ARTICLE
Vitamine D, facteur de différenciation
de l'épiderme
Les recherches de ces dix dernières années ont clairement
montré que l'épiderme est à la fois le siège
de la synthèse endogène de la vitamine D et un site d'action
de cette vitamine [2, 3]. Dans ce tissu en effet, la 1,25-(OH)2D stimule
in vitro et in vivo les étapes terminales de la différenciation
des kératinocytes et des follicules pileux. Ces observations ont
engendré toute une recherche sur les possibilités thérapeutiques
qu'offrait une application locale de 1,25-(OH)2D chez les patients ayant
un trouble de la différenciation de l'épiderme.
Le traitement des lésions de psoriasis a été au
premier rang de ces recherches. Le psoriasis associe en effet une augmentation
de la prolifération et un défaut de différenciation
des kératinocytes associés à une activation locale
des lymphocytes T. Les effets bénéfiques du traitement par
la 1,25-(OH)2D ont été évidents dès les premières
études [2, 3]. Ses effets positifs sur les lésions de psoriasis
résultent d'une meilleure différenciation des kératinocytes
et d'une diminution de l'inflammation et de l'infiltration par les cellules
T auxiliaires [7]. Mais les effets indésirables de la 1,25-(OH)2D
sur l'absorption intestinale du calcium, avec comme conséquence
possible la survenue d'une hypercalcémie et de calcifications des
tissus mous, ont rapidement poussé les industries pharmaceutiques
à produire des analogues moins hypercalcémiants de la 1,25-(OH)2D.
L'un des premiers de ces analogues, le calcipotriol, est maintenant utilisé
en clinique humaine depuis une dizaine d'années dans le traitement
des lésions de psoriasis [3, 8]. Contrairement à la 1,25-(OH)2D,
cet analogue ne peut pas se lier à la protéine porteuse
spécifique de la vitamine D dans le sang. Il est donc très
rapidement catabolisé dès son passage dans les vaisseaux
sanguins proches de l'épiderme. De ce fait, il est peu actif sur
l'absorption intestinale du calcium et ses effets délétères,
hypercalcémie par exemple, ne sont observés qu'en cas d'application
étendue et prolongée sur la peau. Il est actuellement prescrit
seul ou en association avec d'autres traitements locaux, corticostéroïdes,
rétinoïdes, cyclosporine, ou irradiation ultraviolette [8].
Vitamine D, un facteur anti-cancéreux
?
Les effets positifs de la vitamine D sur la différenciation cellulaire
ne s'exercent pas uniquement sur les cellules de l'épiderme. Cette
vitamine favorise en effet la différenciation de la plupart de
ses autres cellules cibles, dont les ostéoblastes et ostéoclastes,
les chondrocytes, les entérocytes, les monocytes/macrophages et
les précurseurs des cellules sanguines, ainsi que des cellules
du système de reproduction telles que les cellules mammaires [2-5].
Cette action résulte en partie d'une modulation de proto-oncogènes,
principalement c-myc et c-fos, dont l'expression est inhibée ou
stimulée par la 1,25-(OH)2D, selon le type cellulaire et l'état
quiescent ou non de la cellule.
La 1,25-(OH)2D agit aussi sur la prolifération-différenciation
de toute une série de cellules tumorales qui expriment le récepteur
de la vitamine D, le VDR (figure
1). Ces cellules sont aussi bien des lignées transformées
que des lignées issues de tissus tumoraux, par exemple tumeurs
du sein, de la prostate, du côlon, du poumon, du col de l'utérus,
de la peau, de sarcome osseux, du tissu hématopoïétique
[2-5]. La 1,25-(OH)2D inhibe la prolifération de ces cellules en
les bloquant en phase G1, via un effet activateur sur la synthèse
des protéines p21 et p27 [9], module la production et l'action
de proto-oncogènes, dont c-myc et c-fos, et favorise l'apoptose
de certaines lignées tumorales en inhibant la production de la
protéine Bcl-2 [10]. À ces effets positifs sur la prolifération-différenciation
cellulaire s'ajoutent d'autres effets qui concourent à l'action
antitumorale de la vitamine D, comme l'inhibition de l'angiogenèse
péri-tumorale et celle du développement de métastases
[11].
Ces effets sur les lignées ou tissus tumoraux ont motivé
la mise en route de travaux in vivo qui confirment l'effet antitumoral
et anticancéreux de la vitamine D [2, 3, 5]. Ainsi, la 1,25-(OH)2D
réduit significativement la survenue et la taille de tumeurs
telles que mélanome, ostéosarcome, tumeurs du sein ou du
côlon, chez l'animal. Elle allonge de 30 à 50 % l'espérance
de vie d'animaux leucémiques ou porteurs de tumeurs et semble réduire
la survenue de métastases. Cependant, comme pour le traitement
du psoriasis, l'application de ces résultats en clinique humaine
est limitée par l'hypercalcémie résultant des fortes
doses de 1,25-(OH)2D requises. Parmi les nombreux analogues peu hypercalcémiants
de la vitamine D, plusieurs paraissent capables de prévenir ou
retarder l'évolution de leucémies ou de cancers [2, 10,
11]. Ils sont donc de bons candidats pour une éventuelle utilisation
en clinique humaine. La tolérance et l'efficacité de l'un
des premiers de ces analogues, EB1089, sont actuellement en cours d'évaluation
dans les hépatocarcinomes [12].
Apports en vitamine D et prévention de
cancers
Si la forme active de la vitamine D a un effet antitumoral incontestable
in vivo et in vitro, l'influence délétère
d'une carence en vitamine D sur le risque de cancer demeure controversée,
de même que l'effet éventuellement préventif de suppléments
vitaminiques D.
Deux localisations de cancer ne semblent pas influencées par
le statut vitaminique D ou le statut calcique, les cancers buccaux et
pharyngés [13] et les carcinomes baso-cellulaires de la peau [14].
À l'inverse, plus d'une quinzaine de travaux ont été
publiés ces deux dernières années sur les liens possibles
entre apports de vitamine D, et/ou de calcium, et incidence des cancers
du côlon, du sein et de la prostate.
Ces travaux font suite à une étude épidémiologique
qui, au début des années 90, avait mis à jour une
association négative entre le risque de développer un cancer
du sein, de la prostate ou du colon, et l'intensité de la lumière
UV dans le rayonnement solaire du lieu de résidence aux États-Unis
[15]. Cette association a rapidement suggéré un effet protecteur
de la vitamine D sur la survenue de ces cancers, la synthèse endogène
de cette vitamine dépendant directement de l'exposition aux rayons
UV. La mise en évidence d'une corrélation négative
entre concentrations circulantes en 25-(OH)D, la forme de réserve
de la vitamine D, et cancer du côlon dans ces régions a apporté
un argument supplémentaire en faveur de cette hypothèse.
Enfin, une association similaire a été observée par
d'autres auteurs, avec une incidence plus faible de cancer du sein et
de la prostate dans des populations très exposées au soleil
et ayant une alimentation riche en vitamine D [16, 17].
Mais ces associations n'excluent pas la possibilité que d'autres
facteurs, dont des facteurs responsables de pollution atmosphérique,
influencent à la fois l'incidence des cancers étudiés
et l'accès au rayonnement UV solaire, et donc la production endogène
de vitamine D.
Les résultats suggérant une association entre statut vitaminique
D et risque de cancer sont peu convaincants en ce qui concerne le cancer
de la prostate [18]. Ils sont plus probants pour le cancer du sein, même
si l'incidence de ce cancer ne semble pas plus élevée chez
les femmes carencées en vitamine D par rapport à celles
ayant un statut vitaminique adéquat [17]. En effet, le risque de
développer un cancer du sein pourrait être réduit
chez les femmes vivant dans une région à forte intensité
UV de la lumière solaire et ayant une alimentation riche en vitamine
D [15, 17]. La même réduction de risque est observée
chez des femmes recevant des suppléments quotidiens de l'ordre
de 800 UI par jour, soit 4 fois les ANC 2000 [15, 17, 19]. Les fortes
concentrations de vitamine D qui résultent de ces styles de vie
et traitements pourraient théoriquement inhiber la prolifération
et l'aptitude à métastaser des cellules mammaires tumorales
par des actions à la fois locales et indirectes, via une
augmentation du calcium de l'organisme. Ces résultats sont intéressants
car ils permettent d'envisager une stratégie de prévention
incluant des suppléments vitamino-calciques chez les femmes à
risque élevé de cancer du sein. Cette stratégie est
en effet plus simple que celle qui consiste à réduire les
apports alimentaires en graisse animale, un facteur de risque probable
de cancer du sein [19]. Mais des études bénéfice/risque
d'une éventuelle supplémentation vitamino-calcique doivent
être mises en place sur une durée suffisamment longue et
dans des cohortes de grande taille avant qu'elle puisse être recommandée
à grande échelle.
Enfin, les résultats concernant le cancer du côlon mettent
en évidence, comme pour le cancer du sein, une diminution du risque
de cancer chez les hommes et femmes vivant dans des régions très
exposées aux UV solaires et/ou consommant des aliments riches en
vitamine D et calcium [15, 20-22]. Comme pour le cancer du sein, cette
association inverse peut refléter l'action d'autres facteurs, comme
ceux participant à la pollution de l'atmosphère. Elle peut
aussi refléter un effet des apports calciques plus qu'un effet
propre de la vitamine D. En effet, d'autres études retrouvent une
corrélation entre l'incidence du cancer du côlon et les apports
spontanés en calcium, ou la prise de suppléments calciques,
mais non avec les apports spontanés ou médicamenteux en
vitamine D [22]. De plus, des suppléments de calcium de l'ordre
de 1 à 2 grammes par jour, avec ou sans suppléments vitaminiques
D, ou un régime apportant des produits laitiers pauvres en graisse
et 800 mg de calcium par jour, diminuent les récidives de polypes
et améliorent les valeurs des marqueurs de prolifération
et de différenciation cellulaire, témoins biologiques d'un
risque de cancer du côlon [20]. L'impact des apports calciques paraît
donc déterminant, et leur mode d'action pourrait être de
réduire les acides biliaires solubles et les acides gras dans les
fécès, d'où une activité cytolytique plus
faible dans l'épithélium colo-rectal.
Risque de développer un cancer
et génotype du VDR
Un autre argument en faveur d'un rôle physiologique de la vitamine
D sur la prévention de certains cancers émane de l'étude
des variations non pathologiques du gène codant son récepteur
spécifique, le VDR (polymorphisme). D'après les premiers
résultats publiés, une association est possible entre risque
de développer un cancer et génotype de ce VDR. Ainsi, la
présence ou l'absence de certains sites de restrictions sur l'ADN
du VDR (Bsm I, Fok I, site PolyA, Apa I) pourrait influencer la susceptibilité
individuelle à développer un mélanome malin [23],
un cancer du sein [24-26] ou un cancer de la prostate [24, 27]. Ces résultats
restent cependant à confirmer, d'autres auteurs ne trouvant pas
d'association, ni avec le cancer du sein [28] ni avec celui de la prostate
[29, 30]. De plus, on ne connaît pas encore les effets des variations
introniques observées sur l'expression du VDR et les effets de
la 1,25-(OH)2D.
Vitamine D et défenses immunitaires
La 1,25-(OH)2D favorise également la différenciation des
cellules des lignées hématopoïétiques et des
monocytes-macrophages [2, 3, 31]. Les premières expériences
en 1983-1984 ont montré son effet positif sur la différenciation
de lignées leucémiques promyélocytaires (lignée
HL-60) en cellules de type macrophagique. Ces résultats in vitro
ont été depuis amplement confirmés et étendus
à la mise en évidence de multiples effets sur les lignées
normales de monocytes-macrophages circulants (figure
2). Ainsi, la 1,25-(OH)2D favorise la différenciation du
monocyte en macrophage ainsi que la fusion de ces cellules pour donner
naissance aux cellules multinucléées. Elle contrôle
la prolifération et le recrutement de ces cellules en régulant
les productions lymphocytaires et monocytaires de facteurs de croissance,
tels que IL-3 et GM-CSF. Enfin, elle augmente la capacité d'adhérence,
de phagocytose, de bactéricidie et de cytotoxicité antitumorale
de ces cellules.
À l'inverse, la 1,25-(OH)2D semble capable de jouer un rôle
immunosuppresseur. Elle diminue d'abord la capacité des monocytes-macrophages
à activer les cellules T. Cet effet nécessite la présence
d'IL-4 [32, 33] et résulte d'au moins trois effets connus [31,
32, 34]. La vitamine D inhibe en effet la différenciation et la
maturation des cellules dendritiques, d'origine monocytaire, en cellules
présentatrices d'antigènes. Elle augmente la capacité
d'apoptose spontanées des cellules matures. Enfin, elle diminue
l'expression par ces cellules des molécules HLA de classe II et
celle de la protéine B7.2, un costimulateur de la reconnaissance
des complexes majeurs d'histocompatibilité par les lymphocytes
T. Elle diminue aussi la sécrétion d'IL-12 par les cellules
présentatrices d'antigènes, une cytokine activant les lymphocytes
Th1. Ces effets aboutissent au recrutement de lymphocytes T moins répondeurs,
moins spécifiques et sécrétant moins de gamma-interféron.
La 1,25-(OH)2D agit aussi directement sur les cellules lymphocytaires
en diminuant la production d'immunoglobulines par les lymphocytes B, la
prolifération lymphocytaire T de phénotype CD4+
et CD8+, la production et la fonction cytotoxique des cellules
tueuses (Natural Killer, NK, et Cytotoxic T Lymphocytes,
CTL), et elle module l'activité immunosuppressive des lymphocytes
T [2, 3, 31]. Son action s'exerce préférentiellement sur
les cellules helper Th1 et principalement sur leurs sécrétions
d'IL-2 et de gamma-interféron qui diminuent.
Les résultats obtenus in vivo confirment ces effets immunosuppresseurs
de la vitamine D. L'administration chronique de 1,25-(OH)2D et de certains
de ses analogues diminue les concentrations circulantes d'IL-2 et d'immunoglobulines
IgG, sans modifier le nombre et la répartition des sous-types de
lymphocytes circulants, ni celui des leucocytes et plaquettes [35].
Vitamine D et maladies auto-immunes
La carence en vitamine D ou l'invalidation du gène VDR s'accompagne
de modifications biologiques des fonctions leucocytaires : capacité
de phagocytose, de cytotoxicité, de production d'IgG et chimiotactisme,
par exemple [3]. Mais elle n'entraîne pas de troubles cliniques
majeurs des fonctions immunologiques [36].
En revanche, les actions immunosuppressives observées in vitro
et in vivo ont ouvert la voie à toute une recherche sur
les effets préventifs possibles de la 1,25-(OH)2D sur la survenue
de maladies auto-immunes. Les premiers résultats obtenus chez l'animal
sont encourageants. Ils montrent que la 1,25-(OH)2D, et certains de ses
analogues moins hypercalcémiants, retarde l'apparition du diabète
auto-immun de type I chez la souris NOD [2, 37], un effet associé
à une augmentation de la capacité d'apoptose des thymocytes
[38]. L'administration chronique de 1,25-(OH)2D, ou d'analogues, agit
de même en synergie avec d'autres immunosuppresseurs, comme la cyclosporine,
pour retarder l'évolution d'encéphalomyélites auto-immunes
chez l'animal [39], de même que l'évolution de glomérulonéphrites
expérimentales et, à un moindre degré, celle du lupus
érythémateux [2].
Une autre application de ces effets immunosuppresseurs de la 1,25-(OH)2D
est envisagée, à savoir la prévention du rejet de
greffes d'organes ou de tissus après transplantation. Cet axe de
recherche donne lui aussi des résultats intéressants, l'administration
de 1,25-(OH)2D chez l'animal allongeant la survie d'hétérogreffes
de tissus ou d'organes, dont le cur, de façon comparable
ou supérieure à l'administration de cyclosporine seule [2,
40].
Enfin, comme pour les cancers du côlon et du sein, il semble que
le génotype du VDR soit l'un des multiples traits génétiques
influençant les susceptibilités individuelles à développer
une maladie auto-immune. Ainsi, les premières études d'un
petit nombre de patients montrent une fréquence plus élevée
d'un certain génotype du VDR (BsmI, Apa I) chez les patients ayant
un diabète de type I [41] et chez ceux ayant un lupus érythémateux,
surtout s'il se complique de néphrite [42].
Vitamine D, tuberculose et autres granulomatoses
Un autre champ de recherches actives dans le domaine des relations vitamine
D/cellules immunitaires concerne les granulomatoses, et plus particulièrement
la tuberculose. Dans ces granulomes, la 1,25-(OH)2D active la différenciation
des monocytes/macrophages et leur transformation en cellules géantes,
elle favorise la mycobactéricidie et contrôle l'activité
du granulome en modulant la production de nombreuses cytokines, dont l'interféron
gamma, IL-1, et les PGE2 et l'expression de leurs récepteurs [2].
Un maillon supplémentaire dans la chaine d'événements
contrôlant ce granulome provient de la possibilité des cellules
du granulome à produire elles-mêmes la 1,25-(OH)2D. Une telle
production a été observée dans plusieurs types de
granulomes, dont ceux formés au cours de la sarcoïdose, de
la lèpre et de la tuberculose [2, 43, 44]. Cette production élève
les concentrations locales de 1,25-(OH)2D jusqu'à des niveaux permettant
de contrôler le granulome.
En cas de lésions étendues, cette synthèse extra-rénale
de 1,25-(OH)2D est déversée dans le sang, augmentant de
ce fait les concentrations circulantes de 1,25-(OH)2D. Cette surproduction
entraîne une augmentation de l'absorption intestinale du calcium
et est responsable des hypercalcémies observées dans la
sarcoïdose, la tuberculose et les autres granulomatoses [43, 44].
Cette production pathologique entraîne également un épuisement
rapide des réserves en vitamine D, d'où une carence en vitamine
D qui pourrait en retour aggraver la maladie [45, 46].
Ainsi, la vitamine D semble jouer un rôle prépondérant
dans les défenses de l'organisme contre la tuberculose et contre
les agents responsables d'autres granulomatoses, et la carence en vitamine
D pourraît diminuer ces défenses. Cependant, l'administration
de vitamine D chez de tels patients comporte un risque non négligeable
d'induire une hypercalcémie et des calcifications des tissus mous,
en raison de la production locale de 1,25-(OH)2D par le granulome.
Enfin, comme pour les maladies auto-immunes, le génotype du VDR
pourrait influencer les réponses de l'organisme à la présence
des agents responsables de granulome. Une plus grande fréquence
de certains génotypes du VDR a ainsi été observée
dans des populations de patients porteurs de tuberculose [45] ou de pathologies
voisines [47].
CONCLUSION
Bien que commencée il y a plus de 80 ans, l'exploration des actions
de la vitamine D est loin d'être terminée. Si la plupart
des actions récemment découvertes ne semblent pas refléter
des fonctions physiologiques essentielles de cette vitamine, elles permettent
néanmoins d'envisager la création de nouveaux outils thérapeutiques
en cancérologie, immunologie et transplantation. Elles ont également
ouvert la voie à des recherches sur le rôle protecteur éventuel
de facteurs nutritionnels, tels que les apports en vitamine D et en calcium,
sur la survenue des cancers du côlon et du sein, en particulier.
D'autres actions de la vitamine D demandent à être plus finement
évaluées, par exemple celles qui s'exercent sur le système
nerveux central, les organes de reproduction et la croissance.
Enfin, l'identification du gène codant le récepteur de
la vitamine D et la mise en évidence de variations de ce gène
dans la population générale ont permis l'observation d'associations
entre génotype du VDR et susceptibilité à développer
des pathologies en partie liées à la vitamine D. Ces résultats
doivent être confirmés, mais il est probable que d'autres
traits génétiques liés à l'activité
de la vitamine D interviennent également, comme par exemple des
variations du gène codant la transformation de la vitamine D en
sa forme active. La compréhension des fonctions physiologiques
de la vitamine D et le développement de nouvelles stratégies
thérapeutiques et nutritionnelles devront dorénavant intégrer
ces facteurs génétiques, au même titre que les facteurs
environnementaux connus pour influencer le statut vitaminique D et son
métabolisme, comme l'exposition au soleil et les apports alimentaires
en vitamine D, calcium et phosphates.
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