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Amélioration animale et biotechnologies en élevage des ruminants


Cahiers Agricultures. Volume 2, Numéro 3, 211-6, Mai-Juin 1993, Option

Article gratuit   Summary  

Auteur(s) : Bertrand Vissac, François Vallerand

Résumé : Les développements des recherches biologiques vers de nouveaux horizons imposent, plus que jamais, de se questionner sur leur raccordement à la réalité de l’élevage. L’étude de l’évolution humaine montre en effet que les connaissances servant à la sélection des animaux et des plantes sont récentes. Jusqu’au XIXe siècle, les agriculteurs ne disposaient en effet pour les aider que de théories confuses sur la génération. Le néodarwinisme et les progrès de la physiologie ont apporté des clarifications opératoires permettant de séparer et de recombiner les éléments de la génération animale dans une perspective de maîtrise des techniques (physiologie de la reproduction et sélection) et de certitude des objectifs qu’on a qualifiée d’amélioration animale. Les remarquables progrès obtenus posent néanmoins le problème de la généralisation de ces méthodes à d’autres situations (milieux naturels et sociaux contraignants, objectifs aléatoires) ne présentant pas ces caractéristiques. Les génotypes optimaux, ainsi obtenus par voie statistique, correspondent-ils dans la pratique à des phénotypes améliorés, et jusqu’où peuvent-ils être diffusés sans risques excessifs ni transformation des systèmes d’élevage supports ? Les biotechnologies, en réduisant le hasard génétique, ouvrent d’autres perspectives mais constituent un deuxième bond en avant vers une ingénierie biomoléculaire. La conjonction de ces recherches et l’étude des effets des fractions de génome, avec le génome entier d’une part, avec les phénotypes correspondants d’autre part, deviennent de plus en plus nécessaires et problématiques dans un contexte d’objectifs de plus en plus incertains. Cette situation suggère une autre vision de la sélection, qui consisterait d’abord à définir l’élevage (action d’élever) par-delà sa stricte fonction de production quantitative. L’amélioration animale apparaît ainsi, dans le cadre d’une démarche systémique, comme la fonction de reproduction du matériel animal de systèmes agraires « soutenables ». Les difficultés d’extension des schémas collectifs de sélection, illustrées par l’exemple de l’élevage ovin corse, conduisent à la mise en œuvre d’une telle démarche particulièrement adaptée aux situations d’échec. Il peut en résulter une extension de la dynamique des recherches sur la génération animale, dans une voie plus respectueuse des organisations d’éleveurs et des cultures régionales.

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