ARTICLE
Auteur(s) : Alassane Bah1, Ibra
Touré2, Christine Fourage3, Ibrahima Diop
Gaye4, Grégoire Leclerc5, Arame
Soumaré6, Alexandre
Ickowicz7, Amadou Tamsir Diop8
1École supérieure polytechnique PPZS /UMI UMMISCO
209 Département génie informatique Ucad BP 15915 Dakar-Fann
Sénégal
2Cirad URP 68 PPZS, ISRA-LNERV Route de Front
de Terre BP 2057 Dakar Hann
Senegal<ibra.toure@cirad.fr>
3Université catholique de l’Ouest CERIPSA 3, place
André Leroy, BP 108 08 49008 Angers cedex 01, France
4ENEA-PPZS ATEGU Aménagement du Territoire,
Environnement ATEGU BP 5084, Dakar Senegal
5Cirad UR GREEN TA C-47 / FCampus international de
Baillarguet 34398 Montpellier cedex
5France<gregoire.leclerc@cirad.fr>
6Ucad Faculté des lettres et sciences
humainesDépartement de géographieBP 5005, Dakar, Sénégal
7Cirad UMR 84 ERRC Campus SupAgro-Inra 2, place Pierre
Viala 34 060 Montpellier cedex 1, France
8Isra URP 68 PPZS Isra-LNERV, Route du Front de Terre BP
2057, Dakar Hann, Sénégal
Depuis 1999, les institutions de recherche et d’enseignement
supérieur participant au pôle pastoral zones sèches
(PPZS)1 mènent des activités de recherches
interdisciplinaires dans la zone sylvopastorale (ZSP) du Ferlo, au
nord-est du Sénégal, pour étudier le fonctionnement des systèmes
pastoraux et coconstruire des outils de gestion durable des espaces
et des ressources partagés. Les travaux du PPZS partent de
l’hypothèse que l’élevage pastoral est la meilleure forme de mise
en valeur de ces terres, à condition que l’on préserve la mobilité
des troupeaux et que l’on donne aux éleveurs des droits fonciers
permettant la sédentarisation partielle des sociétés pastorales,
leur diversification et leur sécurisation. Les décisions
politiques qui valorisent l’agriculture et la sédentarisation des
éleveurs et qui négligent le pastoralisme ont en effet conduit à la
surexploitation des parcours et à l’exacerbation des processus de
désertification. L’évolution régressive de la végétation observée
au Ferlo se traduit par une perte de biodiversité, le
vieillissement et la modification de la structure des peuplements
ligneux. L’analyse diachronique de l’occupation des sols atteste de
la transformation des paysages par la fragmentation et la réduction
des parcours (Touré et al., 2003), notamment le long du front
agricole du bassin arachidier. L’étude de la mobilité pastorale
montre des « territoires de la mobilité » contigus et exigus, liés
aux changements des pratiques de mobilité, à la diversification des
pratiques d’exhaure, de transport et de gestion de l’eau (Diop
et al., 2003) et au recours au salariat. La mutation des
systèmes sociaux se traduit aussi par la diversification des
activités, l’apparition de flux externes, l’émergence d’une
diversité des propriétaires de troupeaux et la restriction des
accès aux ressources (Ancey et al., 2003).
La finalité centrale de notre modélisation est de savoir comment
représenter les pratiques pastorales et leurs évolutions en
interaction avec les dynamiques spatiales pour accompagner
l’aménagement territorial durable du Ferlo.
Trois questions secondaires en découlent :
- – comment concevoir et socialiser les outils et méthodes
de modélisation ?
- – quels indicateurs partagés (spatiaux,
socio-économiques, écologiques) choisir pour représenter les
dynamiques des systèmes pastoraux ?
- – comment coconstruire une modélisation prospective
?
Le Ferlo: un espace pastoral en transition
Doté de potentialités fourragères naturelles, le Ferlo est
emblématique d’un pastoralisme séculaire traversé par des
changements de pratiques, des flux commerciaux, des enjeux fonciers
contrastés du sud au nord et sur ses marges. Jadis, le mode de
transhumance s’opérait entre la vallée du fleuve Sénégal Waalo où
les animaux résidaient en saison sèche, et le Jeeri, traversé par
la vallée du Ferlo, aux alentours des puits pastoraux, en saison
des pluies (Barral et al., 1983).
La politiqued’hydraulique pastorale lancée par
l’administration coloniale pour améliorerla ressource en eau et
préserver le caractère pastoral du Ferlo a restructuré profondément
l’espace et les pratiques pastorales, en substituant à l’agencement
des différents pâturages soumis à des droits prioritaires des
éleveurs (« hurum ») une vaste zone régulièrement maillée de
forages (Touré et al., 1997). Dans les années 1970, le
développement de l’agriculture irriguée dans la vallée du fleuve
Sénégal et autour du lac de Guiers, ainsi que l’expansion du bassin
arachidier à l’ouest et au sud ont contribué à la réduction de
l’espace pastoral du Ferlo (Touré et al., 2004).
La loi 64-46 du 17 juin 1964 a créé un vaste
domaine national, puis les décrets fonciers de 1972 et de
1987 ont rendu effective la gestion foncière des terres par
les communautés rurales, mais ils ont privilégié la mise en valeur
agricole aux dépens des activités pastorales (Caverivière et
Debene, 1988). Dans le contexte de la réforme du foncier en cours,
l’enjeu est d’aider les élus locaux à décrypter les intérêts et
stratégies des acteurs pour procéder à des arbitrages plus
cohérents dans le processus d’affectation des terres. A priori, le
pastoralisme n’est en effet pas suffisamment reconnu dans ce
processus, puisque la notion même de mise en valeur des terres, qui
prime dans toute décision d’affectation, privilégie l’habitat
sédentaire et la culture fixée. Cependant, dans les communautés
rurales à forte composante pastorale, les conseils ruraux sont
composés en grande partie d’éleveurs et les pasteurs ont pu
négocier des accords durables d’usage des terres et d’accès à
l’eau.
Notre site d’étude, compris entre le lac de Guiers et Tatki, est
bordé par la vallée du fleuve Sénégal au nord et le système des
vallées fossiles au sud. Il est situé entre les régions
administratives de Saint-Louis et Louga, et s’étend sur une
vingtaine de collectivités territoriales. Cet espace pastoral est
structuré à l’est par le maillage des forages qui polarisent autour
de leur aire de desserte des campements de saison des pluies et de
saison sèche (figure 1).
L’alternance de dunes à substrat limonosableux et de couloirs
interdunaires sabloargileux jalonnés de mares détermine les unités
physiographiques comportant une végétation essentiellement
arbustive très éparse, constituée de Boscia senegalensis, Balanites
aegyptiaca et Calotropis procera. La strate herbacée est
composée d’espèces annuelles formant un tapis vert continu en
saison humide de Aristida mutabilis, Schoenefeldia gracilis,
Chloris prieurii et Eragrostis tremula. Une saison sèche – huit à
neuf mois – et une saison des pluies – trois à quatre mois –
rythment le fonctionnement des écosystèmes et les activités
socio-économiques dans ce milieu.
Le développement de l’agriculture irriguée exerce une pression
accrue, rendant difficile l’accès du bétail aux pâturages. À cela,
s’ajoute la diversité, au niveau local, des intérêts des notables
(politiques et professionnels), et des cadres deconcertation ou de
négociation qui placent les représentants de l’État et les élus
locaux dans un flou, voire un vide juridique (Diop Gaye
et al., 2007). À côté du droit moderne, seule voie légale
d’accès à la terre, il existe une grande variété de modes d’accès
légitimes à la terre, du point de vue de la coutume, parmi lesquels
le don, le prêt, l’héritage, l’achat et la location (Ndiaye, 2005).
De nombreux litiges et conflits fonciers relevés sont souvent
soumis au conseil rural (CR) : multi-affectations d’une même
parcelle ; affectations à des personnes non identifiées ;
difficultés à désaffecter ; inexistence d’un cadastre rural.
Le CR est en effet l’organe délibérant de la communauté rurale
depuis 1972, donc le seul habilité à gérer les terres des « zones
de terroir ». Toutefois, il reste limité dans son action par la
faiblesse de ses moyens financiers et techniques. Dès lors, la
tendance à la dégradation des terres et la compétition foncière,
suite à l’arrivée progressive degrands exploitants nationaux et
étrangers, compliquent davantage l’accès au foncier des petits
exploitants.
Quels enjeux et positionnement pour une recherche-action
?
La définition des objectifs de la modélisation est un exercice
périlleux (Fourage et al., 2006). Elle pose la question du
positionnement éthique et scientifique des chercheurs. Ils se
doivent de clarifier leurs intentions, lesquelles sont très souvent
fondées sur une éthique du développement raisonné, parfois sur une
idéologie, voire sur une éthique de l’engagement. Ils ne sont
les mandataires d’aucune catégorie d’acteurs et devront donc se
garder soigneusement de tout énoncé en terme de valeur
(légal/illégal, spoliation, accaparement, favoritisme,
spéculation…) et se concentrer sur une analyse approfondie de la
situation sociale. Les objectifs de la simulation informatique
ne sont pas d’instaurer un changement dans les pratiques des
acteurs, ce qui risquerait d’être perçu comme le fruit d’un
interventionnisme prescriptif exogène. Il s’agit de créer les
conditions de la concertation entre acteurs autour de l’affectation
des terres, laquelle est un objet sensible et constitue un enjeu
socio-économique majeur : toute modification dans les règles qui la
définissent est porteuse d’une remise en cause des autorités et de
l’ordre social régulé. La simulation est donc considérée ici
comme un outil de médiation. Ce sont les discussions entre
utilisateurs qui pourront, le cas échéant impulser des changements
dans les pratiques.
L’affectation et la désaffectation des terres cristallisent les
enjeux du développement durable de l’agriculture et de l’élevage du
site d’étude. Elles suscitent espoirs et controverses et sont
l’objet de projections et représentations contradictoires. Nous
avons choisi de modéliser ces enjeux à partir des travaux des
ateliers de conception participative initiés avec des représentants
(réunis dans un comité d’utilisateurs) des communautés
villageoises, qui bordent le lac de Guiers et les aires de desserte
des forages pastoraux.
De la coconstruction de modèles de simulation
à la prospective
Démarche
La coconstruction du « modèle multi-agents » AIDA (Analyse des
impacts des décisions d’affectation) pour l’étude des interactions
entre élevage et territoire s’appuie sur la méthode AGRRO (Agent,
groupe, rôle, ressource, objet) formalisée par Bah (2008).
Les enjeux de la démarche sont de s’assurer de l’utilité, de
l’« utilisabilité » et de l’acceptabilité du modèle en proposant un
cadre de travail intégrant : a) les phases de la conception ; b)
des mécanismes de régulation (de la prise de tour de parole, des
droits intellectuels, etc. ; c) une base d’expériences antérieures
; d) un support d’échange de connaissances structurées ; e) un
cadre matériel de communication et de travail (Caelan, 1996). AGRRO
est un processus itératif, incrémental et souple. En effet il
se décompose en plusieurs ateliers, eux-mêmes structurés en
plusieurs phases étalées dans le temps (figure 2), avec un
produit qui évolue de manière incrémentale entre chaque atelier,
selon une approche adaptative qui tient compte des réactions des
acteurs.
Sur la base d’un diagnostic participatif qui a fait ressortir
une forte demande pour un outil de gouvernance foncière au niveau
du conseil rural, nous avons procédé à la phase de conception
participative de l’outil AIDA (Bah et al., 2008). Celle-ci a
débuté par un atelier, combinant jeux de rôles et travaux de groupe
(Bah et al., 2006), qui a exploré les enjeux liés à la
procédure d’affectation des terres, et s’est poursuivie par un
atelier de validation du module d’initialisation interactif de
l’outil.
Modèle conceptuel de AIDA
Dans le contexte du foncier et des interactions entre pastoralisme
et territoire dans la zone étudiée, notre modèle multi-agents est
composé de différentes ressources :
d’objets :
et d’acteurs :
pouvant jouer plusieurs rôles :
dans un espace foncier découpé en parcelles (P) (figure 3). Chaque
acteur a joue un ou plusieurs rôles
représente les rôles de production et économiques au sens large
(rôles professionnels) :
représente les rôles politiques, électifs et techniques.
Ce sont les gestionnaires du foncier :
représente les rôles religieux et sociaux qui peuvent parfois
influer sur les décisions d’affectation :
Il est possible à travers la fonction de spécifier le ou les
rôles de chaque acteur:
Nous nous intéressons particulièrement dans ce modèle aux rôles
= « rôle éleveur » et r = « rôle agriculteur » dans leurs
rapports avec la dynamique territoriale. L’acteur dans son rôle
d’éleveur exprime une demande affectation en fonction de ses
besoins en terme de foncier. Si la demande est acceptée par le
conseil rural et validée par le sous-préfet, l’acteur est installé
(figure 4).
Il doit, pour abreuver son troupeau, se mettre en quête de
points d’eau et privilégier les parcours qui lui fourniront un
pâturage de qualité (figure 5) en quantité
suffisante. Cette quête a un coût qui dépend de la distance
parcourue et de la configuration spatiotemporelle des ressources
pastorales.
L’acteur dans son rôle d’agriculteur, privilégiera les parcelles
irriguées ou ayant un accès à l’eau, de bonne qualité, éloignées
des terres de parcours, faciles d’accès, etc. (figure 5). Exploiter
la parcelle a aussi un coût, qui dépend des intrants utilisés et de
la main-d’œuvre disponible.
Description de l’outil développé: AIDA
AIDA consiste en deux modules interdépendants :
- 1) un module d’initialisation interactif, qui permet au
conseil rural de renseigner et placer sur une carte des
affectations (demandées et attribuées) et ainsi d’alimenter une
base de données foncière ;
- 2) un module de simulation pour venir en appui à
l’évaluation des impacts des décisions d’affectation, implémenté
dans l’environnement de développement CORMAS (Bousquet et al.,
1998). Le simulateur intègre plusieurs couches spatiales.
La figure 5 montre
l’interface principale de simulation représentant la carte
d’aptitude des sols autour du lac de Guiers. Du point de vue de son
fonctionnement, à chaque pas de temps (le mois), sont effectuées
des séquences d’actions (encadré 1).
Dans le modèle, l’évolution de la ressource pastorale est
fonction de la pluviométrie. Elle suit la loi de Boudet (Boudet,
1987) :
où Bh est la biomasse herbacée produite en kg de matière
sèche/hectare et P la pluviosité annuelle en mm.
Des scénarios pour débattre du développement durable
de l’élevage en zone sahélienne
Nous avons développé plusieurs scenarii autour de la pluviométrie,
des politiques d’affectation et des types d’exploitation à
l’échelle des communautés rurales. Pour ces simulations, nous avons
retenu cinq campements d’éleveurs et cinq campements d’agriculteurs
par communauté rurale. La population d’éleveurs est en début
de simulation au nombre de 10 par campement, la taille des
troupeaux est de 30 unités de bétail tropical (UBT) en moyenne
et le nombre d’affectations évolue dans le temps en fonction de la
pluviosité. Le pas de temps est le mois. Nous avons ensuite
construit les simulations, sur 30 ans, en croisant plusieurs
scenarii et en réalisant des études de sensibilité sur les
différents paramètres du modèle. Nous exposons ici les résultats de
deux des huit scénarios développés :
- – scénario 2 : l’agriculture irriguée et
l’agro-industrie sont privilégiées et la pluviométrie est à
tendance moyenne à bonne ;
- – scénario 3 : l’agriculture irriguée et
l’agro-industrie sont privilégiées et la pluviométrie est à
tendance moyenne à mauvaise.
Pour chaque simulation nous proposons plusieurs indicateurs (ou
sorties) :
- – l’indice de Clarck-Evans – 2, où est la moyenne des
distances au plus proche voisin et la densité globale ou nombre
d’affectations par unité de volume de l’espace des affectations –,
pour étudier la distribution spatiale des affectations.
Il mesure le degré d’agrégation des affectations. S’il est
supérieur ou égal à 1 on est dans le cas d’une distribution au
hasard, s’il est inférieur à 1 nous avons une tendance au
regroupement des affectations (Treuil et al., 2008) ;
- – le nombre de champs traversés par le bétail, source de
conflits potentiels entre agriculteurs et éleveurs durant la
campagne agricole ;
- – l’évolution du nombre d’éleveurs dans la zone d’étude
;
- – l’évolution du nombre d’affectations deterre.
Premiers résultats : tests et validation
du modèle
Les premiers résultats permettent de tester et de « valider » la
pertinence de nos scénarios et indicateurs pour la compréhension
des interactions élevage et dynamiques territoriales.
Ce travail exploratoire montre, à travers les deux scénarios,
une diminution notable du nombre d’éleveurs (figure 7), une
augmentation significative des affectations destinées aux projets
agricoles (figure 8) et une
fragmentation de l’espace (figure 9).
Ces résultats de simulation, confirmés par nos enquêtes de
terrain (Daré et al., 2007), mettent en exergue une pression
accrue sur le foncier pastoral rendant difficile l’accès ancestral
du bétail aux pâturages et, de fait, une marginalisation du
pastoralisme par l’exclusion de la population des pasteurs, des
infrastructures scolaires, administratives, ou de santé, parce
qu’elle est repoussée loin des villages.
De plus, il a été constaté que les rejets de l’industrie
agroalimentaire et de l’agriculture – les scénarios 2 et
3 favorisent l’agro-industrie – menacent la qualité des eaux
du lac, avec la prolifération de Typha autralis rendant difficile
l’abreuvement du bétail et avec le développement de parasites
responsables de la douve du foie affectant particulièrement les
ovins. Il existe donc un risque sanitaire réel par défaut
d’entretien et pollution des rives du lac de Guiers, qui concerne
hommes et animaux.
Par ailleurs, la forte valeur de l’indice Clarck-Evans (figure 9)
corrobore l’absence de planification des affectations dans
certaines communautés rurales. Cela contribue à la fragmentation de
la trame foncière. Cette configuration spatiale émiettée est à
l’origine de conflits entre agriculteurs et éleveurs lors des
campagnes agricoles (nombre de champs traversés élevés) (figure 10), d’où
l’intérêt (pas encore démontré) pour les communautés rurales de
mettre en place des plans locaux de développement et des plans
d’occupation et d’affectation des sols.
Conclusion
Les ateliers participatifs pour la maîtrise du foncier et des
interactions élevage et territoire menés au niveau du lac de
Guiers-Tatki ont permis de développer différents outils
d’accompagnement pour les acteurs : cartes à dire d’acteurs ; bases
de données ; modèle de simulation agent. L’analyse des logiques
sociales relatives aux usages agricoles et à la dynamique
territoriale en est le fondement et réalise une des conditions de
l’accompagnement : être en phase avec les besoins des utilisateurs.
Les premiers résultats confortent les hypothèses issues de
l’observation du terrain et montrent la pertinence des indicateurs
tirés de la confrontation de différentstypes de connaissances
(scientifique, pratique, technique). Ainsi, au moyen du degré
d’agrégation des affectations, de l’estimation du nombre de champs
traversés par le bétail et du nombre d’affectations pour une
période donnée, nous sommes en mesure de fournir une représentation
territoriale qui pourra être partagée par l’ensemble des acteurs et
leur permettra de se projeter dans l’avenir de leur terroir.
La justification sociale du processus exposé dans ce travail est
à trouver du côté des usagers (éleveurs et agriculteurs) et des
décideurs (président de communauté rurale, sous-préfet…) : soit la
démarche fait sens et une dynamique de gestion concertée et
raisonnée s’enclenche, soit elle est vécue comme étrangère aux
préoccupations des acteurs et les conditions de la régulation de
l’affectation des terres peineront à se dessiner. Toutefois, la
démarche suivie dans notre étude de cas vient compléter et enrichir
l’expérience réussie des plans d’occupation et d’affectation des
sols (D’Aquino et al., 2001) développée avec les collectivités
territoriales du delta du fleuve Sénégal. Par ailleurs, le retour
d’expérience montre une appropriation certaine des ces différents
outils de planification et de gestion des ressources naturelles par
les collectivités locales dans la mise en ouvre du processus de
décentralisation.Début
- 1) Prise en compte de la qualité de la saison des
pluies.
- 2) Les acteurs effectuent leurs demandes de parcelles en
fonction de leurs besoins (figure 4).
- 3) Le conseil rural annonce au besoin une date et
procède à la délibération (figure 4).
- 4) Les acteurs exploitent leurs parcelles ou s’occupent
de leurs troupeaux (figure 6).
Fin
Références
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1 Le PPZS est une unité de recherche en
partenariat qui associe autour de la thématique pastorale, les
institutions: suivantes : le Centre de coopération internationale
en recherche agronomique pour le développement (Cirad ; France), le
Centre de suivi écologique (CSE,Sénégal), l’École nationale
d’économie appliquée de Dakar (ENEA ; Sénégal), l’Institut
sénégalais de recherches agricoles (ISRA), l’Université Cheikh Anta
Diop (Ucad) de Dakar.
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