ARTICLE
Auteur(s) : Benoit
Carrouée1, Marc Berrodier2, Franck
Wiacek2, Marie-Hélène Jeuffroy3
1UNIP, Union Nationale Interprofessionnelle
des plantes riches en Protéines, 12 av. George V,
75008 Paris
2ARVALIS – Institut du végétal, 91 720
Boigneville
3UMR Agronomie INRA-AgroParisTech, 78 850
Thiverval-Grignon
Made in USA : le couple maïs-soja
Base des rations animales pour porcs et volailles, le couple
maïs-soja est dominant dans les systèmes de culture de pays comme
les États-Unis ou le Brésil. La rotation simple sur deux ans «
maïs-soja » y est répandue et semble durable sur le plan
agronomique : le soja constitue un précédent favorable pour le maïs
et les deux cultures s'accommodent d'un retour tous les 2 ans
sur la même parcelle. Cette rotation peut être très productive dans
des sols profonds et sous un climat chaud et pluvieux en été.
Le rendement du maïs est environ 3 fois plus élevé que
celui du soja, mais nécessite plus d'intrants (azote et charges de
mécanisation). Ainsi, dans l'Iowa, l'État où l'on observe les plus
grandes surfaces et les meilleurs rendements en maïs et en soja aux
États-Unis, le rendement moyen du maïs, en majeure partie non
irrigué, atteint en moyenne 108 q/ha et celui du soja
33 q/ha (tableau 1).
Sur le plan nutritionnel, après trituration du soja, la
production correspondant à cette succession de cultures, donne
environ 80 % de maïs, 20 % de tourteaux de soja plus de l'huile
destinée à l'alimentation humaine ou à la fabrication de
biocarburants. Cette proportion « 80 % de maïs + 20 % de tourteaux
de soja » correspond bien aux besoins d'un porc en croissance (tableau 2) et assez bien à celui d'un
poulet de chair à vitesse de croissance intermédiaire. Pour ajuster
cette ration simple à deux constituants, de petites quantités
d'acides aminés de synthèse et un complément minéral et vitaminé
suffisent.
Tableau 1 Surfaces et rendements moyens
en Picardie et dans l'Iowa.
|
Picardie, source Agreste/Unip,
|
Iowa, source USDA, moyenne 2005-2009
|
|
Picardie, source Agreste/Unip
|
Surfaces (1 000 ha) en 2010
|
Rendement (q/ha) moyenne 2006-2010
|
|
Surfaces (1 000 ha)
|
Rendement (q/ha)
|
|
Blé tendre d'hiver
|
517
|
84
|
Maïs
|
5 257
|
108
|
|
Orge d'hiver
|
70
|
80
|
Soja
|
3 879
|
34
|
|
Orge de printemps
|
40
|
68
|
|
|
|
|
Maïs (non irrigué)
|
50
|
92
|
|
|
|
|
Colza
|
112
|
35
|
|
|
|
|
Pois
|
34
|
50
|
|
|
|
|
Féverole
|
41
|
49
|
|
|
|
Tableau 2 Exemple de rations simples
pour porcs charcuiers. Source : Céréopa/Unip.
|
Type de ration
|
Blé-Soja
|
Blé-Pois-Colza
|
Maïs-soja
|
|
EN en MJ
|
9,9
|
9,6
|
10,3
|
|
% MAT
|
16,3
|
16,5
|
15,9
|
|
Blé
|
82 %
|
56 %
|
|
|
Maïs sec
|
|
|
78 %
|
|
Pois
|
|
30 %
|
|
|
Tt Soja 48
|
16 %
|
|
20 %
|
|
Tt Colza
|
|
12%
|
|
|
Lysine
|
0,34 %
|
0,23 %
|
0,35 %
|
|
Méthionine
|
0,04 %
|
0,06 %
|
0,05 %
|
|
Thréonine
|
0,11 %
|
0,10 %
|
0,10 %
|
|
Tryptophane
|
0,00 %
|
0,02 %
|
0,00 %
|
|
Prix de la ration en €/t (moyenne 2009/2010)
|
165,4
|
163,8
|
173,9
|
En Europe : des systèmes plus diversifiés
En France et dans la plupart des pays européens, le couple de
culture maïs-soja n'est guère adapté : mis à part quelques régions
comme la plaine du Pô ou de l'Alsace par exemple, le climat n'est
pas assez chaud et/ou pas assez pluvieux en été. En outre, le
rapport de prix maïs/soja, plus favorable au maïs qu'au soja à
l'intérieur des frontières de l'UE que sur le marché mondial,
pousse à la monoculture de maïs plus qu'à la succession maïs-soja
dans les quelques régions européennes qui seraient adaptées.
Les rations animales européennes sont généralement à base de
céréales à pailles produites à proximité (blé, orge, triticale), de
tourteaux d'oléagineux (principalement issu de soja importé ou de
colza européen) et, lorsque l'offre n'est pas limitante, de
protéagineux, (principalement le pois). Pour l'approvisionnement de
l'industrie de l'alimentation animale, les systèmes de production à
base de cultures d'hiver ou de printemps – blé, orge, colza et
pois –, adaptées aux climats océaniques ou continentaux
d'Europe ou du Canada, constituent le pendant des systèmes de
production à base de cultures d'été – maïs et soja –
adaptés aux climats tropicaux.
La raison d'être de ces systèmes de production plus diversifiés
en Europe qu'aux États-Unis répond à la fois à une nécessité
agronomique et à une nécessité nutritionnelle :
- – en alimentation animale, la complémentarité du pois ou
de la féverole avec le colza a été évoquée dans les articles
précédents : du fait de leurs limites d'incorporation et de
leurs profils en acides aminés, et contrairement au tourteau de
soja, ni les tourteaux de colza ou tournesol, ni le pois ou la
féverole ne peuvent à eux seuls complémenter des rations porcs ou
volailles à base de céréales : il faut combiner pois et
tourteau de colza par exemple pour les rations porcs et féverole et
tourteau de tournesol par exemple pour des volailles1
;
- – sur le plan agronomique, des rotations faisant revenir
soit du pois soit du colza tous les 2 ans sur une même
parcelle en alternance avec du blé, comme dans la rotation
maïs-soja, ne seraient pas durables : certains problèmes de
mauvaises herbes, de maladies racinaires ou d'insectes
deviendraient difficilement gérables, même avec un recours accru
aux produits phytosanitaires. Chacune de ces deux cultures est un
bon précédent pour le blé et contribue aux performances de
celui-ci, mais il est préférable de les faire alterner et de les
insérer dans des rotations d'au moins 5 ans2.
Compétitivité d'une succession européenne
colza-blé-pois-blé
Quelle est la compétitivité d'une succession européenne
colza-blé-pois-blé, comparativement à celle de la succession
maïs-soja aux États-Unis pour répondre aux besoins de
l'alimentation animale ? Pour apporter des éléments de réponse,
nous proposons d'analyser les performances nutritionnelles de
systèmes de culture dans les régions les plus productives de part
et d'autre de l'Atlantique : l'Iowa évoqué plus haut, et le bassin
parisien en France.
La Picardie et l'Ile-de-France, dans le Bassin parisien, sont
parmi les régions les plus productives de France et d'Europe sur le
plan des rendements : l'étendue et l'épaisseur la couche de limons
sur des substrats filtrants y donnent des sols fertiles, et le
climat océanique permet de fortes croissances au printemps.
Ces régions présentent la particularité d'avoir une large
palette de cultures et donc des rotations relativement
diversifiées, comparées à d'autres régions françaises ou à celle du
Corn Belt américain (dont l'Iowa est l'État le plus
productif). Cela s'explique par l'abondance de « cultures
industrielles » comme la betterave, la pomme de terre, l'orge
brassicole ou les légumes de conserve, liées à l'existence d'un
tissu agro-industriel dense dans ces régions (tableau 3). En outre, comme ailleurs en
France, en année moyenne, environ la moitié des blés tendres sont
destinés à la meunerie en France ou à l'exportation, et l'autre
moitié à l'alimentation animale, à l'amidonnerie ou à l'industrie
de l'éthanol en France ou dans le Bénélux.
Au global, l'assolement moyen de l'ensemble Picardie +
Ile-de-France pourrait être représenté par une rotation sur
9 ans de type :
Betterave-Blé-Orge-Colza-Blé-Protéagineux-Blé-Pomme de
terre-Blé-Autre culture (maïs, lin ou légume de conserve)-Blé (tableau 4). Dans cette rotation, plus de
la moitié des cultures sont destinées à l'alimentation humaine
(meunerie, sucrerie, féculerie, brasserie, conserverie…).
Le segment de rotation Colza-Blé-Pois-Blé correspondant à la
partie destinée à l'alimentation animale et – pour la partie huile
extraite du colza – à la production d'huile alimentaire ou de
biocarburant.
Cette rotation type peut se rencontrer sur des exploitations
disposant de quotas betteraviers et de contrats de cultures
industrielles représentant environ chacun 10 % de leur sole. En
pratique, on rencontre des exploitations avec une plus forte
proportion de cultures industrielles, et donc moins de place pour
le colza et les protéagineux (par exemple dans les régions de très
bonnes terres comme le Santerre), ou des exploitations avec peu de
cultures industrielles et donc essentiellement du colza et du pois
en dehors des céréales à pailles. On retrouve ces dernières
principalement dans les secteurs de moins bonnes terres comme le
Plateau picard.
Les rendements moyens observés en moyenne de 2006 à 2010 en
Picardie sont de 84 q/ha pour le blé, 35 q/ha pour le
colza et 50 q/ha pour le pois (tableau 1). La productivité brute d'une
sole comportant 50 % de blé, 25 % de colza et 25 % de pois,
correspondant à un segment de rotation « pois-blé-colza-blé », est
de 6 t/ha de matières premières en moyenne en Picardie. C'est
environ 10 % de moins que celle d'une sole comportant 50 % de maïs
et 50 % de soja dans l'Iowa (tableau 5). Cette sole « picarde » produit
plus d'huile (+ 30 %) mais moins de nutriments pour
l'alimentation animale : – 15 % pour l'énergie nette porc, et
– 19 % pour les protéines brutes.
En revanche, l'équilibre des acides aminés importants, en % de
la protéine, est très proche dans les deux systèmes : colza et pois
compensent leurs faiblesses respectives en lysine et en acides
aminés soufrés (méthionine + cystine), et le blé, nettement plus
riche en tryptophane que le maïs, compense leur relative faiblesse
vis-à-vis du soja. Les besoins en acides aminés de synthèse
pour ajuster parfaitement les apports en fonction des besoins du
porc et respecter les « normes Corpen » en matière de rejets azotés
sont donc très limités dans les deux systèmes.
Le handicap du système picard par rapport à celui de l'Iowa,
pour approvisionner l'industrie de l'alimentation animale, est donc
lié à une productivité globale par hectare plus faible et non
pas à la valeur nutritionnelle des graines : on peut se passer de
soja. En outre, le système picard présente des coûts de production
plus élevés liés à une consommation plus importante en engrais
azotés (moins forte proportion de légumineuses) et de charges de
mécanisation du fait de structures d'exploitation plus petites
(Darracq et al., 1998). Pour les mêmes raisons, les bilans
énergie et gaz à effet de serre, pour les matières premières à la
sortie de l'exploitation, sont moins favorables.
Malgré ces handicaps de productivité et de coûts de production
des matières premières européennes, les coûts de transport pour le
soja et les droits de douane à l'importation pour le maïs (Carrouée
et Coléou, 1996) font qu'une ration porc équilibrée à base de
matières premières de proximité blé-pois-colza est compétitive par
rapport à des rations recourant largement aux produits importés :
dans l'exemple du contexte de prix moyen rendus Bretagne
en 2009-2010, elle est légèrement moins chère qu'une ration
composée uniquement avec du blé et du tourteau de soja, et
nettement moins chère qu'une ration composée uniquement avec du
maïs et du tourteau de soja (tableau 2).
Les voies d'amélioration de la compétitivité économique et
environnementale du système français pour l'alimentation animale
sont donc très classiques : augmentation des rendements et/ou
diminution de charges de mécanisation et de fertilisation
azotée.
Si les systèmes de culture picards, et encore plus ceux des
autres régions françaises et européennes ne permettent pas
d'approvisionner suffisamment l'industrie de l'alimentation animale
en MRP, c'est la conséquence d'une disproportion entre les
assolements de grande culture et les besoins de ce secteur
(Carrouée et al., 2000). Ce déséquilibre conduit à importer
beaucoup de soja et à exporter beaucoup de céréales.
La rotation type sur 9 ans prise comme exemple au tableau 4 est représentative de
l'assolement moyen Picardie + Ile-de-France, sauf dans le cas des
protéagineux : elle en comporte environ deux fois plus que la
moyenne actuelle. Pourtant, ce sont deux des régions françaises où
la part de protéagineux est la plus significative. C'est un constat
bien connu : les protéagineux sont sous-représentés dans les
assolements par rapport à la demande potentielle du marché.
La question de fond, pour accroître l'approvisionnement local en
MRP de l'industrie de l'alimentation animale, reste la suivante :
est-il possible d'accroître la proportion de protéagineux dans les
assolements de grandes cultures sans dégrader les performances
économiques des exploitations agricoles ?
De nombreuses études économiques d'optimisation d'assolements
ont été réalisées, pour différentes régions françaises, en
partenariat entre l'Unip et le Pôle Économie d'Arvalis-Institut du
végétal (Carrouée, 2004 ; Morice, 2004 ; Dubois, 2007b). On peut en
tirer quelques tendances générales :
- – La substitution de cultures industrielles sous quota
ou sous contrat, type betterave, légumes ou pomme de terre par une
autre tête d'assolement n'est en général pas rentable. On
considérera donc la part de ces cultures dans les assolements comme
une constante déterminée par les volumes de quotas ou de
contrats.
- – Les blés assolés et, dans une moindre mesure, les
orges brassicoles, présentent les meilleures marges après celles
des cultures industrielles : pour être rentable, l'introduction de
surfaces supplémentaires de protéagineux ou d'oléagineux ne doit
pas se faire à leur détriment.
- – En revanche, les blés sur blé ou les orges fourragères
peuvent être diminués au profit du pois ou du colza. Dans les
contextes de prix moyens des 5 dernières années, cela se
traduit par une légère amélioration de la marge nette pour le
producteur (Berrodier, 2010). Les contextes de flambée du prix
des céréales comme celle de 2007-2008 et celle de ce début de
campagne 2010-2011 constituent une exception où des blés sur blé
peuvent paraître temporairement plus rentables
En outre, l'introduction de pois dans des rotations à base de
céréales à pailles et de colza se traduit aussi par une
amélioration des performances environnementales, particulièrement
pour la consommation d'énergie fossile et les émissions de gaz à
effet de serre (Munier-Jolain, 2003 ; Dubois, 2007).
L'abondance relative des blés sur blés en France, y compris dans
ces régions de cultures diversifiées, constitue une question qui
mériterait d'être approfondie. L'exploitation des statistiques
pluriannuelles (1992 à 2003) de l'enquête Terruti du ministère de
l'Agriculture montre que 20 % des blés de Seine-et-Marne sont
implantés après un autre blé (ou une orge). Cette proportion est
significative dans toutes les petites régions de ce département :
elle va de 15 à 33 % (tableau 6). Cela représente près de 9 % de la
sole totale de grandes cultures, soit presque autant que la part
actuelle d'oléagineux et nettement plus que la part actuelle des
protéagineux.
Un blé sur blé produit en moyenne 8 q/ha de moins qu'un blé
de pois ou de colza (Schneider et al., 2009).
Il nécessite une fertilisation azotée et parfois une
protection phytosanitaire renforcée. Dans les rotations déjà
chargées en cultures d'automne, les blés sur blé renforcent les
problèmes de désherbage et de risque d'apparition de résistance.
Ils sont donc nettement moins rentables que des blés
assolés.
Sauf contexte exceptionnel de prix, l'insertion d'un pois ou
d'un colza entre deux blés dans des rotations qui comportent des
blés sur blés, avec l'hypothèse de rendements conformes à la
moyenne locale, améliore légèrement la marge d'exploitation et
renforce sa durabilité sur le plan agronomique et
environnemental.
Diverses raisons peuvent expliquer cette part importante de blé
sur blé, non justifiée par des calculs d'optimisation d'assolements
: simplification du travail, en particulier pour les très petites
structures d'exploitation, présence de sols difficiles à cultiver
dans lesquels les blés se comportent relativement mieux que
d'autres cultures, moindre variabilité des rendements que ceux du
pois ou du colza… Mais on ne peut pas écarter l'hypothèse du poids
des habitudes ni celle d'une estimation biaisée de la rentabilité
des cultures, liée à des comparaisons de marges brutes par culture
et non pas par rotations/assolements.
Pour autant, l'enjeu de l'optimisation des assolements n'est pas
le principal levier pour améliorer les performances économiques des
systèmes de culture français. Une modification substantielle des
assolements dans le sens d'un tel rééquilibrage ne pourrait se
produire de façon significative qu'avec des facteurs exogènes à
l'exploitation. Il y a, dans la possibilité d'insérer des
oléagineux ou des protéagineux au détriment des blés sur blé (et en
renforçant la part relative des blés assolés) une marge de manœuvre
potentielle pour améliorer à la fois l'approvisionnement en MRP
d'origine locale pour l'industrie de l'alimentation animale et
améliorer les performances économiques et environnementales des
systèmes de cultures correspondants.
Tableau 3 Surfaces des différentes grandes cultures en
Picardie + Ile de France, en ha, en 2006. Source : Agreste.
|
Céréales
|
dont Blé tendre
|
dont Orges
|
dont Maïs grain et ensilage
|
Oléagineux + « gel industriel » (princ. Colza)
|
Protéagi-neux (pois + féverole)
|
Plantes à fibres
|
Betteraves yc biocarburant
|
Pomme de terre (yc fécule)
|
Autres cultures non aidées
|
Total cultures arables
|
|
ha
|
1 055 754
|
747 751
|
180 431
|
108 687
|
185 481
|
102 392
|
13 908
|
175 528
|
43 653
|
46 136
|
1 622 852
|
|
% total
|
65 %
|
46 %
|
11 %
|
7 %
|
11 %
|
6 %
|
1 %
|
11 %
|
3 %
|
3 %
|
100 %
|
Tableau 4 Exemple d'une rotation théorique sur 9 ans :
Betterave sucrière/Blé/Orge bras./Colza/Blé/PdT, Maïs, ou
Lin/Blé/Pois/Blé
|
Assolement correspondant à cette rotation de 9 ans
|
Culture
|
Moyenne Picardie + Ile de France
|
|
Blé
|
44 %
|
46 %
|
|
Orge
|
11 %
|
11 %
|
|
Betterave
|
11 %
|
11 %
|
|
Oléagineux
|
11 %
|
11 %
|
|
Protéagineux
|
11 %
|
6 %
|
|
1Pomme de terre, Maïs ou Lin
|
11 %
|
11 %
|
|
total
|
100 %
|
96 %
|
|
dont cultures valorisées en alimentation animale
|
44 %
|
|
Tableau 5 Productivité comparée de l'assolement «
Picardie » avec l'assolement « Iowa ».
|
Productivité globale par ha
|
Picardie
|
Iowa
|
Ratio Picardie/Iowa
|
|
Rotation
|
colza-blé-pois-blé
|
maïs-soja
|
|
Quantités produites en t/ha
|
Total en t
|
6,4
|
7,1
|
89 %
|
|
Blé ou maïs
|
4,2
|
5,4
|
|
|
Pois
|
1,3
|
|
|
|
Tt de colza ou de soja
|
0,53
|
1,43
|
|
|
Huile colza ou de soja
|
0,35
|
0,27
|
130 %
|
|
Production alimentaire par ha hors huile
|
EN porc en GJ/ha
|
61
|
72
|
85 %
|
|
Protéines en kg/ha
|
881
|
1084
|
81 %
|
|
lysine (en kg/ha)
|
41
|
53
|
79 %
|
|
Méthionine + Cystine (kg/ha)
|
32
|
39
|
82 %
|
|
Thréonine (en kg/ha)
|
31
|
41
|
75 %
|
|
Tryptophane (en kg/ha)
|
10
|
11
|
88 %
|
Tableau 6 Proportion des blés
avec un précédent blé ou orge
dans les différentes petites régions agricoles
de Seine-et-Marne.
|
Total Seine-et-Marne
|
Bassée ou Basse seine
|
Brie boisée
|
Brie centrale
|
Brie champennoise
|
Brie laitière
|
Brie française
|
Bocage gatinais
|
Gatinais
|
|
20 %
|
23 %
|
19 %
|
15 %
|
17 %
|
17 %
|
15 %
|
23 %
|
33 %
|
Références
[Berrodier, 2010] Berrodier M. Intérêt économique des pois et
féveroles dans les assolements de différentes régions françaises.
Journées résultats Arvalis, 12 octobre 2010, Paris.
[Carrouée et Coléou, 1996] Carrouée B, Coléou J. Matières riches
en protéines : les MRP, les protéagineux et l'Europe. Perspectives
Agricoles 1996 ; (219) : 16-20.
[Carrouée et al., 2000] Carrouée B, Gent GP,
Summerfield RJ. Production and uses of grain legumes in the
European Union. In : Knight R, ed. Linking research and
marketing opportunities for pulses in the 21st century. Kluwer
Academic Press, 2000 : 79-97.
[Carrouée, 2004] Carrouée B. L'intérêt économique des rotations
diversifiées. Perspectives Agricoles 2004 ; (303) : 12-5.
[Darracq et al., 1998] Darracq S, Carrouée B, Cottart J,
Lemaitre G. Production de protéines et d'énergie : comparaison
Picardie-Illinois » Perspectives agricoles 1998 ; (237) :
26-8.
[Dubois, 2007] Dubois G. Rotation des cultures - Le pois
s'affirme comme un atout pour l'environnement. Perspectives
Agricoles 2007 ; (330) : 16-7.
[Dubois, 2007] Dubois G. Quantifier économiquement les intérêts
agronomiques des protéagineux » Perspectives Agricoles 2007 ; (336)
: 66-9.
[Morice, 2004] Morice G. Compétitivité du pois et de la féverole
dans les assolements de grandes cultures en France » 4° rencontre
annuelle protéagineux. Arvalis-Unip 2004 ; janvier 2004.
[Munier-Jolain et Carrouée, 2003] Munier-Jolain N, Carrouée B.
Quelle place pour le pois dans une agriculture respectueuse de
l'environnement ? Argumentaire agri-environnemental. Cahiers
Agricultures 2003 ; 12 : 111-20.
[Schneider et al., 2009] Schneider A, Ballot R, Carrouée B,
Berrodier M. Rentabilité des protéagineux dans la rotation – Quelle
valeur économique pour l'effet du précédent ? Perspectives
Agricoles 2009 ; (360) : 6-11.
1 Cette complémentarité vaut pour les
porcs, les volailles à croissance intermédiaires (>
52 jours) et les pondeuses. En revanche, pour les ruminants,
moins sensibles à l'équilibre en acides aminés, le tourteau de
colza peut constituer à lui seul la source de MRP ; et pour les
volailles de chair à croissance rapide (42 jours), la
combinaison de matières premières « européennes » n'est pas assez
concentrée en énergie et en protéines pour maintenir les vitesses
de croissance permises par la combinaison maïs-soja.
2 Pour le pois, une fréquence de retour
tous les 4 ans est considéré comme trop rapide et il est
conseillé soit d'alterner pois et féverole dans les régions où ces
deux protéagineux sont possibles, soit d'insérer la succession
pois-blé-colza-blé dans une rotation plus longue.
|