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De la crise à la dévaluation du franc CFA : les évolutions technologiques et sociales de l’agriculture intensive familiale bamiléké


Cahiers Agricultures. Volume 4, Numéro 1, 45-51, Janvier-Février 1995, Option

Article gratuit   Summary  

Auteur(s) : Isabelle Grangeret-Owona

Résumé : Le planteur bamiléké de café Arabica a subi durement la crise en raison de sa dépendance du marché, pour ses débouchés, et des engrais, pour sa culture. Après avoir conservé la fertilité de sols surexploités par une fertilisation chimique sans équivalent en Afrique dans l’agriculture familiale paysanne, il n’a pu qu’engager une diversification timide de ses activités avec la crise et l’ajustement structurel, en se repliant sur une agriculture d’autant moins intensive qu’il était endetté. Il n’a pu profiter, de la sorte, de la dévaluation et de la hausse spéculative des cours du café en 1994 parce que sa caféière trop âgée et délaissée n’était pas en mesure de réagir rapidement aux « signaux du marché » et parce que l’engrais était rare et hors de prix. Le grippage des régulations sociales destinées à gérer de fortes densités de population sur un espace restreint a donné lieu à des processus de désagrégation sociale qui vont de pair avec une gestion agronomique moins soignée mettant en danger le maintien de la fertilité. Le « modèle familial » d’agriculture intensive va-t-il disparaître ? Son maintien dépendra d’abord du groupe social lui-même, de son aptitude à innover socialement, autant que d’une « véritable » politique agricole.

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