ARTICLE
Auteur(s) : Abou
Togola1, Francis E
Nwilene2, Alphonse
Agbaka3, Florence Anato3, Tolulope A
Agunbiade2, Daniel C
Chougourou3
1Centre du Riz pour l'Afrique (AfricaRice)
Division Entomologie 01 BP 2031 Cotonou Bénin
2Centre du Riz pour l'Afrique (AfricaRice) P.M.B. 5320
Oyo Road Ibadan Nigeria
3École polytechnique d'Abomey Calavi (EPAC) 01 BP 2009
Cotonou Bénin
Le riz (Oryza spp.) est devenu l'une des céréales les plus
consommées au Bénin. La production locale n'arrive plus à
satisfaire les besoins de la population et le pays doit importer
chaque année des milliers de tonnes de cette céréale (Assigbe,
2003).
Afin de réduire cette dépendance vis-à-vis de l'extérieur, la
production locale doit être encouragée. Cependant, les attaques
occasionnées par les insectes en général et les foreurs de tige en
particulier limitent de nos jours la production locale du riz. Dans
les années de forte infestation, les foreurs seuls sont capables
d'engendrer des pertes pouvant atteindre 30 % sur le riz pluvial et
100 % sur le riz de bas-fonds (Umeh et al., 1993).
La lutte contre eux doit passer nécessairement par une
surveillance régulière de leurs populations et dégâts.
Au Bénin, la surveillance et l'alerte précoce concernant les
ravageurs sont dévolues aux seuls services d'encadrement, mais,
compte tenu de leurs moyens limités, ils n'arrivent pas à cerner à
temps tous les problèmes entomologiques. La prise en compte de
la participation paysanne dans les diagnostics locaux est très
limitée (Velay et al., 2001), car très peu d'agronomes
admettent que les agriculteurs connaissent suffisamment les
réalités de leurs terroirs (Friedberg, 1999). Or, le rôle des
paysans dans de telles opérations est très important, car ils sont
les premiers témoins des problèmes qui apparaissent dans leurs
champs. Cependant, avant de solliciter la participation des
agriculteurs dans les diagnostics locaux, il paraît prioritaire de
savoir si oui ou non, ils ont une bonne connaissance des phénomènes
entomologiques. L'objectif de cette étude est de mettre en évidence
la connaissance des agriculteurs sur les foreurs de tige du riz et
leurs dégâts dans les zones écologiques des plateaux, des bas-fonds
et zones irriguées du Bénin en vue de justifier leur participation
dans les programmes de lutte entomologique. En outre, l'étude
permettra d'identifier la présence des principaux foreurs de tige
et leur répartition à travers les zones de production du riz afin
de mieux orienter les interventions futures pour une meilleure
protection des cultures rizicoles au Bénin.
Matériel et méthode
Au cours de la campagne 2006, le Centre du riz pour l'Afrique
(AfricaRice) en collaboration avec l'Institut national des
recherches agricoles du Bénin (Inrab) a conduit une enquête, dans
les départements du Zou, des Collines et du Couffo où les
agriculteurs de huit villages ont été interrogés : Koussin, Lélé,
Dévé, Sowé, Gankpètin, Sokponta, Lema, et Odo-Otchèrè.
Le choix des sites a été fait en considérant l'importance de
la culture du riz dans les localités. Des entretiens
individuels ont été menés auprès de 151 producteurs de riz
(hommes et femmes) choisis de manière aléatoire à l'intérieur des
zones de production du riz, prenant en compte les différents sites
(bas-fonds, plateaux et zones irriguées). Les réponses
paysannes étaient notées sur les questionnaires. Par ailleurs, les
enquêteurs étaient munis des spécimens des principaux insectes
foreurs du riz (Sesamia calamistis, Chilo zacconius, Maliarpha
Separatella et Eldana saccharina, Diopsis spp. et Orseolia
oryzivora), d'échantillons de cœurs morts et de panicules blanches
ainsi que de photographies des principales chenilles foreuses et
symptômes de leurs dégâts sur le riz (Chaudhary et al., 2003).
La procédure de l'enquête comprenait l'interview des paysans
et la visite des champs.
L'interview a consisté à rencontrer chaque producteur
individuellement et à lui présenter les spécimens et photos
d'insectes foreurs (adultes et larves) et des échantillons de leurs
dégâts. Pour chaque insecte présenté, il a été demandé au
producteur de donner son nom vernaculaire, de faire sa description,
d'indiquer ses dégâts et les stades phénologiques vulnérables et
enfin de citer les organes de la plante où on le rencontre. Pour
chaque dégât présenté, le producteur devait indiquer sa nature, ses
causes, les stades phénologiques de son apparition et son
importance économique. Enfin, les pertes de production dues aux
foreurs étaient estimées par les producteurs sur la base du nombre
de sacs de 100 kg perdus annuellement. Ainsi, trois niveaux de
pertes ont été considérés : perte faible (inférieur à 10 % de la
production), moyennement grande (entre 10 % et 20 %) et élevée
(dépassant 20 % de la production).
La visite des champs a pris en compte un seul champ par paysan,
celui qui se trouvait aux stades vulnérables du tallage ou de
l'épiaison (stades vulnérables aux foreurs). Au champ, le paysan
devait trouver et montrer aux enquêteurs les dégâts des foreurs
(cœurs morts, panicules blanches, galles et tunnels). Ensuite, il
devait disséquer les tiges infestées, extraire le foreur, donner
son nom vernaculaire, le décrire et enfin le montrer dans la
collection de référence ou sur la photographie. Pour les foreurs de
l'ordre des Lépidoptères l'identification portait seulement sur les
larves qui sont facilement observables dans les tiges infestées.
Quant à ceux appartenant à l'ordre des Diptères, l'identification
concernait les larves et les adultes. Pour un foreur non rencontré
sur le terrain, des questions complémentaires étaient posées
au paysan pour savoir s'il avait une connaissance réelle de
l'espèce concernée. Enfin, chaque producteur a évalué la perte en
fonction des dégâts présents au champ. Les réponses paysannes
étaient notées sur les questionnaires.
Les données collectées ont été réorganisées sous forme de
variables quantitatives après codification. Elles ont été ensuite
saisies dans le logiciel Excel et soumises à l'analyse statistique
à l'aide du logiciel SAS® (Statistical Analysis System) version 9.1
(SAS Institute, 2003). Dans le cas de cette étude, les statistiques
descriptives ont été utilisées pour faire ressortir les
pourcentages moyens des réponses paysannes pour chaque variable
étudiée suivant les différentes zones écologiques.
Résultats
Connaissance des agriculteurs sur les foreurs
de tige du riz
Les résultats des interviews (RI), ont montré que toutes les
espèces de foreurs de tige du riz présentées sont connues des
paysans (tableau 1). Dans les zones
de riziculture de plateau, C. zacconius et M. Separatella ont été
les plus reconnus (soit par 83 % des producteurs). Ils ont été
suivis par les deux Diptères Diopsis spp. et O. oryzivora (par 75 %
des paysans) et enfin S. calamistis et E. saccharina (par 50 %
des paysans). Dans les zones écologiques de bas-fond, M.
Separatella, C. zacconius et Diopsis spp. ont été les plus reconnus
par les producteurs. Enfin, dans la zone de riziculture irriguée,
S. calamistis, Diopsis spp. et C. zacconius ont été les plus
reconnus tandis que M. separatella, E. saccharina et O.
oryzivora ont été les moins reconnus par les paysans.
Les observations au champ ont permis de vérifier les
connaissances paysannes sur le terrain où Diopsis spp. a été
correctement identifié par 90 % d'entre eux, C. zacconius par 83 %,
S. calamistis par 62 % et M. Separatella par 47 %.
En revanche, la présence des espèces E. saccharina et O.
oryzivora n'a pas été constatée au champ. Toutefois, les
producteurs ont su décrire E. saccharina et ont expliqué que cette
espèce se rencontre sur le riz quand cette culture se trouve à côté
d'un champ de maïs. Les résultats des observations au champ
(RC) sont notés dans le tableau 1.
Au vu des résultats des interviews et des observations au champ,
il s'avère que les paysans des principales zones de production du
riz au Bénin connaissent au moins les quatre foreurs de tige que
sont Diopsis spp, C. zacconius, S. calamistis et M. Separatella.
Pour ce qui concerne E. saccharina et O. oryzivora, leur
connaissance par les paysans n'a pas été pratiquement prouvée.
Tableau 1 Proportion des producteurs ayant
identifié les foreurs de tige et leurs dégâts
dans chaque zone écologique.
Table 1. Proportion of farmers having identified stem
borers and their damage in each ecological zone.
|
Pourcentage de paysan (%)
|
|
Bas-fonds
|
Plateau
|
Zone irriguée
|
MG
|
|
RI
|
RC
|
RI
|
RC
|
RI
|
RC
|
RI
|
RC
|
|
1. Espèces de foreurs de tige
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Sesamia calamistis
|
41
|
61
|
50
|
80
|
75
|
46
|
55
|
62
|
|
Chilo zacconius
|
61
|
78
|
83
|
87
|
73
|
84
|
72
|
83
|
|
Eldana saccharina
|
42
|
-
|
50
|
-
|
15
|
-
|
36
|
-
|
|
Orseolia oryzivora
|
52
|
-
|
75
|
-
|
41
|
-
|
56
|
-
|
|
Diopsis sp.
|
59
|
93
|
75
|
82
|
74
|
96
|
69
|
90
|
|
Maliarpha separatella
|
69
|
43
|
83
|
57
|
45
|
42
|
66
|
47
|
|
2. Dégâts des foreurs de tige
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Cœur mort
|
80
|
77
|
92
|
86
|
96
|
93
|
89
|
85
|
|
Panicule blanche
|
89
|
95
|
100
|
100
|
98
|
98
|
96
|
98
|
|
Galle
|
79
|
-
|
100
|
-
|
70
|
-
|
83
|
-
|
|
Tunnels
|
72
|
20
|
92
|
18
|
88
|
49
|
84
|
29
|
Connaissance des agriculteurs sur les dégâts
des foreurs de tige du riz
Au cours de l'interview, tous les dégâts des foreurs présentés ont
été déclarés connus par les paysans, les cœurs morts et les
panicules blanches l'ayant été davantage que les autres.
Les observations au champ ont permis à 98 % des producteurs
d'identifier correctement les panicules blanches et à 85 % d'entre
eux d'identifier les cœurs morts. Seuls 29 % ont pu reconnaître les
tunnels dans les tiges (tableau 1).
Pour les dégâts des galles, ils n'ont pas été vus au champ : les
paysans les confondaient avec le symptôme de mauvais déploiement
des feuilles suite aux attaques tardives des Diopsides.
L'importance économique des dégâts de panicules blanches a été
signalée par 59 % des paysans enquêtés alors que celle des cœurs
morts, des tunnels et des galles a été mentionnée respectivement
par 21, 13 et 7 % des producteurs (tableau 2).
Ces résultats montrent que les producteurs ont une bonne
connaissance des principaux dégâts des foreurs de tige du riz au
Bénin et qu'ils maîtrisent ceux qui sont économiquement
importants.
Tableau 2 Connaissance des agriculteurs
de l'importance économique des dégâts des foreurs
de tige et des stades phénologiques vulnérables
du riz.
Table 2. Farmer knowledge of economic importance
of stem borer damage and the different susceptibility
of rice according to its stage.
|
Pourcentage de paysans (%)
|
|
Bas-fonds
|
Plateau
|
Zone irriguée
|
MG
|
|
1. Les types de dégâts
|
|
Cœur mort
|
24
|
25
|
13
|
21
|
|
Panicule blanche
|
52
|
67
|
58
|
59
|
|
Galle
|
7
|
8
|
6
|
7
|
|
Tunnels des tiges
|
17
|
0
|
23
|
13
|
|
Total (%)
|
100
|
100
|
100
|
100
|
|
2. Les stades phénologiques
|
|
Plantule
|
15
|
17
|
21
|
18
|
|
Tallage
|
28
|
33
|
50
|
37
|
|
Épiaison
|
47
|
50
|
29
|
42
|
|
Total (%)
|
100
|
100
|
100
|
100
|
Connaissance des agriculteurs sur les stades
phénologiques vulnérables aux foreurs du riz
Dans l'ensemble des zones de production, 42 % des paysans
interrogés ont estimé que le stade épiaison est le plus sensible
aux attaques des foreurs de tige, 37 % ont cité le stade tallage
comme étant le plus sensible et 18 % ont trouvé que le stade
plantule (prétallage) est le plus vulnérable (tableau 2).
Ces résultats montrent que les paysans ont une très bonne
connaissance des stades physiologiques du riz qui sont sensibles
aux attaques des foreurs de tiges.
Connaissance des agriculteurs sur le niveau
des pertes
Sur la base des réponses recueillies lors de l'interview, 47 % des
paysans pensent que les pertes engendrées par les foreurs de tiges
sont faibles (< 10 % de la production), 38 % estiment
qu'elles se situent entre 10–20 % de la production, et seulement 15
% trouvent qu'elles sont élevées (> 20 % des récoltes). Au
champ et précisément au moment de l'observation, 53 % des
producteurs ont estimé les pertes comme étant faibles, 29 % les ont
estimées comme moyennement grandes (10–20 %) et 18 % les ont
évalués comme importantes (tableau 3).
Au même moment, les notations faites par les agents enquêteurs
dans les champs ont prouvé que les pertes dues aux attaques des
foreurs de tige ne dépassaient pas 10 %. Ces résultats
montrent que beaucoup de producteurs savent évaluer les pertes,
mais que certains ont tendance à les surestimer.
Tableau 3 Connaissance des agriculteurs
des niveaux de pertes induites par les foreurs
de tige.
Table 3. Farmer knowledge of loss levels due to stem
borer damage.
|
Connaissance paysanne des niveaux de perte (%)
|
|
Bas-fonds
|
|
Plateau
|
|
Zone irriguée
|
|
MG
|
|
Niveaux des dégâts
|
RI
|
RC
|
|
RI
|
RC
|
|
RI
|
RC
|
|
RI
|
RC
|
|
Pertes faibles (< 10 %)
|
49
|
45
|
|
50
|
65
|
|
42
|
48
|
|
47
|
53
|
|
Pertes intermédiaires (10-20 %)
|
32
|
32
|
|
33
|
23
|
|
48
|
32
|
|
38
|
29
|
|
Pertes élevées (> 20 %)
|
19
|
23
|
|
17
|
12
|
|
10
|
20
|
|
15
|
18
|
|
Total
|
100
|
100
|
|
100
|
100
|
|
100
|
100
|
|
100
|
100
|
Discussion
Connaissance des agriculteurs sur les foreurs
de tige du riz
L'analyse des résultats présentés permet de situer clairement le
niveau de connaissance des paysans sur les différents foreurs de
tige du riz au Bénin.
La mouche à pédoncule, Diopsis spp., a été le foreur le plus
reconnu sur l'ensemble des zones de production, mais en majorité
par les agriculteurs des bas-fonds et ceux des zones irriguées.
La fréquence et l'abondance de ces mouches dans les rizières,
et aussi leur curieuse forme avec leurs yeux au bout des antennes
seraient à la base de leur bonne identification par les paysans.
Selon Cocherau (1978), les adultes des Diopsides sont fréquents
pendant le jour et leur pullulation au champ se remarque
facilement. En outre, de nombreuses recherches ont rapporté que
ces mouches peuvent se rencontrer dans toutes les zones de
culture du riz (Brenière, 1983), mais qu'elles sont plus abondantes
dans les rizières irriguées (Heinrichs et al., 2004) et celles
des bas-fonds (Appert et al., 1988 ; Olalekan, 2002).
Le foreur rayé, C. zacconius, a été bien reconnu surtout dans
les zones de plateau et dans les zones irriguées.
La connaissance des paysans des plateaux pourrait s'expliquer
par l'abondance de C. zacconius dans les rizières en culture
pluviale, comme rapporté par Alam (1992), tandis que celle des
paysans des zones irriguées serait le résultat de leur longue
expérience en riziculture au Bénin.
Quant au foreur rose africain, S. calamistis, il a été reconnu
par la majorité des producteurs en général, et en particulier par
ceux des zones écologiques de plateau et de bas-fonds.
Ce savoir paysan se justifie dans la mesure où le foreur rose
serait prédominant aussi bien sur les plateaux (Alam, 1992) que
dans les bas-fonds (Nwilene et al., 2008).
Le foreur blanc, M. Separatella, déclaré connu par 66 % des
producteurs lors de l'interview, ne l'a été que par seulement 47 %
au cours de la visite de terrain. Ce contraste serait dû au
fait que les producteurs sont moins habitués à identifier les
insectes sur collections et photos qu'au champ et auraient confondu
les chenilles du foreur blanc avec celles d'autres espèces pendant
l'interview.
Quant au foreur E. saccharina, il n'a pas été rencontré sur le
terrain, mais l'hypothèse selon laquelle il attaquerait le riz dans
les localités où cette culture se trouve dans les mêmes
environnements que le maïs est soutenue par les travaux d'Appert
(1988) et de Tran (1981). Ainsi, tout porte à croire que les
producteurs le connaissent. Concernant enfin O. oryzivora, aucune
investigation au champ ni aucune donnée de recherche antérieure
n'ont signalé sa présence au Bénin. Il est normal que cette
espèce ne soit pas reconnue par les agriculteurs.
Les enquêtes effectuées prouvent que les producteurs des
départements du Zou, des Collines et du Couffo ont une bonne
connaissance de S. calamistis, C. zacconius, Diopsis spp. et M.
separatella. Selon plusieurs auteurs, ces espèces sont celles qui
causent l'essentiel des dégâts sur le riz en Afrique de l'Ouest
(Akinsola, 1975 ; Brenière, 1976 ; Hari et al., 1997 ; Tran, 1981 ;
Alam, 1988 ; Diarisso, 1992 ; Heinrichs, 1998).
En résumé, il apparaît que les agriculteurs des principales
zones rizicoles au Bénin – de par leur savoir sur les foreurs de
tiges – seraient en mesure de participer aux opérations de
prospection et de lutte contre eux.
Connaissance des agriculteurs sur les dégâts
et pertes dus aux foreurs de tige du riz
Lors des interviews, les paysans avaient déclaré connaître tous les
symptômes des dégâts des foreurs de tige, mais les observations au
champ ont montré que les cœurs morts et les panicules blanches sont
les seuls qui soient bien connus. En effet, ces deux types de
symptômes sont facilement visibles. Le premier se traduit par
un dessèchement de la feuille centrale (Cochereau, 1978) et le
second par le dessèchement suivi d'une coloration blanche
caractéristique des inflorescences (Heinrich et al., 2004).
Quant aux symptômes de tunnels et de galles, ils ont été très
peu ou pas identifiés.
En outre, les paysans ont déclaré que les stades tallage et
épiaison étaient les plus vulnérables aux attaques des foreurs de
tige et que les dégâts de cœurs morts et de panicules blanches
étaient les plus importants économiquement. Ces résultats,
confirmés par les observations au champ, reflètent la réalité
d'autant plus que les cœurs morts apparaissent au stade tallage du
riz et les panicules blanches au cours de l'épiaison (Descamps,
1957 ; Cochereau, 1978 ; Brenière, 1983 ; Heinrich et al.,
2004), comme le disent les agriculteurs. Concernant l'estimation
des pertes dues aux foreurs, il n'y avait pas de grande différence
entre les résultats des interviews et ceux résultant de
l'observation au champ, les estimations paysannes ayant été
conformes aux résultats des notations effectuées par les
enquêteurs. Ces résultats sont par ailleurs du même ordre de
grandeur que les résultats obtenus dans des zones écologiques
similaires d'autres régions d'Afrique où les pertes occasionnées
par les foreurs ont été estimées entre 2 et 38 % (Dakouo
et al., 1992 ; Heinrichs, 1998).
Ces analyses prouvent que les producteurs des départements du
Zou, des Collines et du Couffo ont une bonne connaissance des
principaux dégâts des foreurs de tige du riz et seraient capables
de participer à une opération d'investigation visant à les évaluer
au champ.
Conclusion
L'étude a permis de démontrer qu'une bonne proportion des paysans
des zones rizicoles du Bénin connaît les principales espèces de
foreurs de tiges et leurs dégâts sur le riz. Dans quelques rares
cas, une certaine confusion a été notée dans la relation entre type
d'insecte et nature des dégâts, d'où un besoin de renforcement de
capacités dans ce domaine. Dans l'ensemble, les résultats obtenus
sont conformes à la réalité du terrain et sont soutenus par des
recherches antérieures.
Ces résultats devront permettre aux services d'encadrement
agricole du pays et aux institutions de recherche de mieux
impliquer les paysans dans les opérations de surveillance régulière
et d'alerte précoce des foreurs de tige ainsi que dans les
recherches participatives pour une lutte efficace contre ces
ravageurs.
Références
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