ARTICLE
Géré par la Health and nutrition division de l'AOCS
(American Oil Chemist' Society), ce programme d'année en
année prend plus d'ampleur. La nomination de M. Bieber, de Best
Foods, l'un de ses premiers et plus importants animateurs, comme membre
du Conseil (member at large) du comité de direction de l'AOCS,
en souligne l'importance. Clairement sa vocation commence à se
préciser de plus en plus. À peine dix-huit mois après
qu'une découverte ou un mouvement d'opinion pertinent ou non se
concrétise au niveau le plus élevé dans les domaines
des sciences de la vie touchant aux lipides, il doit en être débattu
au cours d'un congrès de l'AOCS. La vocation particulière
de cette division étant d'être l'interface entre la science,
la technologie, la production et les consommateurs, dans le domaine des
lipides.
Pour la troisième année consécutive, trois séances
ont été consacrées à un seul thème
:
- l'alimentation infantile et parentérale chez l'enfant (conçue
comme un champ d'expérience pour l'alimentation générale)
;
- l'oxydation des lipides «in health and disease»,
en situation physiologique et pathologique. Mécanismes d'exploration.
Rôle des différents acides gras dans l'oxydabilité
des lipides (thème cogéré par la Health and nutrition
division et la Lipid oxydation and quality division) ;
- ratio omega-3 sur omega-6 et alimentation, problème majeur
actuellement aux États-Unis, dominé par la leçon
de W. Lands (Research award 1997) : The two faces of essential
fatty acids.
Un autre thème, les acides gras trans, présidé
par J.L. Sebedio, était l'objet d'une séance. Il sera traité
par ailleurs1.
Mais simultanément se tenait une autre séance, organisée
également par la Health and nutrition division, ayant trait
aux lipides structurés d'origine synthétique, mode véhiculaire
possible des acides gras quantitativement mineurs, mais pouvant être
qualitativement majeurs, et consacrée également à
ces acides gras. Il est évident que, dans l'ombre de ces triglycérides
structurés de synthèse, se profilent des triglycérides
structurés obtenus par des voies agronomiques d'un prix de revient
beaucoup plus bas et d'une sécurité au moins aussi grande.
Faudra-t-il en arriver à établir le caractère substantiellement
équivalent d'un produit biologique vis-à-vis d'un produit
de synthèse ?
Il est intéressant de noter que l'acide linoléique conjugué,
l'un des trois thèmes majeurs de 19962, faisait en 1997
l'objet de onze communications et posters, dans le cadre de séances
organisées par d'autres divisions : analytique, technologie, production.
Il a joué aussi son rôle en direction des consommateurs,
au cours d'un symposium satellite le 11 mai dernier : Dietary fat :
how can or should you go, et au cours du déjeuner de la division
dont le guest speaker était le Dr Elaine Monson, éditrice
du Journal of American Dietetics. Nous reviendrons en conclusion
sur ces deux événements.
Alimentation infantile (11 communications - 5
posters)
Les communications
Depuis quelques années, ce sujet est très exploré
au niveau des lipides et de la famille en n-3. Rien de très nouveau
ne pouvait donc être amené. Quelques glissements, dans le
cas de positions intransigeantes, se préparent. La transformation
du linolénique en dérivés supérieurs commence
à être de plus en plus admise, de même, au-delà
de la période de l'enfance, le rôle de la famille en n-3
dans la trophicité du tissu nerveux, particulièrement au
niveau du cur.
R. Jensen (Université du Connecticut) continue son travail analytique
sur les lipides du lait humain et du lait de vache. La composition du
lait maternel est plus sensible que celle du lait de vache dans l'alimentation.
Environ 200 acides gras ont été identifiés dans le
lait humain, et 400 dans le lait de vache. Le lait de mère peut
contenir 0,5 à 0,8 % d'acide linoléique conjugué
(ALC). Il semble de plus en plus possible qu'un ratio trop élevé,
n-6/n-3, favorise la prématurité (M.A. Harris et al.,
Université du Colorado).
L'équipe de A.J. Sinclair, associée au Dépar-tement
d'optométrie et de science de la vision de Melbourne, a complété
des résultats déjà présentés en partie
l'année précédente sur le cobaye. Le cobaye est le
seul animal de laboratoire dépendant de la vitamine C comme l'homme.
Une dysfonction rétinienne peut être obtenue en 16 semaines
de carence en n-3 après le sevrage chez le cobaye albinos. Elle
est reversible avec un régime à base de canola. Avec le
canola, le taux de DHA (acide docosahexaénoïque) au niveau
de la rétine reste dans la zone physiologique de 16 à 22
%, alors que des doses excessives de DHA peuvent modifier de façon
dangereuse cette composition.
M.C. Craig-Schmidt et al. ont montré chez le porcelet
que l'AA (acide arachidonique) et le DHA exercent des effets opposés
sur la production des icosanoïdes de la série 2 au niveau
du poumon.
L'un des travaux les plus intéressants est certainement celui
de J. Edmond (Mental retardation center, UCLA). Depuis quelques années,
J. Edmond utilise un modèle de raton nourri par sonde intérale,
avec des substituts de rat, durant 10 jours, entre le sixième et
le seizième jour de vie. Chaque acide gras a ainsi été
utilisé sous forme deutérée. Le cerveau de raton
assure ses besoins de cholestérol, palmitate oléate, par
synthèse in situ. Seuls le linoléique deutéré
et l'alphalinolénique deutéré franchissent la barrière
cérébrale. «Les études suggèrent que
le besoin absolu en support de lipogenèse du cerveau s'accompagne
d'une surprenante capacité d'adaptation métabolique en réponse
à des variations substantielles dans les input nutritionnels.
La «résilience»3 (concept physique, puis psychiatrique)
des corps à la diversité d'apport en macronutriments, et
l'autonomie du cerveau sur le plan de la lipidogenèse (en dehors
du linoléique et du linolénique) peuvent être considérés
comme des mécanismes pour épargner et protéger l'intégrité
du développement cérébral.
S. Morris, R. Gibson (Australie) ont confirmé que le cerveau
est insensible à une quantité importante de DHA infusé
par voie veineuse dans le cas du porcelet, (donc très forte régulation).
(Il n'en est pas de même de la rétine).
R. Gibson, M. Makrides et al. ont de même confirmé
sur 67 nourrissons à terme, nourris au moins 16 semaines, qu'avec
un taux de C18:3n-3 d'au moins 1,5 % des acides gras, il semble que l'on
n'obtienne les mêmes scores d'acuité visuelle qu'avec des
laits supplémentés avec 0,3 % de DHA et 0,3 % de AA.
Enfin M. Martinez, de Barcelone, a présenté des patients
atteints de désordres généralisés des peroxysomes,
améliorés de façon spectaculaire sur le plan clinique
et biochimique par 200 à 400 mgr d'éthylester de DHA par
voie orale, par jour. Chez trois patients, la spectrométrie de
masse isotopique (IRMN) a même pu montrer une normalisation de la
myéline cérébrale. La vision, l'audition, le développement
psychomoteur, les fonctions hépatiques, étaient améliorés
de façon spectaculaire.
L'intérêt de la position en sn-2 de l'acide palmitique
dans le lait maternel a été de nouveau évoqué
par S. Innis dans sa relation avec l'absorption des éléments
minéraux (projet Betapol).
Pour S.H. Zeizel, la choline est un nutriment essentiel pour le développement
cérébral, et l'apport en choline devrait être surveillé
durant une grossesse (mais peut-être est-ce simplement l'apport
en groupement méthyle et en facteurs vitaminiques du cycle méthyle).
Le problème de l'apport en cholestérol du lait maternel,
et des laits de substitution, de ses répercussions immédiates
et à distance, a été évoqué par W.W.
Wong (Houston), A. Devlin (Vancouver), A. Yonekubo (Tokyo). D'autres facteurs
que ceux évoqués me semblent devoir être pris en compte,
entre autres les variations d'apport protéique, les rapports insuline-glucagon.
En fait, cet ensemble de communications devrait être revu à
la lumière du travail présenté par J. Edmond, et
de travaux récents de lipidologues d'adultes.
Par contre, la réaction de B.A. Watkins (Purdue University),
Dietary guidelines for children, contre les directives provenant
de lipidologues d'adultes semble très justifiée. La réduction
de l'apport lipidique chez l'enfant doit être extrêmement
prudente et ne peut être validée que par des études
chez l'enfant.
Les posters
Parmi les posters, cinq méritent d'être retenus.
R. Gibson a étudié l'effet de régimes riches en
DHA, (0,2 % d' huile de thon pauvre en eico-sapentaénoïque
(EPA) et en acide gamma-linolénique (GLA) (0,4 % d'huile de pépins
de cassis) sur les profils d'acides gras plasmatiques chez des enfants
à terme. L'apport en GLA ne permet pas d'éviter la chute
de l'AA.
L'équipe de M.T. Clandinin a montré chez le rat que l'addition
de AA et de DHA augmentait significativement le taux de rhodopsine de
la rétine à six semaines. En revanche, a cinétique
de disparition de la rhodopsine à l'exposition à la lumière
était significativement plus grande chez les animaux recevant seulement
du DHA.
C. Nelson et S. Innis ont montré que l'acide palmitique en sn-2
du lipide ingéré était retrouvé en sn-2 au
niveau des triglycérides plasmatiques, et des lipoprotéines
riches en triglycérides (phénomène déjà
retrouvé pour l'EPA en position sn-2 en 1989 par B. Descomps, F.
Mendy, et al. in : Dietary omega 3 and omega 6 fatty acids,
C. Galli, A.P. Simopoulos eds, Plenum Publishing : 373-5).
S. de la Presa et S. Innis ont étudié chez le porcelet
la digestion, l'absorption, la distribution de AA et DHA dans les divers
tissus. Les modifications des acides gras au niveau des PLS du cerveau
restent faibles. Mais le DHA d'origine alimentaire peut diminuer l'AA
des PE au niveau du cerveau, et la seule lipoprotéine à
montrer une modification analogue sont les chylomicrons. (Régimes
: 0 % DHA + 0,8 % AA, 0,3 % DHA + 0 % AA contre lait de truie (0,2 % DHA
+ 0,4 % AA).
L'équipe de A.J. Sinclair et E. Lien ont montré que la
supplémentation en DHA (0,7 % des acides gras ) + AA (1 %), DHA
(2,1 %) + AA (3 %), chez le cobaye pigmenté (âgé de
3 semaines), augmentait le DHA de la rétine d'un facteur 2 et 3,
mais n'altérait pas l'AA de la rétine contre un régime
amenant seulement C18:2n-6/C18 : 3n-3 dans un ratio 8/1. Pen-dant ce temps,
dans le foie, le DHA augmentait d'un facteur 12 et 24, dans le cur
d'un facteur 12, dans les deux cas, sans modification du taux d'arachidonique.
Le nourrisson alimenté par voie entérale et parentérale
peut être étudié dans des conditions très rigoureuses,
d'où l'intérêt pour l'alimentation lipidique de l'homme
sain des notions ainsi acquises.
Oxydation des lipides : nutrition-santé,
pathologie (11 communications - 7 posters)
Les communications
Oxydation cellulaire et expression des gènes : dans le cadre
de cet exposé, K.G.D. Allen a montré comment le stress oxydatif
cellulaire peut influencer l'expression des gènes chez les procaryotes
et chez les eucaryotes. Ainsi, des changements dans le taux de GSH (glutathion
réduit) hépatique peuvent augmenter l'activité, le
taux de mRNA, la transcription de la fatty acid synthase, et l'activité,
le taux de mRNA de l'HMGCoA réductase.
Mais l'oxydation des lipides joue également un rôle physiologique
en agissant comme un médiateur de l'apoptose. La survie d'une cellule
est en effet déterminée par l'équilibre entre les
espèces oxygène réactive (ROS) et les antioxydants
(P.A. Sandstrom, Atlanta). L'évidence suggère que l'organisme
peut de façon tout à fait physiologique utiliser ce mécanisme
pour réaliser quelques formes de mort cellulaire programmée
(PCD ou apoptose). En complément, l'apoptose peut être bloquée
par une activité antioxydante.
M. Meydani (Tufts University) a présenté une nouvelle
étape de ses recherches sur l'oxydation lipidique, la réponse
immunitaire et inflammatoire. L'adhésion des monocytes aux cellules
endothéliales de la paroi vasculaire semble un événement
précoce dans le développement de l'athérosclérose
(théorie inflammatoire). Lipides oxydés, cytokines inflammatoires,
vitamine E jouent un rôle important sur l'expression des molécules
d'adhésion cellulaires. Tout moyen de réduire les peroxydations
lipidiques, une augmentation des antioxydants alimentaires, comme la vitamine
E, peuvent réduire la pathogénicité des réactions
immunes et inflammatoires, en matière d'athérosclérose.
Acide alpha-linolénique.
Enfin, P.B. Addis (Minnesota University) a longuement insisté
sur la nocivité des produits d'oxydation des lipides et du cholestérol
dans le développement des maladies coronaires. Il semble qu'il
faille non seulement tenir compte des produits endogènes, mais
aussi oxygènes, du moins avec certitude chez le lapin. Des produits
d'oxydation des lipides du maïs, du cholestérol, provenant
de l'alimentation, ont été retrouvés au niveau des
chylomicrons chez l'homme.
Avec P. Nestel (Melbourne) l'individualisation du rôle de chaque
acide gras dans l'oxydabilité des lipides et des protéines
des lipoprotéines de basse densité devient un problème
majeur. En effet, les lipoprotéines de basse densité (LDL)
oxydées favorisent l'attraction des monocytes, leur adhésion,
des dysfonctions endothéliales, un enrichissement des macrophages
en cholestérol, perdent la capacité de stimuler l'efflux
de cholestérol. Il devient urgent de relier les effets in vitro
de divers acides gras pris individuellement avec la réalité
de ce qui se passe in vivo.
S.B. Davidson et al. (Portland, Oregon) se sont intéressés
au même problème chez des diabétiques non insulinodépendants.
En effet, dans ce groupe, qui représente avec les intolérants
aux hydrates de carbone près de 25 % de la population au-dessus
de 45 ans, il devient difficile de réduire la consommation de lipides
pour augmenter celles des glucides au-delà de 55 % de l'ET. Au
terme de leur étude de six semaines sur dix femmes en post-ménopause,
le régime riche en acides gras mono-insaturés (MUFA) (contre
riche en glucides) semble bien protéger les LDL de l'oxydation,
bien que le mécanisme reste encore non compris (TBARS abaissé,
p=0,0001, délai d'apparition des LDL augmenté de 36 minutes,
p=0,01, diénes conjugués de 12 %, p=0,01).
Une partie de la même équipe, R.C. Wander et al.
(Oregon Univ.) a poursuivi cette étude chez des femmes ménopausées,
non diabétiques, sous traitement hormonal substitutif ou non, en
donnant 15 g d'huiles de poisson par jour. Certains des tests d'oxydations
augmentaient de façon très nette et, de façon surprenante,
davantage chez les patients sous traitement hormonal (alors que l'stradiol
est réputé être le meilleur anti-oxydant connu).
Mais l'exposé le plus critique a été celui de E.N.
Frankel (Davis, Californie) sur les Mechanisms of low-density lipoprotein
(LDL) oxydation. Pour cet auteur «... the true impact of biological
oxydation is controversial because of questionable methodology used to
measure LDL oxydation. Lorsque des sujets hypertriglycéridiques
sont supplémentés avec de l'huile de poisson, l'oxydation
des LDL résultait en une augmentation significative de la formation
de propanal, une combinaison différente des produits d'oxydation
volatils analysés par la méthode dite de l'espace de tête
en chromatographie gazeuse. Cependant, en se basant sur la quantité
totale de produits d'oxydation volatils, on pouvait dire que l'oxydabilité
des LDL n'avait pas changé ! L'oxydabilité des LDL au cours
des régimes riches en oléiques ne peut être analysée
par la technique des TBARS, comme cela est souvent fait, car les TBARS
ne sont produits que par l'oxydation des acides gras polyinsaturés
(PUFA) contenant au moins deux doubles liaisons. D'autres techniques sont
requises d'urgence.
Il est certain que, soumises aux critiques de E.N. Frankel, quelques
communications résistent mal, et certaines pas du tout.
Les posters
Parmi les sept posters consacrés à ce sujet, cinq méritent
d'être retenus.
S. Kang et al. (Seoul National University) ont confirmé
des données souvent retrouvées, mais cette fois-ci au niveau
du foie. Une huile de maïs riche en n-6 exerce une action de promotion
sur l'hépato-carcinogenèse du foie chez le rat, alors qu'une
huile de thon, riche en EPA et en DHA, la supprime, bien que les produits
en peroxydation lipidique soient élevés dans le groupe à
25 % d'huile de thon.
D.A. Pearson, associés à E.N. Frankel et al. (Davis)
ont étudié l'effet de la vitamine E et de flavonoïdes
végétaux chez trois groupes de hamsters soumis à
une diète athérogénique. Le fait que cette étude
soit réalisée chez le hamster, espèce définitivement
reconnue valable, comme le cobaye, pour ce type d'étude (alors
que souris, lapin, rats sont définitivement refusés (Am
J Clin Nutr 1997 ; 65 : 159S) et avec la collaboration de E.N. Frankel,
en augmente l'intérêt. Enfin, la technique utilisée,
trente semaines de régime récupération des artères
carotides et perfusion à 1ml par minute avec des marqués
avec un agent fluorescent, est originale. Les résultats suggèrent
que vitamine E et catéchine réduisent de façon indépendante
l'accumulation de LDL dans le tissu artériel.
O. Cachia, C.L. Leger, B. Descomps ont présenté une étude
ex vivo sur des monocytes humains adhérents stimulés
par le phorbol-ester. Les LDL sont capables de diminuer la production
en ROS de ces monocytes, d'une façon étroitement dépendante
de leur contenu propre en alpha/tocophérol (exprimée en
ratio molaire alpha/tocophérol/apo B). La teneur, de façon
continue, des LDL en vitamine E, semble être un phénomène
de plus en plus important.
A. Feretti et al. (Beltsville) se sont intéressés
à l'isoprostane 8-iso-PGF2 urinaire comme marqueur potentiel du
stress oxydatif (A particularly valuable measure of peroxydation»,
in : O.I. Aruoma, p.9.
S.L. Cuppett : Antioxydant methodology . In vivo and in
vitro concepts (AOCS press, 1997). La reproductibilité du
dosage est bonne, variation de 1,6 % à 2,3 %. Les quantités
minimum pouvant être correctement analysées sont de 25 pg/ml
d'urine. Un apport de 80 mg par jour de lycopène chez onze volontaires
sains résultait en une diminution non significative de l'excrétion
urinaire de 8-iso PGF2.
C. Weber et al. (Technical University of Denmark) ont présenté
l'un des premiers bilans apport-absorption du coenzyme Q10. Le CoQ10 a
été reconnu récemment comme un antioxydant efficace
lipidosoluble pour les lipoprotéines plasmatiques. L'apport en
CoQ10 du régime danois moyen est de 3-5mg/jour, provenant pour
64 % du total de la viande et des volailles. L'absorption de 30mg par
personne sous forme de viande de porc cuite contre 30 mgr CoQ10
sous forme de capsules a été étudiée chez
des sujets sains. Le taux sérique de CoQ10 dans le sérum
était suivi durant neuf heures. Le pic maximum était atteint
au bout de six heures. Le taux passait de 0,88 à 1,19mgr/l pour
les capsules (p<0,01), de 0,97 à 1,44mgr/l pour la viande de
porc (p<0,01). Pas de différences significatives entre les deux
courbes. L'effet de l'ingestion de matières grasses sur l'absorption
du CoQ10 en capsules était étudié (margarine, lard,
huile de palme). Il n'apparaissait pas de différences significatives.
En conclusion, le CoQ10 était présent dans le régime.
Il était absorbé aussi efficacement à partir de l'aliment
qu'à partir de capsules. Les trois matières grasses étudiées
n'ont pas modifé de façon significative son absorption.

Acide eicosapentaénoïque.
Effets du rapport n-3/n-6 dans les aliments
(Une conférence plénière, 12 communications
et un poster)
Très attendu, ce symposium a attiré beaucoup de monde.
Les messages dominants aux États-Unis sont en effet actuellement
: «Moins de n-6, plus de n-3», «25 à 30% d'énergie
totale sous forme de lipides».
De plus, ce symposium a été dominé par la personnalité
de W.E.M. Lands (Supelco/ Nicholas Pelick Research Award), l'un des directeurs
du National Institute of Health.
Le thème de sa conférence plénière a été
: «Les deux faces des acides gras essentiels». Grand pionnier
du mouvement «Moins de n-6, plus de n-3», W.E.M. Lands a développé
les conséquences de son travail fondamental paru dans Biochimical
Biophysical Acta (1992 ; 1180: 147-62). C'est d'ailleurs réellement
à partir de la vulgarisation de ce travail que cette évolution
a commencé à atteindre le grand public.
Dans son exposé, W.E.M. Lands a attiré l'attention sur
l'énorme importance, au-delà des rôles structuraux
des familles en n-6 et n-3, des rôles «hormonaux» de régulation
de ces deux familles, avec le plus souvent, mais non toujours, des rôles
en miroir. La notion dominante devient celle de l'équilibre à
la fois à l'intérieur d'une famille, mais aussi entre les
deux familles, et parfois entre des dérivés d'action opposée
de chacune des deux familles. Or, depuis trente ans, dans les pays occidentaux,
la plus grande dysharmonie s'est introduite dans ce système.
Dès le lendemain, dans le cadre d'une communication Dynamics
of dietary essential fatty acids, W.E.M. Lands abordait les aspects
très concrets de son exposé de la veille. Si les taux d'acide
linoléique (LA) et d'acide linolénique (LNA) dans les triglycérides
suivent de façon linéaire les apports, il n'en est pas de
même pour les taux de leurs dérivés supérieurs
au niveau des phospholipides. Nous rentrons ici dans un domaine de régulations
physiologiques complexes et compétitives entre les deux familles.
Ainsi l'apport alimentaire d'acides gras hautement insaturés (HUFA)
en n-3 (H3) inhibe plus efficacement (coef. : 5) la transformation de
LA dans les tissus en C20:3n-6 + C20:4n-6, que l'apport alimentaire de
HUFA en n-6 (H6) n'inhibe la transformation de LNA en C20:5n-3 + C22:6n-3.
Mais les H3 alimentaires inhibent environ sept fois plus la transformation
du LA en C20:3n-6 + C20:4n-6 que le linolénique (LNA) alimentaire
ne le fait. W.E.M. Lands a développé un logiciel regroupant
les données acquises, permettant d'initier de nouvelles études,
et en une certaine façon, à partir des données du
régime, de prédire les niveaux tissulaires des HUFA.
D.M. Bibus, et R.T. Holman (Hormel Institute) ont décrit à
partir de données plasmatiques comparées (Nigéria,
Inde, Suède, Australie, Bulgarie, Argentine) une situation aux
États-Unis autour du vingtième percentile du status souhaitable
en n-3. Apports élevés en n-6, bas en n-3, sont responsables
de cet état.
Une très intéressante communication de E. Clandinin et
al. (Edmonton) amenait une démonstration du troisième
volet de ce difficile problème, Influence of dietary fat on
the development of the retina au cours d'une étude chez le
rat. Le plus haut taux de rhodopsine de la rétine est obtenu chez
des animaux consommant des régimes contenant C20:4n-6 et/ou C22:6n-3,
mais la cinétique de disparition à l'exposition à
la lumière est augmentée pour le C22:6n-3 seul.
Une série de communications ayant trait chacun à une cible
particulière ont alors suivi :
H. Okuyama (Nagoya Univ.) recommande un rapport LNA/LA élevé
pour la prévention de maladies chroniques du troisième âge.
Un apport augmenté de LA et un rapport abaissé de LNA/LA
est un risque majeur pour les cancers se développant dans les civilisations
de l'Ouest, les maladies thrombotiques, les accidents vasculaires cérébraux,
les syndromes d'hyperactivités allergiques, les maladies soignées
par des anti-inflammatoires. La Japan Society for lipid nutrition
conseille pour les adultes sains un rapport LNA/LA supérieur à
1/4. Chez les personnes âgées, ce rapport devrait être
plus grand que 1/2. Les rapports recommandés au-dessous de 1/3,3
(LA/ LNA:3,3/1) ne sont pas acceptables ! (Au Japon il était en
1995 de 1/2,8, en 1990 1/4, aux États-Unis en 1985 : 1/8,3).
A. Sinclair et al. poursuivent leur travail sur le cobaye. Des
cobayes ont été maintenus sur trois générations
sur deux régimes (10 % absorbés sous forme de lipides) :
canola (LA/LNA = 2,5/1), contre tournesol (LA/LNA = 70/1). Le DHA cérébral
variait de 6,8 à 1,2, le DHA au niveau de la rétine de 16,7
à 2,6. Par contre, le C20:4n-6 était au niveau de la rétine
de 9,6 % pour le groupe Canola, de 9,8 % pour le groupe Tournesol. Le
groupe Tournesol avait une réduction significative (p = 0,05) de
l'amplitude des a- et b-wave de l'électro-rétinogramme
(ERG) versus le groupe Canola. (Rappelons que les mêmes auteurs
avaient montré en 1996 des anomalies de l'ERG, au-dessus de 26
% de DHA au niveau des PL de la rétine (Lipids, 1996; 31
(1) : 65-70), (voir OCL 1996 ; 4 : 249).
M.J. James et al. (Adelaïde, Australie) se sont intéressés
aux effets de l'huile de lin sur les médiateurs de l'inflammation,
PGE2, TNFalpha, interleukine-1B chez 30 hommes sains, durée 8 semaines,
contre l'huile de tournesol. L'huile de lin (LNA/LA ratio = 1,63)
diminue la production de ces médiateurs de 30 % (cellules mononucléaires
sanguines stimulées avec des lipopolysaccharides), 9 grammes par
jour d'huile de poisson la diminuent de 60-80 %.
J.R. Hibbeln et al. (Bethesda) ont réalisé chez
49 volontaires sains, 88 alcooliques ayant débuté tôt
dans la vie et 39 alcooliques de début tardif, une étude
des relations entre les taux plasmatiques de C22:6n-3 et les taux de neuro-médiateurs
caractéristiques des états de violence et de dépression.
Les relations obtenues séparent clairement les individus sains,
ceux d'imprégnation alcoolique récente, et ceux d'imprégnation
ancienne. Des corrélations de l'ordre de r=0,50, p = 0,005, ont
été obtenues dans les situations les plus extrêmes.
G.A. Reinhart et al. (Auburn University) ont montré chez
30 chiens Beagle que lorsqu'on compare deux rations de LA/LNA de 5/1 et
de 10/1, après 12 semaines de régime, des modifications
importantes de médiateurs de l'inflammation sont obtenues. Les
neutrophiles sanguins synthétisaient 30-33 % de moins de leukotriène
B4 (p = 0,05), sans pourtant aucune différence dans le release
d'anions superoxyde au cours d'une poussée oxydative. Stimulés
par des liposaccharides, la peau synthétisait 48-62 % de moins
de leukotriène B4 (p = 0,05).

Acide docosahexaénoïque.
En résumé, des régimes avec des rapports LA/LNA
de 5/1 contre 10/1, donnés sur 6 à 12 semaines résultaient
en une diminution significative de leucotriène B4 pro-inflammatoire
une augmentation de LtB5 moins inflammatoire, une augmentation des précurseurs
d'icosanoides non inflammatoires.
Il est évident que la confirmation de tels faits chez l'homme
aurait une très grande importance sur le plan santé publique,
car le ratio LA/LNA de 5/1, peut être facilement obtenu, est déjà
fortement conseillé sur le plan croissance, sur le plan cardiovasculaire.
Ce qui est le plus frappant, c'est la cohérence de tous ces exposés.
L'acceptation d'un ratio LA/LNA entre 3,3/1 et 6/1 maximum semble de plus
en plus faire l'objet d'un consensus général. «Less
n-6, more n-3» devient un concept plus général
sur le plan mondial que le taux d'acide oléique du régime
qui varie du Japon (3 à 10 % de l'ET du régime avec la meilleure
espérance de survie), à la région méditerranéenne
(14 à 20 % de l'énergie totale avec la deuxième meilleure
espérance de survie).
Un mécanisme reste mal compris : la régulation de la synthèse
ou du taux de DHA, qui semble pourtant très rigoureuse, (P.A. Sitt,
Texas), (J.T. Brenna, Cornell University : régulation synthèse
ou taux DHA différente au niveau du cerveau et de la rétine),
et qu'il est probablement dangereux de déborder (A. Sinclair).
Le symposium satellite
En fait, peut-être l'intérêt principal de ce 88e
Congrès de l'AOCS était-il la prise de conscience du rôle
d'interface de la Division Health and Nutrition entre science,
technologie et production d'une part, consommateurs d'autre part. Ainsi,
ces séances officielles ont été encadrées
par un symposium satellite : «Dietary fat : how can or should
you go» le 11 mai, et un déjeuner avec, comme guest speaker,
le Dr. Elaine Monson éditrice du Journal of American Dietetics.
Or, W.E.M. Lands au cours de sa leçon s'était vigoureusement
plaint du frein à l'évolution que représentait souvent
la corporation des diététiciens.
Ce symposium satellite était organisé par M. Bieber, Best
Foods, E.N. Siguel, Nutrek, et la section Health and Nutrition de
l'AOCS. L'objectif avoué était : «Évaluer, organiser
éventuellement une résistance contre deux slogans qui prennent
de plus en plus d'ampleur aux États-Unis :
1) More omega 3, less omega 6
2) 25 % fat as total energy, 25 gr. fiber/day
et répondre à la campagne développée par
céréaliers et producteurs de produits sucrés, en
s'appuyant sur ces slogans :
énergie totale
- 15 % : en protéines
- 25 % : en lipides
- 60 % : en glucides
Six exposés ont été présentés :
Low fat, some SFA (satural fatty acids) allowed : the case of the
National cholesterol education program (NCEP) diets par R.H.
Knopp, de la Northwest lipid research clinics , Seattle.
L'étude rapportée (Dietary alternative study) a porté
sur 531 hommes, ayant tous un taux de LDL-C supérieur au 75e
percentile pour leur classe d'âge, sur une période de 2 ans.
Les comparaisons portaient sur 30 %, 26 %, 22 % et 18 % de l'énergie
totale sous forme de lipides. La durée de chaque période
était de un an.
Chez les sujets ayant une hyperlipidémie combinée, triglycérides
supérieurs au 75e percentile, le meilleur résultat
(abaissement de 7 % du LDL-C) est obtenu avec 30 % de calories lipidiques
(étape I du NCEP).
Pour les autres, le meilleur résultat est obtenu avec 26 % de
calories lipidiques (étape II du NCEP).
À la fin du repas, au moment des discussions libres, R.H. Knopp
a confirmé qu'il était:
- pour l'usage général de 25-26 % de l'ET en lipides
(étape II du NCEP),
- l'étape I étant réservée aux hypertriglycéridemiques.
The high fat mediterranean diet is the preferred diet for primary
and secondary prevention of coronary disease par D.M. Colquhoun,
Université de Queensland, The Wesley medical center, Australia.
L'auteur a rappelé que les régimes riches en MUFA décroissent
la susceptibilité des LDL à l'oxydation, améliorent
la fluidité des LDL et HDL, décroissent l'insuline sérique,
améliorent le profil hémostatique en abaissant le fibrinogène,
en modifiant le PAI-I (inhibiteur de l'activateur du plasminogène),
en inhibant les fonctions plaquettaires, et normalisant les fonctions
endothéliales.
«Low fat trials have generaly been ineffective in preventing
chd et The lyon diet and heart study showed the superiority of
a mediterranean diet (med)»
D.M. Colquhoun a longuement parlé des résultats de S.
Renaud en les attribuant à l'huile d'olive, pour terminer en annonçant
qu'il venait de commencer en 1997 une étude (Olive study) qui
devait comparer une «Med high fat diet vs low fat diet on chd
assessed by angiography and coronary "ultrasound"». Seront enrôlés
180 patients, l'étude commence à peine, les résultats
sont attendus pour l'an 2000. Cette étude complète la Boston
post heart attack med diet study qui vient de commencer.
Quelques remarques peuvent être faites à cet exposé.
Le régime de S. Renaud :
- n'est pas une high fat diet : apport en lipides, 30,5 % (+/-5)
de l'énergie totale, c'est- à-dire, contrôlé,
le taux de l'étape I du NCEP ;
- n'est pas une high oleic diet : apport en oléique, 12,9
% de 1928 calories (+/-32 %), soit 27, 6 g par jour, soit très
au-dessous du 14 % (Italie) à 20 % (Grèce) de MUFA en %
de l'ET, publié dans le document du NCEP (Kris-Etherton et al.,
J Am Diet Asso, 1988 ; 88 : 1373-400) ;
- par contre, le rapport LA/LNA est de 4,5/1, très proche de
celui préconisé par les Japonais, (1,76 g de LNA amené
par l'huile de colza),
- enfin, l'espérance de vie au Japon est au moins aussi bonne
qu'en Crète, avec beaucoup moins d'acide oléique : - 3 %
de l'énergie totale (voir document de Kris-Etherton, référence
ci-dessus).
Requirements for essential fatty acids and EFA deficiency induced
by low fat diets par E. Siguel, Nutrek Inc.
Docosahexaenoic acid deficiencies in the american diet : clinical
experience with DHA supplements par D.J. Kyle, Marteck Biosciences.
Le but de ces deux exposés est d'ouvrir, en cas de généralisation
de régimes à 25% lipides, 60% hydrates de carbone, un marché
de compléments lipidiques alimentaires.
En effet, un régime «équilibré» bas en
lipides soulève des problèmes :
a) de goût,
b) de stabilité. Une solution ne pourrait-elle pas être
la voie des compléments alimentaires ?
Pour ce faire, E. Siguel propose de ne plus raisonner en pourcentage
de l'énergie totale, pour les acides gras jouant un rôle
essentiel, mais en grammes par kilo de poids, selon l'âge, la situation
physiologique ou pathologique4.
Il nous semble que ce principe doit absolument être retenu. Mais
pour cela, l'évaluation des courbes en U exprimées en grammes
de poids corporel selon l'âge, l'état physiopathologique,
doit être continuée, en intégrant les notions d'équilibre
entre acides gras, de biodisponibilité (position en sn-2).
Low calories diets par D. Kritchevski
Prudemment D. Kritchevski a rappelé que certes «il ne
faut pas blâmer les dineurs, mais le diner», que les singes
nourris à un régime pauvre en lipides sont plus agressifs
que les autres, et qu'il y a très peu d'études expérimentales
sur les régimes bas en calories et l'athérosclérose.
Et pour terminer, il a rappelé la phrase de I. Page : «If
you go on a totally fat free diet, the first thing you lose is your friends».
The effect of very low fat diets on plasma fatty acid levels and
lipoprotein lipid levels par A.J. Sinclair, Melbourne.
Cet exposé devait en quelque sorte répondre à la
question posée par M. A. BIeber : «Y-a-t-il un besoin pour
les matières grasses animales dans le régime alimentaire
?».
A. Sinclair a repris les exposés présentés par
lui et son équipe au meeting de l' A.I.N. en 1995 à Atlanta,
et à Indianapolis en 19965, et complétés
depuis par une étude chez 100 sujets caucasiens maintenus près
de six semaines à un régime très pauvre en lipides,
autour de 10 % de l' énergie totale. Ces lipides étaient
répartis ainsi : saturés : 4%, mono-insaturés : 4%,
polyinsaturés : 2% (soit environ saturés = 12,5 g, mono-insaturés
= 12,5g, polyinsaturés = 6,2 g. Bien que mangeant plus fréquemment
et davantage, les sujets perdaient du poids, et revenus à une alimentation
normale, développaient une aversion pour les aliments riches en
graisses. Qu'il s'agisse de régimes végétariens ou
comportant exclusivement des lipides animaux de structure, LDL et HDL-cholestérol
baissaient de 10 à 15 % environ. À ce niveau d'apports lipidiques,
10 % de l'énergie totale, il n'y aurait pas de différences
entre matières grasses d'origine végétale ou d'origine
animale, au moins au bout de cinq semaines de régime.
En conclusion
Ces régimes à 25 % de l' énergie totale sous forme
de lipides sont difficiles à réaliser, à gérer
sur le plan goût, sur le plan stabilité. Peut-être
sont-ils dangereux pour 25 % de la population, favorables pour 25 %, inutiles
pour 50 % ?
Une très grande concertation est donc nécessaire avant
qu'ils se répandent. Une fois admis que l'on ne peut guère
augmenter le linoléique et le linolénique au-delà
des doses physiologiques, jusqu'où peut-on augmenter l'apport en
oléique sans danger ? Une fois fixées les courbes en U du
linoléique, du linolénique, de l'oléique, quelles
seront celles des acides gras saturés pris séparément
?
Finalement, le message proposé par le guest speaker Elaine
Monson, au cours du déjeuner de la Division, fut celui d'une évolution
nécessaire mais prudente, contrôlée le plus sérieusement
possible, et prenant en compte le maximum d'éléments.
Notes
1. OCL reviendra sur ce sujet prochainement.
2. Voir OCL 1996, 3,4 : 246-52.
3. Ce qui résiste (plus ou moins) au choc, est caractérisé
par une résilience plus ou moins grande, dépendant de la
déformation élastique possible, ici la résilience
dépend de l'élasticité des besoins, de la courbe
en U des besoins).
4. Voir F. Mendy, OCL 1995 ; 2 ,4 : 263-8.
5. Voir F. Mendy, OCL 1996 ; 2 ,3 : 248-9.
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