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Adaptation des stratégies paysannes aux risques climatiques et à la pression démographique en région sahélo-soudanienne sénégalaise


Cahiers Agricultures. Volume 5, Numéro 2, 99-108, Mars-Avril 1996, Étude originale


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Marc Piraux, André Buldgen, France Drugmant, Moussa Fall, Roger Compère, Cirad-Sar, Unité de géographie, d’agronomie et de mécanisation, 73, rue J.-F.-Breton, 34090 Montpellier, France, dans le cadre du programme Capital humain et mobilité (CEE, DG XII), Unité de zootechnie, Faculté universitaire des Sciences agronomiques, 2 passage des Déportés, 5030 Gembloux, Belgique, École nationale supérieure d’Agriculture, BP 296 (RP), Thiès, Sénégal..

Résumé : Une étude approfondie a été conduite au sein de deux villages (Thiandène et Ndioulbeth) appartenant au bassin arachidier sénégalais. Les années de sécheresse de plus en plus fréquentes, la réduction et la dégradation des espaces réservés à la jachère, la disparition progressive des éléments ligneux dans le paysage et la faible fertilité des terres concourent à créer des conditions de production de plus en plus difficiles. La pression démographique et les caractéristiques pédologiques, qui sont très différentes entre les deux villages, conditionnent fortement l’état de dégradation du milieu et le niveau d’autosuffisance alimentaire de la population. Ce dernier dépend aussi des stratégies paysannes, qui ont été mises en évidence grâce à une étude typologique structurelle et fonctionnelle des exploitations. Cette étude a été réalisée en se basant sur une variable particulière, « l’autosuffisance en mil », qui a permis de classer les exploitations selon leur performance. La démarche aboutit à un regroupement des exploitations en fonction de leurs disponibilités en facteurs de production (terre, capital et travail). L’autosuffisance alimentaire s’améliore quand les paysans diversifient leur système par des activités extérieures ou par la réalisation d’opérations d’élevage plus intensives (embouche). Le rôle des productions animales ainsi que celui de la gestion de la fertilité des terres apparaissent primordiaux dans l’amélioration des systèmes de production. Lorsque l’espace cultivable est saturé, l’augmentation des moyens en animaux de traction et en matériel agricole devient indispensable pour mieux assurer les besoins alimentaires de la population. Les stratégies d’intensification spontanées sont identiques quelle que soit l’échelle d’observation. Seul le niveau d’intensification de ces stratégies est plus prononcé à Ndioulbeth où contraintes foncières et pédologiques sont plus importantes. Notre diagnostic, réalisé à plusieurs échelles (région, villages, exploitations), constitue un modèle d’étude des innovations en milieu traditionnel. Il aboutit à des interventions concrètes et personnalisées, adaptées au potentiel et à la diversité des unités agricoles de la région.

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