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Auteur(s) : P. Couvreur
Michel Ollivon est décédé le 17 juin 2007.
Très connu et apprécié parmi les chercheurs en
biochimie-nutrition et en lipochimie, souvent consulté et sollicité
pour des conférences, des articles, pour sa maîtrise et son
inépuisable disponibilité, sa disparition a laissé consternés et
émus tous ceux qui l’ont approché.
Ses collaborateurs et amis de l’UMR du CNRS 8612 et Michel
Parmentier au nom de l’AFECG et d’Eurofedlipid, ici en
témoignent.
Michel Ollivon nous a quittés brutalement, au milieu de tous les
siens.
Michel était d’abord un ami pour tous ceux, nombreux, qui l’ont
côtoyé pendant sa carrière exemplaire. Arrivé parmi nous il y a
près de 20 ans, il dirigeait l’équipe de physico-chimie des
« systèmes polyphasés » et était incontestablement l’une
des figures emblématiques de notre unité. Passionné et passionnant,
il nous a acquis à la cause de la physico-chimie des lipides et à
celle de la diffraction des rayons X et a formé un grand nombre de
jeunes « thésards ».
Profondément humain, ce grand bonhomme de l’organisation
supramoléculaire des lipides était un passionné de la recherche au
point d’en perdre la notion du temps et de quitter souvent notre
faculté, le soir, à des heures impossibles.
Michel se passionnait pour tout ce qui touche la manière dont
les lipides s’auto-organisent et se structurent pour nous faciliter
la vie, que ce soit pour découvrir de nouveaux systèmes de
vectorisation des médicaments ou pour comprendre pourquoi le
chocolat est si goûteux et le lait si utile. Combien de systèmes
a-t-il décortiqué ?
Combien d’interactions a-t-il pisté ? Combien de structures
bizarres et moins bizarres a-t-il trouvées ?
Il n’est point nécessaire de rechercher les citations ou autres
impacts facteurs pour savoir que Michel était, en effet, un
spécialiste reconnu de la physico-chimie des lipides tant au niveau
national qu’international.
Pour ne citer que celui-ci, l’an dernier à Madrid, lors du
4e colloque d’Eurofedlipid, la SCI anglaise lui avait
conféré la prestigieuse « Hilditch lecture » en clôture
du congrès européen. Pendant plus d’une heure, il enthousiasma son
public, exposant magistralement comment les molécules lipidiques
étaient capables de générer une infinie variété de structures aussi
différentes que « des valises, des tuyaux, des aiguilles,
des enveloppes… ».
Ses présentations étaient un moment de bonheur intellectuel pour
son auditoire.
Ce grand chercheur était aussi un expérimentateur hors pair,
capable de rendre reproductibles les phénomènes les plus fragiles.
C’était un constructeur d’instruments de mesure plus originaux les
uns que les autres qu’il mettait à la disposition de ses
collaborateurs avec une grande ouverture.
À ce titre son dernier projet, la conception de l’appareil
Microcalix permettant de coupler la calorimétrie différentielle à
la diffraction des rayons X était un de ses sujets de fierté.
Nous l’aimions tous pour sa générosité car chacun sait qu’il
adorait apporter sa contribution pour aider qui que ce soit,
collègues statutaires de l’unité, thésards ou post-docs. Il était
toujours disponible pour essayer de résoudre, souvent avec succès,
mais toujours avec une très grande gentillesse, n’importe quel
problème scientifique ou technique, fut-t-il nécessaire d’utiliser
le tournevis ou la clé à molette.
Et combien d’industriels également ne l’auront-ils pas sollicité
pour les aider à mieux comprendre tel ou tel comportement des
phases lipidiques mises en œuvre !
Michel Ollivon à tous aura beaucoup donné.
Sa disparition brutale laisse un grand vide dans la communauté
des chercheurs.
P. Couvreur, Directeur de l'unité et toute l'équipe de Michel
Ollivon : A. Angelova, C. Bourgaux, V. Faivre, G. Keller, G. Lebas
et S. Lesieur, ainsi que Michel Parmentier (ancien président de
l'AFECG, ancien président de l'EuroFedLipid)
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