ARTICLE
Auteur(s) : Jean-Noël AUBERTOT2, Raymond
REAU1, Florent DUPEUBLE1, Stéphane
GRIPPON1, Annette PENAUD1,
Xavier PINOCHET1, Marie TAVERNE1
1 CETIOM (Centre technique interprofessionnel des
oléagineux métropolitains) BP 4, 78850
Thiverval-Grignon.
2 UMR d'Agronomie INRA/INA P-G, BP 1, 78850
Thiverval-Grignon
En France, le phoma est actuellement considéré comme la maladie la
plus préoccupante du colza. Cette maladie est en effet présente
dans toutes les zones de production. On estime que la perte moyenne
de rendement due au phoma serait comprise entre 5 et 20 % de
la production nationale selon l'année considérée (source
CETIOM).
Contre la maladie, différents moyens de contrôle existent. Mais
il est aujourd'hui impossible de baser la protection du colza sur
un seul moyen de lutte. En effet, parmi les variétés très peu
sensibles actuelles, certaines ont des résistances spécifiques qui
peuvent être rapidement contournées. Et les fongicides ont une
efficacité qui semble aléatoire.
C'est pourquoi, il est important de mettre au point des
stratégies de protection intégrée du colza contre le phoma. Un
programme de recherche a été mis en place sur ce sujet. Il
s'articule autour de 3 axes méthodologiques
complémentaires : diagnostic en parcelles agricoles,
expérimentation et modélisation. L'objectif de cette communication
est de faire la synthèse des principales connaissances acquises
jusqu'à présent par ce programme et de proposer des pistes pour la
protection intégrée de la culture contre le phoma pour quelques
situations types.
Leptosphaeria maculans, le champignon responsable de la
maladie, se transmet par les résidus de culture contaminés sur
lesquels il produit des fructifications (périthèces) qui émettent
des ascospores initiant les contaminations primaires à l'automne.
Après la phase de contamination, les macules foliaires produites
initient un cycle secondaire en émettant des pycniospores. Le
champignon progresse ensuite dans la plante par voie systémique et
colonise le collet et le bas de la tige, provoquant une nécrose
susceptible d'entraîner la section de la tige et la verse de la
plante [1, 2].
L'incidence du phoma dépend de l'état du colza au moment de la
contamination
Une expérimentation a été mise en place en 2000/2001 à Grignon
(Yvelines) afin d'analyser les effets de la date de semis, et de la
disponibilité en azote à l'automne sur les attaques de phoma, en
interaction avec la sensibilité variétale [3]. Les traitements
analysés résultent du croisement de deux dates de semis (l'une
précoce, début août ; l'autre normale, début septembre), de
deux disponibilités en azote à l'automne (aucun apport à l'automne
ou 250 kg/ha apportés en 3 fois) et de deux variétés
(Bristol, sensible et Pollen, très peu sensible). Le dispositif
utilisé est un split-split plot avec 3 répétitions. La gravité
de la maladie est caractérisée par l'observation des nécroses au
collet. Ces observations sont synthétisées par un indice, appelé
« note G2 », variant de 0 pour une culture
exempte de nécrose, à 9 pour une culture versée à cause du colza.
La maladie est caractérisée également à l'automne par une
estimation du taux de plantes avec au moins une macule, que l'on
appelle « incidence ».
Ce sont dans les situations pour lesquelles le peuplement se
trouvait à un stade de développement peu avancé (2 feuilles)
au moment des premières contaminations que les nécroses au collet
sont les plus graves (figure 1). Lorsque les
contaminations ont eu lieu à un stade de développement plus avancé
(7-8 feuilles), les nécroses au collet étaient moins
développées pour tous les traitements. Ces observations sont
cohérentes avec d'autres résultats de la bibliographie qui
indiquent que plus l'inoculation a lieu tardivement et moins les
nécroses au collet sont sévères [4, 5]. L'analyse des résultats des
taux de plantes avec macules à l'automne indique aussi que plus la
contamination est précoce par rapport au développement phénologique
de la culture, plus l'incidence du phoma est élevée ; et que
de plus pour un stade du colza au moment de la contamination donné,
l'incidence du phoma s'accroît avec la biomasse par plante du
colza.
Ce comportement est observable également sur les données issues
d'une enquête en parcelles agricoles réalisée dans la région Centre
en 2000/2001 sur près d'une centaine de parcelles (figure 2). L'évolution du
cycle du phoma (macules à l'automne et nécroses avant la maturité
stade « premières siliques bosselées ») a été suivie de
manière à mettre en relation une large gamme de conditions
pédo-climatiques et de systèmes de culture, les états du peuplement
générés, et les niveaux d'attaque de la maladie. Ce diagnostic a
permis de confirmer que l'incidence du phoma dépendait de l'état de
croissance à l'automne. Ce sont pour les peuplements à faible
biomasse par plante en sortie d'hiver que les incidences minimum
observées sont les plus faibles, pour les trois classes de
croissance au moment de l'observation des macules. Pour des
biomasses fraîches par plante supérieures à 70 g, l'incidence
observée à l'automne n'est jamais inférieure à 80 %. Ce
résultat pourrait résulter d'au moins deux processus ; l'un
physique, l'autre biochimique. Tout d'abord, une plante ayant une
plus forte biomasse à l'automne, et donc une surface foliaire plus
développée, a une probabilité plus grande d'être mise en contact
avec une spore qu'une plante ayant une biomasse plus faible.
Ensuite, la probabilité de germination des spores pourrait être
supérieure dans le cas des plantes à plus forte biomasse à cause
d'une composition biochimique des tissus plus favorable au
développement du pathogène (par exemple, les fortes biomasses par
plante correspondent régulièrement à des plantes riches en azote,
ce qui serait favorable au développement du champignon dans le
colza).
Ces deux dispositifs confirment ainsi que l'incidence du phoma à
l'automne dépend de deux variables d'état du colza : son stade
de développement (stade phénologique), mais aussi l'état de
croissance de ses feuilles au moment de la contamination.
La gravité des nécroses dépend de l'incidence à l'automne, en
interaction avec les états de croissance du colza, du collet et du
bas de la tige en hiver
Ces dispositifs indiquent également que la gravité du phoma à
maturité est liée à l'incidence du phoma à l'automne. Plus
l'incidence est élevée, plus la note G2 des nécroses est élevée
(figure 3).
Cette figure suggère l'existence d'une courbe enveloppe maximale
entre l'incidence observée à l'automne et la gravité de la nécrose
observée après floraison, valable pour ces deux variétés. Les notes
G2 restent peu élevées quand l'incidence du phoma est
inférieure à 60 % des plantes avec macules. Ces notes sont
plus élevées et plus variables au-delà, on note en particulier une
interaction avec la biomasse en sortie d'hiver : les notes au
dessus de 4 ont été obtenues exclusivement avec des biomasses
fraîches de plus de 1,2 kg/m2.
La figure 4
obtenue avec les observations du suivi de parcelle confirme
l'existence d'une courbe enveloppe maximale entre l'incidence
observée à l'automne et la gravité de la nécrose observée après
floraison pour une variété donnée. De plus, elle montre que cette
courbe potentielle peut varier fortement avec la variété ; la
pente pour Capitol est plus forte que celles des 3 autres
variétés. Une analyse approfondie des données de la variété Pollen
indique également que les notes G2 les plus graves
correspondent à de fortes biomasses en hiver, mais aussi à des
colzas où des élongations de tiges ont été observées en hiver (plus
de 2,9 cm).
Ce comportement de Pollen est valable pour des diamètres au
collet de plus de 8 mm. Par ailleurs, on observe
exceptionnellement une note G2 très élevée dans une
parcelle où l'incidence du phoma à l'automne a été faible :
celle-ci a la particularité d'avoir des collets de faible diamètre
moyen (5 mm). Cela suggère que le diamètre au collet serait un
facteur de risque à prendre en compte. Les contaminations des
plantes ayant de petits diamètres au collet se traduiraient par des
nécroses plus graves.
Ces deux dispositifs confirment que la note G2
potentielle dépend de l'incidence du phoma à l'automne pour une
variété donnée, pour des collets dont le diamètre est suffisant
(plus de 8 mm). Ce sont la biomasse et les phénomènes
d'élongation qui seraient à l'origine de la variabilité des notes
G2 dans le cas des fortes incidences du phoma à
l'automne. Tout se passe comme si les fortes croissances à
l'automne entraînaient des phénomènes d'élongation du bas de la
tige, qui rendraient ces tiges plus sensibles aux contaminations
secondaires pendant l'hiver, ce qui conduirait à des nécroses plus
graves.
Les fongicides peuvent être efficaces pour limiter les
nécroses
Des fongicides à base de triazole et de carbendazime sont testés
pour lutter contre les contaminations de phoma. Cependant, la
rémanence de ces matières actives qui est de l'ordre de 2 à
3 semaines, est parfois insuffisante notamment lorsque le
stade du colza est peu avancé au moment de la contamination. Cela
rend la lutte chimique basée sur une application aléatoire en terme
d'efficacité (figure
5). L'efficacité de ce traitement fongicide serait-elle
plus régulièrement efficace dans les parcelles où la levée est
précoce et la biomasse en hiver est élevée
?
A cause de cette difficulté à maîtriser la lutte fongicide contre
le phoma, associée à la demande sociale pour une réduction de
l'usage des produits phytosanitaires, la maîtrise du phoma du colza
ne peut pas se baser uniquement sur la lutte chimique.
Un modèle pour représenter les relations entre l'état du colza
et le phoma et concevoir cette protection intégrée
Sur la base des connaissances ci-dessus, un modèle synthétisant
l'ensemble des connaissances acquises ou disponibles dans la
bibliographie est en cours de développement. Son schéma conceptuel
est présenté figure
6. Les variables de sortie prévues par le modèle sont la
distribution des nécroses et les pertes de rendement engendrées.
Les variables d'entrée ont été regroupées en trois grandes
catégories : variable décrivant l'inoculum primaire
(concentration atmosphérique en ascospores), le climat
(température, pluviométrie, durée d'humectation) et les techniques
culturales (date et densité de semis, disponibilité en azote
dépendante de l'historique de la parcelle et des épandages, et
choix variétal).
La pollution primaire (mise en contact des ascospores et du
peuplement) dépend de la concentration atmosphérique en ascospores,
et de l'importance des surfaces réceptrices. Les techniques
culturales (date et densité de semis, disponibilité en azote du
sol) et le climat « pilotent » les stades de
développement qui influencent la taille des surfaces réceptrices.
Les spores arrivant sur une plante ont une probabilité de la
contaminer qui dépend des conditions de température et d'humidité,
du stade phénologique de la plante, de la sensibilité variétale et
du niveau de protection lié à l'application d'un traitement
fongicide.
La contamination a deux conséquences : l'apparition d'un
cycle secondaire via les pycniospores et le développement de la
nécrose au collet qui dépend du stade phénologique au moment de la
contamination, et de la sensibilité variétale. De plus, le passage
de la phase de contamination à la nécrose dépend également de la
biomasse en hiver, et de l'état de la tige et du collet (diamètre,
biomasse, élongation). La pollution de l'inoculum secondaire a lieu
lors des séquences pluvieuses (les pycniospores sont dispersées par
« splashing » lors des pluies). Les pertes de rendement
sont estimées grâce à une fonction de nuisibilité reliant gravité
des nécroses et pertes à la récolte. Une fois développé et évalué,
ce modèle constituera le module « phoma » d'un modèle de
culture plus global utilisé pour la mise au point d'itinéraires
techniques intégrés pour le colza.
Des techniques culturales efficaces contre le phoma
D'après les résultats ci-dessus, différentes techniques
culturales sont envisageables pour réduire les risques de pertes
graves par le phoma. Suivant les cas, il s'agit soit d'amélioration
de la conduite du colza, soit de gestion de l'interculture avant le
colza, soit d'organisation de l'assolement.
Dans l'assolement
• Un premier moyen de lutte consiste à réduire la production
d'inoculum primaire, et en particulier celle qui est issue des
chaumes et pailles de colza restés en place depuis la récolte, afin
d'éviter qu'elles soient une source d'inoculum pour les jeunes
cultures de colza des parcelles voisines. Le broyage et
l'enfouissement des résidus contaminés des précédents colzas
semblent une solution efficace, à condition que le retournement des
parcelles de colza récoltées ait été réalisé avant la levée des
nouveaux colzas : par un labour dès juillet ou août, ou par un
déchaumage dès la récolte (en cas de labour à partir de septembre
ou en l'absence de labour).
Pour espérer un effet sur la pression du phoma, ces pratiques
devraient être généralisées à l'échelle de la micro-région, du fait
du transport des spores sur plusieurs centaines de mètres, voire
quelques kilomètres [6]. En effet, quel est l'effet des pailles
laissées en surface sur quelques parcelles seulement quand elles
sont mieux gérées sur le reste du secteur ? La remontée en
surface des pailles mal dégradées des années précédentes ne
pourrait-elle pas contribuer significativement à la pression phoma
du secteur ? Les conditions pratiques de la réussite de la
gestion des résidus de colza pour réduire de façon significative la
production d'inoculum primaire à l'échelle d'une petite région sont
encore mal connues. Des travaux de recherche sont en cours pour
mieux prendre en compte le risque de production d'inoculum primaire
dans les systèmes de culture comportant du colza.
• Une seconde stratégie consiste à faire durer dans le temps la
résistance des variétés à bon comportement vis-à-vis du phoma. En
effet, plusieurs résistances variétales au phoma actuelles sont de
nature mono-génique. Or, les souches de phoma évoluent et
contournent ces résistances. Une solution consiste à diversifier
les variétés dans l'assolement d'une région, afin de réduire la
pression de sélection sur les souches de phoma, et d'éviter le
contournement des résistances disponibles. Ce volet est
développé dans l'article ci-joint de X. Pinochet et al.
Dans l'interculture
• Les fortes croissances à l'automne constituent un facteur
aggravant pour la contamination et les dégâts de phoma. Elles
proviennent principalement de fortes disponibilités en azote dans
le sol, issues notamment de la fertilisation organique réalisée
entre le blé et le colza. Gérer les apports de matière organique
pour ne pas dépasser 100 unités disponibles à l'automne, et
exclure les apports d'azote minéral à l'automne limiterait
l'incidence de la maladie à l'automne. Il reste à établir dans
quelles conditions ces améliorations de la gestion de l'azote sont
envisageables et faisables dans les exploitations.
• En situation de non labour, exporter ou enfouir superficiellement
les pailles de la céréale précédente réduirait la gravité de la
maladie. En effet, la levée du colza au milieu d'un mulch de paille
provoque une élongation de l'hypocotyle, une réduction de son
diamètre et des nécroses plus graves.
Dans la culture du colza
Plusieurs techniques culturales du colza interagissent avec le
développement épidémiologique du phoma. Certaines sont largement
connues, d'autres méritent encore d'être évaluées.
• Choisir une variété tolérante au phoma est une solution efficace
pour réduire les contaminations et les dégâts de phoma, tant que
les gènes de résistance ne sont pas contournés.
• Semer le colza à une date moins précoce, est une solution pour
éviter de très fortes croissances automnales et les élongations
dans les sols profonds et riches en azote des régions au climat
doux, ce qui est défavorable au phoma. Seulement ces levées moins
précoces accroissent les risques de coïncidence entre les
projections de spores et un stade sensible, ce qui est favorable au
phoma. C'est pourquoi cette tactique de déplacement des dates de
semis pour les sols riches en azote mérite une évaluation globale
et approfondie avant d'être proposée dans la pratique.
• Réduire la densité de semis peut conduire à des diamètres au
collet plus élevés et contribuer à réduire les risques
d'élongation. Des observations révèlent que pour une même quantité
de macules, les notes G2 seraient moins graves en cas de
faible densité de peuplement (diamètre des tiges plus important,
tiges moins fragiles).
• Utiliser un fongicide peut s'avérer pertinent dans certaines
situations notamment. Des efficacités intéressantes ont été notées
sur de gros colzas (cf. figure 5 : variété
Madrigal) avec une application unique sur avertissement basé sur un
suivi épidémiologique régional de la maladie. Par ailleurs, le
fractionnement de la dose homologuée en deux demi-doses (une sur
avertissement, puis une 2 à 3 semaines plus tard) permettrait
peut-être de mieux contrôler la maladie sur la durée. A ce sujet,
nous disposons aujourd'hui de peu de références ; des essais
en place cette année devraient fournir des éléments de réponse.
Mise au point de la protection intégrée : adapter les
conduites du colza pour contrôler le phoma
Parmi ces techniques de lutte contre le phoma, aucune n'est
aujourd'hui en mesure de résoudre seule de façon durable le
problème du phoma, tel qu'il se pose dans les champs de colza.
C'est pourquoi, à court et moyen terme, il est nécessaire de
combiner entre elles ces techniques en s'adaptant aux différentes
situations rencontrées dans le cadre d'une protection intégrée. Le
choix proposé ici pour le phoma consiste à privilégier les méthodes
préventives de lutte les plus efficaces contre les dégâts du phoma
comme pour la durabilité des gènes de résistance disponibles.
Ensuite, il s'agit de considérer la lutte fongicide comme un moyen
de rattrapage mis en œuvre quand le risque reste élevé malgré tout
et que son efficacité est garantie, dans le cadre d'une protection
raisonnée.
Sur la base des connaissances rassemblées dans le schéma (figure 6), nous avons
conçu une adaptation de la conduite du colza dans certaines
situations de production du colza, dans des régions où la pression
de phoma est forte. Ces conduites restent à tester à grande
échelle.
• Dans les sols superficiels et « pauvres » en azote, la
croissance du colza à l'automne est modérée, ce qui limite la
surface capable de recevoir des spores, et qui évite les risques
d'élongation. Dans cette situation, la stratégie à privilégier à
l'implantation semble être celle des semis précoces, afin de
réduire les risques de projections de spores pendant sa phase la
plus sensible (esquive). Ensuite, de deux choses l'une : soit
les projections de spores se produisent effectivement après la
période de sensibilité du colza et cette lutte préventive est
suffisante, soit la projection de spores a lieu pendant la période
sensible du colza (en cas de levée tardive, ou de projections
précoces) ce qui peut justifier l'utilisation d'un fongicide si la
variété n'est pas tolérante.
• Dans les sols profonds et « riches » en azote des
régions à climat doux, la croissance des feuilles est forte et la
biomasse par unité de surface est élevée. Le risque de phoma serait
alors essentiellement lié à la surface foliaire par plante
disponible pour recevoir les spores et à la forte biomasse qui
favorise l'expression des macules en nécroses. Réduire la densité
est une première piste préventive, afin de rechercher des diamètres
au collet élevés. A cause des fournitures en azote du sol, on peut
difficilement envisager de limiter la surface foliaire par plante à
l'automne sans retarder le semis. C'est pourquoi la stratégie du
semis moins précoce pour éviter forte croissance et élongation
mérite une analyse plus approfondie. La protection fongicide
raisonnée en fonction de la variété cultivée et de l'état du colza
au moment de la projection des spores semble une solution de
rattrapage essentielle dans ces situations.
Conclusion
La synthèse des connaissances aujourd'hui disponibles sur le
phoma a permis de proposer des pistes pour contrôler efficacement
le phoma du colza. Demain, la formalisation de ces connaissances
dans des modèles et des outils devraient nous aider à préciser les
stratégies de protection intégrée à proposer contre cette
maladie.
D'ores et déjà, des expérimentations sont en cours pour tester
des règles de décision pour la protection fongicide raisonnée et
l'adaptation de la conduite du colza dans les parcelles riches en
azote.
RÉFÉRENCES
1. Hall R. Epidemiology of blackleg
of oilseed rape. Canadian Journal of Plant Pathology 1992 ;
14 : 46-55.
2. CETIOM, 2002. Les maladies du colza. Point
technique du CETIOM 2002 : 80 p.
3. Aubertot JN, Crivineanu C,
Le Floch D, Doré T. Analyse des effets de la date de semis
et de la disponibilité en azote à l'automne sur le développement du
phoma chez deux variétés de colza. 2ème conférence
internationale sur les moyens alternatifs de lutte contre les
organismes nuisibles au végétaux. 4-6 mars, Lille, France
2002.
4. Brunin B,
Lacoste L. Recherches sur la maladie du colza due à
Leptosphaeria maculans (Desm.) Ces. Et de Not. II. Pouvoir
pathogène des ascospores. Annales de Phytopathologie 1970 ;
3 : 477-88.
5. Alabouvette C, Brunin B, Louvet
J. Recherches sur la maladie du colza due à Leptosphaeria
maculans (Desm.) Ces. Et de Not. IV. Pouvoir infectieux des
pycniospores et sensibilité variétale. Annales de Phytopathologie
1974 ; 6 : 265-75.
6. West JS,
Kharbanda PD, Borbetti MJ, Fitt BDL. Epidemiology and
management of Leptosphaeria maculans (phoma stem canker) on
oilseed rape in Australia, Canada and Europe. Plant pathology
2001 ; 50 : 10-27.
|