’huile de ricin
(groupement hydroxyle, double liaison et fonction ester) autorisent
de nombreuses variations par transformations chimiques. La figure 2 détaille
un grand nombre de possibilités de réactions qui font, pour la
majorité, appel à des procédés basés sur la catalyse. Bien entendu,
rien n’empêche de modifier séquentiellement de manière sélective la
nature chimique des différentes fonctions, ce qui ouvre d’autant
plus de perspectives vers tout un éventail de composés chimiques
plurifonctionnalisés par rapport à la molécule de départ.
Ces transformations peuvent être effectuées aussi, par exemple,
à partir de l’ester méthylique obtenu par transestérification
préalable à l’aide de méthanol, qui sert à cliver la chaîne grasse
du squelette de glycérol (réaction d’obtention du biodiesel).
Concernant le principal sous-produit de la filière, le tourteau,
il peut aussi subir diverses transformations en vue de sa
valorisation. Il peut être détoxifié par autoclavage en vue
d’applications alimentaires pour les animaux, par exemple. On peut
aussi envisager sa gazéification en syngas pour ensuite
éventuellement effectuer une réaction Fischer-Tropch pour donner
des alcanes ou une conversion syngas pour donner des alcools. La
conversion en biogaz pour obtenir du CH4 est aussi une option qui
permet de valoriser le tourteau.
Malgré un nombre conséquent d’applications possibles (voir les
nombreux exemples sur la figure 2), il ne
faut pas oublier que l’aura « verte » d’un produit
chimique est loin d’en assurer à elle seule le succès, et n’a de
répercussion que si elle est assortie d’un intérêt économique avéré
et d’une analyse de cycle de vie attestant cette vertu, et que ce
produit apporte un plus technique qui lui donne un avantage sur ses
concurrents pétro-sourcés. C’est par exemple le cas de deux
composés commercialisés respectivement par Arkema et
Rhodia :
- 1). Rilsan®. Arkema communique sur un
polymère issu du végétal, le polyamide 11 (« PA11 ») dont
ils maîtrisent la synthèse depuis le ricin à l’aide d’une
technologie développée en 1942, et qu’ils ont commencé à
commercialiser un peu plus tard à partir de 1947. Notons qu’Arkema
possède un portefeuille de matériaux issus partiellement de l’huile
de ricin, comme le Pebax® Rnew ou le
Platamid® Rnew. Arkema déclare par ailleurs utiliser les
sous-produits du procédé de production du Rilsan®, par
exemple dans l’industrie du parfum ou des cosmétiques, l’industrie
alimentaire, pharmaceutique ou du cuir, dans les lubrifiants, le
bâtiment, cette intégration devant équilibrer l’intérêt économique
de cette filière. Selon Arkema, les avantages du Rilsan résident
non pas tant dans une propriété donnée où il excellerait, mais dans
un compromis remarquable entre ses propriétés thermiques, chimiques
et mécaniques. Ses qualités techniques et sa résistance en font un
composé d’intérêt dans des applications à forte valeur ajoutée,
telle que les lignes essence dans les voitures ou les pipes
offshore.
- 2). PA6.10. C’est un autre polyamide, basé celui-ci en
partie sur l’huile de ricin comme matière première (utilisation de
l’acide sébacique dérivé), le PA6.10, que Rhodia commercialise.
Rhodia communique sur l’empreinte environnementale réduite de son
PA6.10 qui permettrait, à performances équivalentes, de réduire la
consommation de matières premières fossiles de 20 % par
rapport à un polyamide entièrement pétrosourcé. Ici aussi,
l’argument mis en avant par Rhodia, en plus de l’avantage
écologique, est la haute performance des plastiques dérivés qui
élargissent le champ des débouchés du polyamide à des applications
de haute technicité. En effet, le PA6.10 possède de bonnes
performances mécaniques et thermiques (point de fusion de
215 ̊C), une résistance chimique comparable à celle du PA11 et
du PA12, un très haut niveau de propriétés barrières aux essences,
et une faible reprise à l’humidité, cette dernière étant
intermédiaire entre celle du PA6 et celle du PA12. Ainsi, les
applications citées en exemple par Rhodia sont la fabrication de
tubes souples pour le marché des systèmes de contrôle et
d’assistance pneumatique et pour la fabrication de conduits et de
raccords pour le marché des systèmes d’alimentation d’essence des
moteurs.
Conclusion
Bonne qualité et grande homogénéité de composition (90 % de
chaînes d’acide ricinoléique) font de l’huile de ricin un composé
de choix pour l’industrie chimique. Nous avons vu que la
versatilité du triglycéride de l’acide ricinoléique autorise de
nombreuses variations par transformation chimique, ce qui ouvre de
nombreuses perspectives d’applications. L’huile de ricin possède
ainsi un potentiel de développement conséquent dans le secteur de
la chimie. Ce potentiel peut être cependant limité par une certaine
incertitude, laquelle réside dans la capacité d’approvisionnement
du marché et dans les fluctuations importantes des cours. La
diversification des sources de production et l’augmentation des
surfaces cultivées semblent être une clef importante pour libérer
tout le potentiel économique de ce composé et ainsi en
déverrouiller complètement les perspectives d’utilisation comme
matière première renouvelable pour l’industrie chimique.
Reference
Mutlu H, Meier MAR. Castor oil as a renewable resource for the
chemical industry. Eur J Lipid Sci Technol 2010 ;
112 : 10-30.
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