ARTICLE
Auteur(s) : Gaëlle PENCREAC’H, Marie DEVOS, Laurent
POISSON, Josiane HERAULT, Céline LOISEAU, Françoise ERGAN
Laboratoire d’Applications des Lipases de l’Université du
Maine, Institut Universitaire de Technologie de Laval, Département
Génie Biologique, 52, rue des Drs Calmette et Guérin, BP 2045,
53020 Laval Cedex 9
Tél. : 02 43 59 49 62
Fax : 02 43 59 49 58
<gaelle.pencreach@univ-lemans.fr>
L’acide eicosapentaènoïque (EPA, C20:5 ω3) et l’acide
docosahexaènoïque (DHA, C22:6 ω3) sont deux acides gras
hautement insaturés de la série ω3 (AGHI-ω3) dont l’importance
nutritionnelle est reconnue et qui présentent de fortes
potentialités en terme d’applications thérapeutiques [1,
2].
Les huiles de poissons, issues de l’industrie de la pêche, sont
actuellement la principale source commerciale de ces deux acides
gras. Toutefois, alors que ces huiles trouvent de nouvelles
applications (complément alimentaire en aquaculture, intégration
dans les margarines), les ressources halieutiques marines se
raréfient du fait d’une activité de pêche intensive. De nouvelles
sources d’EPA et de DHA doivent donc être recherchées afin de
répondre, dans le futur, à la demande croissante du marché de ces
AGHI-ω3.
Les AGHI-ω3 contenus dans les lipides de poissons proviennent
initialement des microalgues marines, ou phytoplancton, qui en sont
les producteurs primaires au départ de la chaîne alimentaire. Les
microalgues constituent donc aujourd’hui une alternative aux huiles
de poissons comme source d’EPA et de DHA.
Outre leur capacité à synthétiser de novo ces acides gras,
les microalgues offrent plusieurs avantages par rapport aux huiles
de poissons. Elles sont cultivables in vitro dans des
conditions contrôlées ce qui, d’une part, permet la production
d’une biomasse de composition biochimique constante et, d’autre
part, élimine les risques de pollution chimique de la biomasse. En
outre, contrairement aux huiles de poissons, les lipides de
microalgues ne contiennent pas ou peu de cholestérol et ne
présentent pas d’odeur désagréable. Enfin, les lipides microalgaux
ont un profil d’acides gras plus simple que celui des huiles de
poissons, ce qui limite les étapes de séparation des acides gras
d’intérêt.
Les microalgues d’intérêt
Le terme « microalgues » décrit le vaste ensemble des
microorganismes unicellulaires composant le phytoplancton, ensemble
très hétérogène en terme de morphologie et de physiologie. Il
regroupe des organismes eucaryotes mais également des bactéries
photosynthétiques, appelées cyanobactéries.
Les microalgues se développent aussi bien dans les milieux
aquatiques marins qu’en eaux douces ou saumâtres et au niveau de
divers habitats terrestres. La majorité a un métabolisme
photoautotrophique, synthétisant des composés organiques à partir
du CO2 atmosphérique et de l’énergie solaire. Certaines
toutefois, comme Crypthecodinium cohnii, sont hétérotrophes,
vivant au contact des sédiments en décomposition.
Leur rôle écologique est primordial : elles sont, d’une part,
à la base de la chaîne alimentaire et d’autre part, elles
participent dans une large mesure à la fixation du CO2
et à la production de l’O2 atmosphérique.
Les lipides des cyanobactéries [3] et des microalgues d’eau douce
[4, 5], bien que riches en acide α-linolénique (C18:3 ω3), ne
contiennent généralement pas d’EPA ni de DHA. Monodus
subterraneus, une microalgue d’eau douce, fait cependant
exception avec une forte proportion d’EPA parmi les acides gras
totaux [6].
Ainsi, les principales microalgues d’intérêt comme sources
potentielles d’EPA et de DHA sont issues du milieu marin. Parmi les
centaines de milliers d’espèces de microalgues marines existantes,
seul un faible nombre a été étudié et, parmi celles-ci,
quelques-unes ont montré un intérêt comme sources potentielles
d’EPA et de DHA, de par leur teneur élevée en ces deux acides gras
et leur capacité à se développer in vitro. Elles sont
disponibles commercialement auprès de différentes collections de
cultures dont une liste a été publiée par Pulz et al.
[7].
La classification taxonomique des algues eucaryotes contient
14 phylums [7]. Il existe des variations importantes dans la
teneur en AGHI-ω3 entre ces différentes classes de microalgues [8]
suggérant que chaque classe possède ou non l’équipement enzymatique
spécifique permettant la synthèse de ces acides gras à partir de
l’acide α-linolénique [3] (figure 1).
Parmi les microalgues productrices d’AGHI-ω3, on peut distinguer
celles synthétisant uniquement de l’EPA de celles synthétisant de
l’EPA et du DHA, dans des proportions qui varient ensuite selon
l’espèce et les conditions de culture. D’après Henderson [3] les
microalgues ne produisant que de l’EPA seraient déficientes dans
les activités élongase et désaturase de la voie de synthèse du DHA
à partir de l’EPA (figure 1).
Les Bacillariophytes (ou diatomées) constituent la famille de
microalgues la plus vaste avec environ 100 000 espèces
réparties en 250 genres. Elles prédominent souvent dans le
phytoplancton marin. Leurs lipides sont caractérisés par une faible
teneur en DHA, voire parfois une absence totale de cet acide gras,
alors que les quantités d’EPA sont habituellement importantes [3,
8]. Une revue bibliographique récente concernant la production
d’EPA par les microalgues a d’ailleurs souligné l’intérêt
particulier des diatomées comme organismes producteurs [9]. Parmi
14 espèces présentées, une seule possède un faible taux d’EPA,
les proportions pour les 13 autres variant de 6,8 à
34,5 % des acides gras totaux. Le DHA n’est pas détectable
chez 9 espèces et les proportions varient de 0,3 à 3 %
chez les 4 autres. Les espèces Skeletonema costatum et
Phaeodactylum tricornatum présentent les plus fortes
proportions d’EPA (34,5 et 29,2 %, respectivement) et une
absence totale de DHA.
Les Rhodophytes ainsi que les Eustigmatophytes produisent
également des lipides riches en EPA et déficients en DHA. Les
Rhodophytes sont des organismes en majorité macroscopiques. Seules
quelques espèces sont unicellulaires. Parmi celles-ci
Porphyridium purpureum (anciennement cruentum)
[10-12] possède une forte potentialité pour la production d’EPA.
Les espèces d’Eustigmatophytes d’intérêt sont Monodus
subterraneus, une microalgue d’eau douce, avec environ
34 % d’EPA [6, 9] et quelques espèces des genres
Nannochloropsis et Nannochloris avec 15 à 35 %
d’EPA [4, 9, 13].
Les Chlorophytes ne synthétisent pas ou peu d’acides gras
hautement insaturés à 20 et 22 atomes de carbone [14].
Toutefois, les lipides de Chlorella minutissima peuvent
contenir jusqu’à 45 % d’EPA avec une déficience en DHA [6,
9].
Le DHA est l’acide gras caractéristique des lipides des
Dinoflagellées [15], une vaste famille de microalgues comprenant
550 genres et 4 000 espèces. Yongmanitchai et Ward
[4] ont rassemblé les données concernant 22 espèces. Les
proportions de DHA varient entre 12 et 34 % des acides gras
totaux. Il est à noter que, le plus souvent, l’EPA est également
présent dans des proportions faibles (< 5 %) pour
14 souches mais jusqu’à 20 % pour d’autres.
Crypthecodinium cohnii, une Dinoflagellée hétérotrophe, est
particulièrement intéressante car elle contient jusqu’à 51 %
de DHA alors que l’EPA est totalement absent [16]. L’exploitation
industrielle de cette microalgue est développée par la société
Martek Biosciences Corporation (Columbia, Etats-Unis). Elle
commercialise le produit Dhasco®, composé de
triglycérides riches en DHA issus de Crypthecodinium cohnii.
Il est préconisé pour la supplémentation des laits maternisés afin
qu’ils constituent un apport en DHA dans l’alimentation du
nourrisson au même titre que le lait maternel.
Plusieurs microalgues de la famille des Prymnesiophytes (ou
Haptophytes) constituent également une source potentielle de DHA.
L’EPA est également souvent présent, à des teneurs généralement
plus élevées que chez les Dinoflagellées. Isochrysis galbana
est l’espèce la plus étudiée du fait de son exploitation en
aquaculture. Elle est en effet reconnue pour sa grande qualité
nutritionnelle pour les espèces piscicoles, à laquelle contribue
une teneur élevée en EPA et DHA. L’analyse de la littérature montre
que les proportions relatives de ces deux AGHI-ω3 sont très
variables d’une étude à l’autre, probablement du fait des
différences entre les souches et les conditions de culture
utilisées. Selon les cas, le DHA est soit le seul AGHI-ω3 produit
[14, 17] soit il est majoritaire [18, 19] ou minoritaire [20-22]
par rapport à l’EPA. De même que Isochrysis galbana,
Pavlova lutheri, une autre espèce de Prymnesiophytes,
produit de l’EPA et du DHA en quantité importante et en proportions
relatives variables selon les études [6, 23]. Les principales
espèces de microalgues d’intérêt pour la production d’EPA et/ou de
DHA sont rassemblées dans le tableau 1.
Tableau 1. Principales espèces de
microalgues d’intérêt pour la production d’EPA et de DHA.
| Phylum |
Espèces
|
AGHI-ω3 produit
|
| EPA |
DHA |
| Bacillariophytes |
Skeletonema costatum Phaeodactylum
tricornatum |
+ |
– |
| Rhodophytes |
Porphyridium purpureum |
+ |
– |
| Eustigmatophytes |
Monodus subterraneus Nannochloropsis
oculata |
+ |
– |
| Chlorophytes |
Chlorella minutissima |
+ |
– |
| Dinoflagellées |
Crypthecodinium cohnii |
– |
+ |
| Prymnesiphytes |
Isochrysis galbana
Pavlova lutheri |
+ |
+ |
Les lipides de microalgues sont composés de lipides neutres et
de lipides polaires (glycolipides et phospholipides) dans des
proportions variables en fonction des conditions de culture. Les
lipides polaires sont généralement plus riches en EPA et DHA que
les lipides neutres qui contiennent principalement des acides gras
saturés et monoinsaturés. Crypthecodinium cohnii fait
exception avec des triglycérides très riches en DHA [3]. La
répartition de l’EPA et du DHA au sein des lipides polaires varie
selon l’espèce de microalgue considérée. Chez Isochrysis
galbana [24] et plusieurs espèces de Dinoflagellées [15], le
DHA est un acide gras majoritaire des phospholipides alors qu’il
est en faible proportion dans les glycolipides. Inversement, l’EPA
chez Porphyridium purpureum [25] et Skeletonema
costatum [26] est plutôt présent dans les glycolipides.
Optimisation des procédés pour la production d’EPA et de DHA
par les microalgues
En laboratoire, les microalgues sont cultivées sur des milieux à
base d’eau de mer complémentée par des micronutriments (vitamines,
minéraux...) ou sur des milieux artificiels. Les cultures sont
réalisées en flacons (figure 2) ou en
bioréacteurs de faible capacité volumétrique avec un apport
lumineux obtenu grâce à des tubes fluorescents situés à
proximité.
Dans ces conditions, l’influence de plusieurs paramètres de
culture sur la production d’AGHI-ω3 a été étudiée. En particulier,
il a été montré que la proportion relative d’EPA et de DHA parmi
les acides gras totaux varie en fonction de l’âge de la culture,
avec des teneurs moins élevées dans les cellules les plus âgées. En
culture en « batch », cela se traduit par une teneur en
AGHI-ω3 plus importante en phase exponentielle de croissance qu’en
phase stationnaire. En culture continue, il a été montré que les
lipides sont plus riches en AGHI-ω3 aux taux de dilution les plus
élevés [27, 28]. Ce phénomène s’explique par le fait que les
cellules âgées (en fin de croissance lors d’une culture en batch ou
à faible taux de dilution en continu) accumulent les lipides
neutres, qui représentent une forme de stockage d’énergie, au
détriment des lipides polaires. Ces derniers sont les principaux
constituants des membranes chloroplastiques (glycolipides) et
cellulaires (phospholipides), et leur synthèse est donc maximale en
période de forte croissance et de forte activité photosynthétique.
Or, comme nous l’avons vu précédemment, les AGHI-ω3 sont le plus
souvent associés aux lipides polaires des membranes dont ils
assurent la fluidité.
La température affecte également la production d’EPA et de DHA
dans le sens d’une augmentation aux basses températures de culture.
Ainsi la quantité d’EPA produite par cellule chez Porphyridium
purpureum est six fois plus élevée à 8 °C qu’à 25 °C
[12]. Toutefois, la croissance cellulaire à basse température peut
être fortement ralentie, ce qui limite le rendement global en
AGHI-ω3, exprimé en masse d’acide gras par volume de culture. Pour
tenir compte de ces deux phénomènes antagonistes, Jiang et Chen
[29] ont tout d’abord cultivé Crypthecodinium cohnii à
25 °C pendant 48 h pour assurer une croissance maximale
puis ont appliqué une baisse de température jusqu’à 15 °C pour
augmenter la teneur en DHA en fin de croissance.
La composition du milieu de culture influence également de façon
importante dans la teneur en EPA et DHA des microalgues. La teneur
en DHA d’une même souche d’Isochrysis galbana, cultivée sur
8 milieux classiquement utilisés en laboratoire, peut varier
du niveau de traces à 25 % des acides gras totaux [30].
Dans l’objectif d’une exploitation industrielle des microalgues
comme source d’AGHI-ω3, la production de biomasse doit pouvoir être
réalisée en grande quantité et avec de fortes productivités. Le
métabolisme photosynthétique des microalgues implique l’apport
d’énergie lumineuse, ce qui a nécessité le développement de
technologies spécifiques par rapport à celles traditionnellement
employées pour la culture des microorganismes hétérotrophes.
Le système le plus ancien est celui en bassins ouverts, inspirés
des conditions naturelles de développement des microalgues. Ce sont
des bassins de plusieurs milliers de m3 situés soit en
extérieur pour une utilisation de la lumière solaire soit en
intérieur avec un éclairage artificiel. Si ces bassins ont un coût
de construction faible et sont simples d’un point de vue
technologique, ils présentent toutefois certains inconvénients
[31]. Les densités cellulaires obtenues restent faibles et les
coûts de récolte de la biomasse diluée se révèlent importants.
D’autre part, les cultures en système ouvert sont sujettes à des
contaminations par d’autres algues ou par des bactéries marines
souvent indésirables.
Le développement de photobioréacteurs fermés, autorisant un
contrôle des paramètres de culture et des conditions axéniques, a
fait l’objet de nombreux programmes de recherche [32, 33] mais
constitue encore aujourd’hui un défi technologique [34]. L’une des
principales difficultés rencontrées pour les photobioréacteurs de
grandes dimensions est l’apport suffisant de lumière au niveau de
chaque cellule microalgale au sein de la culture. En effet,
l’intensité de la lumière pénétrant dans une culture cellulaire
décroît rapidement dès lors que l’on s’éloigne de la périphérie du
réacteur. Ce phénomène est d’autant plus marqué que la densité
cellulaire est forte. Ainsi, les cellules situées au centre du
réacteur ne reçoivent plus suffisamment de lumière pour leur
croissance. Pour résoudre ce problème, le bioréacteur doit
présenter une grande surface spécifique de transfert de l’énergie
lumineuse [34], c’est-à-dire un rapport surface/volume important.
Cela a été obtenu en concevant des photobioréacteurs tubulaires ou
plans, constitués, respectivement, de longs tubes ou de
parallélépipèdes rectangles de faible épaisseur en plexiglas, dans
lesquels circule la culture de microalgues. Les photobioréacteurs
peuvent être solaires ou artificiels. Si la lumière solaire est
moins coûteuse que la lumière artificielle, elle possède
l’inconvénient d’être soumise à une forte variabilité d’intensité
en fonction des heures de la journée, des saisons et des
régions.
La biomasse obtenue en système fermé présente un coût de revient
globalement supérieur à celle provenant de systèmes ouverts.
Cependant, le potentiel de production de biomolécules à hautes
valeurs ajoutées, telles que l’EPA et le DHA, à partir d’une
biomasse parfaitement maîtrisée d’un point de vue quantitatif et
qualitatif, peut justifier des coûts de revient élevés [31]. Une
alternative actuellement étudiée à la culture en photobioréacteurs
de microalgues est la culture hétérotrophique, c’est-à-dire en
absence de lumière mais en présence d’un substrat organique comme
source de carbone et d’énergie, ou en mixotrophie, c’est-à-dire en
présence de ces deux éléments. Une revue récente fait le bilan de
ces modes de culture pour la production d’EPA par les microalgues
[9]. Bien que certaines microalgues parviennent à se développer en
conditions hétérotrophiques, les croissances restent souvent
faibles [6]. D’autre part, il apparaît que la teneur en AGHI-ω3
dans ces conditions est supérieure ou inférieure par rapport aux
cultures en photoautotrophie selon l’espèce de microalgue
considérée [35]. Des rendements élevés en biomasse et en EPA ont
toutefois été obtenus en mixotrophie avec la microalgue
Phaeodactylum tricornutum [36], démontrant l’intérêt de ce
type de culture dans certains cas.
Une autre voie de recherche pour améliorer les productivités en
EPA et DHA des cultures de microalgues est l’obtention de
microorganismes mieux adaptés aux exigences technologiques et
économiques des procédés industriels. Plusieurs études ont été
réalisées dans ce sens, empruntant des approches différentes. Pour
obtenir une souche microalgale surproductrice d’EPA, Molina Grima
et al. [37] ont développé un programme de sélection
phénotypique. Par prélèvement puis sélection de cellules isolées
d’Isochrysis galbana sur deux générations, une souche
produisant deux fois plus d’EPA (en % de matière sèche) que la
souche initiale a été obtenue. Takeyama et al. [38] ont
appliqué le principe de l’ingénierie métabolique, c’est-à-dire la
modification des voies métaboliques par génie génétique, pour
obtenir une cyanobactérie productrice d’EPA. Ils ont en effet
introduit le groupe de gènes nécessaire à la synthèse d’EPA
provenant de la bactérie marine Shewanella sp. dans la
cyanobactérie Synechococcus sp., qui naturellement ne
produit pas cet acide gras. De même, l’introduction du gène codant
pour un transporteur du glucose dans une souche de Phaeodactylum
tricornatum, naturellement photoautotrophe obligatoire, a
permis la culture de cette algue en hétérotrophie [39]. La
connaissance précise des enzymes impliquées dans les voies de
synthèse des acides gras hautement insaturés est nécessaire pour
améliorer ce type d’approche. Ainsi, des études récentes, réalisées
chez Isochrysis galbana et Pavlova lutheri, ont
abouti à l’identification et la caractérisation d’une élongase [40]
et d’une désaturase [41], respectivement.
Conclusion
Aujourd’hui les microalgues sont reconnues comme représentant
une source intéressante d’EPA et de DHA. Cependant, la viabilité
économique des procédés à base de microalgues face au marché des
huiles de poisson reste encore à préciser. En effet, les
microalgues sont des microorganismes difficiles à cultiver à
l’échelle industrielle ce qui entraîne un coût de production de la
biomasse relativement élevé. L’optimisation des procédés de
production de l’EPA et du DHA par les microalgues nécessite des
améliorations aussi bien en ce qui concerne les souches d’intérêt
que les procédés de culture. Malgré ces points faibles concernant
les niveaux de production, la purification d’acides gras d’intérêt
à partir de lipides microalgaux fait déjà l’objet de recherches
[42, 43]. En particulier, des moyens d’obtenir des lipides enrichis
en AGHI-ω3 par traitement enzymatique à l’aide de lipases ou de
phospholipases, sont à l’étude [17]. n
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