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Comme le souligne un récent rapport du Haut comité de santé
publique1, le statut vitaminique des individus et des populations
demeure une question d'actualité. Si les études ne révèlent
plus de signes évocateurs de carence, au plus des problèmes
de déficiences pour certains groupes à risque, des interrogations,
demeurent malgré le contexte d'abondance, concernant la couverture
des besoins, laquelle pourrait s'avérer inférieure aux valeurs
considérées comme satisfaisantes.
Liées aux modifications récentes des habitudes alimentaires
dans les pays industrialisés et à la diminution globale
des apports énergétiques, la réduction de la «
densité » en micronutriments de l'alimentation, avec en particulier
une consommation croissante d'aliments apportant des « calories vides
» - composés de sucres simples - est un de ces phénomènes
nouveaux qui interdisent de considérer comme close cette question
des vitamines.
D'autant que parallèlement, de nombreux travaux issus de la recherche
fondamentale clinique et épidémiologique élargissent
la compréhension et l'éventail des fonctions attribuées
à ces « anciennes molécules », en augmentant tout
à la fois l'intérêt dont elles sont l'objet, et les
interrogations à leur sujet. Ce sont ces fonctions nouvelles que
nous avons essayé de hiérarchiser dans le cadre de notre
dossier en présentant les travaux qu'elles suscitent. Recherches
qui engagent de fait un renouvellement de la compréhension des
relations vitamines santé, et qui pourraient amener - s'il était
définitivement établi qu'un apport donné en certaines
vitamines réduit l'incidence des pathologies graves au niveau des
populations - à modifier profondément les critères
d'appréciation des apports vitaminiques.
Pour l'heure, il convient de remarquer la modération avec laquelle
les auteurs du rapport, tout en soulignant la nécessité
et l'intérêt des études à entreprendre2,
reconnaissent combien les « données actuelles ne permettent
en aucune façon de recommander l'utilisation de compléments
ou suppléments vitaminiques et minéraux en automédication
par la population générale ». Soit une ligne d'action,
entre encouragements à la recherche et conseils nutritionnels empreints
de prudence, aujourd'hui caractéristique des responsables de la
santé publique.
Notes
1 « Pour une politique nutritionnelle de santé
publique en France », http://www.sante.gouv.fr/htm/actu/nutri2000.
2 Voir en particulier Hercberg S (1999). Une étude
d'intervention : l'étude su.vi.max. OCL, 6 : 228-32.
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