ARTICLE
ocl.2011.0386
Auteur(s) : Michel Sebillotte†
Introduction
Responsable d’une exploitation, je dois constamment prendre des
décisions au niveau de chacune de mes parcelles, au niveau général
de l’exploitation. Ces décisions sont applicables aujourd’hui même
ou, au contraire, beaucoup plus tard ou auront encore des
répercussions dans plusieurs mois.
Par exemple :
- –. Est-ce que je récolte aujourd’hui du maïs ? dans
quelle parcelle ?
- –. Je vais acheter une charrue, quelle forme de versoir
choisir ?
- –. Désherbage de mes blés d’hiver, comment m’y
prendre ?
- –. Est-ce que je vais brÛler mes pailles ou les
enfouir ?
- –. Quelle succession de cultures adopter ?
Ces décisions n’ont rien d’extraordinaire, tout agriculteur doit
les prendre un jour ou l’autre ! Plus, ne semble-t-il pas
répondre à ces questions chaque jour sans grande difficulté,
presque par habitude ?
Et pourtant ! La quantité d’informations nécessaires pour
que mes décisions aient un sens, pour qu’elles soient prises dans
la meilleure direction, est considérable.
Examinons rapidement tout ce qui est supposé connu dans les
exemples précédents.
Décision de récolte
Bien évidemment, la récolte doit être mÛre, mais quelle est sa
teneur en eau ? (s’il a plu depuis hier 30 mm, quelle est
maintenant son humidité ?) Cette teneur en eau est-elle
compatible avec ma capacité de séchage journalière, ou la
coopérative acceptera-t-elle ce grain ?
Comment le sol supportera-t-il le passage répété des
engins ? Conséquences pour sa structure et répercussions
éventuelles sur le rendement de la culture suivante ? Quels
seraient les remèdes, est-ce que je dispose du matériel et du temps
nécessaires ?
Faut-il que je récolte aujourd’hui ? La parcelle en INRA
351 qui a commencé à verser sous l’action du vent mais dont le sol
est très humide ou bien celle en Iowa 4417 dont le terrain est très
sain qui est un peu moins mÛre ?
Choix d’une forme de versoir
Comment savoir le travail que vont réaliser les différents types
de versoir dans mes parcelles ? Je ne pourrais pas, en
général, y faire travailler les outils avant de me décider. Si je
vais à une démonstration, si je compare avec les résultats obtenus
par le voisin, il faudra que je puisse admettre que mes sols sont
très voisins ou, au contraire, différents.
Est-ce que tel versoir pourra convenir toute l’année, pour
toutes mes parcelles ? Sur quelle surface
l’emploierai-je ? Est-il alors nécessaire d’en posséder
plusieurs types ? Mais, finalement, est-il indispensable de
labourer mon sol ? Pourquoi est-ce que je laboure ?
Choix d’un mode de désherbage des blés d’hiver
Quel sera l’envahissement par les adventices de chacune de mes
parcelles au cours de la végétation du blé ? Est-ce que je
peux en chiffrer les répercussions sur les rendements, les
conditions de récolte (verse, retard de maturité, triage du
grain) ?
Quelles sont, pour chaque parcelle, les principales
adventices ? L’influence des précédents, de la profondeur de
travail ? À quelle époque germent-elles ? Jusqu’à quelle
période peut-on les traiter avec succès, en général dans la région,
et plus particulièrement dans mes parcelles
(microclimat) ?
Si je ne traite pas au semis, pourrais-je le faire plus tard
(cas des graminées en particulier), à la période optimum vis-à-vis
des adventices et de la céréale ? Comment les dates de
traitement rentrent-elles dans mon programme général d’emploi de la
main-d’œuvre et du matériel ?
Est-ce que pour certaines parcelles il ne serait pas utile de
coupler d’autres moyens de lutte : assainissement autre
succession de culture, travail du sol en été (chiendent) ?
Faut-il une lutte d’entretien ou un traitement de choc ?
BrÛlage des pailles – Politique de la matière organique
Avantages et inconvénients des enfouissements de pailles ?
Répercussions sur les successions de cultures (sans brÛler je ne
peux faire un deuxième blé ?) ? Comment se comportent les
sols de mes parcelles ? Se battent-ils rapidement, se
prennent-ils en masse à la sortie de l’hiver ?
Ai-je le matériel adéquat pour enfouir les pailles ? Est-il
bien réglé ? N’est pas la raison des inconvénients que
j’observe (lit de paille, gley…) ?
Puis-je brÛler une fois de temps à autre ou chaque année au
cours d’une rotation ? Sur toutes les parcelles ? Y
a-t-il d’autres moyens d’assurer un bon comportement de mes
sols ? À quel prix ?
Ne faudrait-il pas que je me préoccupe d’une politique générale
de la matière organique, sur plusieurs années, pour l’ensemble de
l’exploitation ? Répercussions sur l’ensemble de la vie de
l’exploitation ?
Choix d’une succession de cultures
Quels sont les rendements moyens et leurs variations pour les
différentes cultures ? Comment ces rendements varient-ils
selon le précédent cultural, les parcelles ?… Conséquences des
successions possibles sur la lutte contre les adventices, sur le
bilan humique, l’état structural du sol ?…
Après telle culture suis-je sÛr de pouvoir toujours semer ?
Comment se combinent les travaux au cours de l’année ? Y
a-t-il des pointes de travail ? Aurai-je toujours un nombre
suffisant de jours disponibles ? D’autres techniques
culturales ne permettraient-elles pas d’aller plus vite ou d’opérer
à une autre époque ?
Puis-je adopter la même succession pour toutes mes
parcelles ? Si une année je ne puis mettre en terre une
culture, de quelle solution de rattrapage vais-je disposer ?
Ai-je le matériel et les bâtiments nécessaires ?
Quels sont les débouchés, leurs évolutions
prévisibles ?
Pourquoi des « tours de plaine »
Les questions auxquelles je dois répondre sont très nombreuses.
Comment y arriver ?
Si, sur toutes mes parcelles :
- –. le climat avait des caractéristiques
immuables ;
- –. le sol était homogène sur toute sa surface et toute
son épaisseur ;
- –. les techniques culturales donnaient un travail
rigoureusement constant dans le temps et dans l’espace ;
- –. les invasions de parasites et d’adventices étaient
prévisibles.
Si donc on pouvait prévoir le rendement des cultures chaque
année, les travaux et leurs dates, alors un technicien étudierait
mon cas au laboratoire et m’indiquerait une fois pour toutes, les
solutions possibles sur chacune de mes parcelles. Ensuite je
choisirais une solution en fonction des contraintes d’organisation
de mon exploitation et des circonstances économiques.
Mais il n’en est pas ainsi !
- –. Le climat est variable, sa prévision exacte est
encore impossible. Je peux calculer les chances d’observer telle
quantité de pluie ou telle température au cours d’un mois de
l’année mais je n’ai pas de certitude. De plus, une période
défavorable peut être compensée ultérieurement : n’ai-je pas,
plusieurs fois, regretté d’avoir retourné une partie de mes blés
après un gel qui n’avait laissé que 80 pieds au mètre
carré ? En effet, les resemis ont été difficiles et leurs
résultats inférieurs, les conditions ultérieures de printemps ayant
favorisé le tallage épis dans les parcelles non retournées. Enfin,
la pente, l’orientation du terrain, entraînent des
microclimats : la partie de ma parcelle exposée au sud se
réchauffe plus vite au printemps que celle tournée à l’est et les
maïs y démarrent plus vite ; par contre, sur ce coteau sud,
j’observe de l’échafaudage sur les variétés de blé tardives en
année chaude et sèche alors qu’en année humide j’y fais
d’excellents rendements.
- –. Le sol de mes parcelles est souvent très hétérogène.
Sa profondeur varie, il y a des bancs de pierre ; le régime de
l’eau n’est pas uniforme, il y a des mouillères, la texture
varie : j’ai des veines de sable bordées d’une terre très
argileuse et le même réglage de ma charrue conduit à des labours
très différents, mais les variations sont trop nombreuses pour que
je puisse penser à un nouveau découpage de mes parcelles… Il y a
deux ans j’ai récolté une partie de mes betteraves par temps très
pluvieux et, là, je retrouve aujourd’hui, enfouies dans le sol, des
mottes très dures que je n’ai pas ailleurs. C’est moi qui ai
introduit cette hétérogénéité ; bien qu’elle s’explique, on ne
pouvait dire qu’elle aurait lieu telle année, à tels endroits.
- –. Le résultat des techniques culturales dépend de
l’outil, de l’état du sol et de la végétation : le passage
d’un même outil ne donne pas, partout, le même travail. Je connais
bien ce problème avec mon semoir à maïs ; il a tendance à
bourrer dans des endroits trop humides : son débit est
irrégulier lorsque la vitesse du tracteur est élevée. Je sais aussi
que la même charrue ne donne pas du tout le même travail selon le
réglage adopté, la vitesse de travail… Or, le réglage se fait au
champ, sur le moment il va donc dépendre de beaucoup de choses
difficiles à prévenir et aussi de la compétence du conducteur de
tracteur, de la façon dont je lui aurai donné des
ordres !...
La taille, la forme de la parcelle vont intervenir et modifier
le résultat du travail. Les conditions d’emploi de l’outil sont
prépondérantes mais presque impossibles à prévoir précisément. Au
niveau de l’exploitation, je dois disposer de possibilités
d’adaptations, mais lesquelles ?
- –. Les parasites et les adventices, s’ils existent, ne
se comportent pas tous de la même façon. Il y a des années à
pyrales, à hannetons, des terres à vulpins, à folle avoine. Mais si
je laboure plus ou moins profondément mon sol ou si je ne laboure
pas du tout, je n’aurais ni la même quantité d’adventices ni les
mêmes espèces.
- –. Il faut ajouter à tout cela que l’histoire de la
parcelle (les cultures qui s’y sont succédées, les traitements
qu’elles ont reçus…) va aussi intervenir pour modifier
considérablement le comportement du sol, des parasites… et donc
celui des plantes cultivées.
À la récolte pour apprécier ma culture, je vais en mesurer le
rendement mais si je n’ai pas d’autres informations, quelle valeur
lui donner ? À quoi attribuer le fait qu’il soit élevé ou
pas ? Le rendement est le résultat de l’action de toutes les
variations précédentes sur la plante cultivée : c’est ainsi
que la même année, donc avec le même climat, mon blé donnera
60 quintaux dans les terres lourdes ou humides,
45 quintaux sur les terres légères. De même, lorsque j’estime
le rendement, je dois préciser mon objectif. En effet, si je
cherche à connaître l’action du climat et du sol, il n’est pas
utile que j’opère cette mesure à un endroit où par contre, il faut
que je tienne compte des zones tassées par les roues…
Toutes ces informations sur le milieu naturel (y compris les
plantes cultivées) de mon exploitation, qui varie dans le temps et
dans l’espace, informations dont j’ai besoin pour juger et pour
progresser, comment les obtenir ?
L’outil irremplaçable est le tour de plaine. Il comporte deux
étapes :
- –. l’observation ;
- –. l’utilisation des observations.
L’observation
Observer est difficile et cependant, il importe que
l’observation soit aussi fidèle que possible : une autre
personne, de ma compétence, doit voir ce que j’ai vu : si je
recommence mon observation, je dois décrire la situation de la même
façon, sinon comment comparer !
Les difficultés de l’observation
La première remarque qui s’impose est qu’il faut vouloir
observer. L’observation ne se fait pas d’elle-même, il faut y
mettre le prix. Par exemple, ne pas hésiter à faire un trou pour
observer la façon dont la charrue a travaillé au fond du labour. De
la même façon, ne pas croire que la majorité des choses peuvent
être vues de la fourrière ou du haut du siège de son tracteur.
Si mon voisin me dit que tout va bien c’est peut-être qu’il ne
veut pas voir ce qui ne va pas !
Mais je crains plus encore celui qui ne voit que dans la
direction de sa volonté. Celui-là est dangereux.
- –. Pour voir, il faut entrevoir : un minimum de
connaissance, de pratique de l’observation est donc nécessaire.
C’est le rôle de l’école, de la formation au contact des
vulgarisateurs, des journées d’information, des déformations sur le
terrain. Mais attention, ne soyons pas de ceux qui attendent de
tous savoir pour agir, ici ce serait sans solution puisqu’une
grande partie de nos connaissances viendra de nos
observations ! Le tour de plaine est d’autant plus riche qu’il
est répété.
- –. Pour bien voir, il faut décomposer son observation.
Ce champ de blé est plus beau que celui-là. Cette remarque
n’apporte rien. Qu’est ce qu’un « beau champ » ?
Pour certains ce sera la hauteur du blé, pour d’autres sa
régularité, d’autres encore s’en moquent et n’attachent de prix
qu’au rendement. Ce qui importe, c’est de connaître le nombre de
pieds, le nombre d’épis, le poids des grains, la propreté du champ,
le degré de parasitisme… pour comprendre le résultat final à la
récolte et donc pour pouvoir le reproduire s’il est favorable.
- –. On voit à un instant donné. Or, rien n’est immuable
au champ. Si j’oublie cela, je vais ériger en absolu quelque chose
de relatif ? Un bon exemple est celui de l’enracinement de mes
maïs. Cette année, pluvieuse, je constate que presque toutes les
racines se trouvent en surface, au-dessus d’une semelle de labour,
cependant j’ai récolté 80 quintaux à l’hectare. Quand,
ensuite, je voudrai juger, devrai-je en conclure que ce type
d’enracinement est bon ? Pour le savoir, je dois resituer mes
observations par rapport au type de sol, au climat … et donc les
répéter.
Ces difficultés sont, en partie, éliminées si j’observe avec
méthode. En particulier, si je commence par me préoccuper plus de
voir que de juger (en bien ou en mal). Alors se posent les
questions suivantes : Quelles observations ? Où ?
Quand ? Comment les enregistrer ?
Quelles observations ?
Leur nombre est considérable ! Il est évident qu’un choix
s’impose. Mais ce choix doit résulter d’un raisonnement et non de
mon tempérament. En effet, je cherche non seulement à constater un
comportement général des plantes et du sol en fonction du climat
mais aussi à comprendre ce qui s’est passé, sinon je ne pourrais
pas mieux agir ensuite. Il est donc nécessaire de maintenir des
observations sur tous les éléments qui constituent une situation
culturale : le microclimat, le sol, les plantes.
Voici un exemple : j’étudie le rendement du blé derrière
deux précédents culturaux : maïs et colza. Je constate une
différence de rendement que je vais essayer d’attribuer à l’état
chimique du sol, à des parasites, à des excrétats racinaires… et en
général je n’aurai aucun moyen de vérifier mes hypothèses. Par
contre, si en décomposant le rendement, je constate des
tallages-épis différents, j’aurai tendance à supposer une influence
du précédent sur la dynamique de l’azote.
Mais cela n’est pas sÛr, ai-je d’autres symptômes tels la
couleur du feuillage, qui indiquent la même chose ?
Il n’est d’ailleurs pas évident que, s’il y a des modifications,
elles soient suffisamment visibles. Par contre, si je m’étais
souvenu que la profondeur de semis peut modifier le tallage du blé,
j’aurais pu, a priori, décider de l’observer et j’aurais
alors peut-être constaté des différences.
Il ne sert à rien d’observer en détail certains points si le
reste est négligé car il ne sera pas possible de formuler des
hypothèses explicatrices.
Je dois suivre un canevas d’observations et, aussi, rester en
alerte pour voir du nouveau, de l’inconnu, de l’imprévisible.
Voici un exemple de canevas d’observations à réaliser en
distinguant observations qualitatives et observations quantitatives
(tableau 1).
Tableau 1.
|
| Observations |
| Objets |
Qualitatives |
Quantitatives |
| Le climat |
| Le microclimat |
Observations délicates dont l’extrapolation peut
être dangereuseOn notera : gel tel jour, jusqu’à telle heure,
vent. |
Enregistrement des composantes climatiquesNotation
de la température de l’air, du solEpaisseur de neigeProfondeur du
sol gelé |
| Examen de la parcelle en
surface |
| La plante cultivée |
Stade végétatif, vigueurEtat sanitaireSymptômes
divers (parties aériennes gelées, plantes déchaussées…) |
Densité de peuplement% de sol recouvertHauteur,
diamètre des tigesNombre de feuilles, de tigesRendement et ses
composantes |
| Les résidus de la culture |
Caractères des morceaux de tiges (déchiquetés,
broyés..)Etat d’évolutionLocalisation |
Longueur des brins de tigesPoids de matière
sèche |
| Les adventices et les prédateurs |
Lesquelles ? Localisation ?Stade
végétatifEtat sanitaireSymptômes divers |
Importance relative (estimation ou mesure)% de sol
recouvertHauteur des différentes espèces |
| L’état du sol en surface |
Rugosité de la
surfaceBattanceFentesCompacitéTraces de ruissellement |
Importance des mottes, pierres (nombre et
taille)Largeur et profondeur des fentes |
| Examen de la parcelle en
profondeur |
| Le profil cultural |
TextureStructureHumidité, hydromorphieMatière
organiqueEnracinementComposantes du rendement pour certaines
plantes |
Mesure de profondeurEstimation des taux de
pierreEchantillon pour déterminer humidité, texture, richesse
chimique |
Où faire les observations ?
Deux étapes sont à considérer :
- –. Je cherche à mieux connaître mes parcelles.
Les observations du tour de plaine ont alors pour but de mettre
en évidence les hétérogénéités qui existent (différence de sol, de
pente, d’invasion en adventices, de comportement de la plante
cultivée…) entre les parcelles ou au sein de chacune. Je dois être
capable de superposer sur le plan de mon exploitation une carte des
hétérogénéités. Si la zone dans laquelle je me trouve est homogène
(par rapport au degré de précision de mon observation) il y suffit
d’un point d’observation.
Le tour de plaine sera cet itinéraire, jalonné d’arrêts pour
observer. C’est évidemment à pied que se fait ce trajet, avec dans
le cas de parcelles éloignées les unes des autres, l’aide d’une
automobile ou d’une bicyclette ; attention, ces engins vous
attirent toujours, on n’aime pas s’en éloigner, les champs sont
alors fort mal visités ! Selon l’époque de l’année, certaines
parcelles pourront être délaissées parce que, apparemment, leur
observation n’apporterait rien (ou faute de temps !).
Le résultat des techniques culturales dépend de l’outil, de
l’état du sol et de la végétation ; la même charrue ne donne
pas le même travail selon le réglage adopté, la vitesse de
travail…
Ici je cours cependant un grand danger car le réel n’est que
rarement totalement conforme à l’idée que l’on s’en fait.
L’homogénéité peut être fonction du temps, dépendre du climat qui
régnera et il faudra alors beaucoup d’années pour avoir pu observer
toutes les conséquences des divers climats annuels.
- –. Je cherche à connaître les réactions du milieu
naturel ou (et) de la plante cultivée aux techniques
culturales.
L’homogénéité peut être détruite par les techniques culturales
employées : différences d’outils (ou de réglage), de produits
ou de date d’application, de densité ou de mode de semis, de
précédents culturaux… Mes tours de plaine auront souvent pour objet
d’étudier, en détail, les comportements du sol, de la plante
cultivée qui résulteront de ces divers traitements.
Mais on voit bien que ces différences devront être appliquées à
des zones qui se seront révélées homogènes au cours de la première
étape. Si cela n’était pas je ne saurai à quoi attribuer l’absence
ou la présence de différences dans les résultats. C’est la raison
de toutes les précautions que prend le technicien avant d’implanter
un essai. C’est pourquoi il est toujours réticent lorsque je lui
indique que je vais simplement couper ma parcelle en deux et
qu’après m’avoir questionné sur mon homogénéité il me suggère au
moins de répéter plusieurs bandes avec les divers traitements.
Les points d’observation sont, ici, définis par la localisation
des traitements.
Quand faire les observations ?
La réponse est simple à énoncer : c’est aux moments les
plus favorables pour observer les phénomènes que les tours de
plaine ont précisément pour but de mettre en évidence. Le choix des
dates ne peut se faire a priori, il résultera de la
connaissance acquise progressivement.
Je dois donc adopter, au début, lorsque je ne connais pas
suffisamment mes parcelles et le comportement des plantes, un
rythme régulier avec des intervalles de temps assez courts entre
deux observations, sinon certains symptômes fugaces m’échapperont
(retard à la levée d’une culture, vol de cécidomyies…). Ensuite, à
mesure que progresse ma connaissance du milieu naturel, je
concentrerai mes observations au cours des périodes où les
évolutions sont rapides et je les espacerai le reste du temps.
J’utiliserai d’ailleurs souvent l’évolution des plantes
cultivées comme point de repère. En effet, cette mesure du temps,
différente de celle du calendrier, traduit précisément l’influence
globale du milieu et des techniques sur les plantes. De plus, je
sais que les dates d’application de certaines techniques (apport
d’engrais, désherbage…) doivent être raisonnées par rapport au
stade de développement de la plante car leurs résultats ne seront
favorables qu’à cette condition.
Mais il restera toujours ce que je ne connais pas encore et ce
qui est exceptionnel. Or, les événements exceptionnels sont très
enrichissants pour connaître et comprendre le comportement des
sols, des plantes. À cet égard, les années très pluvieuses ou très
sèches ou très froides… devraient être, de ma part, l’objet
d’observations minutieuses, beaucoup plus nombreuses qu’en temps
ordinaire. Mais je ne dois pas oublier d’observer, par exemple, les
sols et le rythme de levée de la plante si un orage très violent
est survenu juste après le semis. C’est souvent là que je pourrais
percevoir l’effet bénéfique d’une culture d’engrais vert sur la
battance ou les conséquences de telle ou telle modalité de travail
du sol…
La variabilité du climat entraîne la nécessité de recommencer
chaque année les moyennes, le climat peut être assez stable. Il
varie souvent suffisamment au sein de chaque année pour entraîner
des conséquences considérables sur les cultures, sur le résultat de
l’application des techniques.
Or, pour choisir les techniques et les dates d’application, je
dois pouvoir estimer des risques. Par exemple, je dois savoir, pour
chaque parcelle, la date au-delà de laquelle il est inutile de
semer du blé d’hiver parce que les risques d’échec seront trop
élevés (mauvaises levées, dégâts de gel, structure gâchée,
échaudage à la récolte…) mais je dois aussi pouvoir estimer que si
je sème avant telle date, j’ai 90 % de chances de réussite
alors qu’ensuite ces chances diminuent plus ou moins rapidement
selon mes parcelles. Je n’obtiendrai ces estimations de risque que
si mes observations portent sur plusieurs années, sinon elles
n’auront aucun sens.
L’utilisation des observations
Je n’observe pas par plaisir, mais pour mieux diriger mon
exploitation, pour que mes choix et mes décisions tiennent mieux
compte du réel.
Le tour de plaine doit me permettre trois opérations :
- –. porter un jugement immédiat sur une situation
culturale, émettre un diagnostic. C’est-à-dire reconnaître que la
situation est favorable ou non vis-à-vis des objectifs poursuivis
et, si possible, pouvoir expliquer comment on est arrivé à cet
état ;
- –. dégager la nature des problèmes qui se posent sur mon
exploitation et leur ampleur ;
- –. hiérarchiser ces problèmes, établir des ordres de
priorité technique et ainsi élaborer des solutions possibles entre
lesquelles le choix résultera le plus souvent de critères
économiques.
Ces opérations ne seront possibles que si mes observations sont
enregistrées et dépouillées.
L’enregistrement des observations
À de rares exceptions près, les décisions que j’aurai à prendre,
immédiatement à l’issue d’une tour de plaine tiendront compte de
mon expérience passée. Or, cette expérience me donne une idée de ce
qui risque de se passer, du comportement probable des plantes et du
sol (avec 80 pieds de blé au mètre carré fin février je n’ai
réussi qu’une fois dans cette parcelle à obtenir 40 quintaux à
l’hectare).
J’ai progressivement, grâce à mes observations, construit
l’histoire de mes parcelles, et je l’utilise pour juger.
L’expérience m’a aussi montré que ma mémoire était un instrument
très imparfait, ainsi si je le désire, plusieurs mois ou années
après un événement, en retrouver les détails (à quelle date s’est
faite la montée du Capitole en 1965 ?), j’en suis
incapable ; de plus, j’ai tendance à ne retenir que les
événements extrêmes). Je dois donc écrire mes observations, faire
des enregistrements et ceux-ci doivent pouvoir être dépouillés,
utilisés facilement2.
Cependant, ces enregistrements de mes observations au cours des
tours de plaine ne seront pleinement utilisables que s’ils sont
doublés d’autres enregistrements :
- –. le climat : il faudrait au moins disposer d’un
pluviomètre et le relever chaque jour ;
- –. les travaux par parcelles : date de labour, date
de semis… nature et réglage des outils employés ;
- –. les traitements : doses des engrais, des
produits phytosanitaires, nature des matières actives
employées… ;
- –. des rendements : dans ce domaine, la récolte en
vrac et l’absence de pont bascule rendent souvent la mesure par
parcelle difficile mais il faut s’efforcer d’obtenir au moins une
estimation.
Le dépouillement des enregistrements
Pour utiliser mes observations, pour les faire fructifier, je
dois dépouiller mes enregistrements. C’est une évidence qui n’est
pas toujours acceptée. Mon voisin récrimine contre le technicien
qui l’a incité à noter par écrit ses observations. Il ne pense pas
que cela puisse lui servir. Il a raison tant que précisément il ne
commencera pas par opérer une synthèse de tous ces renseignements.
Ce n’est qu’alors qu’il s’apercevra qu’il connaît d’une manière
plus précise ses parcelles mais aussi qu’il lui manque tels ou tels
renseignements et qu’il lui faudra entreprendre, en plus, telles ou
telles observations.
Les modalités de dépouillement vont dépendre de l’objectif qui
est visé.
Mais je dois, au moins, pouvoir :
- –. caractériser chaque parcelle et établir son histoire,
en particulier le comportement du sol selon les techniques et les
climats, apports d’engrais et de matière organique, succession des
cultures, adventices principales, différentes
hétérogénéités :
- –. connaître le comportement des espèces et des variétés
cultivées selon les parcelles et les années (dates des stades de
développement, périodes favorables de semis et de récolte,
rendements, accidents végétatifs : verse,
maladies…) ;
- –. dégager les problèmes de l’exploitation :
cultures possibles et rendements probables, aménagements à
réaliser, techniques à employer, organisation du calendrier
cultural période de pointe de travail…).
Voici quelques exemples (il ne s’agit pas de travaux de
recherche mais d’un effort de synthèse pour préciser les problèmes
sur l’exploitation).
Étude de la culture du blé
Je peux m’intéresser à divers aspects de cette culture. Pour
chacun, je construis un tableau de dépouillement qui permet de
tenir compte de mes observations.
Ce tableau me permet d’établir des corrélations entre
l’importance des dégâts d’un parasite et la variété, le précédent
cultural, le climat, les caractéristiques de la parcelle (sol
lourd, excès d’eau en hiver, etc.).
Tableau 2 Le parasitisme.
| Année |
Parcelles |
Variété |
Précédent cultural |
Résultats observés |
Nature des dégâts |
| No |
Caractéristiques principales |
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Cycle végétatif du blé et rendement (tableau
3)
Ce tableau confronté au climat des diverses années
m’indiquera :
- –. en fonction des catégories de sol, du climat et des
précédents quelles sont les dates de semis les plus favorables à
une bonne levée ;
- –. quelles sont les périodes les plus probables pour la
montaison (apports tardifs d’azote, traitements herbicides) et pour
la récolte ;
- –. des corrélations éventuelles entre nombre d’épis et
rendement. Dans un autre tableau je constaterai peut-être être que
le nombre d’épis dépend de l’invasion d’adventices, de la
longueur de la période tallage-montaison, et donc de la date du
semis et ainsi j’aurai des lignes de conduite pour le
futur ;
- –. quelles sont les variétés les plus adaptées et
quelles sont les variations de rendement entre les années pour
l’ensemble de l’exploitation ; cette dernière information
pourra me conduire à m’interroger sur l’intérêt de cette
culture.
Tableau 3 Cycle végétatif du blé et rendement.
| Année |
Parcelles |
Variété |
Précédent cultural |
Date et nombre de plantes ou épis |
Rendement |
| No |
Caractéristiques principales |
semis |
montaison |
récoltée |
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Les informations de ce tableau sont très utiles pour :
- –. dégager la nature des adventices, les surfaces
occupées par les principales d’entre elles et leur date moyenne
d’apparition ;
- –. estimer l’action des herbicides employés ainsi que
des différentes techniques culturales et des précédents
culturaux ;
- –. juger de l’utilité d’un autre moyen de lutte comme
l’assainissement ;
- –. préciser s’il est toujours utile d’employer des
herbicides et les meilleures conditions d’emploi en comparant avec
les rendements ;
- –. décider d’une action énergique contre une adventice
qui se multiplie et définir un plan d’action (lutte contre le
chiendent rampant, les sétaires, les ronces, etc.).
Tableau 4 Les adventices
| Année |
Parcelles |
Variété |
Précédent cultural |
Nature des adventices (importance et
date d’apparition) |
| No |
Caractéristiques principales |
|
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Étude du labour d’hiver (tableau 5)
Je pourrai par le regroupement de cet ensemble de résultats
juger :
- –. de la conservation du labour selon la pluviométrie de
l’hiver et les sols des parcelles ;
- –. des répercussions des divers cas sur l’enracinement
mais aussi sur la possibilité d’opérer des façons superficielles
rapidement au printemps ;
- –. de l’intérêt d’un type de labour et d’une période
particulière pour chaque parcelle en fonction du climat de l’hiver
le plus probable ; j’obtiendrai ainsi pour chaque succession
culturale choisie, des surfaces à labourer aux différentes périodes
de l’hiver et donc une indication précieuse pour l’emploi de la
main-d’œuvre et du matériel ;
- –. de l’intérêt même du labour d’hiver et je serai
peut-être conduit à étudier les avantages et les inconvénients du
labour de printemps pour chaque culture.
Tableau 5 Étude du labour d’hiver
| Année |
Parcelles |
Date de labour |
Date des façons superficielles |
Observations sur le profil
(enracinement) |
| No |
Caractéristiques principales |
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Étude d’une politique de la matière organique (tableau 6)
Je rassemblerai dans un tableau les conclusions : des
études sur les cultures, du comportement du sol au cours de
l’année, du labour d’hiver.
Tableau 6 Étude d’une politique de matière organique
| Parcelles No |
Bilan humique (+, 0, -) et taux de
matière organique |
Modes d’enfouissement de la matière organique |
Comportement du sol |
Observation des profils culturaux |
| État, localisation et dates |
Battance, terre collante, terre qui se
compacte |
Structures et racines |
Évolution de la MO |
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Je porterai en observation les années et les climats où, par
exemple, le phénomène de battance a été très accusé, les parcelles
où le labour a été brutalement approfondi.
Ce tableau me donnera les éléments essentiels pour définir les
aspects techniques d’une politique de la matière organique, il
m’indique en effet :
- –. les surfaces respectives dont le bilan humique est
positif, négatif ou nul et pour chacune comment évolue la matière
organique ;
- –. les principaux comportements du sol et les
répercussions sur l’enracinement (je peux pousser mon analyse en
étudiant les rendements par année) ;
- –. les modes d’apports ou/et d’enfouissement de la
matière organique, leurs rythmes et ceci par parcelle.
Je peux donc juger si :
- –. mes enfouissements sont mal faits et entraînent une
mauvaise décomposition de la matière organique sur tant
d’hectares ;
- –. mes enfouissements sont bien faits mais insuffisants
sur telle surface bien que pour une part, le comportement du sol
reste satisfaisant ;
- –. je dois surtout agir sur la battance au moment des
semis d’automne ou/et sur la prise en masse de mes terres en
hiver.
Je serai conduit à revoir mon matériel de broyage et mes
réglages de labour, à introduire de nouvelles sources de matière
organique et à choisir leur nature (paille, engrais vert, prairie
de courte durée, etc.), à modifier le régime hydrique de telle
parcelle car l’excès d’eau n’y permettra jamais une bonne évolution
de la matière organique enfouie, à ne pas approfondir
inconsidérément mes labours.
Étude globale des rendements des cultures de l’exploitation (tableau 7)
Pour choisir mes cultures je confronte des résultats économiques
entre eux et je tiens compte de différentes contraintes (périodes
de pointe de travail). J’ai donc besoin de pouvoir estimer le
rendement probable de mes cultures et pour cela je vais étudier les
rendements déjà observés sur l’exploitation en dressant le tableau
suivant pour chaque culture (tableau
7).
Tableau 7 Étude globale des rendements des cultures
l’exploitation.
| Année |
Rendements moyens des parcelles
(1) |
Rendement |
Rendement moyen de l’exploitation
(2) |
| Minimum et no de la parcelle |
Maximum et no de la parcelle |
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| Moyenne |
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| Variation en % |
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(1) = la moyenne arithmétique des rendements par hectare et par
parcelle.
(2) = la production totale de l’exploitation divisée par la
surface totale de cette culture.
Conclusion
Le tour de plaine est donc un outil dont l’emploi est nécessaire
à l’action car c’est le seul qui me permette d’appréhender le réel
de mon exploitation, d’en estimer les répercussions sur la
production et l’organisation du travail, de déterminer les
améliorations à entreprendre.
Le tour de plaine peut apparaître comme un gros travail, je ne
crois pas que cela soit le cas. Un peu d’organisation et l’effort
d’écrire, sans attendre huit jours ce que l’on a observé, viendront
à bout des principales difficultés. Il faudra y ajouter quelques
accessoires : un crayon et un carnet pour écrire sur le
terrain, un couteau pour gratter la terre, pour examiner les
profils culturaux et dans l’auto ou sur son épaule (!), une bêche
(avec un bon manche) pour creuser des trous.
Enfin ne jamais oublier que l’observation seule est peu utile,
qu’il faut dépouiller les enregistrements, faire quelques tableaux
simples pour rechercher des corrélations. Si j’utilise correctement
le tour de plaine, si j’observe et note régulièrement je dois être
capable de mettre l’ensemble de mon exploitation sous la forme du
tableau suivant (tableau
8).
Tableau 8 Du tour de plaine au tableau de l’ensemble de
l’exploitation
| Problèmes sur les parcelles |
Parcelles |
Problèmes pour l’exploitation |
% SAU |
Ordre de priorité technique et
raisons |
| 1 |
2 |
3….. |
| Stabilité structurale faible |
Oui |
Oui |
Non… |
Recherche de sources de matière organique,
meilleur enfouissement |
70 % |
1Son amélioration conditionne la réussite même des
cultures |
| Excès d’eau |
Non |
| Oui… |
Divers moyens de lutteCulture adaptéeRetard des
semis de printemps |
30 % |
2pour l’exploitation1pour ces parcelles car ce
sera un moyen de lutte contre l’instabilité |
| Adventices graminéespérennesAnnuelles |
NonOui |
NonNon |
Oui…Non… |
Pas de problème actuellement |
100 %10 % |
Les méthodes de cultures actuelles suffisent au
contrôle |
Dans notre monde en évolution rapide, où il devient chaque jour
plus évident que la direction d’une exploitation demande de plus en
plus de technicité, le temps est venu où, non seulement je dois
savoir vendre, mais où je dois aussi abaisser au maximum mes prix
de revient.
Or cet abaissement exige, entre autres, un contrôle technique
extrêmement rigoureux, possible au seul prix d’une excellente
connaissance des parcelles, du climat et des plantes cultivées3. Cette connaissance sera le fruit des
tours de plaine des agriculteurs et du travail de tous ceux qui, au
service de l’agronomie, auront eu ce souci de confronter leurs
idées, leurs découvertes au réel.
Disparu l’an dernier, Michel Sebillotte a écrit cet article en
1969. Il est publié ici en hommage à l’homme et au chercheur qu’il
fut et aussi au collaborateur de la revue qui accueillait avec
patience et attention nos éditoriales demandes. Cette publication
veut aussi faire écho à distance à la Journée d’hommage organisée
conjointement le 17 décembre 2010 par l’Association
française d’Agronomie, l’Inra, AgroParisTech et l’Académie
d’Agriculture, et dont les Actes sont à paraître prochainement. Si
l’immense carrière de Michel Sebillotte le conduisit à élargir sa
réflexion à de plus amples objets de réflexion que celui qui est au
centre de cet article « des commencements », néanmoins,
comme de nombreux orateurs l’ont fait remarquer, l’essentiel de sa
démarche y est : la réflexion en marche… le tour de plaine… De
Michel Sebillotte, OCL a publié en particulier :
- –. Développement durable, recherche et société, 1997
(no 6) : 448-450.
- –. La prospective « Semences » à l’INRA :
conséquences et questions pour un institut de recherche publique,
2000 (no 2) : 165-168.
- –. Territoires : de l’espace physique au construit
social. Les enjeux pour demain et les apports de la recherche, 2001
(no 6) : 474-479.
- –. Trois hommes dans un projet de développement
territorial, 2001 (no 6) : 516-523.
- –. Recherche finalisée, organisations et
prospective : la méthode prospective SYSPAHMM (SYStème,
Processus, Agrégats d’Hypothèses, Micro et Macro scénarios), 2003
(no 5) : 329-345.
Articles disponibles sur le site : www.revue-ocl.fr
2 Je pourrai utiliser les fiches mises au
point par le service Agronomie de la FNCETA que je compléterai par
des notes sur un cahier pour chaque parcelle pour les autres
observations, les comptages.
3 On peut penser que certaine formule
destinée à agir en particulier sur les prix de revient, telle que
l’association de plusieurs exploitations, se révèlerait plus
féconde si, au préalable, on avait procédé à ce travail de
connaissance approfondie des exploitations.
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