ARTICLE
Auteur(s) : Anne
Chohin-Kuper, Hassane
Kemmoun
Cap Rural 7, rue Pasteur Ville Nouvelle 50000 Meknès
Maroc
Le commerce équitable est défini par l’organisation
internationale du commerce équitable (WFTO [World Fair Trade
Organization]) comme « un partenariat commercial fondé sur le
dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de
parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial ».
Souvent associé à la certification biologique, il constitue un
réseau de production et commercialisation alternatif offrant aux
producteurs du Sud des opportunités d’accès aux marchés européen,
nord-américain, canadien et japonais (Raynolds, 2002 ; Bacon, 2005
; Renard, 1999). Bien que marginal, il se développe rapidement et
il est crucial d’engager une capitalisation systématique des
expériences du Sud afin notamment d’en maximiser les bénéfices
(Raynolds, 2002 ; Moore, 2004). Cet article vise à confronter les
principes du commerce équitable aux réalités vécues localement par
les producteurs à travers le cas de l’huile d’olive biologique au
Maroc. L’huile d’olive, marginale dans le commerce équitable, est
un aliment majeur du régime alimentaire méditerranéen qui connaît
une demande croissante sur le marché mondial. Au Maroc, la
production d’olives concerne une majorité de petits producteurs,
pour qui la transformation en huile offre des possibilités
d’intégration en aval. Enfin, l’expérience de commerce équitable du
Groupement d’intérêt économique (GIE) « Femmes du Rif » de la
région de Ouezzane, dans la province de Chefchaouen, est l’une des
premières au Maroc, qui plus est féminine.
L’organisation du marché marocain de l’huile d’olive et le cas
du GIE « Femmes du Rif » sont d’abord présentés. L’analyse se
focalise ensuite sur les critères du commerce équitable tels
qu’ils sont définis par WFTO, dont est membre l’organisation de
commerce alternatif ATO (Alternative Trade
Organization)1, partenaire du groupement d’intérêt
économique (GIE).
Méthodologie
L’analyse de la filière huile d’olive marocaine se fonde sur les
données secondaires2 et sur des entretiens auprès des
acteurs de la transformation – cinq industries, 15 unités
modernes et semi-modernes, cinq moulins traditionnels et
10 coopératives et petits producteurs –, des acteurs des
marchés traditionnels – grossistes de deux marchés de gros – et des
responsables de l’approvisionnement des quatre principales chaînes
de supermarchés.
Le cas du GIE est analysé à partir de récits de vie filmés
(Kemmoun et Chohin-Kuper, 2009) de sept représentantes et membres
du GIE, et de 38 enquêtes auprès de femmes du groupement.
Le questionnaire explore les évolutions depuis le démarrage du
projet, les impacts qualitatifs et quantitatifs, puis la
connaissance et les perceptions de l’activité et du commerce
équitable.
Résultats
Marché de l’huile d’olive : quelles options
pour les petits producteurs ?
Au Maroc, les petits producteurs d’olives en montagne représentent
une part importante des superficies plantées en oliviers :
200 000 hectares sur plus de 500 000.
Les rendements sont faibles (1 tonne/hectare) et
variables d’une année à l’autre, en raison de l’alternance liée à
la variété Picholine marocaine et à la conduite technique,
notamment la récolte par gaulage. Les petits producteurs
triturent les olives dans des moulins artisanaux en pierre pour
l’autoconsommation et la vente aux collecteurs sur les marchés
(figure 1).
Souvent de qualité lampante impropre à la consommation selon les
normes internationales (Chimi, 2001), cette huile acide répond au
goût du consommateur marocain. Le développement, depuis
10 ans, d’unités de trituration modernes, grâce à
l’électrification rurale et à l’adoption de bonnes pratiques, a
amélioré la qualité. La commercialisation en vrac par les
moulins est ainsi devenue le premier circuit de vente avec une
moyenne de 42 000 tonnes/an (2002-2005), contre seulement
12 000 tonnes de vente industrielle conditionnée. Quelques
marchés de niches apparaissent pour les produits de terroir ou
biologiques : magasins de commerce solidaire dans la ville
touristique de Chefchaouen, supermarchés, épiceries fines des
villes. Ces niches offrent cependant des débouchés restreints.
La vente aux supermarchés pose des problèmes de
conditionnement, de délais de paiement, de droits d’entrée et de
volume. Quant à l’export, il est hors de portée pour l’organisation
des petits producteurs, dont les options de commercialisation se
réduisent aux marchés locaux et aux foires.
L’expérience du GIE « Femmes du Rif »
En 2001, un projet du ministère du Commerce et de l’Industrie
permet de former 100 femmes de cinq associations aux bonnes
pratiques de fabrication de l’huile d’olive (Ouaouich et Chimi,
2007). Les associations sont choisies en raison de leurs
motivations et de leurs réussites antérieures, comme l’explique la
présidente du GIE « Femmes du Rif » : « Au départ il n’y avait pas
un projet pour les femmes, mais les coopératives et associations
qui fonctionnent sont celles des femmes – coopératives de sel,
couscous, lapin de la région de Chefchaouen ».
Les coopératives étudient la faisabilité de l’installation
d’une unité de trituration et participent à sa construction par des
cotisations, un don de terrain et de la main-d’œuvre. Une unité de
trituration moderne est installée et utilisée à but pédagogique en
2001, puis une seconde en 2003. Équipement et fonctionnement sont
couverts par le projet la première année. La Fédération
Fédolive, créée par 10 groupements de femmes de la région de
Chefchaouen, regroupe 200 adhérentes qui s’engagent à triturer
collectivement et à vendre via la fédération au minimum la moitié
de l’huile. Bien qu’écrit, cet engagement est avant tout moral ;
aucune clause de non-respect n’a été appliquée. L’organisation de
la récolte – en caisse avec des délais de trituration limités –
garantit une faible acidité de l’huile. En 2002, la marque «
Farida, huile d’olive extra-vierge »® est déposée. Mais
la vente est difficile, en raison de la qualité peu appréciée et du
prix 30 % plus élevé que celui du marché local. Malgré la recherche
de débouchés par l’ouverture de kiosques, un stock de
6 tonnes, sur 13 produites, reste invendu en 2003.
Le produit commence pourtant à être apprécié, comme le montre
l’évolution des habitudes relatée par la présidente : « Au début le
goût n’était pas convaincant mais maintenant les gens se sont
habitués ». En 2004, ce n’est pas une demande spécifique de
commerce équitable, mais plus la rencontre fortuite entre un
acheteur et le GIE disposant d’un produit de qualité adéquate qui
oriente vers l’export, comme l’explique la présidente : « un jeune
d’une société d’export recherchant de l’huile d’olive vierge extra
marocaine passe à Ouezzane et prend un échantillon qu’il fait
analyser avant de contacter le commerce équitable ».
Les exportations démarrent avec sa société privée, puis avec
l’ATO.
Le GIE « Femmes du Rif », avec ses 279 adhérentes, est
constitué en 2006 pour faciliter l’exportation. Une troisième
unité, don d’une fondation, prévoit l’adhésion de nouvelles
associations. Le GIE obtient un prix du concours huile d’olive
au salon de l’agriculture de Meknès de 2006. En 2007 et 2008,
la production d’huile extra-vierge chute en raison de faibles
récoltes liées respectivement à l’alternance et aux pertes causées
par les pluies.
Impact sur les revenus des producteurs
Pour 80 % des femmes enquêtées, les revenus se sont améliorés
depuis le projet, grâce au prix, plus élevé et garanti.
L’amélioration du revenu par l’effet prix est l’un des premiers
bénéfices mentionnés par la présidente d’une coopérative pour qui
l’activité « constitue un revenu pour les femmes par la vente
d’huile d’olive. La vente se fait à un prix satisfaisant.
Avant le prix de l’huile était dérisoire, la femme ne faisait pas
de bénéfice […]. Maintenant la situation de la femme s’est
économiquement améliorée. »
La garantie de débouchés et de prix a entraîné une hausse des
quantités d’olives transformées vendues par le GIE au détriment des
ventes d’olives ou d’huile sur les marchés locaux.
Les livraisons à l’unité de tranformation représentent environ
80 % des volumes récoltés en 2005, contre 40 % vendus en olives
auparavant et 20 % en huile. Les exportations atteignent plus de 70
% des ventes en 2005 (figure 2). Le chiffre
d’affaires moyen par femme atteint alors 10 000 dirhams/an (soit
900 euros, le salaire minimum fixé par la loi étant de 2 100
euros), mais avec de fortes disparités en fonction de la quantité
livrée. La moitié des femmes livre moins de 800 kg dâ??olives par
an pour un chiffre dâ??affaires médian de 3 400 Dh/an (300 euros)
hors autoconsommation. En revanche, les livraisons chutent lorsque
la production dâ??olives est très faible : la priorité est alors
de satisfaire lâ??autoconsommation en triturant les faibles
quantités sur place. Après une augmentation en 2006, les marges
brutes chutent ainsi de 85 % en 2007.
Le respect des critères du commerce équitable
Parmi les 10 critères du commerce équitable (WFTO, 2009),
6 sont retenus pour leur pertinence par rapport au cas étudié
et à la perspective des producteurs.
Création d’opportunités pour les producteurs
désavantagés
La société de commerce équitable a permis de créer des opportunités
de commercialisation pour des producteurs économiquement
défavorisés, en ciblant particulièrement les femmes. Rachida
Boudiab, coopérative Wifak, témoigne du rôle de l’ATO pour résoudre
le problème de commercialisation : « Au début, il y avait des
problèmes de commercialisation ». Après, l’ATO « est intervenue
pour acheter toute notre production d’huile, et depuis on n’a plus
de problème de commercialisation ».
Transparence et crédibilité
La transparence est analysée par rapport au calcul du prix et des
coûts et à la perception de la filière équitable par les femmes.
Deux niveaux peuvent être distingués : le niveau GIE (membres du
bureau) et le niveau des groupements (adhérentes). Ce sont les
membres du bureau qui connaissent le mieux le commerce équitable et
le mode de calcul du prix. La présidente dispose d’un document
décrivant la décomposition du prix, qui lui permet de relever le
manque d’équité dans la répartition de la valeur et d’engager une
discussion sur le prix et les marges. Les femmes perçoivent
une marge nette représentant 14 % du prix payé par le consommateur,
contre 33 % pour l’ATO (figure 3). En
revanche, 27 % des femmes ne savent pas à qui est vendue l’huile,
même si plus de la moitié sait qu’elle est vendue en France. Seules
quelques adhérentes connaissent approximativement le prix de vente
en France. Moins de la moitié des femmes connaissent l’ATO et,
parmi elles, un tiers ne fait pas le lien avec le commerce
équitable qu’elles ne connaissent pas.
Paiement d’un prix juste
Le prix de la filière équitable assure une meilleure rémunération
que le marché mondial mais avoisine celui du marché local en
hausse. La comparaison avec le marché mondial montre des
limites pour l’huile d’olive où prix et qualité présentent une
large gamme. Les perceptions par rapport au prix diffèrent
selon les femmes. Plus de deux tiers des femmes jugent le prix
satisfaisant, alors que, pour certaines responsables du GIE, le
prix ne reflète pas les efforts consentis. La certification
biologique en 2006 n’a permis qu’un gain de 2 Dh/L
(0,2 euro) de prime bio pour un prix de vente en vrac de
43 Dh/L (4 euros) et un prix au consommateur de
14 euros/L, soit un prix au producteur représentant 28 % du
prix au détail. Des alternatives sont donc recherchées pour
accroître le prix, comme l’explique une productrice : « Nous
cherchons d’autres débouchés, d’autres clients, parce qu’on espère
élever le prix de notre produit qui est certifié et bio,
actuellement le prix n’a pas changé ». Pour la présidente, il faut
cibler des marchés plus porteurs : « le marché français est
peu demandeur en produits biologiques, il faudrait trouver des
marchés en Amérique ou en Allemagne ». Les tentatives
d’exportation en Allemagne n’ont cependant pas abouti en raison de
la qualité. En parallèle, le GIE et Max Havelaar ont fixé le prix
équitable à 55 Dh/L (5 euros), nouvelle base de
négociation avec l’ATO.
Extension des compétences
Le projet a contribué à la diffusion des bonnes pratiques,
déterminantes pour la qualité, comme le montre ce témoignage d’une
productrice. Avant le projet : « on récoltait les olives tout en
les gardant à la maison jusqu’à l’achèvement de la récolte. Puis on
amenait ces olives au moulin et on obtenait une huile tout à fait
différente ». Aujourd’hui, la trituration se fait « immédiatement
après la récolte », soit moins de 48 heures pour 95 % des
femmes enquêtées. Le taux d’acidité est devenu une notion
familière aux adhérentes.
Le rôle de l’ATO dans le renforcement de capacités est limité.
Le premier partenaire cité par les femmes est le formateur –
chercheur d’un institut d’enseignement. L’ATO est citée en deuxième
et troisième place, et par seulement deux femmes. Elle est perçue
avant tout comme un acheteur, mais est sollicitée pour s’impliquer
dans la formation ou d’autres projets. En revanche, l’intégration
d’une filière d’exportation valide la démarche qualité et légitime
l’organisation professionnelle. Quand la présidente d’une
coopérative dit « on travaille correctement ; aujourd’hui la
production d’huile d’olive est commercialisée », le fait de
commercialiser est présenté comme une validation de la démarche.
L’exportation a entraîné indirectement une évolution de
l’organisation professionnelle en GIE et des bénéfices indirects se
dessinent comme les projets de diversification des
revenus.
Égalité des sexes
L’accès au marché international via le commerce équitable constitue
l’équivalent d’un visa d’entrée permettant d’accéder à de nouvelles
opportunités et à une reconnaissance sociale : invitation à des
séminaires, voyages d’étude, nomination pour des prix. Une
présidente de coopérative explique ainsi : « Avant les femmes
ne sortaient pas, mais actuellement nous participons aux foires,
aux conférences, nous organisons des rencontres pour traiter des
sujets différents […], la coopérative nous a permis d’être
informées, les femmes sont au courant des
nouveautés […], notre seule occupation était la tâche
ménagère ».
Relations commerciales
Plutôt que conflits ou désaccords, des problèmes comme les retards
de paiement sont cités par les femmes sans que la raison en soit
explicitée. Une meilleure information des adhérentes semble
nécessaire afin d’éviter les conflits éventuels. La durabilité
de la relation commerciale, certes récente, est fragile. L’offre
d’huile est soumise aux aléas de production et au risque de vente
via d’autres circuits. L’aléa de production peut difficilement être
réduit, en raison de techniques de culture liées à ces systèmes
comme le gaulage. Une hausse de la production avec de nouveaux
adhérents pourrait améliorer la garantie de livraison. Pour les
producteurs, la garantie de commercialisation demeure critique.
Elle dépend de l’unique partenaire commercial, alors que la
conquête de marchés exige des compétences commerciales dont seule
l’ATO dispose. La dépendance n’est pas réciproque, puisque
l’acheteur a d’autres fournisseurs.
Discussion et conclusion
Signification du partenariat équitable
Les membres du GIE attribuent au partenaire de la filière équitable
un rôle qui se limite souvent à l’aspect commercial : opportunités
de commercialisation à un prix satisfaisant. Ces résultats
vont dans le sens de ceux de Renard (1999) montrant que les
producteurs de café font peu de différences entre filière équitable
et conventionnelle. Moore (2002) conclue aussi sur l’importance de
l’accès au marché identifié comme facteur clé par les producteurs.
Tallontire (2000) illustre la différence de perception du
partenariat avec une organisation de producteurs de café plus
préoccupée par les opportunités commerciales que par le
développement du partenariat. La perception du partenariat par
les femmes du Rif diffère de celle des organisations de commerce
équitable du Nord qui se positionnent comme partenaires de
développement.
Les différences de perception entre responsables du GIE et
autres membres montrent une appropriation hétérogène du concept
équitable. Outre la question de la taille des organisations
(Raynolds, 2002), on peut aussi expliquer cette perte de sens par
des facteurs socioculturels et historiques. Cette première
expérience de commerce équitable au Maroc est un concept exogène
sans équivalent culturel ni traduction locale. Au contraire, la
certification biologique, équivalente à l’appellation « beldi
» – synonyme de produit traditionnel porteur de valeur sociale
et culturelle –, est mieux intégrée par les femmes.
Des bénéfices organisationnels qui priment
sur les impacts directs ?
L’impact sur le prix et les revenus confirme les résultats de
nombreuses autres études (Eberhart, 2006 ; Bacon, 2005). Mais les
bénéfices pour les « Femmes du Rif » ne permettent pas un
réinvestissement partiel dans des infrastructures de production ou
des projets d’éducation comme dans d’autres filières équitables
(Bacon, 2002). Parmi les bénéfices multiples (Becchetti et
Constantino, 2006) et hétérogènes, les plus importants peuvent être
non matériels (Hopkins, 2000, cité par Raynolds, 2002). Le cas
du café équitable montre des impacts sur les organisations, voire
sur les communautés et les familles (Ronchi, 2002 ; Raynolds,
2002). L’entrée dans une filière d’exportation a renforcé
indirectement la légitimité de l’organisation, la position et le
capital social des femmes en élargissant leur réseau de
connaissances. Cet effet, en leur permettant de développer des
projets ou de consolider cette expérience, pourrait être, à long
terme, le moteur de transformations pérennes. Cela pose la question
des priorités futures : multiplier les partenariats pour accroître
le nombre de bénéficiaires ou consolider l’existant. L’enjeu de
l’équité dans l’accès au marché équitable se pose comme dans les
autres filières équitables (Daviron et al., 2002).
Des stratégies de sortie (Moore, 2004) pourraient s’appliquer
d’abord aux projets d’accompagnement, l’ATO prenant le relais pour
la consolidation du partenariat.
Commerce équitable : une longue construction sociale
La structure des organisations de producteurs et leurs liens
externes sont identifiés comme des facteurs déterminants de
l’intégration de filières équitables (Raynolds, 2002).
Les expériences des groupements de femmes ont certes permis
l’émergence de la filière équitable, mais le soutien public
apparaît crucial dans la phase d’émergence. La question de la
dépendance reste posée (Moore, 2004) : dépendance vis-à-vis de
l’acheteur mais, aussi vis-à-vis du projet, qui continue à assurer
des fonctions de commercialisation ou de marketing. Une implication
accrue des femmes du GIE et de l’ATO dans la définition des règles
est indispensable à la « construction sociale » qui caractérise la
mise en place d’une filière équitable (Renard, 1999). L’expérience
a déjà permis une renégociation avec l’ATO des conditions
d’exportation. La discussion des éléments constitutifs du
label entre Max Havelaar et l’organisation de producteurs constitue
une étape importante vers l’« insertion des produits du sud dans
les marchés du nord dans des conditions justes » (Renard, 1999).
La définition du prix juste est souvent problématique (Moore,
2004) et elle résulte finalement d’un processus de construction
sociale. La labellisation apparaît à la présidente comme un
recours dans ce processus de construction du référentiel équitable.
Des deux visions du commerce équitable – « outil pour
modifier le modèle économique dominant », ou « modèle de commerce
international qui fait une différence » (Moore, 2004 ; Renard,
1999) avec différents niveaux de participation à l’ordre marchand
(Le Velly, 2006) –, la seconde émerge à peine dans la filière huile
d’olive équitable marocaine. Les recherches futures seront
utiles pour évaluer les impacts à moyens et longs termes – en
particulier, par rapport à la dépendance, l’équité et la
consolidation du partenariat –, notamment les effets attendus de la
labellisation sur les volumes exportés (Renard, 2003). Une analyse
des critères du commerce équitable tels qu’ils sont définis par les
producteurs du Sud enrichirait, d’autre part, le débat.
Ces résultats sont nécessaires pour améliorer lâ??efficacité
du commerce équitable, dans lâ??intérêt des petits
producteurs.
Références
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1 Organisation du commerce
alternatif.
2 Superficie, production et rendement
nationaux ; données du GIE sur la production et la
commercialisation.
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